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Dans mon film de gueules sombres (Vers un atelier de réécriture poétique n. 9)

15 dimanche Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

foto muratore 4.04.2015

Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Dans mon film de gueules sombres (Vers un atelier de réécriture poétique n. 9)

187_Dans mon film de gueules sombres (Avant l’amour n. 9)

Une démarche rare, inhabituelle, chez les poètes…
Cher Giovanni,
Merci de votre proposition, une démarche rare, inhabituelle, chez les poètes… Je veux bien essayer, mais ce me semble un exercice difficile, et mon souci est aussi de pouvoir le faire d’ici le… Si je m’engage, il faut que je fasse la « livraison » à temps, qu’une connexion soit possible… Je ne voudrai pas vous mettre dans l’embarras… « Tentons le coup » comme on dit. Envoyez-moi votre texte.
Cher Serge Marcel Roche,
je réfléchis à vos mots et pourtant ma prudence est moins efficace que mon inconscience (voir le nom de mon blog) et l’habitude psychologique au partage, à l’amitié. Donc c’est dans un tel esprit que je vous invite à la lecture de mon texte où j’ai décidé de créer un décalage, un artifice « cinématographique » pour raconter cette réalité italienne des premières années 1960, où l’Église catholique était encore plus « présente » qu’aujourd’hui, empêchant à la racine tout possible espoir de liberté et de vision laïque de l’existence.
Bonjour Giovanni,
Votre texte me plait et je n’y vois pas de dérision, rassurez-vous. J’aurais aimé vous envoyé ma ‘lecture » de votre poème plus tôt, mais aussi avoir plus de temps pour affiner… J’ai voyagé hier toute la journée, arrivé fourbu, je trouve un moment à l’aube pour mettre au propre mes notes et propositions… Travail passionnant que celui du corps de la langue, et ce dans un dialogue, une « collaboration » comme vous le dites, merci de cette possibilité donnée… Il s’agit de répondre à votre attente, voici donc remarques et propositions…
Cher Serge,
Je viens de lire vos propositions ainsi que votre commentaire. En vous lisant, mon « rêve de la stupeur et de la désacralisation » devient moins abrupt et tranchant… En même temps ma fantaisie peut-être déplacée m’emmène à imaginer un échange entre la vie « hors du temps » de votre village, désormais légendaire pour moi et ce village « extrait » d’un quartier « sans histoire » de la Rome fin des années cinquante-début soixante…
…Ce que vous appelez « artifice cinématographique » est bien rendu (on parle, je crois, du « rendu » d’une photographie). Votre poème distille un climat, une atmosphère, le climat c’est important en poésie, essentiel même à mon avis, au sens où l’entend Julien Green pour le roman, chez lui climat surtout onirique, le rêve est d’ailleurs très présent dans votre texte, un rêve « évanoui », qui ne se réalisera pas (« et je cesse d’attendre »), le « moment attendu » qui ne reviendra pas… Enfin, je ne veux pas faire une exégèse, ce qui serait pourtant passionnant…
Vous avez « adouci » en quelque sorte votre poème, rendant le « film » encore plus énigmatique, mais le contraste avec les « gueules sombres » demeure « efficace ». Merci de vos mots, j’aurai aimé avoir plus de temps et disponibilité pour cette « collaboration » ; j’ai hélas ces temps-ci trop à faire (en dehors de l’écriture) ; je lirai votre texte avec joie dimanche, c’est un bon jour, merci.
Serge Marcel Roche est un poète extraordinaire, connu dans le web comme « Chemintournant » ou « Chemin Tournant ». Au-delà de son blog et la web-radio qu’il vient de lancer, il est très présent dans le circuit francophone des poètes et des écrivains participant au réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. Il habite dans le Cameroun, pas loin de Yaoundé, dans un village dont il nous fait pervenir des images de plus en plus fascinantes et originales.
Merci à Serge Marcel Roche, qui m’a encouragé et aidé avec profonde sensibilité et patience dans le travail de révision de ce texte particulièrement engageant.

