le portrait inconscient

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Une parenthèse « Rubens »

05 dimanche Avr 2015

Posted by biscarrosse2012 in contes et nouvelles, mes poèmes

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foto muratore 4.04.2015

Rome, photo de Giorgio Muratore, depuis Archiwatch

Une parenthèse « Rubens »

À la suite d’une invitation inattendue — un nouveau blog de Jacques-François Dussottier qui regroupera des artistes et des poètes italiens et français —, je suis revenu à mes poésies en langue italienne pour faire un choix.
Ce n’est pas la peine de vous exprimer mes états d’âme et d’esprit vis-à-vis de ces « corps abandonnés » ne faisant qu’un avec d’autres textes dans lesquels j’ai déversé autant d’espoirs et d’énergies au cours de « ma double vie » de dirigeant public et d’artiste. Je reviendrai un de ces jours sur le thème de mon déracinement, aussi définitif qu’indolore… pour expliquer ce qui peut représenter l’éloignement de la langue maternelle au point de vue psychologique et humain.
Pour ce qui concerne mes poésies, les relire en italien me fait l’effet d’une rencontre secrète. Comme si je rencontrais une dame très fascinante à l’insu de ma propre femme…
C’est probablement à cause de l’embarras d’une telle rapatriée — causant une émotion difficile à maîtriser — que j’ai choisi en première une poésie d’il y a… quarante ans !
C’est une poésie qui raconte un univers aussi précaire qu’intense et même volumineux. Un grand amour mêlé aux jeux inépuisables de la fantaisie. J’étais à Bologne, ce mois d’avril 1975… Elle avait accepté le sobriquet de « fée » et ne cessait de m’émerveiller par ses continus changements de « look ». Je n’oublierai jamais sa collection de sacs et ses coiffures toujours différentes. C’est pour cela que j’avais pensé à cette jolie madame ci-dessous, un peu transformiste, qui « assume » pourtant, sans fléchir, son naturel rôle de femme gâtée qui se laisse entourer d’attentions.
Voilà, j’ai d’abord relu et modifié l’ancien texte italien. Ensuite, j’ai retravaillé ainsi le texte français qui va substituer celui que j’avais publié une première fois en janvier 2013, il y a donc plus que deux ans. Cette poésie, ne rentrant évidemment pas dans la série des poésies « d’avant » l’amour, peut être alors considérée comme une parenthèse « Rubens ».

madame rubens 180 - copie

Giovanni Merloni

Foulard céleste (Vers un atelier de réécriture poétique n. 22)

02 jeudi Avr 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

000_finestra muratore

Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Foulard céleste (Vers un atelier de réécriture poétique n. 22)

153_Foulard céleste (Avant l’amour n. 22)

Mes chers lecteurs,
On est désormais aux dernières poésies du recueil « Avant l’amour ».
Au cours de cette passionnante expérience, mon travail de réécriture a eu des changements progressifs. Dans les premiers temps, je demandais explicitement à l’un de mes correspondants de participer à la relecture et parfois à la réécriture préventive de mes textes. En une deuxième phase, j’avais envisagé une espèce de « forum pour des invités ».
Dorénavant, pour les dernières quatre ou cinq poésies, j’avancerai sans filet. Cependant, tous ceux qui aiment le faire peuvent bien proposer des suggestions ou laisser un commentaire dans l’espace ci-dessous. Après réflexion, dans l’esprit du « work in progress », je tiendrai compte de ces suggestions pour apporter des modifications éventuelles au texte de cette poésie. Merci !

Giovanni Merloni

« Une onde noire », hommage à la sculpture de Jacklin Bille (Zazie n. 28)

31 mardi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in art, mes poèmes

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Jacklin Bille, Zazie

« Comme je te l’ai dit samedi dernier, j’aimerai STP que tu me fasses un poème pour accompagner ma sculpture, qui va t’inspirer, j’espère…
Elle fait un mètre de hauteur, c’est du staff sur une armature en ferraille, la robe est en tissu plâtré patiné… J’ai voulu faire une sculpture « symbolique » : un couple de danseurs de flamenco. Je l’ai appelée « le flamenco envoûtant »…
je vais t’écrire, pèle mêle, mes idées de départ : j’ai fait l’homme (symbolisé par l’arbre), texturé, avec des angles (car l’homme, pour moi, est toujours fort, rigide) ; j’ai fait la femme tout en courbes, comme une liane, car elle veut le séduire par sa danse, l’apprivoiser, l’entourer… J’espère que tu comprendras mon charabia… »
Jacklin Bille

