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Ton visage porte ton nom, 1975 (Ossidiana n. 47)

05 dimanche Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

donna tra i manichini x blog_ter

Giovanni Merloni, 1978-2013

Ton visage porte ton nom 

Ton visage porte ton nom.

La pénombre de ton regard
la lueur de tes lèvres
et les ombres de ma solitude
portent ton nom.

Au-dessous de mille villes blanches
s’engouffrent nos têtes, nos hanches.

Au milieu du silence de la terre
où s’enlisent mille labyrinthes de lierre
mon chagrin porte ton nom.

Au bout de mille puits gelés
inutilement j’invoque ta beauté
sculptée dans la pierre
en hurlant ton visage et ton nom
tel un mégaphone en colère.

Depuis les planches du drame
qui porte ton nom
mon regard te réclame
stérilement, sans façon
se perdant en ellipses pénibles
où tu t’éclipses invisible :
je ne vois plus ton visage
ni ton décolleté
ni le rouge foncé
de tes lèvres.

Dans la rue te poursuit,
en vain, la vitrine
des choses refusées
qui portent ton nom.
Ta poitrine
ne penche plus ses vertus
sur ces images floues
qui portent ton nom.

Maintenant,
c’est le temps que nous avons gaspillé,
ce sont nos mille casse-têtes
de feuilles blanches
et l’agonie futile
de nos corps exploités
qui portent ton nom.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

Première publication 15  janvier 2013 Dernière modification 5 juillet 2015

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Miroir d’un appartement d’étudiants, 1976 (Ossidiana n.46)

04 samedi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_specchio_antique

Miroir d’un appartement d’étudiants 

Miroir d’un appartement
d’étudiants,
miroir d’une image goguenarde,
miroir de la santé
de l’envie de vivre,
miroir des itinéraires
longeant les rails,
miroir des suicides
dans des trappes d’eau sale,
miroir d’un arbre de glycine
qui brise les toiles d’araignée
d’une ceinte en briques.
002_specchio_antique Miroir d’un nouveau sourire
d’une main tendue
d’un corps impartial,
miroir d’une confiance
rougeâtre
d’une barbe abîmée
d’un album de famille,
miroir de la mémoire
de moments laids comme celui-ci
de moments beaux
comme celui-ci,
miroir de la force
de l’identité, de la vie.
003_specchio_antique Miroir des révérences fanfaronnes
des éternelles litanies
des costumes blancs
des profils indiens,
miroir d’une lutte
qui jaillit, haletante
d’une sculpture de sable
d’un pré d’hautes herbes
quand il fait nuit,
miroir de nos dernières paroles
que depuis ce cachot je poursuis
que j’étudie
et interprète
et rapproche
et invente.
004_specchio_antique Miroir de ma mort
qui me chérit,
miroir de ma vie
qui m’a fait cadeau
d’une folle sagesse
d’une humble irrésistible force
d’un miroir.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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Promenade à Villa Ghigi, 1976 (Ossidiana n. 45)

03 vendredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

Mes chers lecteurs,
Je vous dis, tout simplement, qu’au bout noir et profond d’un puits qui me semblait sans fin, j’ai trouvé une solution pour les prochains temps. Je vous expliquerai un jour les raisons primordiales de mon hésitation à pousser jusqu’au bout dans mon expression sincère, dans le récit authentique de mon parcours de gestes et de mots que j’appelle la vie. Ma vie. Je ne peux pas encore exploiter jusqu’au bout ce qui m’est tout à fait nécessaire. D’ailleurs, il y a la canicule et le pauvre cerveau perd de temps en temps quelques coups. Il faut attendre l’automne, la saison de ma naissance et de mon véritable esprit. À la rentrée, peut-être, retrouverai-je des compagnons de route qui voudront partager mes épanchements et mes découvertes rétrospectives. Ou alors, avec le frais dans la tête, serai-je capable de me concentrer dans un engagement de longue haleine, plus ciblé…
Maintenant, j’ai réfléchi à la récente expérience de l’atelier de réécriture concernant mon recueil des « poèmes d’avant l’amour » et je me suis dit que je dois faire le même pour les autres poésies jusqu’ici publiées, faisant partie des recueils « Ambra », « Nuvola », « Stella », « Ossidiana », « Luna », « Roma » et « Je suis parisien ».
Donc, quand je n’aurai pas de nouveaux sujets à vous proposer, j’essayerai d’attirer votre attention sur mon travail très engageant d’ailleurs, de révision de textes que la plupart de vous ne connaît pas.
Voilà. Les mois de juillet et d’août seront consacrés à la ville de Bologne. À cette période, heureuse et douloureuse à la fois, où j’ai eu la chance d’être homme et me voire aussi comme un personnage, tout en poussant jusqu’au bout l’accélérateur soit dans le travail soit dans l’art et dans l’amour… Je parle d’amour, vous le savez, avec le même naturel que j’aurais en parlant de la vie… Une vie dominée par la ville de Bologne, de ses sœurs et de ses cousines : Parme, Reggio Emilia, Modena, Ferrare, Ravenna, Cesena, Forlì… Une vie consacrée aux amitiés les plus importantes et les plus sincères. Une existence joyeuse et tourmentée où deux personnages incontournables trônaient et trônent encore : Stella et Ossidiana…

