le portrait inconscient

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Quelqu’un d’autre / Qualcun altro

18 vendredi Août 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

Quelqu’un d’autre

1
Quelqu’un d’autre tombe dans la rue
et nous tous tombons dans la rue.

Quelqu’un d’autre hurle de sa fenêtre
et nous tous hurlons de nos fenêtres.

Quelqu’un d’autre éparpille des fleurs sur l’asphalte
et nous tous éparpillons des fleurs sur l’asphalte.

Quelqu’un d’autre creuse au-dessous des décombres
et nous tous creusons au-dessous des décombres.

Quelqu’un d’autre mouille ses mains de ses larmes
et nous tous mouillons nos mains de nos larmes.

Quelqu’un d’autre tape des pieds
dans la colère, dans le désespoir
et nous tous tapons des pieds
dans la colère, dans le désespoir.

Quelqu’un d’autre meurt
et nous tous mourons.

2
Paris, Bruxelles, Nice, Londres, Barcelone…

Quelqu’un d’autre racontera
l’histoire de tous ces noms que nous fûmes.

Quelqu’un d’autre expliquera
le pourquoi dégoûtante et atroce
de cet égouttement continu
de cet holocauste insensé
et nous tous, incrédules, nous comprendrons.

Giovanni Merloni

Qualcun altro

1
Qualcun altro cade sulla strada
e tutti noi cadiamo sulla strada.

Qualcun altro urla dalla sua finestra
e tutti noi urliamo dalla nostra finestra.

Qualcun altro cosparge l’asfalto di fiori
e tutti noi cospargiamo l’asfalto di fiori.

Qualcun altro scava sotto le macerie
e tutti noi scaviamo.sotto le macerie.

Qualcun altro si inzuppa le mani di lacrime
e tutti noi ci inzuppiamo le mani di lacrime.

Qualcun altro pesta i piedi
per rabbia, per disperazione
e tutti noi pestiamo i piedi
per rabbia, per disperazione.

Qualcun altro muore
e tutti noi moriamo.

2
Parigi, Bruxelles, Nizza, Londra, Barcellona…

Qualcun altro racconterà
la storia di tutti quei nomi che fummo.

Qualcun altro spiegherà
il perché schifoso e atroce
di questo continuo stillicidio
di questo olocausto insensato
e noi tutti, increduli, capiremo.

Giovanni Merloni

Une poésie pour toi (Bologne en vers n. 13)

16 dimanche Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Une poésie pour toi

Une poésie pour toi
est une émission en mie
de pain, clandestine,
dérangée sans émoi
par des radios ennemies ;

c’est une carte illisible
d’où à peine se déclenchent
les routes serpentines
les villes impassibles
les maisonnettes blanches ;

c’est un cœur de géant
s’invitant dans ta tanière
pour une fête paysanne
et se congèle pourtant
dans une souricière ;

ce sont des cahiers de prison
se gonflant à démesure
à la brise courtisane
tels de radieux torchons
frôlant ta devanture ;

c’est une natte luisante
au clair de la lune
pour notre fuite partisane
scandaleuse et brûlante
dans la nuit inopportune.

Giovanni Merloni

Ma soeur Barbara à Venise (« Bovolo »), 1960

Une poésie pour toi (version précédente)
Une poésie pour toi est un programme sublime, mais clandestin, brouillé par les radios ennemies ; c’est une carte muette où tu devines les villes et les rues ; c’est un cœur immense qui voudrait te chauffer et pourtant se gèle dans un piège à rats ; c’est une lettre de la prison qui se gonfle comme un drap devenant une natte solide et luisante dans la nuit de lune d’une échappée maquisarde.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN  

La poésie en italien était plus simple e serrée, mais avec ce même esprit de jeu s’adressant à une amoureuse bienveillante.
G.M.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

On est presque au début de l’été (Bologne en vers n. 12)

11 mardi Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

On est presque au début de l’été

Dans l’eau pourrie du canal, en quête
d’un provisoire silence, sans retenue
je laisse flotter mes bras, ma tête
et je creuse des dents, dans le sable,
un tunnel de pensées méconnues
échouant dans le piège inévitable
de visages féminins, de voix
récitantes, d’épaules nues
adossées aux cloisons de bois.