002_le flamenco envoutant 2 180

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, 2015

L’équilibre forcené de l’amour

Merci, chère Jacklin, pour ce flamenco envoûtant, capable de transformer le bronze en arbres et les arbres en êtres humains touchés par la passion et les émotions subtiles de l’amour !
Je ne sais pas si je serai capable de traduire par mots ce que cette œuvre « envoûtante » transmet d’emblée, sans transition. Si jamais j’écrirai quelque chose, elle ne parlera pas vraiment des valeurs universelles que tu y as calées dedans. Elle ne pourra pas parler non plus de ce que tu as éprouvé intimement. Je ne pourrai faire mieux que débiter des sentiments et des pulsions qui se réveillent, des souvenirs qui s’estompent, des larmes de joie et de désespoir qui tombent dans la bouche tandis que…
malheureusement, le sentiment de la joie rarement se sépare de celui de la rupture, de l’abandon. On est tous habitués à considérer comme impossibles une séquelle ininterrompue de moments heureux, une sarabande de danses forcenées, une progression géométrique infinie vers le bonheur…
Ton oeuvre mériterait des mots sublimes, musicaux, ardents et légers à la fois… Moi j’essayerai d’écrire des mots sincères, les mots que dirait cet arbre rigide et même bloqué devant cette sirène insaisissable et pourtant provocatrice…

flamenco_sampietrini_sotto_modifié-1

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, part. 2015

L’onde noire

Par hasard
au milieu du brouillard
elle a cogné contre lui
cet arbre bâtard
effondré dans l’ennui.

Dans l’élégante tristesse
de son dénûment sans force
elle découvre cette écorce
en y frottant les fesses
tandis que sa robe dorée
coule à terre, ensanglantée
s’enroulant avec paresse.

La voyant spectatrice,
envoûtée jusqu’à mourir
dans la danse tentatrice,
il voudrait bien sortir
de sa carapace humide
élançant sa bouche avide
en dehors de son cou.

Elle a noté ce tronc musclé
cette force lisse
cachant derrière les coulisses
un geste lumineux
et la bouche bée.

flamenco_sampietrini_sopra_modifié-1

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, part. 2015

Entourés par le bois minéral
par le souffle du mistral
Liane et Olivier
ont consacré leur baiser sidéral
au couchant
s’adonnant aux délires
du bal et du chant printaniers.

Liane à la peau d’ébène
suit des ellipses abruptes
huilées, afro-cubaines,
Olivier à l’écorce dorée
compte de tour en tour
le poids de ses caresses
l’orgueil de ses prouesses.

— Un jour je partirai sans dire Adieu !
— Laisse-moi ta robe
elle me réchauffera les pieds !

— Un jour on nous divisera
brisant la chair de nos corps unis !
— Laisse-moi ton onde noire
et tes reflets jolis !

— Un jour tu n’entendras plus
les va-et-vient
de mon corps sur le tien,
ni le vent qui nous touche…
— Laisse-moi un mot d’amour
que je répète de ma bouche
aux oiseaux tout autour…

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Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, 2015

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

vernissage

J’approche d’un mur de plâtre (Avant l’amour n. 18)

26 jeudi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_horizon 01 180

J’approche d’un mur de plâtre

Je coupe en deux mon ombre,
je brise à peine ma peine.

Je ne vois pas les encombres
qui m’empêchent
de franchir l’horizon
de mes pas.

002_horizon 02 180

J’approche d’un mur de plâtre.
Je tombe sur une voix opiniâtre,
retentissant dans l’air gris.
Je m’empêtre
dans des lèvres rouges,
des dents blanches,
des cheveux jaunes,
des yeux bleus
se perdant au loin
dans la ligne violette
du premier horizon.

Je m’assois
contre un parapet poussiéreux,
tu t’assois
sur deux coussins d’herbe
et pourtant
cette ardente convoitise
nous échappe à la prise.

003_horizon 03 180

Je me lève
et ma tête se tourne
poursuivant la lumière.

Toi, derrière,
de ton pas taciturne,
tu t’éclipses au-delà
de la ligne incolore
du dernier horizon.

004_horizon 04 180

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

TEXTE EN ITALIEN

 

Merci à Françoise Gérard pour sa lecture de mon texte.

