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CARTOLINA PER GIOVANNI … ROMA 1970 …

08 jeudi Oct 2015

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Giorgio Muratore

« Valle Giulia ce fut la fin d’un rêve »

Carte Postale pour Giovanni : Rome 1970-1870 ***

« Cher Giovanni …
ce soir tu étais là aussi, peut-être …
Agostino par sûr ne manquait pas…
dès lors, je ne l’ai plus vu…
c’était en face de Sant’Angelo …
quand la péniche brûla du Ciriola …
un spectacle épouvantable…
tout brûlait, même le fleuve…
le pont, le château, toutes choses…
mais surtout on nous brûla…
nos illusions …
c’était en 1970…
cent ans avant, Pius IX voyait se brûler les siennes…
Jérusalem de l’Apocalypse sur le Pincio …
car les piémontais allaient arriver…
mais pour nous, au lendemain de ce feu
elles devaient arriver bientôt,
hélas…
les années de plomb… »

Giorgio Muratore

*** Dans cette originale « carte postale » , en plus de la photo inquiétante de l’incendie de la péniche où l’on avait tourné d’ailleurs des films célèbres comme « Vacances romaines » avec Gregory Peck et Audrey Hepburn… il y a aussi la reproduction d’un tableau évoquant le fameux incendie de Rome du 64, sous l’empereur Néron. « Jérusalem de l’Apocalypse sur le Pincio », qui nous rappelle la prise de Rome en septembre 1870, avec le déclenchement de la Question romaine…

Avant de m’envoyer cette « carte postale », mon ami Giorgio avait ainsi répondu à mon billet du 7 octobre :

Carissimo Giovanni …
la tua ricostruzione è perfetta e condivisa …
c’eravamo tutti lì, in quel giorno e non solo …
e complimenti quindi, anche, per la memoria …
fatti e personaggi rimasti anche per me indelebili …
qui rivivono perfettamente e riflettono bene quel clima …
che pur avendolo vissuto allora “in prima linea” …
ci sono voluti, almeno per me, alcuni decenni e più …
per comprenderne alcuni significati profondi …
che al momento mi sfuggirono del tutto …
e basterebbero due nomi soli …
per tirarne fuori materiali per un romanzo …
Renato e Agostino …
per esempio, che, ognuno a modo suo …
sono stati dei veri “pezzi storia” del nostro paese …
ma non dimentichiamoci che insieme, in quella Valle …
c’era anche “er pecora” coll’amichi sua …
Valle Giulia fu la fine di un sogno …

« Cher Giovanni, ta reconstruction è parfaite et partagée… nous y étions tous, là, ce jour-là et non seulement… mes compliments aussi pour la mémoire… des faits et des personnages qui sont restés pour moi aussi ineffaçables… ici ils revivent parfaitement en reflétant bien ce climat… même qui a vécu cela « dans les premiers rangs » a dû attendre quelques décennies et plus, du moins pour ce qui me concerne… pour en comprendre certaines significations profondes… qui sur le coup m’échappèrent tout à fait… il suffirait de ces deux noms seulement… pour en tirer des matériaux pour un roman… Renato et Agostino… par exemple… car, chacun à sa façon… ils ont été de véritables « morceaux de l’histoire » de notre pays… mais il ne faut pas oublier que parmi nous, en cette Valle… il y avait aussi « er pecora » avec son troupeau… Valle Giulia ce fut la fin d’un rêve
Giorgio Muratore »

VALENTINA … CREPAX …

23 mercredi Sep 2015

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Giorgio Muratore

Au sommet de la coupole : les Uccelli et la Valentina de Crepax, un article publié sur « archiwatch »

Dans l’esprit du partage et de la réflexion, dans l’espoir de pouvoir y revenir de façon plus fouillée, j’ai traduit ci-dessous le texte d’un article publié sur le blog de Giorgio Muratore (archiwatch) signé par Sergio43. Il s’agit d’un événement touchant de février 1968, la montée sur le sommet de la coupole baroque de Sant’Ivo alla Sapienza (siège des Archives de l’État, jadis siège de la faculté de Lettre) d’un groupe d’étudiants de la faculté d’Architecture de Rome, nommés les « Uccelli » (les « Oiseaux). Un événement de grande portée médiatique, tout à fait inhabituel pour une ville comme Rome, prometteur en lui-même d’espérances et d’investigations profondes…
G.M.

“Je tiens cette affiche dans mon cabinet. Il me fait souvenir du temps de la montée des “UCCELLI” (« OISEAUX ») sur la lanterne de Saint Ivo à la Sapienza. Guido Crepax interpréta ce geste comme désacralisant, il me semble, voilà pourquoi je garde ce témoignage comme un coup définitif de karatè tel un beau coup de pied à « l’Histoire de l’Architecture » que l’héroïne des bandes dessinées avait voulu flanquer. Même « l’Histoire de la Littérature » commença d’ailleurs, dans ces mêmes années de palingénésie, à se trouver de but en blanc mal à l’aise pour manque de héros ; Valentina supplanta Anna Karenina tandis que Charlie Brown remplaça Lord Jim. Dès lors l’Architecture occidentale, comme les pyramides, les temples, les nuraghe et les menhirs, ce n’est que pour les touristes. Même si, après les ravalements, les cathédrales sont à nouveau blanches, elles sont aussi tristement « vides ». Dès lors, « l’Histoire de l’Architecture » est devenue, comme l’avait très synthétisé Bruno Zevi, “Chroniques d’Architecture ». Et les chroniques pour avoir du succès doivent parler surtout de délits affreux. Nul la OSTA (Rien n’empêche… as-tu aimé ce mot ? OSTA ! Les gens du peuple, en entendant de mots difficiles, s’y affectionne !) Rien n’empêche de regarder, dans les futurs décennies, les nuages, les rêves, les alambics et… les beignets, comme autant de témoignages bouleversants d’époques révolues. Entre temps nous serons tous morts et les survivants erreront “on the road”. Il ne s’agira pas , [peut-être] de la “ROAD” aventureuse de quelques “easy riders” en direction des nouvelles frontières illusoires et hallucinées de Jack Kerouac mais d’une “Road” de fuite hallucinée dans le vide et dans le néant de Cormack McCarthy. Ah ! Quelle allégresse ! Mais rien de plus par rapport à ce que racontent d’autres visionnaires tels Memmo54 e Maurizio. Voulons-nous conclure avec un vers célèbre de notre Architecture Littéraire ? Voilà : “Laissez tout espoir… Vous qui entrez, jour après jour, dans le lendemain et dans l’après-demain”.