On est presque au début de l’été
ressemblant à une glycine inodore
aux douceurs jaillissant du vase de Pandore
au souvenir soudain d’un vif arôme,
à une vieille dame très distinguée
debout près d’un balcon plongé sur Rome.

On est presque au début de l’été
avec la saveur de paille et la fumée
d’une cigarette, lorsqu’à nouveau
d’entre les lèvres serrées en étau,
jaillit, ruineuse,
l’euphorie d’une transgression vaporeuse
et l’enthousiasme vermeil
d’une promenade fouettée par le soleil.

On est presque au début prometteur
d’un nouveau rythme des corps
d’une habitude inouïe au froid, à la chaleur,
aux rues prenant les noms de nouveaux morts
tandis qu’un ver de doutes, véritable vautour,
ronge l’émail du sourire de l’amour.

Dans un après-midi de nuages noirs
s’évanouissent alors mes espoirs
mes énergies d’ancien athlète
tandis que nos silhouettes inquiètes
gonflées de pure angoisse, s’endorment
dans un grand lit sans forme.

On est déjà soumis à une vie impétueuse
nous amenant en caravane des embarras
des tracas, des hésitations
des labyrinthes de haies boueuses.

Un nouveau tour débute
qui ne sera pas, sans doute
un nouveau cours : on est plus âgés
mais on s’achète des nouveaux dentiers ;
on a durement changé
mais on s’applique des prothèses
pour une nouvelle virginité ;
jamais nous avons combattu
de véritables guerres
mais nous affichons un air mal fichu
un œil de verre
un faux genou
des fesses en caoutchouc.

On est presque au début de l’été.
Nous traverserons son immense fourmilière
avant de nous asseoir sur le parapet de pierre
où nous imiterons le teint bronzé
des autres, leur vague de sourires gâtés.

Là, par de nouveaux casse-têtes
frôlant le bord venteux d’une mer infinie
nous apprendrons à procrastiner nos vies
demeurant libres, indifférents aux enquêtes.


Là, une balançoire d’étoffe
voltigeant au-dessus de l’écume de la nuit
nous amènera les voix d’un jardin luxuriant
où, désespéré et violent,
un autre été luit.

Giovanni Merloni

S’achemine l’été (version précédente)

