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Trieste 1971

17 mercredi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in impressions et récits, mes poèmes

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Trieste, l’antichambre

Je n’ai jamais donné d’explications au sujet de mes poésies et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Car en fait il y a toujours un tel décalage, entre l’état d’esprit qui dicte avec urgence une poésie et les événements ou les circonstances de la vie, qu’on a peur de trahir l’une des deux vérités… ou toutes les deux ensemble.
Et pourtant, je me suis dit, si je publie une poésie titrée « Trieste 1971 »… qu’en diront-ils mes éventuels lecteurs ? Je crois, s’ils ont visité personnellement Trieste ou, du moins, s’ils en ont connu la position dans la carte d’Europe, ils se demanderont : pourquoi Trieste ? (1)

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Oui, bien sûr, Trieste n’est pas loin de Venise, la ville où je me suis rendu avec insistance à tous les passages cruciaux de ma vie. Cependant, mes faibles connaissances de la ville de Trieste — dont je pouvais me baser à la suite du « prolongement » d’une escapade à Venise ou pendant le retour de la Jugoslavie ou de Prague — n’auraient pas suffi à me donner l’envie d’en parler dans une poésie, belle ou laide, héroïque ou pathétique.
En fait, les circonstances de la vie sont toujours très simples et très complexes à la fois. Et lorsque les occasions se déclenchent, il faut être prêts à les saisir au vol. D’ailleurs, pour être prêt, il faut qu’il y ait la maturation au bout d’une longue attente, ou alors la recherche de l’issue d’une situation inconfortable, douloureuse…
En février 1970, j’accomplis avec le dernier examen cinq ans et demi d’études universitaires, où l’enthousiasme et le hasard avaient été toujours accompagnés par une angoisse sourde ou criarde, pour des raisons que je connais par le menu, mais ne peux pas expliquer ici en dehors de larges gestes ou d’expressions essoufflées. En extrême synthèse, je peux dire qu’alors j’étais surtout content de m’être affranchi de ce lustre constellé de gigantesques devoirs. Mais, puisque j’avais dû toujours courir et que je n’étais pas vraiment content de moi et des armes que j’aurais dû mettre en place pour me frayer un chemin professionnel, j’étais dans un état pénible qui me poussait de plus en plus à la solitude et au silence.
Sans attendre, le mois successif, le Destin a voulu s’intéresser de mon cas en œuvrant d’abord pour le ravalement de mon amour propre et de ma confiance en moi. Tous mes camarades participaient à l’examen d’état, passage indispensable pour accéder à la profession d’architecte. Je les suivis sans trop de conviction dans cette salle énorme et anodine où le principal souci des présents, du moins pendant la première demie-heure, ce fut celui de faire la pointe au crayon. Ensuite, malgré mes manques graves, je réussis à me lancer dans une idée suffisamment « organique » et « logique » que la commission des examinateurs plus tard apprécia avec ma plus grande surprise. Une fois surmontée l’épreuve écrite, l’oral m’inquiétait moins, à condition qu’on ne me pose pas de question dans certains passages scientifiques ou plutôt techniques. J’arrivai à ce rendez-vous dans un état d’euphorie et d’insouciance qui m’aida à vendre cher la peau, jusqu’à traîner mes interlocuteurs là où j’avais quelques petites réserves dialectiques.
Je découvris alors que le président de la Commission d’examen avait été un très cher ami de mon père, disparu depuis peu plus que deux ans. Il s’appelait Pio Montesi. Mon père nous en avait parlé peu, comme d’habitude, mais un rapport d’estime réciproque dans l’amitié était évident dans ses mots avares et prudents.
Voilà, Pio Montesi vivait à Rome et enseignait à Trieste où il était le directeur de l’Institut d’Architecture et d’Urbanisme de l’Université.
Tout de suite après cette rencontre « d’une part et de l’autre de la chaire », Montesi, bien content de n’avoir pas dû exercer son influence pour me faire sortir d’une impasse quelconque, avait manifesté envers moi, avec la discrétion que la situation imposait, une sympathie et une attitude sinon paternelle certes bienveillante, tout à fait adaptées à mon tempérament orgueilleux et exagérément sensible.
Cette « madeleine » de l’examen me rappelle d’emblée sa voix, sa curieuse façon d’attirer l’attention par d’expressions courtes et nettes, son inflexion dialectale jouée de façon élégante et toujours décalée, ironique… Avec cette rencontre j’eus en un seul instant le prodigieux remplacement du père disparu… et la compagnie d’une figure charismatique, ayant vécu une histoire personnelle que de quelques façons anticipait la mienne, presque à l’identique… Je rappelle rapidement qu’il n’aimait pas parler longuement au téléphone… qu’il ne conduisait pas la voiture, donc, de façon tout à fait discrète, qu’il aimait être accompagné… Il me suffit de quelques petits détails… Je vois tout de suite sa figure se détacher et prendre vie dans ma mémoire, comme dans un film… Des cheveux blancs comme la neige, des lunettes de soleil, un nez spirituel, un visage rougissant peut-être à cause des sursauts de la tension. Il était toujours élégant avec son costume gris, ses chemises blanches, sa cravate d’artiste, ses chaussettes blanches, et ce cartable, jamais excessivement lourd, qu’il amenait volontiers de l’habitation via Labicana à son cabinet d’architecte près du grand boulevard amenant à la pyramide Cestia…