Maintenant, j’arrête avec beaucoup d’excuses et je vais voir ce que nous transmet cet objet noir et funèbre accroché au mur…….Ah ! Voilà ! Je m’en doutais ! La Méditerranée, comme une bassine d’eau qui chavire sur le côté, qui ne cesse de déverser, “on the road” ou “through the sea”, une humanité qui s’en fiche pas mal de San Pietro, du Foro Romano, des Expos, du couchant au dessus de la mer qui trahit toujours. Même de la fourmilière du jardin d’à côté, elles sont en train de sortir, bien alignées, les fourmis travailleuses en quête d’un nouvel abri. Quand j’amène mon chien en promenade, je demeure fasciné à les regarder. Rien ne les arrête, elles tondent, traçant une tranchée devant elles, l’herbe du pré. Où est-ce qu’elles sont en train d’aller ? Elles seules le savent. Certes, l’Allemagne est lointaine.”

Sergio 43

Des vacances «communicantes»

19 mercredi Août 2015

Posted by biscarrosse2012 in contes et nouvelles, les échanges

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Uzès, la Place aux herbes depuis la tour du Roi

Des vacances «communicantes»

Depuis ma rentrée à Paris, je n’ai pas encore rencontré Dominique Hasselmann, même si je me suis rendu plusieurs fois près du canal Saint-Martin dans l’espoir de l’y croiser. Donc, je n’ai pas eu l’occasion d’échanger avec lui autour de mes récentes impressions de voyage.
Car le hasard a voulu que nous choisissions les mêmes endroits pour y séjourner pendant nos vacances d’été de 2014 et 2015.
En 2014, je me suis rendu à Saint-Malo presque dans la même période où Dominique séjournait à Uzès, tandis qu’en cette année 2015 les rôles se sont inversés : quitte à revenir à Uzès pour un bref « récapitulatif », Dominique est « monté » à Saint-Malo tandis que moi je suis « descendu » à Uzès.
En plusieurs occasions, j’ai déclaré que j’avais choisi Uzès à la suite des suggestions que les articles de Dominique avaient fait déclencher en moi, tandis qu’évidemment il n’avait pas besoin de partager mon enthousiasme vis-à-vis d’une localité comme Saint-Malo, universellement connue pour ses extraordinaires beautés naturelles, historiques et culturelles.
Mais il est quand même évident que cela ne se vérifie pas trop fréquemment, une alternance semblable. Dominique et moi, malgré nos personnalités différentes, nous avons des goûts et des nécessités similaires… et pourtant, lors de nos vacances, nous avons, je crois, le même reflet : rechercher d’endroits où la beauté se conjugue à quelque chose de rare et difficile à expliquer par mots… Quelque chose de plus qu’un endroit « clair, calme avec balcon »…
Peut-être s’agit-il d’une pulsion tout à fait normale, que nous partageons avec une multitude d’autres individus gênés, comme nous, par cette couche de banalité qui rend uniformes et souvent insupportables la plupart des lieux de vacances. À Saint-Malo et à Uzès, nous cherchions tous les deux, pour nos vacances, une localité qui n’était pas seulement — ou pas du tout — une « localité de vacances ».

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Saint-Malo, les remparts

Et pourtant Saint-Malo se laisse envahir au jour le jour d’une foule assez vorace tandis qu’Uzès ne manque pas de fêtes votives, de taureaux qui se laissent chevaucher ni de marchés qui n’ont rien à envier aux anciennes kermesses médiévales…
Dominique Hasselmann a beaucoup dit et montré pour faire comprendre l’unicité de ces deux « îles » incontournables où l’esprit civil très évolué se marie à une formidable capacité d’organiser et prévoir jusqu’aux moindres détails. Saint-Malo et Uzès, tout en gardant la conscience de leurs limites, sont de véritables machines urbaines parfaitement huilées et donc en condition d’endiguer les invasions les plus farouches, grâce aussi à leur culture tout à fait particulière. Moi je pourrais ajouter d’autres observations, en concentrant par exemple l’attention sur les extraordinaires remparts de l’une — créant à chaque tournant une diverse dialectique entre la ville et la mer-terre tout autour — ou sur la magnifique place aux herbes de l’autre — établissant un lien diabolique avec le reste de la ville-bonbonnière, notamment avec les boulevards qui l’entourent et l’immense territoire uzétien —, mais cela ne suffirait pas à rendre jusqu’au bout le sentiment qu’on prouve le jour où ces merveilles deviennent, d’un coup, évidentes… et surtout lorsqu’on est en train de les quitter. Laisser Saint-Malo ou Uzès c’est un peu comme laisser Venise, se séparant de vacances qui nous ont touchés profondément sans qu’il n’y eût même pas besoin d’une joie d’amour pour justifier notre chagrin…

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Uzès, la Place aux herbes

Quand nous sommes partis à Nîmes pour y reprendre le train pour Paris-Gare de Lyon, nous nous sommes longuement interrogés. Combien d’endroits existe-t-il en France comme Uzès et Saint-Malo qui gardent encore, en 2015, cette joie de vivre simple et cet amour du beau ? Combien de Saint-Malo et d’Uzès existent-elles encore dans le monde ? Les îles grecques ? Les Dolomites ? Quelle région assez reculée, épargnée par la Vague inexorable ? D’ailleurs, est-il vraiment possible de trouver cette joie tranquille et respectueuse dans un endroit reculé ?
Nous n’avons trouvé qu’une réponse, basée sur nos connaissances forcément limitées et sur notre imagination présomptueuse : il existe un autre endroit, en France, qui pourrait se juger à la hauteur de ces deux rivales et de leur force discrète d’attraction pacifique : le canal Saint-Martin de Paris ! Cette ville-ruban coulant au milieu de la grande métropole — reliant l’Arsenal au bassin de la Villette et, plus loin, au canal de l’Ourcq —, garde en elle une beauté exquise où ce peu de nature qu’on a su préserver se lie au jour le jour à la vitalité de ses habitants. Oui, nous pouvons dorénavant fermer les yeux et nous rendre à tâtons dans cette petite Venise et là assis par exemple dans la terrasse de l’Atmosphère, constater que la beauté et la joie de vivre sont là, prêtes à être saisies. Il nous suffit d’être capables de les savoir apprécier !

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Paris, le canal Saint-Martin

Giovanni Merloni

Le problème n’est pas là ! (Dissémination juin 2015)

26 vendredi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, théâtre et cinéma

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Dissémination webasso-auteurs

001_in 180 Le problème n’est pas là !

