le portrait inconscient

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Le train s’en va (Bologne en vers n. 5)

11 dimanche Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Le train s’en va

1
Le train s’en va
brisant, opiniâtre, des chaînes invisibles
creusant dans le gouffre mystérieux
qui sépare deux villes et leurs noms :
l’une est Rome, qui se rencogne
dans son ivresse de vierge épuisée,
l’autre est Bologne, la belle désirée
qui vient à ma rencontre.

Le train traîne, suspendu
sur le fil contrarié de mes deux destinées
survolant les champs et les foyers
les lits, les étreintes, les baisers
et ces lumières scandaleuses
de fenêtres silencieuses.

Tu n’es pas là, pas encore
mais tu t’obstines à bouger
qui sait où, comme une idée fixe,
tandis que, lâchement, je seconde
ce rythme impitoyable du train
qui voudrait briser mes intentions
mes souvenirs, mes rêves.

Tandis que je m’accroche
à cette cadence
qui ne me fatigue pas
qui ne me repose pas,
le train s’en va,
avalant par-à-coups
la terre, la mer, les lagunes
les toits, les poteaux, les murs
les soucis et les peines,
les hommes, les femmes.

Je n’existe pas,
ou alors je suis le seul qui existera
dans le train qui s’en va
alourdi par ses mémoires
ses chagrins d’amours,
ses regrets,
ses remords.

2
Entre la gare de mon abandon
et celle de mon ambition
le train accompagne et console
avec ses brusques débandades
mes questionnements infinis
autour du sens ultime de la vie.

Entre ce que je laisse et ce que je trouve
je dors, accroché à une louve
entouré de gens qui désapprouvent
et me laisse bercer
dans une étrange immobilité
coulant interminable
telle une clepsydre de sable
sur mes deux yeux fermés.

Jusqu’à ce que…

3
Sifflant, le train s’arrête
se transformant en tram
qui avance comme une bête
au pas lourd, encombrant.

Attendue, rêvée, espérée,
je te vois sous la marquise
obscurcie par la surprise
qu’a fait déclencher
mon regard étranger.

Avec ses bruits, le train repart lugubre
rempli d’autres corps, d’autres haleines
me laissant seul avec toi, à découdre
le pantin usé de mes peines,
tandis que la ville, sage, nous ouvre
silencieusement
les portes grises de la nuit,
accueillant, sous ses arcades
nos pas désunis
et nos pensées affolées
telles d’écharpes entrecroisées.

Le train lointain s’oublie
en nous redonnant notre miel
tandis que nos mains se hissent, ravies
jusqu’à toucher les fils dans le ciel.

Giovanni Merloni

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Le train va (version précédente)

Le train va, tout reste en arrière, tout vient à ma rencontre. Je n’existe pas. Moi seul, j’existe.
S’en va le train et vient la terre. S’en va le train et viennent la mer, la lagune, les toits, les tours, les troubles, les choses, les hommes.
Le train va et tu viens. Le train va et tu n’es pas là, tandis que je me penche vers ce rythme que je seconde, empêchant mes pensées, mes souvenirs. Cette cadence ne me fatigue pas, ne me repose pas.
Le train va et tu bouges à peine, qui sait où, comme une idée fixe. Le train va, là où je demeure : c’est un train vide, plein de choses
que je ne m’arrête pas à regarder, plein de peines que je frôle,
de mondes, de mémoires, d’amours.
Le train va au-dessus des villes, des lits, des baisers, des étreintes, survolant ces lumières douloureuses de fenêtres entrouvertes.
Le train va en quête de tant de femmes et d’hommes, de gens qui attendent, de gens qui se cachent.
Le train s’arrête. Il devient un tram, un serpent lourd et encombrant. Le train s’arrête, et je te vois, attendu, espérée, rêvée, désirée.
Le train ne cesse pas d’envahir ta peine et la mienne, nos regards étrangers.
Le train repart et nous laisse sur le goudron. Lugubre comme dans une fête, il a l’allégresse es enterrements et porte avec lui un monde de gens de train.
La ville nous ouvre, silencieusement, les portes de la nuit.
S’en vont alors, sous les arcades, nos pas désunis, s’en vont nos pensées s’entrecroisant comme des écharpes. S’en vont nos quatre mains, lécher les fils du ciel.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN  

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Je suis une carcasse de vieille voiture (Bologne en vers n. 4)

08 jeudi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Je suis une carcasse de vieille voiture

Je suis une carcasse de vieille voiture
une sardine raide morte,
rangée dans une boîte de laitons tordus.