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Dans ce passé refoulé, dont je me souviens de chaque détail, je ne m’inquiétais presque jamais pour les difficultés économiques ou pour l’incertitude dans le travail, même si j’étais un très jeune père, qui venait juste de terminer de façon assez traumatique son premier cycle de travail comme professeur remplaçant dans un lycée.
Pourtant, lorsque Montesi m’invita à Trieste, me donnant ainsi la chance de me rendre utile dans un groupe de recherche sur les universités étrangères — la française et la russe en particulier — j’en fus ravi, fort reconnaissant.
Se suivirent les voyages, les amitiés, la découverte de cette ville enchanteresse et hospitalière (d’ailleurs le rapport numérique équilibré entre professeurs et élèves favorisait un climat d’échange serein et toujours stimulant, constellé de séminaires, randonnées culturelles et scientifiques, dîners communautaires, petites soirées chez les uns et les autres…), une vie privilégiée qui me laissait croire, pendant quelques jours, une reconnaissance plus solide vis-à-vis de celle que je recevais dans la réalité (ou irréalité) romaine. Trieste était aussi cet accent tout à fait particulier, qui donnait une consistance et des couleurs précises à cette petite liberté, gâtée et garantie, dont je pouvais profiter au moins une fois par mois…

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Ici j’ai juste l’espace pour citer une anecdote que Montesi lui-même racontait pour exprimer, très honnêtement, sa perception de la diversité entre ses deux mondes : arrivant à Trieste il était reçu avec tous les honneurs et, si c’était le cas, avec une bande… tandis qu’à Rome, à la gare Termini, il n’y avait jamais personne qui l’attendait… Il devenait alors un voyageur quelconque, un inconnu avec la valise lourde ou légère comme tous les autres…
Pour comprendre aussi la mentalité tout à fait particulière et, une fois de plus, l’honnêteté de mon « deuxième père », il arriva un jour à Rome avec ses élèves, décidé à exploiter une idée bien paradoxale à laquelle je participai… C’était l’idée de la découverte d’une Rome tout à fait insolite… Il obligea en fait le pullman — et ses élèves dévotes — à parcourir un anneau bien étudié à travers la banlieue… rien que la banlieue ! Pour tous ceux qui n’avaient jamais vu la Rome monumentale et privilégiée, sachant qu’après il n’y avait pas le temps de la voir, ce fut un choc. Une mauvaise digestion qui se prolongeait, avec quelques radieuses exceptions que Montesi avait prévues comme des prix de consolation indispensables… Voilà un souvenir que j’avais refoulé, et mérite bien sûr, pour ses ombres et ses lumières, d’être repris et sauvé un jour de l’oubli définitif…