« J’ai rêvé que tu écrivais un roman policier. L’assassin habitait chez toi… » Mon désir de participer à la « dissémination » de juin, répondant à la suggestion lancée par Renaud Schaffhauser et Laurent Margantin, m’amènera peut-être à sortir du thème ou alors à rater, du moins partiellement, l’esprit de l’échange qui est à la base de cette dissémination même. Car je n’ai pas trouvé dans notre univers un auteur de romans policiers pour lui soumettre le cas. J’ai envisagé alors de me caler dans un roman ou dans un film où le meurtre s’exploite dans les quatre murs d’une famille ou d’un couple… Cependant, j’ai la nette sensation que l’énonciation de départ — « l’assassin habitait chez toi » — ne veut pas suggérer une situation traditionnelle ou banale, par exemple une histoire de tromperie ou d’insatisfaction conjugale. Il y a quelque chose de plus intime et redoutable à la fois dans cette idée du rêve qui met en jeu un écrivain de romans policiers jusqu’à l’impliquer dans un délit qui se déroule « chez lui ».
Avec cette hypothèse « ouverte », je peux alors imaginer que Renaud Schaffaufer a voulu nous inviter à aller au-delà de la proposition initiale pour en faire déclencher une autre : « je rêve que quelqu’un commette un délit contre mon rêve… »

002_in 180 Pour essayer de trouver de réponses, je me suis déplacé mentalement dans mon Italie, où les romans policiers abondent, moins dans les librairies ou dans les kiosques des journaux que dans la réalité.
J’ai pensé d’abord à ce vieux film d’Elio Petri, cette extraordinaire « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » avec le grand acteur disparu Gian Maria Volonté et son inquiétante partenaire, Florinda Bolkan.
Dans ce film, le délit se déroule dans l’appartement de la victime, Augusta Terzi, via del Tempio, mais tout de suite après le lancement de l’enquête, cet appartement, comme blindé, ne fait plus qu’un avec la centrale de Police, comme si l’homicide, le chef de la police à l’époque des bombes et des attentats, avait tué chez lui. La situation tout à fait réelle de ce délit s’inscrit donc dans cette loi absurde de l’impunité, qui résonne longuement dans nos têtes comme une hypothèse surréelle, même beaucoup de temps depuis la sortie du film. (1)
Car celui qui conduit les enquêtes, arrêtant des gens au hasard de ses humeurs et presque sans contrôle, assume de plus en plus le pouvoir d’influencer la justice, qui va devenir dans ce contexte un « corps étranger », autorisé à trancher de décisions de plus en plus arbitraires. Le « délit parfait », ici, est encore celui du loup qui éventre l’agneau, même si ce dernier ne boit pas l’eau limpide de la source, se contentant de l’eau polluée en aval.
Rien de vraiment paradoxal dans ce film. On a à faire, au contraire, avec un film courageux, ayant tout simplement le but de s’interroger sur le rôle de la corruption dans la dérive des institutions publiques, donc de la difficulté extrême d’envisager une voie pour s’en affranchir.
Quand le film de Petri sortit, en 1970, je fus choqué par cette idée du policier qui tue et laisse des traces partout, dans le but de se faire découvrir en obligeant le « système » à faire justice, en se mettant en discussion.
On était dans un tournant critique, où l’espoir de s’en sortir était encore debout. Maintenant, il me semble qu’on est allés plus loin. Non seulement dans les domaines qui profitent d’une d’impunité plus ou moins absolue, là où se déroulent les homicides d’État dans le monde ainsi que dans tous les cas similaires à celui qu’invoque le film cité.

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Récemment, j’avais cru savoir qu’on avait rendu justice à la pauvre Marilyn Monroe, décédée depuis cinquante-trois ans désormais. Mais j’ai assisté à une nouvelle tromperie. On profite de la soif de justice, encore debout, pour jeter de la boue sur cette éternelle victime, en disant, parmi d’autres mensonges, qu’en plus des frères Kennedy elle aurait eu « des rapports » avec Fidel Castro aussi… Le manque de justice envers Marilyn m’agace particulièrement, si seulement je pense à toute la génération d’acteurs et de cinéastes américains à laquelle elle appartenait, à ce que ce monde extraordinaire a donné, nous délivrant une côté très positif des États-Unis. Elle survit, avec son image qui se laisse encore aimer, nous transmettant quelque chose de vraiment unique. Car sa beauté était imparfaite, sa bravoure d’actrice alterne. Et pourtant elle brise le coeur, elle frôle l’éternité… aidant son pays ingrat à s’éterniser, lui aussi, à travers ce charisme physique et psychologique sans égal. Pourquoi alors cette icône en chair et os qui nous parle dans ses films incontournables ne peut-elle trouver la paix dans sa sépulture ? Doit-elle vivre à jamais et mourir pour toujours ?
La raison du plus fort est toujours la meilleure, si quelqu’un peut dire, en solo et en chœur, que toutes les idéologies sont mortes depuis l’écroulement du mur de Berlin… tout en agitant, de façon rétrospective et légèrement anachronique l’épouvantail de Fidel Castro.
 Je ne crois pas que les hommes puissent se passer des idéaux et des idéologies. Le modèle de développement capitaliste où nous sommes tous plongés, par exemple, ne se base-t-il pas sur une idéologie sinon sur une véritable religion ? D’ailleurs, cette présumée « crise des idéologies » se marie fort bien à la nouvelle barbarie qui traverse la planète, pas seulement dans le cas des tueries et des meurtres qui entraînent des vies humaines.
Je serais heureux si l’on rendait finalement justice à Marilyn, symbole incontournable de la meilleure Amérique. J’en serais ravi même si cela devait signifier qu’elle redevient ainsi normale, une commune mortelle comme toutes les autres… Cela signifierait que ce grand pays est capable de s’ouvrir vraiment au monde qui change.
Au cours de cinquante ans de progrès technologique extraordinaire, combien de conquêtes, de valeurs et de certitudes ont régressé… Nous avons bien assimilé la leçon de Fahrenheit 451 pour ce qui concerne les livres, et pourtant les livres vont être tués sous nos yeux ! Nous voyons des êtres humains tuer sans aucune nécessité ni justification d’entières espèces animales. On attaque les forêts, on change le visage aux villes et aux campagnes. On détruit même les statues et les monuments uniques que nous héritons de civilisations millénaires !
Qu’est-ce qu’il arrive, au juste ? Où est le délit ? Qui se chargera de le découvrir et punir les coupables ? Existe-t-il encore le châtiment ? Et, s’il a changé d’efficacité et de poids, qu’est-ce que ça veut dire, aujourd’hui, le délit ? Et, pour revenir au rêve qui nous est indispensable pour vivre, qu’est-ce qu’on va faire contre les délits qui tuent la parole ?