S’achemine l’été. Sur le canal pourri flottent mes bras, ma tête chevelue ; avec mes dents j’ai creusé dans le sable un tunnel de fantasmes où ma solitude est tombée dans un étau brûlant, obsédant de corps féminins, de cris perçants, de récits farfelus (les épaules appuyées contre un mur de bois).
J’ai suivi la fumée d’une cigarette : la saveur de la paille, la bouche desséchée me rendent l’euphorie d’une douleur fascinante, d’une désolation indolente d’une saison béatement fustigée par le soleil.
L’été s’achemine, tu es dans moi, je t’ai engloutie sans contractions, sans même respirer dans le fond gelé de l’estomac mort. Pourtant j’avance dans la vie minimale, et même ici les éclats de rire, les gestes brusques les cheveux blonds, la violence de voix nouvelles me rendent le drôle bien-être de la patience. D’ailleurs j’ai déjà souffert ainsi, j’ai toujours souffert et aimé et hurlé de joie ainsi.
Un nouveau casse-tête s’achemine avec nous, moi dehors toi dedans (assis contre le vent, face à la mer) pour programmer nos vies douloureuses tout en sachant que plus jamais nous ne nous rencontrerons et que pourtant ce sera une alternance, en sachant qu’on aura toujours envie de se voir mais qu’on décidera à chaque fois que non. Et cette alternance, à vrai dire une balançoire en forme de ruban, s’achemine entre l’écume de la nuit et les voix des amis, des gens connus dans de soudaines vacances dans un complot inattendu qu’on avait songé ensemble.
S’achemine l’été par un nouveau rythme du corps, des gestes, du chaud, du froid : encore une fois le regret, la stérile conscience d’avoir défié l’ambiguïté et le temps ; mes énergies d’ancien athlète, comme des tendons déchirés dans une fin d’après-midi de nuages noirs. Encore une fois je m’accroche au quotidien, repoussant le passé et le futur : cette rupture a été excessive, cette passion trop sanglante, l’interprétation de tes gestes trop au pied de la lettre. S’achemine l’été, tu fais ton balluchon, bon voyage, cette histoire se finit en miettes. Tu m’as connu, consommé, perdu. Chacun revient à sa vitesse, cela ferait d’ailleurs une sagesse d’avoir dit qu’on ne change pas tous les deux en même temps.
S’achemine l’été et nous scrutons, incertains, désolés ce mille neuf cent soixante seize où le ver du doute semble ronger l’émail des sourires de l’amour, faisant chavirer nos yeux nos corps bouffis d’angoisse sur le lit complice que le monde (jusque hier refusé) nous offre. Nous n’avons pas eu le courage de nous tromper, de courir à la rencontre du vent de savourer la fatigue, l’épuisement, les bleus
la saleté du corps, la névrose. Cette liaison est restée là, suspendue à ce mur de glycines, telle une glycine, elle n’a pas eu l’endurance pour devenir une vieille histoire. Il n’y aura rien eu de cela, forcément on oubliera les litiges les gestes gênants, les élans. Ma mémoire et la tienne s’évanouiront comme une nouvelle belle à tout prix, une glace abondante, une vieille dame distinguée devant le panorama de Rome.
Je resterai les mains vides, dans la tête que de mots lourds retentissants dans les tempes, que des souvenirs lassants, des douceurs impitoyables envers nous-mêmes.
S’achemine l’été, un autre été, en deçà de la vie, dans un nouvel embarras, une nouvelle angoisse, un nouveau labyrinthe de haies en feu, un nouveau tour, mais nous ne bougerons d’un millimètre, obligés de ramasser, par un soin stupide, ce que l’euphorie héroïque avait jeté. On est vieux, désormais, mais on s’achète de nouveaux dentiers. On devient de plus en plus stériles, arides, coincés, mais on s’applique des prothèses pour de nouvelles virginités. On n’a jamais combattu en rase campagne, mais on s’invente
une jambe qui boite un œil de verre, des fesses en caoutchouc.
S’achemine l’été et nous traverserons son désert enflammé jusqu’à ce parapet de pierre où nous nous assiérons parmi les autres dont nous imiterons la carnation la vague des cheveux les gestes. L’été s’achemine, tu es dans moi, je t’ai engloutie sans contractions, sans même respirer, dans le fond gelé
de l’estomac mort.
Adieu.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

L’œil immobile de la canicule (Zazie n. 49)

07 vendredi Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

L’œil immobile de la canicule

Avançant dans la rue
Virevoltent tes robes légères
Éteignant pour l’instant ma colère
Contre cette chaleur qui tue.

L’asphalte s’évapore pourtant
Asphyxiant par rafales nos corps chuchotants.

Combien de fois, incrédule
Ai-je frôlé la syncope
Négligeant les vagues funambules
Installant dans cette ville d’Europe
Cosmopolite et hivernale
Une véritable canicule,
Luxuriante et interlope
Extravagance équatoriale !

Je dois pourtant sortir de mon ermitage
Essayant d’attraper l’ombre de ton visage.

Devant mes pas collés au sol
Élégante tu t’enfuis, sans proférer parole
Voltigeant élastique
Indifférente aux intempéries
Éblouissante de ton élan spasmodique
Nonchalante mule d’écurie
Se rendant dans une grotte nordique.

Rêvant peut-être de notre intimité
Inutilement tu m’as cherché
Dans le sombre lit d’un joli cagibi..
Inutilement, de tout je me suis dévêtu :
Cela ne change rien à ce soleil têtu
Uniforme et obsédant tel un tyran tordu,
Les foudres incandescentes de cet œil immobile
Écraseront, hélas, d’autres journées inutiles…

Giovanni Merloni

Easy rider (Bologne en vers n. 11)

05 mercredi Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Easy rider (1)

Au galop, dans la gorge horizontale
je glisserai parmi des cailloux sombres,
n’ayant sur le dos qu’une chemise pourrie.