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Je raconterai aussi, un autre jour, des « jeunes » de mon âge que j’avais connus à Trieste dans cette inoubliable et — hélas ! — brève saison, dont Aurelio, petit-fils de Scipio Slataper, un grand poète de Trieste, l’auteur entre autres d’un livre culte « Mon Carso », Giorgio et Diana De Rosa, Costantino Giorgetti.
Malheureusement, après une trop brève « rapatriée » en 1994, je n’ai pu ni su garder le contact avec ces personnes uniques et je regrette cela énormément. Aujourd’hui, l’inévitable recherche de nouvelles autour de chacun des amis d’alors m’a amené une véritable douleur. Giorgio De Rosa a disparu en 2010 !… Je ne pourrai jamais oublier les mots que cet homme intelligent et plein d’ironie me dit à mon départ dans son dialecte joyeux : « comportite bèn ! », « comporte-toi bien ! » Est-ce que j’ai suivi ses conseils ?
Ce qui me touche aussi, en découvrant dans mes papiers jaunis cette « poésie objective » ci-dessous, c’est comprendre qu’en fait Trieste a été l’antichambre de Bologne. Que Bologne n’aurait jamais existé dans ma vie s’il n’y avait pas eu Trieste…
Au bout d’à peu près une année et demie, notre thèse collective était tant bien que mal accomplie et mes voyages à Trieste devenaient de plus en plus rares lorsqu’un concours fut lancé pour embaucher des architectes-urbanistes à la région Friuli-Venezia Giulia. Mes amis de Trieste, connaissant mon penchant pour l’urbanisme et ma pénible situation de travail à Rome, insistèrent avec Montesi pour qu’il me propose de présenter ma candidature. C’était une chose très facile, de ces temps-là, cela qui semblerait tout à fait incroyable aujourd’hui. Mais Montesi trancha à propos de moi : « Je ne crois pas qu’il laisserait Rome pour venir ici ! »
Ce fut cette phrase qui changea ma vie. Car je restai au contraire déçu. Je serais parti immédiatement pour vivre à Trieste, ou à Milan, ou à Turin, ou aussi dans une quelconque ville étrangère si mes titres et mes connaissances linguistiques le permettaient.
En 1970, avec 22 ans de retard, on avait réalisé, en Italie, une des plus importantes réformes prévues par la Constitution républicaine : les Régions. Entre 1970 et 1972, toutes les Régions devaient assumer d’importants pouvoirs dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. À l’époque, la recherche constante de travail s’ajoutant à des contrariétés existentielles de plus en plus évidentes, je ne pouvais rien savoir de ces opportunités.
Il ne me fut pas d’ailleurs difficile de convaincre successivement Montesi, cet homme extraordinaire qui savait se charger de la vie d’un autre. Désormais, la possibilité de participer au concours pour cet emploi dans l’endroit éloigné s’était volatilisée. Peut-être avait-il raison : mon installation à Trieste n’aurait pas été une bonne idée. Mais, il m’écouta quand je commençai à restreindre le champ de mes possibles déplacements. Il m’aida donc dans la démarche qui m’emmena, en peu de temps, avec plus de sursauts psychologiques que de difficultés réelles, dans cette Bologne d’élection dont je ne finirai jamais de dire le plus beau que possible. Si je pense seulement que cet homme est disparu en 1981, juste onze ans après notre première rencontre… Trente-quatre ans se sont déjà écoulés depuis cet extrême adieu dans sa maison que je n’avais jamais vue avant…
En vous laissant lire cette poésie, je la relirai avec vous. Certes, une poésie, toute seule, ne peut pas rendre un morceau de vie qui a été intense et riche de merveilles… Peut-être un jour je la réécrirai, ou je la traduirai en récit, en essayant d’y déverser ce sentiment d’angoisse frénétique et de compulsive joie de vivre qui accompagnait mes journées d’attente, mes longs voyages solitaires, mes rencontres avec des personnages tout à fait particuliers et à plusieurs égards remarquables, mes promenades distraites avec Diana et Giorgio, Costantino et Aurelio, mes notes jamais tranquilles et organiques…
Giovanni Merloni

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Trieste 1971

Des autres villes tu empruntes
les mémoires incertaines
jusqu’au creux de ton corps
allongé, blanc et gris
entouré de collines arrondies
se perdant dans la mer.
De ta bouche décolorée
tu susurres des ondes
calmes et salées.

