le portrait inconscient

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Archives de Tag: Album de famille

Une vie inconnue (Album d’une petite et grande famille, 1961)

25 mercredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Album de famille

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Le bruit doux de la pluie s’effondre tristement dans la nuit froide. À travers les vitres embuées ma vie se révèle : je découvre dans l’insistance de l’eau qui coule le danger du monde, dans la faible défense du verre ondulé je m’attends à sa tromperie.
Je ne crois pas au péché. Les gens croient de pécher et de s’en délivrer pourtant, tout en demeurant ignorants de ce que cela veut dire. Je ne crois pas à la tromperie parce que — hélas ! — très souvent, même qui trahit sa compagnie agit pourtant sans le savoir vraiment. Je ne crois pas à la mort injuste parce que l’homme l’attend.
(Je sais d’ailleurs — hélas ! — combien d’assassins, de voleurs, d’escrocs trouvent leur soutien assez facilement.)
(Cela me révolte, m’anéantit, car je ne peux pas accepter comme si m’était égal tout pouvoir de faire du mal qui s’installe impunément.)
Je ne crois pas ni n’espère. Je ne fais qu’exister. Dans ce monde vide, sans bout ni but, je vis à jamais une vie inconnue.

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Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 25 décembre 2013

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Un quartier, toujours le même (Album d’une petite et grande famille, 1961)

24 mardi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Album de famille

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Il pleut depuis longtemps sur la ville endormie. Un feu rouge arrête les voitures silencieuses dans la nuit
(un moineau tombe mort dans une flaque). Il tonne, dans le ciel impérieux. Passe dans la rue une femme au regard éteint.

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Un quartier, toujours le même, une vie sans histoire, une mort qui ne brise pas la monotonie. Rien que des silences obstinés, toujours le même train train, les mêmes joies immédiates, le même chagrin, une vie dans le ciment gris, une mort parmi des fausses larmes. Rien que des silences obstinés.

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Des maisons. d’escaliers et d’escaliers jusqu’au toit, où la tête se cogne. Du marbre, du linge accroché, des amours, même là-haut, dans les sous-pentes, où d’entières familles camouflent en vain leur destin inhumain.
Des maisons empilées et des courses affolées en bas de l’escalier jusqu’au bout des caves. Un enfant vient de naître à même le palier, tandis qu’un chat d’égout meurt sans funérailles. Le monde meurt et renaît a chaque coin dans des maisons en gris et blanc.

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Gouttes, gouttes froides, grêlons sur les canaux agités, sur les toits de plus en plus gris que l’hiver déshabille. Les gens traversent à la hâte la rue sombre, inondée. Même la pluie s’étonne me voyant, muet, piéton dans l’attente d’une fée.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 24 décembre 2013

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Il s’est plié dans la mort indolore, riant (Album d’une petite et grande famille, 1962)

23 lundi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Album de famille

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Il gît à même l’herbe, écrasé, encore riant. Pourtant, il ne rigole pas de la mort. Il sourit au ciel, aux étoiles qu’il ne possède plus. Ses cheveux lui caressent les dents. Il a eu juste le temps d’écouter les ritournelles du soir, les dernières fusillades.
Il s’est plié dans la mort indolore, riant. Maintenant, il ne raconte rien de la mort. Sur ses yeux la nuit a déposé la poussière et le vent, dans un tourbillon de feuilles mortes. Regardez comme il dort dans son lit d’herbe et de boue ! Suivez-le, tandis qu’il roule (lente avalanche sombre) vers le fond de la vallée et qu’il glisse, tout en dormant, les yeux écarquillés comme s’il fixait une maison, une fenêtre, une porte fermée. Voyez qu’il se penche encore, même dans son oubli
immobile. Regardez, sur ses lèvres la rosée traîne, ne faisant qu’un avec son dernier baiser et la saveur du dernier bout de pain ! Il a dans la bouche de lourdes balles, de longs fusils et ce vent de poussière qui l’effondre. Il n’y a que de la mort dans sa bouche.
Cesse de regarder, ô soldat, ces maisons, ces hommes, ces amas de choses inutiles, survivant autour de toi ! Oublie de regarder cette terre qu’on te jette dessus ! Ne juge pas ces êtres maigres priant sur ta pierre, ni cette guerre t’arrachant sans un mot. Il n’y a que de la vie dans ta mort.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 23 décembre 2013