Giovanni Merloni

Les deux lunes (Vers un atelier de réécriture poétique n. 8)

13 vendredi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique, Noëlle Rollet

foto finestra verde

Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Les deux lunes (Vers un atelier de réécriture poétique n. 8)

139_Les deux lunes (Avant l’amour n. 8)

Deux ombres chinoises
Aujourd’hui, en vous présentant mon huitième échange au sujet d’une des poésies de ma jeunesse, je n’avais pas envie de fouiller encore dans le terrain inépuisable et marécageux de la réécriture pour en mettre en valeur la positivité ou alors pour en découvrir les côtés pervers…
D’ailleurs, tout le monde le sait. La liberté d’expression, tout comme la liberté tout court, se paye avec la solitude, la marginalité et parfois la mort, comme nous avons dû le constater il y a un mois à Paris. Il faut accepter cette condition du sacrifice extrême, si l’on veut créer quelque chose qui nous appartienne. Avancer sans bénédictions ni soutiens et surtout sans demander des conseils !
Comme j’ai plusieurs fois déclaré, avec cette petite invention que j’ai baptisée un peu à la hâte « atelier de réécriture », je n’avais pas vraiment envisagé d’aller au-delà d’une vérification lexicale, grammaticale ou syntactique de mon français littéraire, encore boitant sur sa « chaussée déformée ».
Mais, comment faire si quelqu’un nous suggère ou pour tout dire nous fait cadeau d’un mot ou d’une expression que nous n’avions pas prévu d’écrire et qu’en tout cas nous n’avions pas écrite ?
Cela peut arriver en tout les domaines.

005_la tavola part 740

En 1983, par exemple, j’avais presque terminé l’un de mes tableaux les plus « célèbres » : une table avec six personnes assises avec nonchalance, à la fin du repas, dans la cour d’une « trattoria » napolitaine entourée d’architectures suspendues dans les nuages. En dehors des gens assis, deux enfants tourmentent une grappe de raisin tandis qu’une servante et un garçon aux cheveux noirs, les bras soulevés en l’air, servent de façon solennelle… Mais l’assiette du garçon était vide… Vous voyez, quand je me trouvai à ce passage du plat « inachevé », placé juste au centre de la scène représentée, je ne savais vraiment quoi faire. Saisi par une sorte de timidité ancestrale et tout à fait dépourvue de logique, j’avais peut-être peur d’abîmer le tableau qui me semblait abouti et donc fragile… Ce fut Claudia, ma femme, qui prit le courage à deux mains et, par une surprenante rapidité, ajouta un poisson. Ce fut l’unique fois de ma vie que j’accordai le droit à quelqu’un d’appuyer le pinceau sur une de mes « créatures ». Mais je n’avais pas le choix. À défaut de cette intervention « stratégique », le plat serait resté vide. Avec le temps (trente-deux ans après), je veux croire aux facultés prémonitoires de ma femme, qui n’avait pas accepté de voir se terminer comme ça ce dîner de psychodrame. Les deux traiteurs, selon elle, ou pour mieux dire selon son « inconscient » avaient fait leur apparition juste pour dire : « ce mariage ne peut pas se faire, nous connaissons une raison pour laquelle il ne serait pas valide »…
Après cela, je n’ai plus ressenti comme un « vulnus » ni comme une honte l’éventuelle intrusion d’autres mains et d’autres têtes à l’intérieur d’un tableau, ou d’une phrase que j’avais conçue de A à Z et je maîtrisais tout à fait.
Il suffit de penser à Rubens, à Titien, à Raphaël pour se rendre compte du caractère toujours aléatoire de la propriété intellectuelle. Tous les artistes ne sont pas comme Michel Ange ! Et combien de peintres ou poètes, au contraire, sont complètement dépourvus de scrupules et copient les formes et les idées sans vergogne comme le faisaient entre autres Picasso et D’Annunzio !
Moi je ne copie jamais et je n’aime pas qu’on me copie. Mais, tout en gardant les yeux ouverts, on ne doit pas tomber dans la névrose pour cela.
Donc, lorsque Noëlle Rollet — au milieu d’une série de conseils discrets et tout à fait respectueux du rythme, des nuances et du sens de ma poésie — a glissé, à titre de provocation ou d’exemple, l’expression « ombres chinoises », je me suis tout de suite emparé de cette expression en l’intégrant dans mon texte.
Lors de ma rencontre amicale avec elle — chez « La Patache », rue de Lancry, à deux pas du pont tournant du canal Saint-Martin —, il y avait eu, au milieu de nos multiples discours, l’incursion d’un vendeur ambulant avec un bouquet de fleurs que j’avais refusé. En cueillant la fleur que Noëlle m’a successivement offerte avec ses « ombres chinoises », je n’ai fait qu’aggraver ma dette, comme la Grèce envers la redoutable Banque européenne. Mais cela fera déclencher en Noëlle, j’espère, ainsi qu’en moi-même, la petite satisfaction d’avoir brisé, pour une fois, un tabou.
Comme le poisson au centre du tableau de 1983, les ombres chinoises au centre de la poésie rebelle de 2015 auront peut-être donné à ma poésie une touche essentielle ajoutant à sa « force vitale ».
Le hasard a d’ailleurs voulu…
Noëlle Rollet — que j’estime vivement pour ce qu’elle écrit sur son blog sur le vaste thème intime du train et aussi pour son généreux engagement dans la « dissémination » de « webasso », l’association créée par Laurent Margantin — a à peu près le même âge et le même caractère fier et positif de Anna Buonvino, un de mes personnages chéris…
Or, par hasard, la poésie ci-dessous parle de « deux lunes » et d’un mur. Ici, un jeune homme téméraire semble passer son temps à califourchon sur un mur qui tient debout tout seul. Il dialogue avec la lune. Mais aussi avec une femme-lune en chair et os. Enveloppées par la lumière pâle que la vraie lune projette, les deux figures fabriquées par la fantaisie solitaire du jeune homme se détachent comme des « ombres chinoises » contre ce mur précurseur (d’un plus confortable abri…).