Je suis une boule de poussière
jetée dans un précipice bleu.

Je suis le néon jaune de la nuit
les pas au milieu de chats ensommeillés
l’après-midi des vitrines
le soir des radios ondoyantes.

Je suis Venise
s’effondrant
dans des couches de salive.

Je suis la terre
qu’engloutit le monstre de pierre.

Je suis la route qui s’éloigne
escortée par les arbres peints en blanc.

Je suis la solitude désemparée
d’un flipper ébranlant le vide du bar.

Je suis les rêves bourdonnants
d’hommes essoufflés qui cherchent le vent.

Je suis l’adieu aux villes du nord.

Je suis Bologne débonnaire,
je suis Rome étourdie.

Je suis le brouillard
qui s’installe dans les jambes.

Je suis le gel
de n’avoir plus de paroles.

Giovanni Merloni

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TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

 

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Drôle d’histoire (Bologne en vers n. 3)

04 dimanche Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Drôle d’histoire

Drôle d’histoire
l’énergie pour monter
dans le fouillis des armoires infinies
où tu te sauves sous des vêtements
blanc poussière, violet rose, jaune marron
rencontrer la surprise de ton regard
jouant à cache-cache
derrière les châteaux en papier.

Drôle d’histoire
les au revoir romantiques aux fenêtres
le train dans le sillage d’eau
la terre grise sur les chaussures
le bruit des soupirs
les poignées de main, les jeunes gens.

Drôle d’histoire
courir parmi les étoiles filantes
autour du totem de deux corps
enlacés dans la danse peinte.

Drôle d’histoire
l’air de neige
respiré entre les dents brisées
le goût du déjeuner
la saveur du vomi
dans la gorge séchée.

Drôle d’histoire
l’énergie pour monter
dans le fouillis des armoires infinies
où tu te sauves sous des vêtements
blanc poussière, violet rose, jaune marron.

Giovanni Merloni

Giovanni Merloni, de « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 — ISBN 88-86600-77-1

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Original TEXTE ITALIEN 

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Le nombril d’une planète endormie (Bologne en vers n. 2)

25 jeudi Mai 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Le nombril d’une planète endormie

I.
Son appart se découvre à nouveau
le nombril d’une planète endormie
le berceau où se sauve, ravi
le vrai sens de ma vie.

Traîné par une fleur rebelle
d’un élan j’ai couru vers elle
lui apportant en cadeau
le cœur chaud d’un chiot.

Et déjà la farouche déchirure
de son âme meurtrie
s’estompait dans le petit désespoir
d’une égratignure jolie
dont on ne voit pas grand-chose :
le rouge se mariant au rose
le céleste au noir.

Traîné par une peine
que j’avais refoulée,
je courais chez elle, dérangé
par des mots désordonnés
me jurant qu’elle comprendrait
qu’elle négligerait mes états…

II.
Derrière la porte fermée,
dans sa douceur exquise
elle s’abandonne, sourit et rit
et mêle son regard
à la poussière blanche du soleil
traversée par l’ombre
toute-puissante d’un autre.

Jusque là a couru mon enthousiasme
jusqu’à sa porte fermée, aux glycines fanées
écroulées sur le gravier de l’allée
sous la pluie.