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Rome au pas de la porte (Album d’une petite et grande famille, 1962-2013)

24 dimanche Nov 2013

Posted by biscarrosse2012 in contes et nouvelles

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Album de famille

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Giovanni Merloni, Les chapeaux, gouache 1988

Je l’ai revue au couchant, rose, paresseuse, une grande statue, lumineuse dans le profil, une grande dame plantureuse, lourde, démesurée, infinie. Elle est longue des kilomètres d’hommes, de toits, de haillons, de monuments de marbre. Elle est solennelle, comme un essaim d’hirondelles noires voltigeant parmi des colonnes
blanches. Elle est sèche comme une feuille d’automne se dissolvant dans un vaste miroir gris, avant de s’allonger, immense dans la traînée jaune du fleuve. Je l’ai rencontrée, débonnaire, brune, les cheveux sur la poitrine, elle riait, essoufflée, chagrine comme une femme contrariée attendant son mari sur le pas de la porte. Je lui ai dit bonjour à chaque impasse, à chaque place, à chaque rambarde, comme un amant saluerait une belle bouche régulière, des longs cheveux noirs de jais, un sourire, un visage rose. Je l’ai traversée de nouveau : elle était détendue, ensanglantée, en train de mourir sous mes yeux. Il faisait bleu, les étoiles
jaillissaient partout. Rome était là, ou alors c’était toi qui m’attendais riante au pas de la porte, chagrine, contrariée, débonnaire, immense, prête à voltiger dans le fond de la nuit.

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Giovanni Merloni

(cliquez sur les images pour les agrandir)

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 24 novembre 2013

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« Les paroles s’envolent, les écrits restent » (Album d’une petite et grande famille, 1962)

27 lundi Mai 2013

Posted by biscarrosse2012 in contes et nouvelles

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Album de famille

001_ce que j'ai vu 180

Ce que j’avais vu de ce monde insaisissable, ce que tu avais lu de mes découvertes. Ce que j’avais lu dans ce que tu avais vu (complètement différent vis-à-vis de ce que je voulais
— ou pouvais ou devais — dire)… Cela a déclenché une bagarre absurde, une déchirure inutile entre nous, car « les paroles s’envolent, mais les écrits restent », et les mots prennent corps, devenant des ogres, des géants, des armées féroces, des gueules raides renfermées en elles comme des étuis de fer. Peut-être, m’étais-je donné des airs d’importance ou alors mon attitude était tout à fait déplacée, maladroite ou abrupte… Je ne saurai jamais ce que tu penses à présent ; et j’ai peur aussi que tu n’auras pas envie de lire, maintenant, le pénible feuilleton de ma déception et de mon chagrin. D’ailleurs, tu aurais raison à me le dire : « que sais-tu de la vie et de l’amour, ainsi que de l’ennui paresseux et de la mort ? » Pendant une vie entière je suis resté là, immobile, devant de belles images ou des paysages laids, les yeux vides, limpides ou aveugles, lointains ou voisins, hagards ou découragés, tout en croyant que ce que je voyais c’était ma vie ou alors notre vie… La vie n’a pas d’yeux et probablement elle ne se promène pas au long d’une balustrade. La vie ne contemple pas
les paysages.

001_ce que j'ai vu

Ce que j’ai vu ne restera même pas dans mes yeux. Mais je serai là, tous les jours, auprès de cette terrasse accoudée sur la mer où j’attendrai ton regard et ta voix au passage. J’écrirai finalement que ce soir d’octobre c’était un matin de juillet et qu’il n’y avait ni plume ni cahier dans la poche de nos yeux orphelins de toute joie et de tout sens (même le plus provisoire) de la vie.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 10 juillet 2014

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