Tu décris, dans une fumée ronde
d’étranges places palladiennes
minuscules, infinies, aériennes
étrangères, cousines.

Des autres villes tu assumes
le geste et la parole
et pourtant, renfermée
entre les verres et les moulures
de vieux cafés accoudés à la bora,
tu prodigues à tout venant
les anciennes saveurs viennoises
les vieux rituels de statues ensevelies
les refuges glorieux de juifs et poètes
dans la lente transhumance d’exils infinis.

Des mots doux des poètes immortels
des photos rares et fidèles
de Freud ou Svevo
tu gardes une distraite étagère
bien rangée. Mais toi aussi
tu as eu Rome, cette furie
qui emporta brusquement
tes étreintes
tes montagnes gravées et peintes
s’effondrant dans la mer.

Des autres villes tu répliques
les formes multipliées et fuyantes,
et pourtant tu protèges,
par tes airs de mystère,
la frontière floue que traversent
d’infinies langues poétiques
et cette marche paysanne
autour des cimes
ces roulements, ces rires,
entre les rochers et les ronces.

Tu défends
cette ingrate destinée
que la mer de carte postale
te renvoie gaie, vive et belle.

Dans les jardins gâtés
aux glycines enchantés
tu te réjouis au petit matin,
sous le faible soleil
de ton irrévérence ancienne
nostalgique, mélancolique,
italienne.

De toutes les mémoires vagabondes
de tous les paysages héroïques
de tous les mots ironiques
que tu ressuscites
au milieu de tes feux
tu es le corps malheureux que j’aime.

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Giovanni Merloni

(1) La plupart des lecteurs de ce blog, du moins les plus fidèles, ils connaissent déjà mes origines mixtes… D’abord, je suis par moitié napolitain. Pour un autre quart, celui du nom de famille, je viens de Romagne… tandis que le quatrième quart, juste une fois évoqué dans ce blog, vient des Abruzzes… Voilà pourquoi je parle souvent de Naples, de Cesena, Rimini et aussi Chieti et Pescara.
J’ai d’ailleurs parlé, très souvent, de Bologne, ma ville de résidence et d’élection pendant une poignée d’années cruciales autour de mes trente ans. J’ai évoqué Gênes, ville où a vécu longuement ma sœur aînée, et je n’ai pas oublié de parler de Venise pour des raisons que tout le monde peut comprendre…
Sinon tout le monde a saisi que Rome a été ma « croce e delizia ». Cet endroit incontournable pour la beauté de son centre historique et de ses parcs archéologiques n’a pas accepté qu’il y ait une évolution après ma première naissance. Elle n’a pas voulu qu’il y en ait une seconde, du moins au-dessous de son ciel.
G.M.

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TEXTE EN ITALIEN

Prague 1977 (Luna, 1977)

15 lundi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

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En 1977, vivant encore à Bologne — que je ressentais intimement, malgré les changements évidents, comme le berceau de l’avenir et l’horizon lumineux de toutes les libertés — j’eus envie de partir à Prague, avec ma nouvelle fiancée, qui allait devenir petit à petit la compagne de ma vie. On était alors encore en pleine division de la planète en deux et Prague, ville occidentale par excellence, représentait un phénomène tout à fait particulier au milieu de cette fascinante et abrupte diversité que le nom « Est » nous évoquait. L’invasion soviétique de 1968 était encore très vive dans la mémoire des habitants contrariés ainsi que des visiteurs, d’ailleurs assez rares, qui essayaient de comprendre quelque chose. On était tous, les citoyens d’Europe en particulier, dans un tournant politique et existentiel dont on n’avait qu’une vague conscience. On croyait bien sûr tout savoir, tout avoir compris, nous étions d’ailleurs anxieux de changer, de saisir au vol… le relais de ce merveilleux printemps de Prague qui pouvait — tout comme le soleil de l’avenir qu’on couvait dans la docte Bologne — nous indiquer peut-être une route moins brutale et tragique par rapport à ce qui s’est passé, au contraire, au lendemain de la chute du mur de Berlin. En 1977, l’espoir de l’Europe unie était bien vivant et partagé. Et pourtant, au cours de cette inoubliable « descente sur les lieux » nous n’avions pas vu des drapeaux aux couleurs foncées ni de haillons éventant la colère juste ou l’indomptable espérance…

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Prague 1977

Prague.
Dans le miroir de la ville submergée
a glissé mon voyage.