Giovanni Merloni

la sua casa_bozzetto

Précédente version (Sa maison redevient centre, Ossidiana n. 13) publiée sur ce blog le 2 février 2013 :
Sa maison redevient centre/le centre du monde. Un lieu/où l’on peut dire : celle-ci est ma vie.//Entraîné par une fleur, j’ai couru/lui donner un joli chiot chaud.//La déchirure de son cœur/devait s’être étendue/en une longue blessure grise/(mais, on ne se voit pas tellement :/le rose se marie au rouge/le céleste au noir).//Emporté par de mots/désorganisés, par une furie/que je ne savais pas refouler,/j’allais chez elle/(pourtant elle me comprendra,/même dans ma pagaille)./Dans sa douceur exquise/elle s’abandonne/sourit et rit, et mêle son regard/à la poussière blanche du soleil/à l’ombre envahissante/d’un autre.//Jusqu’à sa porte a couru mon enthousiasme/à sa porte fermée, aux glycines fanés/écroulés sur le gravier de l’allée de pluie.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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Let’s spend the night together (Bologne en vers n. 1)

23 mardi Mai 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Let’s spend the night together 

Des ombres confuses
jailliront en croquis de ton geste.

Vers le ciel se hisseront
brisant la sphère de pluie
la tête bleue et le corps d’une femme ravie.

Nous partirons en silence
las et gaillards, marchant au ralenti
dans les pas de l’ambulant
anéanti sous le poids des haillons
que la neige à remplis.

Telle une geôlière
qui endormit nos souffrances
nous berçant d’illusions,
l’autre ville nous fera cadeau
d’aubes tragiques
et matins souriants
avec cette obsession
de n’avoir aucune chance
de sortir des contours figés
des maisons orangées.

D’autres baisers confus
se mêleront aux attentes pénibles
au bout de couloirs déçus
devant les portes fermées.

Avec la bouche d’une fée
jetant sa fumée dans la jungle de nos jambes
lasses et nues
arrivera le soir sourd des cloches
arriveront les oiseaux remplis de plomb
apportant une autre vie,
parfaitement égale à celle-ci,
où nous demeurerons désunis.

Giovanni Merloni

le cagibi

Précédente version (publiée sur ce blog le 5 janvier 2013 (Ossidiana n. 2) :
De dessins équivoques jailliront,/de ta main habile. Vers le ciel/la tête bleue d’une femme heureuse/percera la sphère de pluie :/nous partirons las et gaillards/sans parler. Le lent voyage/d’un ambulant se traînant en haillons, bourré de neige.//La ville nouvelle qui déjà nous capture/va nous dompter en nous engourdissant/d’aubes tragiques et matins souriants/avec cette obsession d’une vie sans issue/dans les contours fermés de maisons orangées.//D’autres baisers équivoques/et d’autres attentes douloureuses arriveront/hors des hôpitaux devant les vitrines/tandis que des lèvres charnues jetteront/leur fumée lasse entre les jambes nues./Le soir sourd paraîtra, indifférent au son des cloches/et des oiseaux gonflés de plomb/tandis qu’une nouvelle vie se dénouera,/tout à fait pareille à celle qu’on a vécu/nous qui ne serons plus jamais ensemble.
G.M.

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Amour et goudron – Intervalle poétique du Journal d’Alfredo (Journal de débord n. 45)

23 jeudi Mar 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

Giovanni Merloni, mars 2017

Cette poésie de 1963, « insouciante et polémique » à la fois — traduite et déjà publiée sur ce blog le 5 mai 2013 —, marque un moment de pause, un intervalle  entre les deux premières parties du Journal d’Alfredo (« Une mère française » ; « À Rome ») et la troisième partie (« L’île ») consacrée au récit de cet été inoubliable à Procida, l’île d’Arturo (1) et de Graziella (2). Avec ce nouveau récit, l’histoire d’Agata et Alfredo démarrera le prochain dimanche 2 avril et se terminera à la moitié du mois de mai. Les 19 épisodes relatifs sortiront tous les dimanches, mardis et jeudis.