001_don giovanni 002

Promenade à Villa Ghigi

Sautillant sur des marches de bois,
tes bouclettes accompagnent l’émoi
délicieux de tes gestes familiers
encadrant drôlement
ton visage bronzé.

On descend dans le pré
au milieu des ruines. Tu racontes,
assez franche,
ton voyage thaïlandais. Je remonte,
en revanche,
à nos pas sur le quai
de la gare. Tu partais
paresseuse,
tu en reviens excitée.

Sur nos têtes nuageuses
se poursuivent nos ombres, nos corps éloignés.
Je demeure distrait, dérangé.

Le chemin est une algue sur le fond de la mer.
Le destin à nous deux
est une gare sans trains.

Arpentant le sentier, tu m’apprends le jardin
dont l’odeur nous échappe.

C’est une drôle de saison qui ne laisse pas l’hiver.
Le soleil est gelé et Bologne, loin de nous,
nous attend, silencieuse.

Un silence aveuglant
a tué nos paroles par sa voix sombre et froide.

Et pourtant nous côtoient, bien allègres,
les voix brusques du groupe en chandail,
aussitôt disparu.

Piétinant le gravier, par ta voix bien tenace,
tu voudrais me calmer et m’apprendre la vie.

Tu ne chantes pas non plus, tu n’endosses pas les choses.

Nous traînons dans le pré. C’est ici qu’on s’aimait
juste hier. La colline s’inondait de soleil,
notre corps se lançait
dans un geste précis que le rire enflammait.

Bologne se faufile dans sa colline,
par le noir de ses feux.
Sur son corps abandonné, la nuit
apeurée se ratatine.

Dans le souffle de nos voix qui patinent,
le jardin est l’adieu.

Que c’est calme ce couple désuni et perdu !

Et Bologne, par ses rues tordues,
par ses longues heures cachées
saisira le regard de ma femme,
son visage bronzé.

Giovanni Merloni

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passeggiata def

Giovanni Merloni, 2000_2013

Promenade (1976)

Chaque marche est de terre et de bois. Tes bouclettes, encadrant drôlement ton visage bronzé, accompagnent tes gestes. Tu racontes. En revanche, boiteux, je demeure distrait. On descend dans le pré
par des pierres en ruine. Sur le plafond nuageux se poursuivent les ombres de nos corps lointains. Le chemin est une algue gisant au fond de la mer, une gare sans trains. En faisant les cent pas, on apprend
le jardin. Pourtant son odeur nous échappe. C’est une drôle de saison où encore l’hiver se cache. Même le soleil est gelé. La ville, loin de nous, nous attend, silencieuse. Un silence aveuglant a tué nos paroles par sa voix sombre et froide. Et pourtant  nous côtoient (jolies, bien allègres) les voix brusques du groupe en chandail, bientôt disparu. Elle sautille sur le gravier, ma femme tenace, essayant de me calmer et m’apprendre la vie. Elle aussi ne chante pas, ni ne se vêt pas de choses. Nous traînons dans le pré. C’est ici qu’on s’aimait juste hier. La colline était le soleil, notre corps un geste large et précis que le sourire inondait. La ville se faufile dans la colline, par le noir des feux. Sur son corps angoissé, la nuit s’est adossée. Dans un souffle de nouveaux bruits, le jardin est l’adieu. Qu’il est calme le couple désuni et confus ! Demain, la ville ravira ma seule femme, son visage bronzé.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

1 RÉFLEXION À PROPOS DE “ 013_PROMENADE ”

  1.   Dominique Hasselmann a dit:

    13 janvier 2013 à 11 h 13 min

    On se promène aussi dans votre tableau avec plaisir.