Prague,
dans la terre morte
d’un Hadès brûlant, purifié
la ville ressurgit, telle une relique intacte
de rois, de guerres, de chevaux,
de drapeaux, de trophées, de carillons.

Prague,
depuis cette scène désolée
elle ne se détache pas contre mon ciel
la crête noire des clochers disneyens.

Prague.
Sur les cendres et les sables de l’horizon,
tels des cheveux, flottent
les morts et leurs vestes,
tandis que la foule
écrasée par un ciel de rochers,
la foule braquée,
éternellement en fuite
au milieu d’un cauchemar d’oiseaux nocturnes,
elle se réduit à un seul homme
écrasé, engourdi, rabougri,
en retrait.

Prague,
c’est un rituel incohérent,
un fort nord-américain saccagé par le soleil.

Prague
est encore un monde de canards assassinés,
un lit en plein air, affligé par le vent glacé,
une sombre chimère qui ne se laisse pas avoir.

Prague
est le souffle chaud de gestes réitérés
traversé par l’écho de radios poussiéreuses
d’enquêtes inquiétantes et inutiles.

À Prague
Je suis entré avec une fausse clé, en plein jour,
à l’heure où tous les gens sont morts.

Prague,
vide de ses habitants,
glisse sur ma gorge palpitante
avec toute sa foule d’escaliers grimpants,
d’arcades basses, de grilles dorées.

Prague
est la scène douloureuse de l’amour qui naît,
de l’amour qui meurt.

Prague
est la ville qu’Ulysse
ne réussit pas à rattraper.

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Giovanni Merloni

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Telles des planètes grises, violettes (Luna, 1977)

14 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

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Telles des planètes grises, violettes

Telles des planètes grises, violettes,
absorbées dans les entrelacs
de maigres tendons de crachat,
nos têtes vaguent éradiquées,
nos yeux deviennent mous,
nos cheveux blancs ou jaunes
s’accrochent au grand œuf de bois
d’un cerveau raidi au milieu des cailloux.

Telles des planètes lancées dans le vide,
derniers échos de vacarmes infinis,
nos mémoires brouillées
sont désormais indéchiffrables
entre nos corps sans poids,
entre nos vies sans sens.

Telles des planètes ressuscitées
réapparaissent nos corps
l’un après l’autre
dans une approximation progressive :
l’écorce devient feuillage ;
les aubes gelées, les paletots, les écharpes
s’engourdissent sur nos cous,
mes lèvres glissent sur ton visage
et au-dessous de mes touffus sourcils
brillent tes yeux.

Telles des planètes glissant de nos mains,
nos gestes s’élancent dans un vide obscur
où la lumière de l’amour s’éternise
où l’ombre de l’étreinte
tremble au milieu de nos corps,
le mien et le tien,
se répétant à l’infini, comme dans un film
interplanétaire…

Giovanni Merloni

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Je devrais désapprendre (Zazie n. 31)

07 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Je devrais désapprendre

Depuis des années j’apprends
le Paris de tous,
le Paris de quelqu’un,
le Paris de personne.

Pendant ce temps, je me rends
à l’idée qu’un jour s’éveillera
parmi les toits et les portes en bois,
pour me dire « je te comprends »
le Paris à moi.

Que dois-je faire
pour que tu deviennes
ma ville amie,
ma sœur et compagne,
mon court ou long
large ou étroit
trottoir
pour passer au-delà ?

De quelle façon dois-je me contenir
pour que tu sois
vraiment convaincue
de m’offrir une chaise,
de m’écouter, même
distraite, tout en faisant
la vaisselle ?