Avec la suivante « citation poétique » inspirée par la « nostalgie de la désacralisation », les lecteurs sont autorisés à faire des hypothèses au sujet des ressemblances, certes impressionnantes, entre l’Agata qu’aime Alfredo et cette Ambra, elle aussi blonde et également souple, moqueuse et idolâtrée.
Tout est possible, même si les personnages d’une fiction s’éloignent inévitablement de leur premier modèle avec une incoercible pulsion à le démentir et même à le trahir. Sinon, combien de différences y a-t-il, selon vous, entre l’Agate et l’Ambre ?
Giovanni Merloni

(1) « L’île d’Arturo », Elsa Morante, Einaudi 1957. Traduction en français : Michel Arnaud, 1963. Folio Gallimard, 1978
(2) « Graziella », Alphonse de Lamartine, 1852. Folio Gallimard, 1979

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Giovanni Merloni, Vive le 14 juillet 1789 ! – 1998-2013

Amour et goudron 

Je me moque de toi
de ton odeur de savon
de tes joues sans fard
de tes yeux sans artifices
de tes chaussettes blanches.

Tu te moques de moi
de mes cheveux longs
en désordre parfait
qui me font délinquant
et tu ris également
de mon air trop sérieux
si j’affiche, souriant
des cheveux coupés courts
d’apprenti militaire
diligent et ordinaire.

Je m’amuse à ridiculiser
ta mode pervertie,
tes jupes imprévisibles,
tes lunettes fumées.

Tu me juges égoïste,
un faux sentimental
rangeant tant bien que mal
les femmes dans une liste
un type qui tire à vue
sur les pigeons de la rue
traînant ses yeux d’épervier
au hasard dans le quartier.

« Un remède au verbiage,
au chagrin de l’ennui
ce serait, tu me dis,
qu’on installe un grand lit
sur ce pénible goudron
au beau milieu du tourbillon
de laques et poussettes

ce serait — quel défi ! —
s’embrasser à l’infini
devant ces gens normaux,
dérangés, indignés, apeurés
ne faisant qu’un, mon chéri,
avec ces sombres poteaux
au feuillage hébété

ce serait un bouchon routier
des voies érogènes
se frayant un chemin fantaisiste
parmi les alambics et les gênes
d’une liturgie conformiste

ce serait finalement le baiser
de deux langues ensanglantées
dans le grabat mortel
d’une église abandonnée ! »

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Ciao, ma belle morveuse,
évitons de trop fouiller !
Respirons du fond du nez
les aiguilles de pin
se mêlant aux piqures sans fin
de nos rhumes étourdis !

Marchons, les pieds légers
— un, deux ! un, deux ! —
à l’abri de l’amour et du vice
au-dessous des ombres complices
de notre tout premier
quatorze juillet !

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN :

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Un voyage à pied, 1975 (Ossidiana n. 5)

15 dimanche Jan 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

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Félix Vallotton, image empruntée sur Twitter

Un voyage à pied 

Un voyage à pied
tout seul, rien que pour entendre
l’écho de mes pas,
le bruit sourd des pierres
sur l’eau.

Un voyage à pied
arpentant de mes larmes
les tranchées en ruine ;
frôlant, sous l’herbe et l’ortie,
les silhouettes floues
des morts.

Un voyage à pied
pour évoquer un à un
les regrets scandaleux
qui m’assomment.

Un voyage à pied
en guettant la lueur
d’une chandelle solitaire
qui brûle à l’abri
de cette carapace de tortue
que je porte sur moi.

Un voyage à pied
jusqu’au terminus de la plaine
me creusant un destin violacé
au milieu de la grève
d’un fleuve de boue.

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Une marche tourmentée
par l’ombre branlante
de mon vieux sac à dos
alourdi d’inepties
et de livres ennuyeux
que j’ouvrirai au soir
bénissant la paresse ouatée
d’un refuge effondré
dans une gorge de fraises
et de ronces.

Une quête engourdie
parmi les monologues
des amis abandonnés
que reflètent
la mer oubliée
les villes inoubliables.