Giovanni Merloni

Le jour d’un instant (Vers un atelier de réécriture poétique n. 7)

12 jeudi Fév 2015

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Atelier de réécriture poétique

libia

Viale Libia, Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Le jour d’un instant (Vers un atelier de réécriture poétique n. 7)

138_Le jour d’un instant (Avant l’amour n. 7)

Chère Hélène Verdier,
Je voudrais publier le prochain jeudi 12 février la poésie « Le jour d’un instant » (venant de deux poésies publiées sur le blog : « Rien que dans un instant » et « Le ciel d’un matin gris »). Il s’agit, bien entendu, de poésies, celles-ci, que j’avais écrites au temps de mes 18-19 ans. Je les ai fusionnées, en apportant des modification nécessaires à la cohérence du texte, revoyant aussi le rythme et quelques mots presque partout.
Je vous serai très reconnaissant pour votre regard extérieur et vos observations. Dites-moi où le texte vous semble moins fouillé, ou le choix du mot et de l’expression ne correspond pas bien (ou pas du tout) à l’esprit d’un lecteur français, et cetera…
Cher Giovanni, j’espère ne pas être trop en retard pour vous apporter cette réponse,
je vous rassure cependant, je n’ai relevé qu’une seule erreur : épitaphe étant un substantif féminin, l’accord avec l’adjectif est le suivant : épitaphes quotidiennes (par chance les syllabes ne sont pas comptées… A part cela, le reste relève plutôt de la translation…
J’espère que cela vous sera utile, c’est en tout cas une lecture (et relecture) qui m’ont beaucoup intéressée, bien amicalement…
Merci à vous, Hélène, je ne sais pas si cette poésie, un peu trop triste vous a plu… mais je vous suis énormément reconnaissant !
Oui, ce poème m’a beaucoup plu. Il n’est pas triste, il a la mélancolie du jour qui avance.
Merci encore pour ce travail que vous avez fait si aimablement pour moi !
Je me suis engagé dans cette révision surtout pour essayer d’établir des liens plus directes avec les personnes que j’estime. C’est une « démarche » que vous faites aussi, avec le même esprit je crois, dans vos « simultanées » à vous. Je trouve très intéressants et beaux vos articles, vos réflexions sur le monde qui empire − j’ai beaucoup aimé votre commentaire sur Charlie ! (1) − et je regrette, en cette période-ci, de m’être un peu éloigné de certaines questions, notamment dans le domaine de l’urbanisme, qui me seraient propres…
D’ailleurs, on est obligé de faire une chose à la fois si on veut garder le coup et la barre !…
Merci à Hélène Verdier, qui a participé de façon aussi discrète que sensible au travail de révision de ce texte
(1) Il faut hélas faire le deuil de notre foi aveugle, celle des grands pas de l’humanité vers (dans le désordre) l’égalité, l’education, la paix, la culture (ne cherchons pas trop loin : lire, écrire puisque même cela est l’objet du combat obscurantiste de Boko Haram), le partage des ressources de la planète terre, en un mot, le progrès, ce mot que l’on n’ose plus prononcer faute de savoir encore ce qu’il veut dire. Elles sont loin les Lumières. (Hélène Verdier)