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J’ai entendu récemment une phrase qui m’a touché dans l’intime : elle disait à peu près qu’il y a de plus en plus de gens qui font le mal de façon « décomplexée », agissant en dehors d’un sentiment et d’une éthique quelconque, dans une impunité qui est garantie au départ, n’ayant même pas besoin d’une idéologie de soutien. Car on trouve toujours (sur internet ?) une idéologie — ou une religion — pour justifier le délit.
Avant de commencer cette plaidoirie (« contre qui » je ne le sais plus), j’avais envie de développer un petit récit sur le thème du hara-kiri. Car j’ai l’impression que l’assassin qui habite chez moi, ou chez toi… c’est moi, ou c’est toi ! C’est à nous tous la responsabilité de la planète qui glisse comme une quille sur une surface lisse et savonneuse avant de cogner contre le vide… C’est à nous tous la faute, si quelqu’un peut trop facilement nous boucher la bouche en nous disant « Taisez-vous ! Le problème n’est pas là ! »

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Le film d’Elio Petri, situé à Rome, rentrait à plein titre dans le cinéma engagé — comme Main basse sur la ville (Napoli, 1963) de Francesco Rosi, par exemple —, où la dénonciation s’exprime aussi bien par la fiction que le récit ou le reportage direct du réel. Ce qui est le plus important, dans ces films on affronte le thème de l’ambiguïté, car on ne peut pas l’éviter, tout en gardant une cohérence et une intransigeance sans failles. Il suffit de se caler dans les biographies d’Elio Petri, de Francesco Rosi ou du grand acteur Gian Maria Volonté pour avoir de preuves infinies de cette cohérence. Je pourrais rechercher d’autres exemples dans l’histoire du meilleur cinéma italien, jusqu’aux films de Pier Paolo Pasolini, Marco Bellocchio, Ermanno Olmi, Bernardo Bertolucci et Nanni Moretti, où les réalisateurs « ne se mêlent pas », ne se font pas complices de l’assassin.
Malheureusement, si d’un côté le pouvoir (ou les pouvoirs), pour avoir carte blanche, fait de plus en plus recours à la corruption et à la confusion identitaire — entre corrupteur et corrompu, victime et bourreau —, on voit de l’autre côté se réduire la capacité d’opposition de la part de ceux qui gardent leur capacité de « voir » et réagir, du moins intérieurement.

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Lorsqu’on a de plus en plus besoin de contre-autels costauds et généreux qui fassent mur contre l’ambiguïté corruptrice d’un système « assassin », incapable de se réformer, quel est le service que peut encore nous rendre la culture qui se réclame pourtant à des valeurs éthiques primordiales comme la paix, la fraternité, la solidarité… la vie contre la mort de l’homme et de l’âme ?
Que devront-ils faire les écrivains, les metteurs en scène, les réalisateurs honnêtes et travailleurs sinon continuer avec leur témoignage civique et moral, ayant déjà une valeur indiscutable de digue hollandaise contre les plus graves ravages ? Bien sûr, il faut continuer, résister. Cependant, il faut aussi trouver la façon de se libérer de ce qui entrave l’espoir d’une halte salutaire et, pour mieux dire, d’une significative inversion de tendance dans la situation actuelle.

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Je n’ai pas, ici, l’espace ni le temps pour développer de A à Z un raisonnement exhaustif sur le « délit contre la parole » et sur la nécessité primordiale de rétablir le « droit à la parole même ». Surtout dans certains pays, où l’on a profité de la confusion des langues et des propositions, ayant déjà dépassé le niveau de garde, pour « souffler sur le feu », en transformant les mots en armes destructives dont la presque totalité des habitants vont forcément devenir les utilisateurs et donc les complices. Par exemple…
En nous accoudant au balcon pour regarder ce qui se passe dans ce merveilleux pays d’en face qu’on appelle l’Italie… cette « dérive verbale » est évidente, rien qu’à visionner les films policiers, les « sceneggiati » télévisés (émissions à épisodes structurées sur des scénarios de théâtre) ou alors les films plus ou moins « désengagés » de ladite « comédie à l’italienne ». Combien de réalisateurs célèbres, ayant laissé des traces ineffaçables de leur talent, se sont pourtant rendus véhicules de cette ambiguïté du pouvoir, de ce plaisir à se caler dans les recoins les plus intimes de la méchanceté voire de la malhonnêteté humaine où l’utilisation désinvolte de la langue assume au fur et à mesure un rôle majeur ? Combien d’acteurs de cinéma ont accepté sans trop réfléchir l’équation par laquelle la vulgarité ainsi que la dérision tout court plairaient au peuple, désormais habitué et même anxieux de subir de fausses vérités et des pièges ? N’est-ce pas de la complicité, cela ? Et si par l’utilisation incorrecte et réitérée de la parole on réduit les gens au silence assourdissant de voix biaises, qui s’entrecroisent sans jamais réussir à dialoguer, n’est-ce pas, tout cela, un délit contre nous-mêmes qui se déroule chez nous, où l’assassin, comme dans les plus classiques des romans noirs d’Agatha Christie, est forcément « quelqu’un d’entre nous » ?

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Sans compter les grands acteurs comme Ettore Petrolini — prêchant, sous le fascisme, le « oui », c’est-à-dire la soumission euphorique ; poussant en même temps la dérision aux extrêmes conséquences par exemple dans la parodie de Nerone — on reste toujours étonnés devant le cynisme débonnaire d’Alberto Sordi, l’un des acteurs les plus performants de l’Italie d’après-guerre. Celui-ci — en dehors de quelques perles comme «I Vitelloni» de Federico Fellini ou «La vita difficile» de Dino Risi — n’a pas hésité, dès le début, à rendre agréable et même sympathique le personnage du perdant agressif, de l’opportuniste prêt à tout. Personne n’ose mettre en discussion Alberto Sordi, bien sûr. D’ailleurs, il n’est pas le seul exposant d’une petite foule de comédiens rusés et sans doute doués qui ont « mis en valeur » le côté artistique de la « parolaccia » (le « mot sale ») et d’une certaine grossièreté populaire qui l’accompagne. C’est un phénomène peut-être secondaire, un effet plutôt qu’une cause de ce jeu au massacre qui a amené mon pays — avec une forte accélération à partir des années 1980 des télévisions privées et de la dérégulation planifiée par Berlusconi — à un colossal « illettrisme », voire à l’incapacité d’une grande partie de la population de raisonner à fond, à tous les niveaux, sur les questions les plus vitales tout en gardant l’esprit tolérant et solidaire qui faisait partie depuis toujours de notre ADN.