À vingt ans, ou treize peut-être
j’avais déjà imaginé tout cela
et comme les employés de banque
ce sont vraiment les plus laids
j’envisageais un vrai braquage
avec une fronde, une grande motocyclette
et deux heures auprès d’une fenêtre
en compagnie des moustiques
me découvrant voyeur
d’un coït de vieillards.

Au galop, sur une trottinette aquatique
par cœur je fredonnerai une chanson :
« Quand on arrivera à Yuma
le ciel sera affreux
rien qu’une rafale d’oiseaux noirs
parmi les arbres
tandis que ma grand-mère
 gravera
le Far West sur ma poitrine… »

Un soir, assis au bureau d’un ministère
je gesticulerai devant une dactylo
racontant au mur derrière elle
les années du lycée
les chandails sans forme
les mouchoirs sales
les camarades fuyantes
les professeures tremblantes
les vacances en vélo
la plage fourmillante,
ma vie en somme
tout ce qu’il m’arrivait auparavant
et que je dilapidais, j’accumulais et copiais
tout en riant, me masturbant, vomissant.

Une nuit, dans un bus qui tourne et virevolte
je marcherai sans cesse dans le noir
avec tes dentelles et tes rubans volés
et commencerai à me taire
à vraiment me taire
à définitivement me taire.

Giovanni Merloni

(1) Cette poésie, écrite à la veille de mon départ pour Bologne (avril 1972), marque de toute évidence un état de suspension et de subtile angoisse que la vie successive, avec le travail, l’amour et l’engagement politique ont apaisée ou transformée en d’autres formes moins déséquilibrées mais également intenses.
042_easy rider 740

Easy rider (version précédente)

Au galop, dans la gorge horizontale je glisserai parmi des roches sombres, sans plus rien sur le dos sinon la chemise froissée, puante.
À vingt ans, ou treize peut-être j’avais déjà imaginé tout cela et comme les employés de banque sont vraiment les plus laids j’envisageais un vrai braquage avec une fronde, une grande motocyclette et deux heures sous une fenêtre en compagnie des moustiques me découvrant voyeur d’un coït de vieillards.
Au galop, sur une trottinette aquatique je fredonnerai une chanson par cœur : « Quand on arrivera à Yuma
le ciel sera affreux, rien qu’une passoire de coups de feu parmi les arbres, tandis que ma grand-mère m’embellira la chemise en y écrivant Far West ».
Un soir, assis au bureau d’un ministère, je gesticulerai devant une dactylo, raconterai au mur les années du lycée, les chandails informes, les mouchoirs sales, les amis onanistes, les professeures tremblantes, sans omettre les vacances en vélo, la plage de Cesenatico, ma vie en somme, c’est-à-dire ce qu’il m’arrivait auparavant, en dilapidant accumulant, copiant riant masturbant vomissant.
Une nuit, dans un bus qui tourne sans cesse, je marcherai dans le noir avec tes dentelles et tes rubans volés et commencerai à me taire, et commencerai à me taire, et commencerai à me taire.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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J’y reviendrai les yeux clos (Bologne en vers n. 10)

28 mercredi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

J’y reviendrai les yeux clos

Essayant de ne pas réveiller
les silhouettes et les pièges
qu’un jardin jaloux protège,
tel un démiurge à la mine absente,
je traverserai l’échiquier
de la ville indifférente
endossant le costume froissé
d’un insouciant employé
avant de m’étendre
dans les bras forts et tendres
d’une statue mensongère…

De mon pas haletant
j’atteindrai le réverbère
à la faible lumière, la porte cochère,
les petites marches de l’étroit escalier
amenant au palier
au lit défait de cette nuit blanche
à la cloison étanche, à son trou familier…

J’y reviendrai les yeux clos
frôlant les murs abîmés
essayant de débiter par cœur
les noms des rues et des fossés
qui marquaient mon bonheur :
je sais déjà
qu’elle ne sera pas là
et que je n’aurai d’autre affaire
qu’à éteindre les lumières
avant de me tracasser la tête
dans de vains désirs
dans de vagues souvenirs,
dans d’impossibles oublis.