Giovanni Merloni

Chant d’un berger ayant perdu son troupeau (Vers un atelier de réécriture poétique n. 6)

11 mercredi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

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Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Chant d’un berger ayant perdu son troupeau (Vers un atelier de réécriture poétique n. 6)

136_Chant du berger ayant perdu son troupeau (Avant l’amour n. 6)

« Traduire au-delà des mots »
Au tournant de la sixième poésie, que je viens de relire avec l’aide illuminé d’Élisabeth Chamontin, je me dois de vous préciser, mes chers lecteurs, que cette expression « atelier de réécriture » ne correspond pas vraiment, dans sa signification connue, à ce qu’on a fait jusqu’ici.
En fouillant dans le glorieux BLOG O’TOBO d’Élisabeth, j’ai trouvé la réponse définitive à mes doutes. Lorsqu’elle se consacre, par exemple, au texte de Harry Mathews elle réalise une véritable réécriture poétique. Le terme « réécriture » correspond d’ailleurs à la « paraphrase » d’un texte très connu ou, comme il est très fréquent en musique, à la « variation » ou la « reprise ».
Dans mon cas, après plusieurs lectures à haute voix — en présence d’amis poètes — des textes que j’avais publiés dans une première phase sur mon blog, je les ai modifiés sensiblement, abandonnant le souci de la cohérence avec le texte italien d’origine.
Dans cette révision, j’ai donc déjà pris en charge le problème de la compréhension. En fait, la plupart des « changements » dérivent moins des défauts de l’ancienne traduction que de la forme italienne originelle qui se révèle, dans certains passages, abrupte, hermétique et intraduisible.
Ma principale interlocutrice de cette phase préliminaire, Claire Dutrey, ne m’a rien conseillé quant au contenu de chaque poésie. Elle s’est bornée à discuter avec moi le sens de quelques mots et, chose de basilaire importance, à me signaler ce qui n’était pas compréhensible (ou pas beau) en français.
Elle a trouvé en moi un terrain fertile. Car j’avais déjà bien compris, comme je viens de dire que cette difficulté de compréhension (ou laideur) de certains passages naissait presque toujours d’une rupture, déjà en italien, d’un manque de cohérence, d’une baisse dans le rythme.
Il y a des poésies, dont je vous parlerai les prochains jours, pour lesquelles la laideur d’un passage ou la difficulté de compréhension signalée par Claire m’ont obligé à changer sensiblement l’ensemble de la poésie.
Je ne regrette pas du tout ce choix. Car mon but est celui de « traduire au-delà des mots ». Si j’écris en français et que mon poème de départ n’est pas « Le chant nocturne d’un berger errant de l’Asie » de Giacomo Leopardi, ni l’une de mes poésies déjà publiées en Italie — ou alors des poésies « intouchables », peu nombreuses — mon attitude envers ce texte est tout à fait ouverte et expérimentale.
Je n’ai aucune difficulté à avouer que je ne considère pas comme achevées ou abouties, dans leurs textes italiens, la plupart des poésies appartenant à la collection « Avant l’amour ».
Peut-être, j’y reviendrai un jour, dans cette langue sacrifiée de mon pays natal. Mais ce n’est pas sûr que je le ferai. Elles resteront assez probablement — et cela me plaît beaucoup — dans une forme hybride, à mi-chemin entre la poésie et le récit.
Elles resteront pour moi comme des morceaux d’un journal fourmillant de vie et de pulsions typiques d’une époque circonscrite, d’ailleurs inoubliable. En raison, justement, de ces traces, autant de « madeleines » ou de vieux disques en 45 tours…
Pour mieux expliquer le sens de cet aveu, il faut considérer le passage du premier blog au portrait inconscient. Dans la première phase de mon installation — caractérisée par mon frénétique apprentissage de la langue et des « trucs » de la vie parisienne —, je me calais dans la langue française par le biais exclusif des commentaires à quelques spectacles théâtraux ainsi qu’aux romans d’écrivains français — jeunes ou moins jeunes — comme Stéphanie Hochet, Carole Zalberg, Jérôme Ferrari, Harold Cobert, Pierrette Fleutiaux, Alain Wagneur et Valère Staraselski. Je ne publiais que rarement mes premiers textes littéraires en français.
Avec le « portrait inconscient », comme peuvent le témoigner mes premiers amis de Twitter (Jan Doets, Brigitte Célérier, Dominique Hasselmann et Élisabeth Chamontin), j’ai, du jour au lendemain, tourné la page, décidant d’abord d’écrire en français, abandonnant de facto l’italien. Ensuite, j’ai décidé de publier des textes littéraires existants ou créés exprès pour le blog, en langue française.
À partir du premier janvier 2013, j’ai entamé la publication de mes poésies en français. Évidemment, dans les premiers temps, le rapport avec le texte italien d’origine étant plus contraignant, la question de la traduction, bonne ou mauvaise, était plus difficile à démêler.
Une année depuis, mon engagement quotidien dans Twitter, avec les nombreux relations et échanges avec les autres blogs, a été pour moi une école formidable.
Peut-être, mon vocabulaire est encore limité, ma connaissance du français « parlé » moins robuste vis-à-vis du français « écrit », mais je n’ai pas de choix.
J’avance avec mon français à moi, sans perdre évidemment la maîtrise de l’italien « parlé » et sans trop me soucier si mon italien « écrit », qui est encore, en principe, l’italien d’un écrivain, ne s’alimente pas trop de nouvelles suggestions.
C’est en ce contexte-ci que j’ai demandé aujourd’hui à Élisabeth Chamontin, que j’admire énormément pour son esprit poétique anticonformiste et rigoureux à la fois, de faire abstraction du fait que je suis italien. Peu importe, si je perds quelque chose, si je laisse quelques mots et images et mémoires derrière moi. L’important, pour moi, est de considérer le texte français comme un radeau ou une barque solide où je me suis finalement installé.
À partir de cela, tout ce que j’écris doit être clair, compréhensible. C’est autour de cette compréhension que la discussion s’entame, ensuite, sur le rythme et la musique de la poésie. Cet atelier assume alors une fonction plus vaste, pour moi et mes interlocuteurs. Il ne s’agit pas de réécrire à ma place, même de minuscules morceaux, mais de corriger et suggérer à cet aventurier de la langue que je suis quelques petits trucs du métier. Cela demande une grande générosité et ouverture mentale. J’ai eu vraiment de la chance, dans le total hasard des rencontres dans les réseaux sociaux, ayant rencontré des personnes de la valeur humaine et intellectuelle de Brigitte C., Françoise G., Claudine S., Marie-Christine G., Jocelyne T. et, aujourd’hui, d’Élisabeth Chamontin.