009_in 180 Avec la mort dans le cœur je vois l’Italie comme un pays continûment dérangé, voire perturbé par le bruit de fond qu’il se fabrique tout seul au jour le jour : « Nous ne cessons de nous faire du mal » dit Nanni Moretti, consterné, dans une scène inoubliable de « Bianca ». On se rencontre, on se parle, mais chacun essaie d’écraser l’autre, de façon automatique et même involontaire. S’adresser la parole devient de plus en plus inutile. On est allé bien au-delà de l’incommunicabilité dont parlait Michelangelo Antonioni dans ses films avec Monica Vitti. Tout cela a meurtri notre imagination, nous empêchant de faire de véritables projets de vie, nous plongeant dans une condition assez défavorable…

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J’aime mon pays et mes compatriotes. Donc si j’accusais quelqu’un j’accuserais moi-même. Nous avons eu la chance et la disgrâce de naître dans un pays trop beau, trop convoité et trop facilement accessible, au centre géographique de la Méditerranée (berceau de plusieurs civilisations) pour n’avoir pas été depuis toujours la proie ininterrompue d’une séquelle infinie d’envahisseurs armés, plus ou moins illuminés et bénéfiques ou, au contraire, tragiquement destructeurs. La nature physique de ses régions, avec ces montagnes souvent inaccessibles, ces vallées étroites, ces eaux bizarres et violentes ont favori l’installation défensive d’une hiérarchie assez complexe de pouvoirs ayant à l’origine une correspondance précise avec la structure des villes grandes et petites, des villages, et cetera. Aujourd’hui, les périphéries engloutissant la plupart des villes, cette hiérarchie identitaire va se faner. Les dialectes se mêlent, les villes perdent leur charisme, le territoire est de plus en plus exploité en dehors des règles morales et esthétiques. Les gens parlent, hurlent, essayent de faire quelque chose, mais ils ne réussissent plus à dialoguer. Au lieu de la conversation respectueuse et pacifique, c’est la raison du plus fort, encore une fois, qui s’impose. De but en blanc, le « rêve italien » s’est muté en cauchemar. Chacun essaie de se bâtir une réflexion, entame une petite phrase pour essayer d’ouvrir une discussion, dans l’espoir d’être écouté, voire entendu, voire compris. On espère toujours qu’un dialogue constructif se déclenche. Tôt ou tard, sur notre route prudente et tenace nous trouvons un barrage : déviation ! D’autres déviations s’en suivent jusqu’au moment où quelqu’un nous dit : « le problème n’est pas là ». Si « le problème n’est pas là » où est-il, alors, le problème ?

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Giovanni Merloni

(1) On dit (cfr. Wikipedia) qu’Elio Petri se réfugia à Paris quand Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon sortit en Italie. Le cinéaste avait montré le mixage final à Cesare Zavattini, Mario Monicelli et Ettore Scola : « fuyez ! », lui avaient-ils dit.

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VIVA LA PERSIANA …

24 dimanche Mai 2015

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Giorgio Muratore

« Vive la persienne (qui n’est pas une persane ni une personne non plus) ! Vivent les photos impeccables des fenêtres avec ou sans persiennes dont Giorgio Muratore nous fait cadeau en nous transformant en de véritables voyeurs ! »

Trop gentil …

ce n’est qu’une petite manie innocente …

juste un passe-temps …

d’habitude, je fais ces photos …

quand j’attends quelqu’un dans ma voiture …

je regarde autour de moi …

car je ne sais vraiment pas quoi faire …

elles me regardent …

et moi aussi …

« Gênes pour moi » (reprise des #vases communicants de mars 2015 avec Piero Cohen-Hadria, lecture d’Angèle Casanova)

22 vendredi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges

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vases communicants

Le 6 mars, 2015, lors des « VASES COMMUNICANTS #56 », Pierre Cohen-Hadria, « detto Piero » avait ainsi présenté l’échange avec moi, au sujet d’une ville italienne – Gênes pour moi, Rome pour lui – évocatrice de sentiments de nostalgie forts et sincères : « C’est avec grand plaisir qu’on reçoit Giovanni Merloni pendant le week-end, pour ces Vases communicants de Mars, tandis qu’avec son extrême gentillesse, il accueille sur son blog, « Le Portrait Inconscient » Piero Cohen-Hadria. Qu’il en soit chaleureusement remercié. »

cohen 3 Gênes 14 « Gênes pour moi »

En accueillant très volontiers la « provocation » de Piero Cohen-Hadria pour ces #vasesco de mars 2015, je suis vraiment heureux de cette occasion de me plonger dans le souvenir de Gênes… cette ville qui secrètement m’appartient, que je ne connaîtrai jamais jusqu’au bout et que j’aime pourtant sans réserve. Je ne pourrai pas en dire tout ce que j’aimerais en expliquer, en décrire, en raconter… Je me bornerai à des images, forcément fragmentaires, comme le sont les belles photos que Piero m’a envoyées… Parfois, nous passons de moments importants de notre vie dans des endroits uniques sans avoir pourtant le temps ni l’envie de fixer leurs merveilles dans des images, physiques ou virtuelles…

En Italie, c’est Gênes la ville qui incarne au plus haut degré mon idée de liberté.
D’abord, la liberté physique, lui venant de la mer. Il suffit de regarder à la volée deux autres villes de bord de mer, comme Venise ou Naples pour voir la différence. Naples et Venise représentent pour moi des endroits à prendre ou à laisser, où l’on te demande de t’y effondrer avec toute la tête, avant d’y vivre sans jamais pouvoir envisager d’en sortir, par une voie de fuite quelconque. Si voir Naples c’est mourir d’un coup pris par un gigantesque filet avec les thons et les mulets dorés, Venise t’emprisonne par mille hameçons formant un diabolique écheveau…
Contrairement à ses rivales, Gênes n’a pas du tout l’intention de tisser des subterfuges pour nous capturer en nous obligeant à descendre de cheval. En passant, nous ne voyons que cette statue de la liberté en guise de Lanterne qui bouge, en éventant son propre étendard rouge et bleu…
Si je pense à Gênes les yeux fermés je vois un tunnel noir qui se fraye un chemin tortueux dans le corps d’une montagne à pic sur la mer. Un parcours assez pénible et même dangereux, marqué par l’alternance frénétique du beau des petits villages de la côte et du laid des géants industriels abandonnés ou des amas de maisons à plusieurs étages les unes sur les autres… Tout en suivant l’aiguille pointue et le fil se faufilant dans cette étoffe — ô combien humaine ! — on a l’impression que la ville de Gênes avec ses rues étroites et ses petits havres de lumière et de paix n’existe pas. Et pourtant elle existe, elle résiste, elle nous apprend toujours quelque chose. Elle a été un jour le plus important port d’Italie, un de plus prestigieux ports de la Méditerranée et elle reste sans doute notre plus belle porte vers l’Europe.
Il m’arrive souvent, dans un flash, de voir l’Italie abandonnée à plat ventre dans la mer… La chaîne des Alpes ressemblant à une chevelure ébouriffée ; la chaîne des Apennins en guise d’épine dorsale ; la Sicile comme un boulet accroché au pied… Dans cette image fuyante, je reconnais un nageur maladroit aux mouvements lents… Au creux de son bras gauche, plié… (c’est justement le bras gauche, parce que le nageur est vu de dos : il a le visage enfoncé dans la vallée du Pô) la ville de Gênes participe activement à cet effort spasmodique de l’Italie de rester en équilibre, à la surface bouillonnante de la Méditerranée…
Je pense souvent à cette image, à ce bras plié… tendu en même temps vers ce côté indispensable de l’Europe que représente la France… Je songe à la ville linéaire et métropolitaine qui fait de Gênes la plus longue ville polycentrique d’Italie et peut-être d’Europe… Et pourtant je dois constater que cette ville sociable et accueillante, ornée de ce nom noble et retentissant… elle restera toujours en retrait, inconnaissable et inconnue.

