le portrait inconscient

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Amour amer d’Ulysse, 2014 (Zazie n. 12)

24 mardi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_siena duomo 180

Siena, 1966

Amour amer d’Ulysse

Amour amer, ne me quitte pas !
Bruit sourd de la solitude,
arrête d’écraser mon esprit.
Cœur étranglé par le souvenir
de ses jambes en feu,
ne te flétris pas.

002_siena campo 180

Siena, 1966

Amour douloureux, refuse-toi
à la poursuite impossible
de la réminiscence de nos corps
lancés dans d’étreintes vaines,
perdus dans de baisers disparus.

Amour en forme de fleur
offerte en cadeau
par des nouveaux soupirants,
console la femme qui reste seule.
Mais je t’en prie,
arrête de parfumer son corps
engourdi, t’enchevêtrant
aux feuilles d’or du collier
qui flotte sur son sein.

Ô rose
de la couleur du coquelicot
cesse de te faufiler
parmi les dentelles brodées
au-dessous de sa robe.

003_siena campo 180

Siena, 1966

Jupe ouverte jadis
à mon corps tyrannique,
ne t’éclipse pas !
N’aime pas d’autres maris.

Amour que je garde pourtant
verrouillé dans mon cœur,
ne t’avilis pas, ne me trahis pas.

Amour violent, n’oublie pas
cette main que tu as caressée
ni cette bouche que tu as respirée
ou cet oiseau qui t’a appris
à voler.

004_san biagio 180

San Biagio à Montepulciano, 1966

Amour égaré dans ta douleur sauvage,
attends que je revienne
de mon pèlerinage,
accueille enfin mon retour
par un geste d’amour.

On peut souffrir même plus que mourir
quand on part vers des terres lointaines
et qu’on ne sait pas comment
en revenir.

Amour, amour, pourvu que ce soit
amour, il est doux, et digne aussi,
trouver la force d’attendre.

Giovanni Merloni

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Une petite parenthèse, 1975 (Ossidiana n. 39)

23 lundi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

000_cirque de la vie 180

Une petite parenthèse (juillet 1975)

Une petite parenthèse
en attendant qu’une rose
s’ouvre au soleil
tandis qu’une petite fille colorée
se peigne sans hâte.

Une petite parenthèse
consacrée aux réflexions
sereines
au milieu de tes gestes rapides
de tes bondissements bizarres
au milieu des objets
que tu fais devenir beaux.

Une petite parenthèse
en poursuivant le passage
rapide
d’une intuition
d’une volonté subtile
d’un désir urgent.

Une petite parenthèse
hors de mes arguments
dans le chaud du soleil d’hiver
dans les petits rumeurs
qui apprêtent  une fête.

Une petite parenthèse
avec toi, faufilée
dans mon blanc manteau :
sans que tu le veuilles
ni que tu le saches
tu es sincère, gaie
excitée, vive !

Une petite parenthèse
c’est notre étreinte
c’est notre enceinte
en attendant
les lumières plus nettes
d’une nouvelle rencontre
la force d’un geste
pour déchiffrer le gribouillis
d’un bizarre destin.

002_une petite parenthèse 180

Une petite parenthèse
(moi penché vers ton corps
toi courbée vers mes cheveux
ébouriffés) où nous demeurons
tous les deux
longuement suspendus
entre la couleur de l’espérance
de faire un jour
quelque chose
et la couleur de nos mains
dessinant des enchevêtrements
de corps
dans la lumière intrigante
d’une nuit fabuleuse
de contes.

Une petite parenthèse
en attendant qu’une rose
s’ouvre au soleil
tandis qu’une jeune fille colorée
se peigne sans hâte
et que deux amoureux se disent
sans trop de conviction
adieu.

Giovanni Merloni

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Le cirque de la vie, 1965 (Ambra n. 49)

22 dimanche Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_une petite parenthèse 180

Le cirque de la vie

Le rideau se lève
sur deux types
plongés dans un litige
dont on perçoit les revers
lâches et mesquins.