À quel régime dois-je me soumettre
pour que tu acceptes
ce corps retardataire
échappé pour un poil
à une douloureuse défaite
ce cerveau boitant
qui ne se souvient plus
où il a caché
ses glorieux trophées ?

Quel costume dois-je endosser
pour que tu m’invites
dans tes salles de lustres
de cheminées et de glaces
dans tes jardins pétillants
malgré mon statut de handicapé
de rustre naufragé
de la terre ferme ?

Quelle langue invisible dois-je apprendre
pour que tu te résignes
à m’adresser la parole
en te promenant
le cas échéant
sur l’autre trottoir
au-delà de la rue ?

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Je devrais désapprendre
mon dialecte tendre,
mon abrupt destin,
mes paysages italiens
en plus d’une liste
de béquilles ancestrales
et de vices d’artiste.

Ou alors, garder la différence,
le décalage, l’air vieux et sage
traversant ces miroirs
tels de sombres passages
ou de riches tiroirs
pour y exploiter, à l’infini,
ma coutumière double vie.

Giovanni Merloni

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Une danse à Bilbao (Zazie n. 30)

30 samedi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

Mes chers lecteurs,
voilà une réécriture assez particulière. D’un côté, pas trop convaincu de mon ancien poème consacré au « mystère de Bilbao », j’étais aussi convoqué, inconsciemment, par les articles de paumée (Brigitte Célérier) sur le « Flamenco ». De l’autre côté j’ai essayé de mettre les bases, ou pour mieux dire « les pieds » pour une chanson (au masculin et au féminin, avec de très petites différences) consacrée à ce nom, à la ville qui porte ce nom ainsi qu’à l’idée d’une danse forcenée que ce nom même pourrait entraîner.
D’ailleurs, je ne saurais pas dire pourquoi ce nom m’intrigue. Ce qui est sûr, Bilbao s’inscrit dans une liste « d’objets chéris » avec Lisboa, Pessoa, Socoa, sertão et — pourquoi pas ? — Falcao, un grand footballeur de la Roma, l’équipe de mon cœur…

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Une danse à Bilbao

Je vais cherchant, de rue en rue, à Bilbao
ta figure dansante, tes jambes charnues
ta robe rouge de soie, ton sourire ardent
ton cœur secret s’ouvrant aux gens indifférents.

Tu me disais : « on va s’aimer à Bilbao
fouillant parmi les oies et les pensées perdues
au milieu d’un nuage et de maisons en chœur
dans cette ville-là que je connais par cœur. »

Dieu seul le sait combien j’adore Bilbao
le nom d’une ville que je n’ai pas connue
où tu t’effondres, le beau visage bronzé
le corps se déhanchant en une danse effrénée.

Tu me disais : « je t’attendrai à Bilbao
dans les échos des pas, les éclats des rires
seule, j’endosserai ma jupe zigzagante
dansant pour toi dans la musique absente. »

Tu n’aurais dû jamais partir à Bilbao
m’attirant sans issue dans un chagrin pareil
cela me fait mourir, et j’étouffe l’orgueil
dans une rue sans arbres, démunie de soleil.

Giovanni Merloni

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Une danse à Bilbao
(si l’on veut la chanter au féminin)

Je vais cherchant, de rue en rue, à Bilbao
ta figure dansante, tes jambes charnues
ta chemise de soie et ton sourire ardent
ton cœur secret s’ouvrant aux gens indifférents

Tu me disais : « on va s’aimer à Bilbao
fouillant parmi les oies et les pensées perdues
au milieu d’un nuage et de maisons en chœur
dans cette ville-là que je connais par cœur. »

Dieu seul le sait combien j’adore Bilbao
le nom d’une ville que je n’ai pas connue
où tu t’effondres, le beau visage bronzé
le corps se déhanchant en une danse effrénée.