cohen 4 Gênes 15

« Gênes pour nous » par Paolo Conte est une chanson qui a marqué une époque : un hommage primordial à la glorieuse école buissonnière de la chanson génoise qui dialoguait spontanément et sans complexes avec la chanson française contemporaine. Ici, le grand chansonnier d’Asti se souvient de son arrivée à Gênes depuis la campagne, c’est-à-dire les collines du Piémont dominant la côte. Pour lui aussi, Gênes est une immense, merveilleuse et fatale inconnue.
Et voilà la contradiction poétique que j’aimerais fouiller un jour. Comme le dit le tribut de Paolo Conte, Gênes est tellement encastrée dans la géographie de notre pays que sa voix ne pourra jamais passer inaperçue… Tout le monde l’entendra chanter continûment dans son coeur. En même temps, Gênes pourrait être la championne parmi toutes les villes invisibles de Calvino, la plus recherchée… Celui-ci a d’ailleurs vécu son enfance et sa jeunesse juste à côté, en cette Sanremo des chansons et des fleurs, toujours en train de dialoguer avec son chef-lieu de la même race… Une ville qui écoute, parle et chante, tout en agitant le drapeau d’une Italie qui a existé et qu’on voudrait toujours voir renaître : l’Italie insoumise de Colomb et de Mazzini… Et pourtant, cette ville rieuse et frénétique reste toujours une ville invisible…
Pour ma famille aux origines italiennes multiples, mais coincée depuis un demi-siècle dans l’immobilité de Rome, le déménagement de ma soeur Barbara à Gênes, en 1977, ce fut un nouveau souffle de liberté, s’ajoutant à celui dont j’avais moi-même profité cinq années auparavant, lors de mon installation à Bologne. Même si plus petites et provinciales vis-à-vis de Rome, Bologne et Gênes étaient beaucoup plus civilisées, elles avaient au moins vingt ans d’avance. Si Bologne, sérieuse et fourmillante d’idées, représentait alors une véritable alternative politique et même un mythe, Gênes affichait sans complexes les contradictions d’une réalité « séduite et abandonnée » par une industrialisation trop rapide et tout à fait indifférente à l’environnement… Un passage traumatique qui laisse pourtant des traces importantes. Ici, dans un des trois pôles du « triangle industriel » qui avait produit (avec Milan et Turin) le boum des années 1960, demeurait une classe  ouvrière généreuse et combative avec sa culture orientée vers le progrès et la défense acharnée des droits humains et de la société.

cohen 5 Gênes 5

Mais, il y a aussi d’autres raisons qui sont aussi importantes pour moi. Voulez-vous savoir de quelle façon j’aime Gênes et tous les endroits comme Gênes ?
J’aime les « points limites », les endroits extrêmes où l’on se sépare de quelqu’un toujours très ou trop important pour nous, tellement important que nous avons le sentiment déchirant de nous séparer d’une partie essentielle de nous-mêmes, que celui-ci (ou celle-ci) nous arrache pour l’emmener ailleurs, pour toujours. Gênes est un port, une plage, une ville aristocratique, une ville populaire. Toutes ces réalités et ces âmes cohabitent dialectiquement et parfois dramatiquement. Mais c’est une cohabitation où chacun est nécessaire à l’autre, la plage battue par le vent et le port industriel, tout comme les quartiers différents qui se vissent l’un sur l’autre profitant de la verticalité, du soleil et du vent.
Un port est une gare où ce n’est pas indispensable que quelqu’un siffle au départ.
Une plage est un lieu où l’on fait connaissance et l’on se dit adieu avant de partir.
Une ville à pic sur la mer peut se réduire à une fourmillante coulisse. La coulisse d’un salut extrême, d’un rendez-vous dont notre vie dépend. Dans cette plage cachée par le trait net du viaduc surélevé coupant le regard comme une flèche, pourrait errer maintenant un amoureux malchanceux en train de pointer contre sa tempe un pistolet chargé à salves. Et pourtant Gênes ne me semble pas adaptée à la roulette russe. Au contraire, elle est peut-être l’endroit idéal pour le jeu de la roulette française : noir ou blanc ; pair ou impair ; haut ou bas ; guerre ou paix. D’ailleurs, à Gênes on ne ronfle pas. On ne dort pas. La vie, dure ou molle, est toujours dérangée par un bruit de fond, se mêlant au bruit de la mer et du vent sur la mer…

Giovanni Merloni

P.-S. Si je devais faire un exercice de diction ayant pour sujet la ville métropolitaine de Gênes je m’amuserais à débiter la liste de ses bourgs et faubourgs léchés par la mer qui gicle et menace : Savona, Voltri, Pegli, Sestri, Sampierdarena, Nervi. Recco, Camogli, Rapallo, Portofino, Sestri, Chiavari, Lavagna, Moneglia, Deiva, Levanto, les cinq terres de Monterosso, Menarola, Vernazza… La Spezia, Lerici, Portovenere… Je suis sûr qu’il y a de l’exactitude dans le désordre de cette liste : une séquelle de merveilles qu’il faut découvrir abandonnant la hâte du passant pressé et névrotique. Des trésors que tout le peuple génois aime profondément et défend tout comme sa propre liberté. Je n’oublierai pas que Gênes a été le théâtre de plusieurs drames lors d’attaques plus ou moins évidentes à la démocratie et à la liberté, la dernière en occasion du G8 de 2001. Même dans les situations les plus difficiles, les Génois ont su réagir avec un esprit éveillé, courageux et intransigeant…

Texte : Giovanni Merloni, images : Pierre Cohen-Hadria.

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Et voilà ci-dessous une lecture d’Angèle Casanova de « Gênes pour moi » qui m’a vraiment touché !

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Les autres vases communicants sont ici, recensés par Angèle Casanova : nos remerciements pour tout ce travail (et une pensée vers Brigitte Célérier).

LE CORBUSIER … LA COINCIDENZA E IL SOTTOSCALA …

16 lundi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges

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Giorgio Muratore

Le Corbusier, la coïncidence et la soupente

Cher Giorgio, je me suis beaucoup amusé en traduisant pour mes correspondants français ta charmante poésie , justement indignée pour la mauvaise fin, dans une soupente, du pauvre Corbu…sier.