Jusqu’au moment où
la scène s’affiche :
des singes apprivoisés
montent — jiiiiiiik —
et descendent — jiiiiiiik —
agrippés aux franges du rideau
tandis qu’un homme
grand et costaud
faufilant sa voix de baryton
dans un trombone
annonce l’exhibition
du lion…

En haut, près du trapèze
assis sur un ballon
Dieu en personne
assiste à la fête.
La peur incombe
d’une embarrassante
explosion involontaire
du ballon ainsi que
de l’ire de Dieu.

Les clowns se promènent,
ennuyés de leurs tristes chansons
ainsi que de leurs faces
et facettes théâtrales.

Jusqu’au moment où
(par une gifle ou une caresse
et des bruits de tambours,
par des coups de fouet,
par des poules en fuite,
par des désastres)
la grande pantomime démarre,
tandis que le trapéziste
se bouffe
jusqu’à se goinfrer
sur son fil suspendu ;
les lions
armés de dents et de pattes
se poursuivent en rond
par d’horribles grognements
(un pauvre loup affamé
faute de mieux est avalé
tandis que Dieu s’endort
et que l’holocauste est primé
par les applaudissements dévoués
d’un public désœuvré).

Le soir, on ramasse les croûtes,
les mégots des éventuels déçus
enfuis tout en cherchant dans l’air
le souvenir formidable, négligé,
d’un autre « cirque » extraordinaire,
désormais oublié.

Derrière le rideau, dans le noir
des lampes au magnésium,
sur les pointes de ses escarpins
usés, tout en se grattant
l’épine dorsale, elle se promène
ondoyant
la première danseuse
tandis que le vieux servant
(dentiste, bourrelier,
porteur, marchand de fourrures)
sorti de la verte bâche
va devenir mesquin et lâche
devant la télévision.

Pour ces êtres sur la paille
ne mangeant au dîner que la crème
de plusieurs entartages
il n’y a qu’à se faufiler
dans des routes sombres
où coulent des voitures
et des femmes. Là s’arrêtent
telles de tristes figures
les rimes de mon chant étranger.

002_Le-cirque-1 480

Giovanni Merloni

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Tes larmes (Nuvola, 1966)

21 samedi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Nuvola

001_diligenza NB 180

Tes larmes (1966)

Tes yeux sont comblés d’étoiles
glissant doucement sur ta peau
de pêche mûre, entraînant
derrière elles un sillage,
un long ruban qui se perd
dans la forêt de tes cheveux
nocturnes.

Elles sont belles tes larmes !
Comme autant de diamants
empruntés au coeur d’une montagne
elles renferment la force obscure
de tes passions refoulées.

Elles possèdent
quelque chose de toi
que je ne vois pas
que je bois pourtant
à l’infini.

Elles ressemblent
à des caresses
aux vagues douces
de la pluie.

Elles polissent mon âme,
en lavant à petits pas
ses rudesses.

Elles amènent le calme
et le bleu du serein.

002b_diligenza NB part 480

J’aime les petits pas de tes larmes
pénétrant tel un arc-en-ciel
dans mon rêve.

Giovanni Merloni

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1960-1965 ambra 1966-1971 nuvola 1972-1974 stella 1975-1976 ossidiana 1977-1991 luna 1992-2005 roma2006-2014 paris

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 20 juin 2014

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Vous, gens rusés, 1965 (Ambra n. 48)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_vous, gens 01 180

Vous, gens rusés 

Vous, gens rusés,
vous, monstres titaniques
de la banalité
et de l’opportunisme
parasitaire,
pourquoi vous mettez
une obstination pareille,
un tel acharnement
dans l’exhibition
de votre vie
vulgaire
(que vous appelez
pratique
ou même logique)
en pesant salement
sur mon orgueil ?

002_vous, gens 02 NB 180

Vous, gens toujours
sains et saufs, toujours
à l’abri

vous, gens redoutables
pour vos faux airs
insignifiants, neutres,
équidistants

vous, gâcheurs
de vies innocentes
qui seraient heureuses

vous, grands chefs méchants
d’invisibles troupeaux
de la haine.

003_vous, gens 03 180

Vous, fabricateurs
de mensonges
n’ayant aucune honte
ni souci
pour votre manque
d’âme, pour votre esprit
vendu
et perdu,
je parle à vous
à toi, à lui
à ce ver
qui ne sait jamais
quoi répondre
et rougit,
le misérable…

004_vous, gens 04 180

Existent-ils
d’autres gens
qui ne sont pas d’accord
à se faire soumettre,
vider,
anéantir,
gommer,
comme une petite
tache,
un fil,
un cheveu,
restés, opiniâtres
et suicidaires
sur la feuille ?