000_horizon 00 180

J’approche d’un mur de plâtre (Vers un atelier de réécriture poétique n. 21)

26 jeudi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique, Françoise Gérard

foto muratore 4.04.2015

Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

J’approche d’un mur de plâtre (Vers un atelier de réécriture poétique n. 21)

203_J’approche d’un mur de plâtre (Avant l’amour n. 21)

Comme vous avez pu le constater, dans cette deuxième phase de « réécriture poétique » je me suis aventuré « sans filet » dans mes acrobaties. Je me suis toutefois accordé une petite béquille de sauvetage : le jour avant chaque publication j’interpelle, selon le sujet du poème et mon inspiration du moment, quelques-uns de mes correspondants pour les inviter à intervenir « ex post », soit par mail soit à travers des commentaires à l’article spécifique.
Les personnes contactées sont tout à fait libres de se dérober à la tâche si elles n’ont pas le temps ou l’esprit pour intervenir.
Le fait de constituer ainsi, à chaque publication, un petit « forum pour invités », dont je considère l’avis et le conseil au fur et à mesure très utile pour moi, n’exclut pas d’autres interventions, suggestions et conseils.
L’invitée d’aujourd’hui est Françoise Gérard (@leventquisouffl) que je remercie vivement pour ses suggestions très sensibles et appropriées.

Giovanni Merloni

Tu te nourris de terre (Avant l’amour n. 17)

19 jeudi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_tu te nourris 180

Tu te nourris de terre

Tu te nourris de terre,
et j’échappe à moi-même
caracolant sur les toits
et les gouttières.

Tu revêts des habits
qui te font toute réelle,
moi j’endosse sans souci
des ailes d’hirondelle.

Tu t’accroches volontiers
aux devoirs du ménage
moi je glisse, sans métier
sur de légers nuages.

Dans un vide d’ombre
entre deux murs
nous nous éloignons
l’un de l’autre
sans murmures
comme deux petits soleils
égoïstes, aveuglés
par nous-mêmes.

Nous partons, sourds et muets :
toi, encombrée par les larmes,
moi, essoufflé
par la course affolée
qui m’emmène au sommet
d’où je vois séparées
nos cruelles destinées.

002_part 1

Suspendus à une corde
maléfique
accrochés comme par jeu
à une bascule diabolique
d’explosions et d’échecs,
resterons, tous les deux
incapables de voler,
adhérant, volontiers,
à cette planche de théâtre
léchée par la lune
qu’on appelle la Vie…

003_part 2

Giovanni Merloni

Merci à Marie-Noëlle Bertrand pour la lecture de ce texte.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

TEXTE EN ITALIEN

Tu te nourris de terre (Vers un atelier de réécriture poétique n. 20)

19 jeudi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

foto finestra verde

Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Tu te nourris de terre (Vers un atelier de réécriture poétique n. 20)

Tu te nourris de terre (Atelier de réécriture poétique, Avant l’amour n. 20)

En remerciant vivement Marie-Noëlle Bertrand, invitée d’aujourd’hui, pour son aide lumineux et amical, je vous dis au revoir, mes amis lecteurs. Entre-temps, le soir de mercredi, je serai déjà parti à Rome, avec Claudia, ma femme, pour une bien triste expédition. Et j’aurai emmené un paquet de soins de fortune, après une nuit de douleurs aux dents et une visite, ou pour mieux dire, une course aux Urgences… Je reviendrai mardi soir, n’ayant peut-être pas le temps de publier sur mon blog déjà le jour suivant. Donc, profitez bien de cette semaine d’absence du portrait inconscient pour vous reposer ! Et merci de votre camaraderie qui m’a toujours encouragé à m’exprimer librement !

Giovanni Merloni

Vous voici mon cœur noir (Avant l’amour n. 16)

18 mercredi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_vous voici noir et blanc 740

Giovanni Merloni, 1978-2013

Vous voici mon cœur noir 

Vous voici mon cœur noir
et mes lèvres noires
et mon amour noir
je ne veux pas vos jours blancs
dont je devine les mots
dont j’imagine le corps
la voix, les lunettes, les ongles
les rencontres, les attentes
l’envie de vivre, l’ennui.

Je ne veux pas tout savoir
de ces corps qui se déhanchent
sous les jupes blanches
des jeunes filles du dimanche
sortant hagardes d’un miroir
offrant des fleurs sur un trottoir
d’une ville percée de lumières blanches.

Je ne veux pas trop aimer
les rives blanches, les îles
étanches, les pâles branches
des arbres, les tranches
des tartes, les avalanches.
Je ne cherche aucune revanche.

Vous voici mon cœur noir
je le laisse ici, sur le comptoir
mon cœur noir de fumoir
mon cœur de boudoir
sortant d’un trou noir
le jour où il va pleuvoir.