Giovanni Merloni

001_tristina di trieste 740

Essayant d’oublier (version précédente)

Avec l’insouciance d’un démiurge, ayant le soin de ne pas déranger les formes de chair-plastique rangées dans le jardin, marcher endossant le costume maladroit d’un employé, se caler dans une statue aux bras solides, chanceler solennel et pervers vers un réverbère allumé, entrer dans un lit défait et, fixant un point noir sur le mur, se tracasser la tête dans de vains désirs dans de vagues souvenirs, essayant d’oublier.

Giovanni Merloni

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L’hiver est ta bouche (Bologne en vers n. 9)

22 jeudi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’hiver est ta bouche

L’hiver est un bouquet de mimosas
sur tes lèvres violettes.

L’hiver est une porte fermée
emprisonnant nos corps qui s’ouvrent.

L’hiver est une flûte ultrasonique
qui fait fondre les cloisons du silence.

L’hiver est un champ de chrysanthèmes
d’où les yeux d’Anne Frank nous guettent.

L’hiver est le ventre de beurre et de bière
d’un camionneur allemand
l’œil de verre d’un tireur mercenaire
le chemin durement contrarié par le vent
de nos arcades familières.

L’hiver est le fil costaud
octroyant un demain sans peines
un dimanche de soleil et de chaud
où tu me livres ta force sereine.

L’hiver est un rempart lézardé
que brise mon désir effronté
d’y dénicher le jasmin.

L’hiver est une couche épaisse de peur
s’imprégnant dans les paupières
des vieux, des souffrants, des misérables,
ou alors la béate assurance
d’apprentis sorciers
tant bien que mal équipés
qu’aimantent les gouffres minables
de sombres montagnes enneigées.

L’hiver est le verglas qui va te casser la figure.

L’hiver est une poêle à kérosène
un voile de feuilles vidées de saveur
ensevelissant les hurlements extrêmes
de la nature qui meurt.

L’hiver est un élan vif de solidarité
une veillée bruyante de rires et de chansons.

L’hiver est le désespoir qui pousse à lutter
le courage confiant de nous savoir nombreux
le refus orgueilleux du compromis honteux.

L’hiver est mon cri qui tout brise
barrant la fuite à ta beauté insoumise.

L’hiver est ma grève de paroles,
ton sourire hagard
nos quiproquos si drôles
nos gestes si bavards.

L’hiver est un dictionnaire des synonymes
et des contraires, une voix désenchantée
qui franchit toute frontière, un défilé
de vêtements anonymes
sur des passerelles ouatées.

L’hiver est le souffle froid d’un soleil limpide
surplombant une ville d’hommes et de souris.

L’hiver est le cafard des poètes
salutaire contrepoint d’une gloire enfin ratée.

L’hiver est une entrevue spasmodique
sous le rideau indifférent de la nuit.

L’hiver est notre amour vertical
se promenant sans moyens
sur les allées sévères.

L’hiver est tes piquantes fourrures
tes foulards extravagants
tes chandails, ton haleine gelée.

L’hiver est l’escalade de ton lit
le café irlandais qui brûle
au cœur d’un dimanche qui s’écoule
silencieuse, sans autre esprit
que celui de t’aimer.

L’hiver est un dimanche maudit
où je lâche à mes mains,
à elles seules, la tâche de te parler
tandis que toi aussi, de tes mains,
tu me parles.

L’hiver n’est pas la mort, pas encore.

L’hiver est le jour opiniâtre
où nous venons de naître
et jetons déjà nos envies
dans les méandres d’un sillon bleu
où se promènent, incertaines
les joues en feu
et la bouche pas vilaine
d’une hardie demoiselle
qui n’a pas les clés de chez elle.

L’hiver est ta bouche.