Tu me disais : « je t’attendrai à Bilbao
dans les échos des pas, les éclats de rires
seul, j’endosserai ma veste plus charmante
dansant pour toi dans la musique absente. »

Tu n’aurais dû jamais partir à Bilbao
m’attirant sans issue dans un chagrin pareil
cela me fait mourir, et j’étouffe l’orgueil
dans une rue sans arbres, démunie de soleil.

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Giovanni Merloni

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Derrière les persiennes, 1975 (Ossidiana n. 44)

28 jeudi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

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J’ai empruntées ces photos à Giorgio Muratore, da Archiwatch avec son accord

Derrière les persiennes

Chacun de vous
est un nombre,
une génération,
un vieux costume,
un titre d’études achevées,
quelques médailles,
une dégradation,
cent licenciements,
un grain de beauté,
une barbe et des moustaches,
une paire de lunettes,
une voiture rouge,
une carte d’adhésion,
un insigne,
un sandwich parmi les employés,
une queue derrière une porte fermée,
une file interminable au guichet,
une présence
(ou sinon une absence)
à un rite.

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Chacun de vous
est un arbre
qui se désespère
jetant aux nuages
ses petites feuilles.

Chacun de vous
est un collier de corail
lumineux
accroché aux racines de la mer.

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Chacun de vous
est un fruit sous-marin
ou sinon un cancer.

Chacun de vous
est un hurlement étouffé,
une rébellion circonspecte,
une inaptitude
déguisée ou manifeste
à la vie.

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Chacun de vous
est un garçon
attendant de réponses.
Inhibé, réduit au silence,
il n’ose pas poser des questions,
il n’ose pas parler.

Chacun de vous
n’est qu’un petit artisan
dans cette absurde entreprise
de bouche-trous
qu’est le monde.

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Giovanni Merloni

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TEXTE EN FRANÇAIS

Mon cœur est une charmille (Avant l’amour n. 38)

27 mercredi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

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Mon cœur est une charmille

Mon cœur est une charmille
qu’au vent s’égosille
s’arrachant au sable.

Enchevêtrés par leurs mots embarrassés
devant mes veines se promènent
des couples dégoulinants d’euphorie :
je voudrais m’extirper
aller à la rencontre de la vie
et aimer.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

Deux chansons aux étoiles (Avant l’amour, n. 37)

26 mardi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

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Deux chansons aux étoiles (1962)

I.
Moi et toi
nous sommes deux petits Soleils
qui brûlent égoïstes
dans leur lumière
immense
qui ne savent pas pourtant
combien le monde leur ressemble.

Nous sommes deux présences toutes proches
dans un jeu irréel
d’explosions
et d’échecs.

Dans un vide d’ombre
entre deux murs
nous nous éloignons
de moi et de toi.

Si je savais voler
je ne voudrais pas y être
en cette fiction.

Si je savais m’envoler,
je n’aimerais pas que toi
et cette terre dont tu t’habilles
cette terre dont tu te nourris…

Pourtant j’y reste, sur cette terre
léchée par la lune
où je te redécouvre
différente, à chaque matin,
avec ton haleine parfumée
de constance…

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II.
Toi
tu es un petit soleil
qui brûle égoïste
dans sa lumière
dense,
tu ne sais pas pourtant
combien le monde te ressemble.

Cesse de m’aimer,
éclipse-toi !
Fais demi-tour
en une seule fois !

Je veux atteindre maintenant cette haleine différente
qui ne sent pas la poussière.

Adieu.

Toi aussi tu es libre
de voltiger
et de te perdre
dans une musique
insaisissable.

Ne te tourne pas,
ne scrute pas mes larmes
enregistrant mon chagrin
pour ce « big bang »
qui nous sépare

pour mon égarement
sans remède

pour un matin comme ça
qui jamais ne reviendra.

006_1960cortina_033 180

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog.

J’aime les blancs rouleaux (Avant l’amour, n. 36)

26 mardi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_paxos 1990 (63) 180

Île de Paxos (Grèce), 1990

J’aime les blancs rouleaux

Sous l’eau mille poissons
se poursuivent au milieu des algues
seuls et muets

sous la lumière qui filtre
un thon gris lutte
avec une langouste
une sirène les yeux fermés
traverse l’encre
de mille calamars

sous les rayons croisés
de la lumière dans l’eau
le monde s’enroule
sans cesse, révélant
des jardins secrets,
absorbant sans regrets
dans le silence d’une chanson
la voix secrète de la mer.