Vous voici un petit mémoire
pour votre laboratoire
à garder dans un couloir
à cacher dans un tiroir.

Je vous laisse le temps noir
de vouloir vous apercevoir,
le temps de vous asseoir
pour l’examiner,  le sectionner
en mille morceaux noirs.

À vous d’étudier les diversités
les curiosités, les côtés étranges
qui dérangent, le sexe des anges
et même les invisibles mélanges
qu’y aurait peint Michel Ange.

Je vous laisse le plaisir
de découvrir les couleurs
les infinies nuances
les multiples ressemblances
qui font la différence
entre le jour et la nuit
la joie et l’ennui
entre vos manches polies
et mon cœur noir que voici.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

Les deux lunes (Avant l’amour n. 15)

18 mercredi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_deux lunes 01 180

Paris, Saint-Laurent

Les deux lunes

J’ai longuement médité
à califourchon sur mon mur
tandis que toi,
lune de papier,
tu te balançais, transparente,
au-delà des poteaux gris
dans l’harmonie des étoiles.

Je me suis fabriqué une cabane
sans ciment sans ombre,
j’en ai parcouru le long couloir
sans me dérober au regard sombre
que tu répandais sur le soir.

Au-dessous du mur,
parmi les écorces d’oranges
les jeunes gens piétinent
ton reflet qui s’épanche,
lune transparente,
bleue, céleste, blanche
coincée au milieu
de deux maisons noires,
lune tout égarée
dans l’harmonie des étoiles.

002_deux lunes 02 180

Lucques, La tour Guinigi

Tandis que je traînais
à califourchon sur la nuit,
une seconde silhouette
s’est dessinée dans le ciel
— l’autre —
floue, blonde, heureuse,
prête à enlever le mur
de briques, de cendres
et de lierres
depuis longtemps tombé
sur mes paupières closes

alors que toi, apeurée
par cet écroulement,
lune des rêves nocturnes,
tu as disparu d’emblée
en t’éclipsant, crispée
dans l’harmonie des étoiles.

003_deux lunes 180

L’autre est ici, sur mon épaule
à califourchon sur mes jambes
larmoyant comme un saule,
se jurant ennemie
de nos ombres chinoises
collées au restes de plâtre
de ciment et d’ennui.

Je ne vois plus, ô lune,
ta plume transparente !
Sans tes mains de velours
et ta mine intransigeante
comment se forgera-t-elle
ma lâche vie mortelle ?
N’étais-tu pas ravie
de ton éternel commerce
d’allumer notre miroir
au milieu des toits noirs
dans l’harmonie des étoiles ?

Giovanni Merloni

Merci à Noëlle Rollet, qui a participé avec discrétion et générosité au travail de révision de ce texte.

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TEXTE EN ITALIEN

Ciseaux (Avant l’amour n. 14)

18 mercredi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Avant l'amour

001_Ciseaux 01 180

Ciseaux

À quoi bon nous rendre otages
de cet inquiétant bavardage
que ce bruit de ciseaux provoque
détruisant le courage ?

À quoi bon guetter les sursauts
de nos pages sanglantes
de nos voix percutantes,
de nos héroïques fardeaux
mis en lambeaux ?

À quoi bon suivre la chute,
au ralenti,
de ces plumes de hibou
sur nos maigres genoux ?

À quoi bon nous rebeller
à cet effondrement
de nos rêves pionniers
glissant sur le gravier
au milieu de nos cahiers
jaunis ?

À quoi bon nous résigner
aux coups de ciseaux
de nos opiniâtres cerveaux
anxieux de réfréner
l’explosion exagérée
de nos animalités
inévitables?

002_Ciseaux 180

Mignonne, si ces ciseaux
à la cadence grave
coupent nos têtes en deux,
dans ces ruisseaux d’épaves
coulent pourtant, sans crainte
nos larmes retenues
et nos joyeuses étreintes.

Giovanni Merloni

P.-S. Oui, tu as de beaux yeux, des lèvres rouges, des mains blanches. Oui, de ton cou se dégage un parfum sauvage, plus fort que mille paires d’opiniâtres ciseaux anxieux de déchirer notre destin en deux. À chaque coup, sur tes luisants genoux tombent les mots confus de mes lettres passagères. À chaque coup les ciseaux font jaillir de ma sagesse éphémère le cruel souvenir. Dans cette grotte sombre nous accueillons nous-mêmes morceaux de petites ombres et d’illusions extrêmes.

Merci à Marie-Christine Grimard, qui a participé avec une grande générosité et sensibilité au travail de révision de ce texte.

TEXTE EN ITALIEN

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