Inconsciemment, je voulais raconter dans les détail le « fait » à mes amis français. En particulier, je pensais à Nicole Peter. je ne sais pas si je le ferai…
Je fréquente toujours avec plaisir le blog de Nicole Peter, Passages, déjà en raison de son nom séduisant et accueillant aussi. Nicole Peter, à son tour, m’honore de ses visites régulières et pleines d’humour… Pourquoi utilisé-je ce terme « humour », avec ce peu d’éléments que notre « société d’inconnus fraternels » nous offre ? Je ne sais pas. C’est une intuition. Elle aime le paradoxe, tout comme moi aussi je l’aime. Elle démystifie même les colonnes portantes voire les clichés les plus enracinés dans nos esprits obéissants, par exemple Le Corbusier. Oui, elle a le courage — que j’admire, bouche bée — de dire qu’à la fameuse Ville Savoie il y a « trop blanc ». Si je pense combien d’années de timidité et de résignation avons-nous vécues dans la stricte observance de cette « clarté » qu’on ne pouvait pas mettre en discussion… devant cette « rationalité » légèrement abstraite ayant la présomption de tout maîtriser ! C’est grâce à Nicole que je me suis rendu dans le blog-encyclopédie de Giorgio Muratore, où j’ai trouvé, entre autres, un intéressant reportage sur les « larmes de Le Corbusier ». Je ne peux pas le traduire ici, mais là aussi on respire un air salutaire de désacralisation, comme dans l’article de Nicole Peter.

Ce n’est que la lumière. Si Paris est dite de cette qualité, c’est Rome qui la diffuse. (Piero Cohen-Hadria, #vasesco mars 2015)

06 vendredi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges

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vases communicants

Aujourd’hui, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’ai le plaisir de publier sur le portrait inconscient un texte de Piero Cohen-Hadria, tandis qu’il accueille le mien sur son blog pendant le week-end
Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
La liste des participants est établie par Angèle Casanova, à laquelle Brigitte Célérier a passé le relais (voir son anthologie).

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Rome, Campo de’ Fiori, 1978

Ce n’est que la lumière. Si Paris est dite de cette qualité, c’est Rome qui la diffuse.

Il faisait froid, c’était Noël, fin des années soixante dix, nous avions loué une chambre au dessus de la place d’Espagne, via Sistina je crois me souvenir, on montait les escaliers le soir, on riait Rome, Rome c’est cette lumière-là, de ce Noël-là, le début de l’âge adulte quand on commence à entreprendre seul les voyages, qu’on laisse derrière soi sa famille, ma grand-mère qui derrière nous jette  un verre d’eau dans lequel elle a mis une pièce de cinq francs, pour qu’on revienne, si Paris alors avait sa lumière dans la cour de la rue Fabert, chez ma mère, Rome avait aussi la sienne quand une de mes tantes descendait en se dandinant un peu via di Ripetta, prenait-elle via del Fiume, rejoignait-elle le Tibre qui à une coudée de là passe et serpente et va à la mer ?

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Rome, lungotevere près du Ponte Sisto, 2005

Je ne sais pas, elle s’appelait ou du moins nous l’appelions Mimi et cet hiver-là, elle vivait encore à Latina, dans ses environs au moins, avec un mari vigneron, viticulteur plutôt –aujourd’hui, on dirait œnologue – je me souviens de ses effets d’or, de sa brillantine sans doute, des poissons qu’on mangeait au bord de l’eau, à Nettuno, c’est à l’été, n’importe ces villes, loin dans l’espace et le temps, la lumière dont on parle, la lumière même en hiver sur la piazza Farnese, les petites boutiques comme un marché, des colifichets qu’on rapportera, j’ai tant aimé Rome, et ses ocres à l’automne

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Rome, lungotevere Ripa

et une autre fois en été, plein été, le bus vingt trois qu’on prend à Pyramide pour aller au lido d’Ostia mité de plages privées parasols et transat serviettes éponge et crème odorante, corps bronzés, nager et au loin, un yacht blanc qui croise doucement le souvenir d’Antonioni, celui d’Amarcord (même si c’est du côté du mollet), non l’Italie, tu te souviens ce petit restaurant menu unique près du Corso Vittorio Emmanuele II c’était il y a quelques années, largo del Pallaro, la dernière fois à Rome, les hommes qui fument dehors, lisent étalé sur les capots, sur les voitures garées là le journal sports football politiques ou culture, on ne sort qu’à la nuit, ils sont là, cette fierté idiote de vivre dans une capitale qui n’est pas au sud, voir Naples et mourir, qui n’est pas au nord Milan Turin et cette Venise, cette merveille, non, l’Italie je te jure, une deuxième patrie ou seulement la seule, on aimerait y mourir, on aimerait y vivre, il y a le chaud de la couleur des pâtes à la sauce tomate, celles qu’on fait toujours un peu de sucre un peu de thym de l’ail et du basilic, tu attends, rajoutes de l’eau, laisses cuire doucement, les oignons qui s’effilochent, laisses reposer, encore un peu d’eau, le sel dans celle des pâtes, le gros, l’olive et les câpres et les anchois, la viande coupée si fin qu’au travers on y voit l’assiette, les « contorni » de da Bruno, Trastevere, en face de la pension plus ou moins (plutôt plus) catholique, l’église Sainte Cécile (Santa Cecilia), non loin

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Rome, église de Santa Cecilia, 2005

la cour, les chèvrefeuilles peut-être, les parasols les tabourets au pied des immeubles, tout est vrai dans les souvenirs, toujours, tout, et c’est ce qui fait leur force, on les convoque et ils viennent, une autre fois pour ma mère aller clôturer un compte je ne sais plus, aller voir un notaire, un avocat, on appelle ça des affaires, j’avais regardé vaguement la carte, je m’étais dit que j’irais à pied, c’est le matin tôt j’aime la lumière du matin, tôt, je n’avais pas vu qu’il s’agissait de gravir l’Aventino, l’une de ses sept collines, la banque était garée à l’arrière, mais non, ce n’était que l’adresse d’une succursale, emprunter pour contourner cette montée fatigante le chemin de retour qui tourne au forum, les termes de Caracalla, sauter dans un bus mars, c’était en mars au soleil, boire un peu d’eau tranquillement à l’ombre, les gens qui courent, les femmes qui passent, les couleurs les lunettes de soleil, les fleurs les marchands de fruits les odeurs qui rappellent un peu la rue Rambuteau d’il y a trente ans, revenir à Paris, Orly, le bus, oui un appel téléphonique « je suis rentré oui » je suis de retour, le sac les lires le livre ou les magazines le journal, le dialecte les « ahò » les « vaffanculo », les rires les chants, cette ville ouverte Anna Magnani (un billet de Rome sans elle n’est pas un billet, serait-il vase, serait-il communicant) et son « Francesco » déchirant avant qu’elle ne meure en hiver, le soleil, la lumière, la chaleur de la vie et l’amour d’elle, des fleurs et des rires, les larmes de ma mère, le vent qui souffle, le Tibre chancelant, le vieux morceau de pont comme à Avignon, et ne rien dire du Pape et de ses bulles, non, laisser le lien ouvert, les rues qui au loin rejoignent la place du Peuple, les chemises rouges de Garibaldi, le Guépard et Burt Lancaster qui dit sortant de son bain « allons mon père.. !! », Tancrède/Alain Delon qui sourit, borgne, comment, ça l’Italie ? La lumière n’est pas éteinte, on aura beau faire, la via del Tritone ou celle dédiée à Cavour, non, ça ne s’effacera pas, juste là, villa Borghèse ou villa Ada, sous les pins