Giovanni Merloni

inverno per blog rogné

L’hiver est ta bouche (version précédente)

L’hiver est une grappe de mimosas sur tes lèvres violettes. L’hiver la porte se ferme et notre corps s’ouvre.
L’hiver est une flûte ultrasonique qui fait fondre les murs de glace.
L’hiver est un champ de chrysanthèmes et les yeux d’Anne Frank.
L’hiver est le ventre de bière d’un camionneur allemand, l’œil de verre d’un tireur d’élite, la rue d’en bas que le vent a changée.
L’hiver est le fil ténu pour arriver à demain, à dimanche, à toi. L’hiver est un rempart à peine lézardé, la ténacité et la chance de reconnaître le jasmin.
En hiver les vieux, les pauvres, les souffrants ont sur leurs paupières une épaisse gélatine de peur (pourtant tout le monde va se casser la figure en glissant sur le verglas).
Dans l’hiver à kérosène, la nature meurt sur les palmes sèches de feuilles vidées de saveur.
L’hiver est un dictionnaire des synonymes et des contraires, une voix ouatée, un défilé masqué de vêtements démodés.
L’hiver est un souffle froid, un soleil limpide, une ville d’hommes et de souris, c’est le cafard des poètes froissé, d’occasion. L’hiver est l’amour sous la tente-couverture, c’est la nuit.
L’hiver est l’amour vertical, les allées sévères, les petites fourrures, les foulards, les chandails, les haleines gelées.
L’hiver c’est l’escalade des lits de plumes, le cappuccino qui brûle au cœur d’un dimanche que j’exploite en te regardant parlant, touchant, attendant que toi aussi tu me touches.
L’hiver n’est pas encore la mort, est le courage de lutter, le désespoir et la confiance d’être en vie en plusieurs, c’est la résistance à l’aplatissement, c’est mon hurlement, c’est ta fuite, ma grève devant ton sourire hagard.
L’hiver nous sommes à peine nés et déjà nous soufflons vers les joues en feu et la bouche incertaine d’une jeune fille qui n’a pas les clés de chez elle.
L’hiver est ta bouche.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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L’automne est tes cheveux (Bologne en vers n. 8)

20 mardi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’automne est tes cheveux

L’automne est le pas d’une jeune fille
écrasant de son poids fantaisiste
un cœur triste à l’étoffe déchirée.

L’automne est un roman sans titre
une cathédrale sans portes
s’effondrant dans un ciel de papier.

L’automne est un rendez-vous raté :
si tu es ici, moi je ne suis pas là,
ou alors, si tu es là, je ne suis pas ici.

L’automne, quand tu es ici,
c’est la stupeur de voir à l’unisson
par d’éclats de rire infinis
un monde nourrisson
qui grandit brique sur brique,
feuille sur feuille,
geste sur geste
tout en souriant, fredonnant, hurlant
son inexpérience à tout venant.

L’automne, tu n’es qu’une feuille
parfumée, dorée, de bronze et de cuivre
absorbée dans les rouilles du passé.

L’automne, tu n’es qu’une quille
lancée dans le flaques du futur,
perdue dans un nuage gris,
aveuglée par un couchant irisé
gelée par une nuit bleue.

L’automne, est une feuille jaune,
une hécatombe de mille feuilles décolorées
grises, noires, rouges
se mêlant aux égouts, aux soupirs
aux sempiternels désirs
que bénit le crépuscule
et partage avec jouissance
notre esprit de décadence.

L’automne est l’antichambre
de la vie adulte, remplie de l’écho
de rébellions suffoquées,
de voix courageuses, de regards insoumis
d’un brin de liberté enfin reconquis.

L’automne est une plage déserte
qu’arpentent les poètes
qu’envahissent nos réflexions inquiètes
nos bruits sourds, nos blessures ouvertes.

L’automne est le brouillard épais,
cet aveuglement étourdissant
d’où sortent soudaines les ombres
telles les gifles d’un revenant
qu’on croyait disparu.

L’automne est l’habitude
à cette pluie brusque, insistante
douche caressante et cascade de marbre
qui se rue, par une sévère magnitude
sur le toit gris de mon arbre.

L’automne est un poème de Prévert
que j’aimerais bien continuer
en y ajoutant tout ce qui déconcerte
tout ce qui nous amuse
lors de traversées sans gain ni perte
et discussions abstruses.