Giovanni Merloni

005_vous, gens 05 180

P.-S.

Quelques jours
après, un type assez timide
et de tout dépourvu
que j’imaginais morbide
et forcément tordu
m’a pourtant fait sourire
par ses mots inattendus :

« Ce n’est pas de notre
faute
si la Règle de la vie
n’est pas poétique
du tout
et qu’elle nous marche
dessus
comme un tampon ! ».

G. M.

006_vous, gens 06 color 180

Giovanni Merloni

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Vraiment personne, 1965 (Ambra n. 47)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_vraiment personne 01 180

Vraiment personne

« Quelqu’un est mort.
Il a deux bleus à l’angle
des lèvres. Juste hier,
il est tombé. Dès lors,
il ne s’est plus levé » :
c’est ainsi que je la porte,
ici dedans, sans jamais
la regarder dans les yeux,
l’histoire drôle
de ma mort.

Pour l’endurer,
je me cale une bande
sur le front,
imaginant qu’aux alentours
il n’y a
personne.

Vraiment personne.
Quand les mains
seront fermées,
quand les voix
seront éteintes, le matin
n’amènera plus des collations
sur son plateau
de lumière.

Vraiment personne.
Ce sera un peu étrange,
pour moi, haïssant
la solitude,
le silence de l’oreiller
l’absence des pas.

Ou plutôt tu seras là
mais nous nous tairons,
de la peur que l’amour
se brise, ou qu’il disparaisse
dans des routes inconnues.

Dans le silence, les souvenirs
gonfleront tes yeux,
le nuage clair
de tes cheveux,
et le soleil durera,
encore un peu.

Ou alors, il y aura
trop de lumière, ou trop
d’obscurité. En te regardant,
je serai transparent,
comme une feuille.
Mais, en m’adressant
brusquement
à moi même
(pour me reprocher,
pour me consoler)
je serai opaque
comme un tronc.

002_vraiment personne 02 180

Vraiment personne.
Trop tard, quelqu’un
nous offrira l’étrange,
impraticable liberté
de nous aimer. Maintenant,
dans la pénombre
où tu attends, tout absorbée
dans tes bourdonnements,
tu t’es, d’un coup, aperçue
qu’il a vraiment disparu
tout ce qu’avait gardé en vie
notre étreinte légère,
d’un véritable amour
messagère.

Giovanni Merloni

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La banlieue  allume des réverbères  démesurés, 1965 (Ambra n. 46)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_banlieue 180

La banlieue  allume des réverbères  démesurés

La banlieue  allume des réverbères
démesurés
parmi la terre et l’asphalte
parmi les ronces et les collines
de débris
parmi les cimetières
et les poupées pendues.

La nuit recouvre de lueurs
les maisons mortes, elle projette
des traînées de fumée
sur le couchant,
tout en mettant la sourdine
aux vacarmes lointains
de la ville immense.

Dans les infinis bruits de la rue
j’ai recherché nos deux voix
se promenant
dans des vêtements légers,
tout en riant
tout en léchant des glaces…

« Toi, souffle soudain
de fleurs vertes,
tu étais immobile, solennelle,
tranquille
comme les fêtes organisées
par d’autres
et pourtant volubile
comme une étoile, douce
comme un pas, blanche
comme un caillou de plâtre
abandonné dans la mer. »

J’ai été englouti
par une terre infâme
où ton corps
ouvrait ses yeux de chat
dans l’obscurité des arbres
accrochés au ciel.

J’ai été capturé
par une étreinte violente,
sans confins
où l’on n’éprouvait rien
où l’on éprouvait tout
et je me suis effondré avec toi
dans un dialogue étrange
de vitres embuées
de vêtements qui nous laissent
nus, ivres, vifs,
enflammés dans la lutte,
endormis
dans les longs baisers
de la nuit.