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Rome, Villa Ada, 2005

ou en haut le Quirinale la découverte, le profond ciel bleu et au fond loin si loin qu’on ne la voit pas dans sa lumière, à l’est loin, au loin la mer…

Texte : Piero Cohen-Hadria

Photos : Giovanni Merloni

(Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant sur les images)

Une Liberté… de plus en plus chérie (Zazie n. 26)

08 dimanche Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, mes poèmes

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vases communicants, Zazie

Pour les vases communicants (*) de décembre 2014 (voir liste complète des participants), Dominique Hasselmann et moi nous avions exploité notre échange selon le critère suivant : 1) s’inspirer à une image que chacun de nous a proposée à l’autre ; 2) commenter cette image avec un texte de 20 lignes au maximum. Comme vous pouvez bien deviner, l’image proposée par Dominique représente la terrasse des Halles de Paris dans cette période d’intenses travaux de réaménagement du glorieux complexe commercial et pour les expositions. Comme tout le monde sait, ces travaux s’achèveront avec la réalisation d’une immense couverture qui pourrait être une énième merveille à découvrir ou…
Stimulé par cette photo mystérieuse, j’avais écrit un petit commentaire en vers, que je propose à nouveau deux mois après. Mais je dois le dire : à la lumière de ce qui est arrivé à Paris, il y a juste un mois, cette image et ce texte aussi me font une étrange impression. Il semble s’être écoulé une éternité ! Certes, beaucoup plus que deux mois. On ne ressent seulement pas l’impression d’une barbarie absurde qui menace la paix en France et en Europe, mais aussi le poids d’une volonté sourde d’arrêter le temps et de faire régresser tout ce qu’on essaie de faire de positif et de constructif, même dans le quotidien. Doit-on continuer à croire dans le présent et dans la force d’un progrès civilisateur ? Je crois que oui. Il faut se battre, défendre la liberté d’expression ainsi que la beauté, l’intelligence, le travail assidu pour améliorer au fur et à mesure les structures pour la culture, les bibliothèques, les théâtres, les lieux de rencontre. La « liberté » est  « chérie », par nous tous, encore plus qu’avant. Cela n’empêche que Paris, cette ville merveilleuse où j’ai la chance de vivre, cet endroit unique où tous les habitants de la planète ont la chance de venir passer des journées inoubliables, ce n’est plus le même !

Giovanni Merloni

Chantier Halles 20.11.14_DH

Paris, Les Halles, 2014. Photo de Dominique Hasselmann (Cliquez pour agrandir)

LIBERTÉ CHÉRIE 

Parterre ou terrasse du théâtre de la vie ?
Aveugle, j’en avais effacé la photographie.
Remémorant, ensuite je retrace la lugubre
Illusion d’un espace infini de poubelles.
Seront-ils en mesure d’y bâtir des merveilles ?

Prison pour mes yeux enfantins ou méfiants,
Au-delà de ces barres tournantes,
Roulerais-je insouciant ? succomberais-je pourtant ?
Immobile la tour aux ampoules roulantes
Sinistre, elle m’évoque la cadence des pas…

Policiers ? ou les pas d’innocents ouvriers ?
Architectes arpentant des chimères ?
Revenants dans un rêve de sons et lumières ?
Images faussées par d’habiles sorcières ?
Sur la grue le démiurge nous étale une promesse :

Promenades insouciantes sur le toit jardinier
Ascenseurs transparents de palier en palier
Renouveau des boutiques dans l’esprit des bobos
Inutile de dire qu’il y aura des bistrots…
Spectacles pour le peuple, ô LIBERTÉ CHÉRIE !

Texte : Giovanni Merloni
Photo : Dominique Hasselmann

(*) Rappelons que le projet de « Vases Communicants », lancé par Le tiers livre et Scriptopolis consiste à écrire, chaque premier vendredi du mois, sur le blog d’un autre, chacun devant s’occuper des échanges et invitations, avec pour seule consigne de « ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre ». La liste complète des participants est établie grâce à Angèle Casanova. Le 5 décembre 2014, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’avais publié sur le portrait inconscient un texte de Dominique Hasselmann, tandis qu’il avait accueilli le mien sur son blog Métronomiques. 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Comme une bombe à retardement (#vasescommunicants décembre 2014)

05 vendredi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in les échanges

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vases communicants

Aujourd’hui, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’ai le plaisir de publier une nouvelle fois sur le portrait inconscient un texte de Dominique Hasselmann, tandis qu’il accueille le mien sur son blog Métronomiques. 
Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
La liste des participants est établie par Angèle Casanova, à laquelle Brigitte Célérier a désormais passé le flambeau (voir sa précieuse anthologie).

________________

Ta bouche est un losange style « Libération »

elle n’est ni de papier ni numérique

je la goûte et la chiffonne

je lis sur tes lèvres purpurines des mystères à la page

tandis que tes yeux m’interrogent

avec leurs sourcils et soucis parallèles

les murs verts scandent l’unisson de leur rayon

une sorte de corne d’abondance t’entoure le visage

un joueur trimégiste t’aura sans doute fait un cadeau

en mon absence car je voyage beaucoup

des figures géométriques pointent vers tes seins

il suffirait de suivre la flèche

l’architecture se marie avec la peinture

le cubisme est triangulé tel le GPS des beaux-arts

le pinceau se règle comme une bombe à retardement

l’idée devient matière sauf qu’il est interdit de toucher

les pâtes (italiennes) se dégustent moderato cantabile

l’ail de tes dents appelle un nouveau coup de langue

mais ton créateur m’a dérobé de manière sadique

la suite de ton corps céleste et inaccessible

001_jeanne moreau italienne 180

Giovanni Merloni, Une Jeanne M. italienne, 2008

Texte : Dominique Hasselmann

Tableau : Giovanni Merloni

 

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