Cet été qui n’arrive jamais (Luna, 1977)

01 mercredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_balançoire 001 180Cet été qui n’arrive jamais

Me rendant auprès du quai,
cet été qui n’arrive jamais
je ne cesse de rêver
aux corps violets des nuages,
à leurs souffles forts et légers,
combattants tels des béliers
dans le palais de mon voyage.

M’effondrant dans la misère
d’une journée de fainéantise
je me perds dans le mystère
de toi debout ou assise
de toi accourant jusqu’ici,
de ton sourire chéri,
de tes volètements,
de mes désirs ardents…

Chaque instant me renvoie
quelques couleurs de toi
tandis que le ciel sans émoi
sans visible effroi s’abandonne
à la loi des couchants
qui déchirent, époustouflants,
la chanson que fredonne
ta bouche s’éloignant.

Chacun de tes gestes m’afflige
et m’écrase. Je me rends sans litiges
avant que tu poses ta valise.

Attendant sur mon quai en ruine
le beau train qui n’arrive jamais
j’apprends à hurler. Je dessine
— ô pénible prudence ! —
les péripéties de l’absence
sans fuir le monde ni moi-même,
gardien soucieux et jaloux
du centre victorieux et vaincu
de cet amour, le jour bien fichu
de son baptême.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

À tâtons (Luna, 1977)

29 lundi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

002_Retour à Rome001 180

À tâtons

Tandis que par ta seule présence
tu mets en pièces
mon ancestral manque de sens
tandis que, sans poison,
tu me transformes,
ma vie avance à tâtons
par le seul héroïsme de hurler
traversant en un souffle
la tâche violette de la mer
automnale.

Tandis que tu caresses
les tendons crevés
de nos courses spasmodiques
nous nous cherchons
l’un l’autre
à tâtons
tout comme nous avons cherché
longuement,
tous seuls
à tâtons
le bout de l’obscurité.

Tandis que tu arrêtes le temps
enveloppant dans un nuage
les échos
de nos va-et-vient frénétiques,
nous nous effleurons
l’un l’autre
avec de fleurs incandescents
avec de mots indolents
tout comme nous avons effleuré
à tâtons
tous seuls
longuement
silencieusement
la vie, la mort
les histoires à nous
les histoires des autres…

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Retour à Rome (Luna, 1977)

28 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_Retour à Rome002 180
Retour à Rome (1977)

Rome est la somnolence,
remplie de plis
de portes fermées
de plantes grasses
de sables
que tes mains remuent.

Rome est la stupeur
de cette force qui me catapulte
dans tes bras, au milieu
des ombres chinoises
de nos gestes inconnus.

Rome est la vérité
de tes cheveux ébouriffés
de mes bras abandonnés.

Rome est la parenthèse
de tes mots précipiteux
de mes lents soliloques.

Rome est mon regard
qui poursuit au long des parois
nos silhouettes, en quête
de leur inexplicable musique.

Rome est le petit effarement
de t’aimer,
l’espoir d’une vie nouvelle,
la certitude d’avoir ravi
au passage
l’ombre paresseuse et distraite
du bonheur.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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Je ne suis plus seul (Luna, 1977)

24 mercredi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_je ne suis pas seul 001 180
Je ne suis plus seul

Souriant, tu sais comment ouvrir
le coffre-fort de ma poitrine,
cet étal sans vitrine,
ce livre sans figures,
ce lit sans couverture,
ce village sans pages,
cette chanson sans titre.

Serrant tes lèvres
tu sais comment enlever le fatras
des microfilms,
des pistes de mots,
le serpent de gomme
de mes sièges aveugles, à tâtons,
au sous-sol de la vie.

Fermant tes yeux
tu sais comment jeter
aux orties
le corps décomposé
d’une sirène meurtrie
aux yeux blues et violets
aux gestes compulsifs
aux mots téléphonés
aux caresses brisées.

Ouvrant tes yeux
tu sais comment effacer
les sentiers nuageux
de mes labyrinthes,
comment me convier
à tes étreintes liquides
caressées par le soleil.

Par un geste invisible,
tu sais comment redonner
à mes pas
la fougue rageuse
d’un rythme assuré
tu sais comment laisser bondir
nos voix
telles des lentes espérances
au dehors de nos bouches.

002_je ne suis pas seul aph 002 180

Souriant,
serrant les dents
renonçant à fuir, résistant
les yeux fermés,
les yeux ouverts,
tu sais comment
libérer mes gestes
des enchevêtrements idiots,
des pièges et des béquilles
de traversées stériles,
où je me dérobais aux rêves,
en recouvrant d’ombres
ma spasmodique envie
de lumière.

Je ne suis plus seul.