Une fuite distraite
parmi les angoisses indomptables,
les hurlements de douleur,
les visages durcis
se glissant dans le vent.

Un slalom circonspect
autour d’un lit défait
où depuis des siècles
la poussière a effacé l’amour.

Un prudent parcours de guerre
dans un monde étranger
qui ne cesse de scruter
dans le vide.

Une brève intense bataille
bras dessus bras dessous
avec d’autres comme moi
brandissant des drapeaux
pendant la longue allée.

Un geste opiniâtre
que cette solitude
ne rendra pas plus fort
parce que ces retrouvailles
ne m’aideront pas
à tirer les choses au clair,
parce que de toute façon
tout se vaut.

Un voyage à pied
mes mots sous le bras
jusqu’au bout d’un labyrinthe
de lumières et d’échecs
où béatement me perdre.

Adieu.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN  

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Je prends la parole

24 samedi Déc 2016

Posted by biscarrosse2012 in les unes du portrait inconscient, mes poèmes

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Je prends la parole

Je prends la parole
Pour vous dire Bonjour
Pour vous inviter à sortir
Si vous êtes cloîtrés
Pour vous inviter à rentrer
Si vous êtes ivres.

Je prends la parole
Pour démentir toutes les bêtises
Qui me sont échappées du clavier
Pour ressusciter toutes les vérités
Que j’ai oublié de dire
Que je n’ai su dire
Que je ne sais dire.

Je prends la parole
Pour vous avouer
Que j’ai peur de mourir
Mais je n’ai pas peur de vivre.

Je prends la parole
Pour vous remercier d’être là
Visibles, invisibles
En ce monde violent que pourtant
Nous essayons, ensemble,
De contourner
D’amadouer
D’esquiver
D’embrasser fort
Et d’accrocher enfin
Dans une seule boule d’air céleste
À cette femme-arbre de Noël
Qui ressemble à la Vie.

Giovanni Merloni

Je serai dans la mer, tel un rêve lointain, 1963 (Ambra n. 6)

02 vendredi Déc 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

l'eterno femminino 740

Giovanni Merloni, 1987

Je serai dans la mer, tel un rêve lointain

Tu me racontes, essoufflée, le secret souvenir
de ton île lointaine où ton cœur s’engloutit.

Tu m’esquisses, ravie, des maisons et des roches
les contours et les ombres, que de sombres couteaux
creusent à fond, dessinant de ruelles bien étroites.

C’est un homme qui ressemble à ma sombre jalousie
l’être flou, imprégné de soleil et de sel
qui marchant et courant dans le port s’enfouit.

Toi aussi, tu t’imprègnes de l’écume de la mer
comme ce port qui t’attend et cet homme solitaire
que tes mots revenants contraindront à sourire.

Si ce port, un beau jour, te voyant arriver
s’empreindra de soleil et de barques
et tes gestes enivrés grimperont cette terre
je serai dans la mer, tel un rêve lointain.

002_freccetta-001-180

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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Pour seconder ton vol (Zazie n. 48)

25 vendredi Nov 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Pour seconder ton vol

De ce trop de gloire je suis fatigué.
Volontiers je vomirais ces cadeaux
ces reconnaissances, ces statues :
tout cela m’emprisonne
en de nuages de fer
en d’horizons boueux
en d’auberges aux odeurs mièvres.

Je voudrais enjamber le toit
et glisser dans un torrent gelé,
m’agripper à ton pied,
glisser parmi tes jambes
m’endormir sur ton ombre mouvante
tel un manteau plumé.

« De vous accorder d’interview je suis las
cessez de me photographier
jetez ailleurs mes sourires stéréotypés
effacez mes abstruses paroles
brûlez mes livres ! »

Je voudrais rencontrer mes bourreaux
leur dire ce que je pense d’eux
me faire immortaliser tandis que je les insulte
et puis me sauver avec toi,
dans une grotte,
fronçant les sourcils,
faisant la moue,
avant de m’étendre à terre
inerte, au premier rang
pour seconder ton vol.

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Giovanni Merloni

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