002 Sardegna Paolo (36) 180

Sardaigne, 1980

Se retourne et se gonfle
autour de moi, la vague
qui jamais s’apaise, la vague
qui ne meurt jamais.

Nous sommes impuissants !

Au loin, dans l’horizon
toujours nouveau
pour ceux qui s’approchent
tout se perd :
là-bas la mer est ciel.

S’adossant au vaisseau en voyage
les rouleaux menaçants
(de plus en plus gonflés et superbes)
voudraient nous noyer
ou alors nous caresser,
nous recouvrir du sel
qui brûle, en nous donnant
un parfum de tempête
messager d’une mort violente,
sans issue.

 

004 Sardegna Paolo (38) 180

Sardaigne, 1980

Quelqu’un,
impuissant vis-à-vis de la force
de ces gifles inhumaines
de cette eau infinie,
pourrait même haïr les rouleaux.

J’aime l’écume des océans
les algues des écueils
j’aime les blancs rouleaux
qui ne connaissent pas leur force.
J’aime l’océan.

003_arcachon 19 180

Cap Ferret (Aquitaine), 1996

Ici, dans nos abris,
n’arrivent pas les baleines
ni les os des requins.
Ici, où la mer semble se calmer
tout autres rouleaux
qui connaissent leur force
déchirent et écrasent les cœurs.

Ici, nous sommes impuissants !

Nous cueillons de blanches
méduses, nous empochons
le coquillage des siècles.

Mais nous ne savons pas
aimer
ceux qui sont loin de nous
ceux qui nous aiment
sans nous comprendre.

005_ringhiera 180

Île de Chios (Grèce), 2004

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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Des marines (Avant l’amour, n. 35)

26 mardi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_des marines 001 180

Sardaigne, 1980

Une épine dans le sable

Une épine dans le sable
parmi le coquillage,
des ossements, une arête.
On voit un œuf souillé
une écorce.

(Je caresse tes cheveux
c’est dans tes yeux que je me perds.)

Il n’y a pas de fleurs
ni de cailloux brillants.
Au loin, les pins volent
agitant leurs ombrelles.
Je crois t’aimer.
— Tiens, quel plongeon !
Il se noie ! Non, ce n’est rien.

(Je me perds dans tes yeux
ce sont tes cheveux que je caresse.)

002_des marines 002 bis 180

Sardaigne, 1980

Un cœur vulnérable étudie 

Un cœur vulnérable étudie
le déferlement des vagues
et la coulée de larmes et de sel
sur deux paupières
limpides.

Il étudie son silence
tout en demeurant assis
sur son peignoir.

Il voit s’approcher
un voile parfumé
deux pas
brûlant sur le sable.

Un cœur vulnérable
est frappé à l’improviste
par le souffle de l’amour
par le regard de l’amour
par la voix de l’amour.

003_des marines 003 180

Sardaigne, 1980

Si la mer est profonde 

Si la mer est profonde
ainsi que notre amour

si les étoiles ont la même lumière
que notre amour

si l’aube étendue sur l’horizon
est violacée
défaite, effrayée
et pourtant vivante, heureuse
tout comme notre amour

si la mer est profonde,
si les étoiles sont éblouissantes
si les jours retentissent de lumière
de changements et de vie

si toutes ces choses en cercle
sont heureuses
notre amour
qui est tout cela
est heureux,
ravi de se promener
ici et là dans le monde
tout en respirant
de sa propre vie.

Et pourtant,
qu’est-ce que c’est cet amour
auquel nous ne savons pas
donner le juste nom
le vrai nom, ni la gueule
qui sincèrement lui ressemble ?

S’il n’y a pas un seul instant
où qu’il puisse éclater
se révélant à nos cœurs,
notre amour c’est un rien
juste une saveur, une sensation
brève, un bonheur fuyant
une attente désespérée.

004_des marines 004 180

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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