Giovanni Merloni

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Une poésie raisonnée pour Jim, Jules et Catherine (Luna, 1977)

22 lundi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_jim jules et catherine colorés 180 Une poésie raisonnée pour Jim, Jules et Catherine (1)

Leur chanson
n’est triste et douloureuse que pour nous.

(Jim)
Ce jeune homme dont les mots
sont l’unique richesse
ne voit pas du charisme
dans ses gestes élégants
traversant comme un séisme
de lumière et fumée
son regard offusqué
ses propos inconstants.
Ô combien de beautés
se coalisent, exquises
pour tromper ses idées !
Ce serait impossible
pour quiconque débusquer
dans son air inspiré
l’insouciance infaillible
d’une action juste et vraie,
car ses yeux malmenés,
voltigeant désinvoltes,
vont ailleurs, préférant
s’essouffler avec le vent
sur les cimes des feuilles !

(Jules)
On dirait de l’autre homme
un grégaire,
un bon voisin, un infirmier
dépourvu
de passions opiniâtres
qu’un seul regard écrase
qu’une seule fleur assomme.
Accompli comme un traité
d’horlogerie, il se juge brisé
comme une symphonie inachevée.
Il suffit à lui-même,
et pourtant il est triste,
comme une île aux oiseaux
que ne lèchent pas,
à l’aller ni au retour,
les routes écumeuses et soyeuses de l’amour.

001_panthéon 180

(Catherine)
La femme qui hurle la vie
est sans défense, la dernière de la classe,
mais elle est belle, telle une statue
ressuscitée.
Elle ressemble à l’eau pétillante de la nuit
au feu sporadique du petit matin.

(Jim, Jules et Catherine)
Pour ces trois héros ou figurants
la vie n’est pas faite de petites choses,
leurs propos sont incohérents,
leurs errances affolées.
Si pour eux la vie court,
inexorable, vers la mort,
la mort n’ajoute pas les couleurs de la poésie
à leur impitoyable folie.

Et pourtant leur chanson douloureuse et triste
nous concerne tous
du premier jusqu’au dernier de la liste.

002_pantheon 180

Giovanni Merloni

(1) Il s’agit, évidemment, de Jules et Jim de François Truffaut (1962).

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La maison d’Atlas (Luna, 1977)

21 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_Uno a 180 La maison d’Atlas

La maison d’Atlas
les décolorées scènes de chasse
les gestes hermétiques
des chevaliers en rose
des dames blondes en noir
les soirs accoudés sur le puits de la lune
les tresses les roues l’escalier de glace
les ronces et le sang dans la formaldéhyde
les récits terrifiants
les chiens raides morts, blancs
enveloppés au dessin des étoiles.

Le cri d’une insupportable torture
d’une vie glorieuse,
d’une mort douloureuse
les cortèges bordant les fossés
le bavardage des statues
les saints moqueurs, les diables moqués
le film des bannières, des icônes
l’histoire habillée de cire
ta bouche violette
ta taille de guêpe
tes yeux tristes et doux
le labyrinthe de nos fleurs de papier
les longues sinueuses colonnes
comme des treillis dans le ciel
le provisoire, le définitif
le calme des marais
l’embarras des sorciers
le chuchotement des poètes
les sphères d’eau du futur.

002_Due 180

Je te charge sur mon char de foin
je souffle sur tes lèvres délicates
le soupir frais du couchant.

Le séisme des émotions profondes
de cette étreinte délirante
de cet enchevêtrement ardent
tandis que je ris pleurs hurle m’afflige
que j’observe derrière un verre opaque
l’amour naissant, l’amour mourant
et ce continu vis-à-vis avec le hasard
que devient ma vie.

Giovanni Merloni

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Au début, tu flânais (Luna 1977)

19 vendredi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_1977 Genova 180 Au début, tu flânais

Au début, tu flânais
de ton air bien discret,
tel un hôte,
au milieu de ces murs
ébranlés.

Rien ne t’échappait.

Puis, en quête de repères
tu es devenu confident
de ton père
homme ardent,
mais enchaîné,
incertain, même prostré
par ses mille corvées,
interminables conséquences
d’actes
enthousiastes et distraits.

Tu es marrant
tel un petit singe
intolérant
de la trop juste tanière
de ton coussin velu.

Vers le ciel,
tu as griffé la fenêtre
comme un drôle d’oiseau
voltigeant sur les mains.

Ton sourire
me désarme à tel point,
que de près je suivrai
tes cabrioles
sans poser de questions,
maladroit compagnon
de visqueux labyrinthes
qui s’étiolent.

002_1977 Genova 180

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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