003_lautrec 180

Giovanni Merloni

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Des ombres roses et célestes, 1965 (Ambra n. 45)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_des ombres 180

Giovanni Merloni, 2014

Des ombres roses et célestes

Des ombres roses et célestes
abîment les contours
de la ville. Les maisons
hurlantes s’abandonnent
aux voiles violettes de la nuit.

Dans la pièce blanche
une poussière étouffante
sèche les yeux.

Les gens, suspendus
aux bords brillants du soir
voudraient déchiffrer
ce mot englouti
resté dans le cachot
de ses lèvres.

Personne ne s’en aperçoit
et pourtant ce corps déjà gris,
engagé dans son gauche mariage
avec la mort, a endossé
un costume élégant
pour traverser sans contrainte
la ville mourante.

Comme une marionnette,
(au-delà du mur
qu’il a su si bien dépasser)
(pour la première fois seul)
il s’éloigne solennel
à pas de danse
(sans mots ni craintes)
parmi les lustres
d’une longue route
abîmée.

Giovanni Merloni

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Je me joins au cortège de pas, 1965 (Ambra n. 44)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

002_bruttina portastracci Iphoto 180

Giovanni Merloni, 2013

Je me joins au cortège de pas

Un mort est traîné dans un fourgon
une fleur s’éteint avec lui sur son bois.
Et deux femmes en noir.
Et tous les jours un long cortège
suivant le mort et la mort.

Vont sur la plage
Vont, pâle ermitage
Vont, ils suivent un mort
Vont pleurer son sort.

Je me joins au cortège de pas
dont on ne voit ni la tête ni la queue.
C’est douloureuse plus que la mort
cette ambition de rendre leurs noms
à des corps désormais rigides,
immobiles, vides, tandis que
parmi les pas
coule l’immense satisfaction
de suivre des corbillards
de s’acheter des couronnes de fleurs
coule la joie honteuse
des vêtements en noir
l’énorme plaisir de la vie.

Vont sur la plage
Vont, pâle ermitage
Vont, ils suivent un mort
Vont pleurer son sort.

J’ajoute mes pas au cortège de pas
dont on ne voit ni la tête ni la queue.
C’est affreux, effrayant
et pourtant miraculeux
de revoir debout, une dernière fois
celui qui nous abandonne
tour enfonçant ses mains raidies
dans le vide de notre mémoire.

Vont sur la plage
Vont, pâle ermitage
Vont, ils suivent un mort
Vont pleurer son sort.

Je ne fais qu’un avec ce cortège de pas
dont je ne vois ni la tête ni la queue.
tout en fuyant à la rencontre
de ma solitude insouciante
de ma vieillesse sans mémoire
de ma mort inattendue.

002_vont sur la plage altra 180

Giovanni Merloni

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Renfermez dans quatre lignes nettes, 1964 (Ambra n. 43)

20 vendredi Juin 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_Renfermez

Paris, Montmartre, 1961

Renfermez dans quatre lignes nettes

Renfermez
dans quatre lignes nettes
un plongeon de soleil
un soupir intense
un mélange de couleurs
et jetez là-dedans
des boucles de fumées
des traînées de cendres
des rubans de sourires.

Puis, oubliant
pourquoi vous êtes là,
essayez de vous souvenir
d’un visage
d’une silhouette
d’une fourchette
d’un paysage
qui ressemble
à vos taches de couleur
aux intimes odeurs
aux innombrables saveurs
que déjà emprisonnent
vos quatre lignes nettes
de pierre et de bois.

Vous pouvez finalement
librement y cracher
ou gentiment y couler
vos secrètes pensées
comme autant de paroles.

Mais prenez votre temps
avant d’admirer le chef d’œuvre
que votre main a fabriqué
que votre pied a traversé
que votre bouche a vomi.

Laissez-le dans une cave
dans un endroit suave
sombre et aéré
calme et protégé
loin de la portée des enfants
loin des rayons du soleil
loin de vous.

002_Renfermez

Paris, 2010

Ensuite, accordez-vous
un long sommeil.

Le jour suivant, au réveil,
sortez par la porte de service
éloignez-vous de ce délice
faites-le en riant
négligeant ce que vous aviez faufilé
dans ces quatre lignes nettes
dans ce théâtre de marionnettes
dans cette scène grandiose,
oubliez toute chose
parce que la vie est merveilleuse.

Giovanni Merloni

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