L’automne, quoiqu’il arrive
il pleut sans cesse sur Brest.

L’automne est une promenade judicieuse
sous les arcades, aux aguets
de ta silhouette capricieuse
de tes foulards aux mille reflets.

L’automne est tes cheveux.

Giovanni Merloni

autunno 76 x blog 72L’automne est tes cheveux (version précédente)

L’automne est un pas de jeune fille triste sur un cœur sourd d’étoffe déchirée.
L’automne est une cathédrale païenne s’effondrant dans un ciel de papier.
L’automne tu es ici, moi je suis là, toi tu est là et je suis ici. L’automne tu es ici, attentive au monde qui naît, brique sur brique, feuille sur feuille, geste sur geste, sourire, hurlement, chant, éclat de rire amusé.
Tu es ici, absorbée dans le passé et dans le futur, tu es ici, feuille parfumée, dorée, de bronze et de cuivre perdue dans le violet, aveuglée par le rayon oblique, gelée par les crépuscules de guitares.
L’automne, évidemment, c’est une feuille jaune, mille feuilles jaunes.
L’automne, évidemment, ce n’est que pluie battante par douches de caresses : une mer de marbre qui se rue, bouffie et mordante sur la terre grise.
L’automne, évidemment, c’est la saison des poètes. des petites rédactions, des réflexions, des bruits sourds, des blessures. L’automne, évidemment, il pleut sans cesse sur Brest.
L’automne est tes cheveux.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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L’été est tes yeux (Bologne en vers n. 7)

18 dimanche Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’été est tes yeux

L’été est un couteau
de boy-scout, une petite bouteille
de Coca-Cola, un pot de chambre
dans une ancienne maison de campagne.

L’été est un bouquin de poèmes déjà lus.

L’été est un mur de chaux,
un être qui s’écroule à terre
comme un sac, une pantomime
sous les projecteurs, un pré vert
caressé par la nuit.

L’été est un train
qui s’arrête, un jugement
qui flotte dans l’air, une vie
entre parenthèses.

L’été est un escalier
creusé dans les rochers
lors d’une nuit d’étoiles filantes
dans une île de chauve-souris et d’oranges.

L’été est un cagibi
où s’invitent nos solitudes
nos souterraines richesses
nos invincibles précarités.

L’été est l’étrange euphorie
de nous savoir différents.

L’été, tu guettes
la lumière dans l’obscurité
tandis que moi j’espère
l’obscurité dans la lumière.

L’été est une chemise
rayée bleu et blanc, un drap propre
autour de nos corps mouillés.

L’été est un long instant de ravissement sensuel.

L’été est un nuage violet
vaguant incertain entre les pins et la mer.

L’été est une lente
paresseuse chansonnette d’amour
la silhouette en contre-jour
de nos jambes et nos bras enchevêtrés.

L’été est l’inédite liberté
de rêver, de nous mettre nus
de tout voir sans rien regarder.

L’été est le courage,
la peur, le bonheur de se découvrir idiots.

L’été est un oiseau mort
au-dessous d’une pierre,
un lendemain sur terre
plein de révélations, d’inconnues.

L’été, c’est fini avec les devoirs en classe.

L’été est une école buissonnière
sans vêtements ni tabliers.


L’été est une voix taquine
qui résonne argentine
dans nos regards insomniaques.

L’été est un baiser frais.

L’été, ça commence
à être vrai cet amour
ça va déchirer notre existence
une séparation si longue.

L’été est un chagrin qui semble insupportable.

L’été, quelle meilleure circonstance
pour mettre à l’épreuve notre constance !

L’été est un homme
étendu à même la terre
attendant que d’en haut du lierre
une feuille lui tombe dessus.

L’été est une femme
se hissant sur une tour d’acier
pour regarder la lune.

L’été est tes yeux.

Giovanni Merloni

estate alberi_antique

L’été… c’est tes yeux (Version précédente : 24  janvier 2013)

L’été est un vase de nuit dans une vieille maison de campagne, un couteau de boy-scout, une petite bouteille de Coca-Cola.
L’été est un escalier à la belle étoile parmi les rochers dans une île d’oranges et goélands.
L’été est un long instant sensuel.
L’été est la petite liberté de rêver de se mettre nu, de voir sans regarder, c’est un petit cahier de poèmes, c’est le courage la peur le bonheur de se découvrir un peu idiots.
L’été est une chemise à lignes blanches et bleues, un drap sec pour le corps mouillé.
L’été est un corps qui tombe par terre comme un sac, un mur blanc, un spectacle dans un pré, la nuit, avec les réflecteurs.
L’été est une lente paresseuse petite chanson d’amour, est un enchevêtrement de jambes et de bras, un nuage violet entre les pins et la mer.
L’été est un oiseau mort sous les pierres, c’est un futur plein d’inconnues, c’est peut-être cent surprises ou alors une révélation.
L’été c’est la fin des devoirs en classe, c’est une école sans les tabliers. sans les vêtements.
L’été parle, résonnant un peu dans nos deux regards insomniaques.
L’été est un baiser frais.
Ça commence à être vrai cet amour, ça commence à être douloureuse une séparation plus longue.
L’été, quelle meilleure occasion pour mettre à l’épreuve notre constance !
L’été est une douleur qui semble insupportable.
L’été c’est suspendre tout jugement, arrêter le temps, mettre la vie entre parenthèses, chercher l’obscurité dans la lumière et la lumière dans l’obscurité.
L’été est une prison de solitude où nous découvrons nous-mêmes, notre souterraine richesse, notre infinie précarité.
L’été est dans l’euphorie d’éprouver qu’on est différent.
L’été c’est manger une pomme, étendus à même la terre, ou grimper sur une tour d’acier pour regarder la lune.
L’été… c’est tes yeux.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN  

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Le printemps est ta main (Bologne en vers n. 6)

13 mardi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Le printemps est ta main

Le printemps est une mer grise.

Le printemps est ta voix
ton cou, tes lèvres, ton corps
à même le sable.

Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est une faible lumière
qui serpente dans la chambre
un disque obsédant
une obscurité pleine d’odeurs.

Le printemps est un vin nouveau
un adieu sur le pas de la porte
une promenade solitaire
un tas d’os et de pierres blanches
au milieu d’une clairière
un monologue étendu sous le soleil.

Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge
en train de mourir sur une plaque de glace.

Le printemps est un pont branlant
un bouquin sans dédicace.

Le printemps ce sont les vestes volés
les préparatifs des fêtes
les terrains vagues et sans âme
les ruisseaux d’eau jaune
les ampoules dans les bars
battues par un vent jaloux
les cahiers cornés
les téléphones accrochés
les cœurs désemparés.

Le printemps est la tâche difficile
de la vie avec les autres
le train train d’un bureau
le labyrinthe obsédant
des rythmes quotidiens.

Le printemps
est une violette sur ta robe grise
une randonnée dans la broussaille
de tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

primavera 1976 x blog

Giovanni Merloni, Printemps, 1976

Le printemps est ta main (version précédente)

Le printemps est une mer grise. Le printemps est ton corps sur le sable, il est ta voix, ton cou, tes lèvres. Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est la faible lumière serpentant dans une chambre. Le printemps est un vin nouveau, une promenade tout seuls, un adieu sur la porte, un disque obsédant, une broussaille de cheveux, un tas d’os et de pierres blanches, un monologue étendu sous le soleil, une obscurité pleine d’odeurs. Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge, morte sur une plaque de glace. Le printemps est un petit livre. Le printemps ce sont les vestes volés, les préparatifs des fêtes ruisselantes d’eau jaune, les ampoules dans les bars, battues par un vent incertain, les terrains vagues et sans bruit, les cahiers cornés, les téléphones accrochés, les cœurs encombrés, désespérés, solitaires.

Le printemps est l’angoisse de la vie parmi les autres, la vie au travail, dans les bureaux, dans les labyrinthes obsédants des rythmes quotidiens. Le printemps est une violette sur une robe grise, un parcours tortueux dans tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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