Giovanni Merloni

Rome (Vers un atelier de réécriture poétique n. 5)

10 mardi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

 

foto muratore 4.04.2015
Rome, photo de Giorgio Muratore, da Archiwatch

Rome (Vers un atelier de réécriture poétique n. 5)

131_Rome (Avant l’amour n. 5)

« Chère Jocelyne,
…Je voudrais publier le prochain mardi 10 février la poésie « Rome ». Il s’agit, bien entendu, d’une poésie très simple, élémentaire même, que j’avais écrite au temps de mes 16-17 ans. Je l’ai travaillée pour la rendre en français déjà une première fois. À présent, j’ai juste revu un peu le rythme et quelques mots. Je vous serai reconnaissant pour votre regard extérieur et vos observations : là où peut-être le texte vous semble moins fouillé, là où le choix du mot et de l’expression ne correspond pas à l’esprit d’un lecteur français, et cetera… C’est à vous de dire aussi ce que vous ressentez, en me lançant quelques suggestions dont je tiendrai compte, sinon dans cette poésie, dans quelques autres occasions. Chaque collaboration jusqu’ici a été différente et ce sera ainsi chaque fois. Ce qui m’intéresse est de profiter de cette « réécriture », assez sérieuse, pour avoir un petit échange avec vous, qui aimez de toute évidence Rome… »
« Cher Giovanni
Voilà ce que je me suis permise de proposer, mais ce sont seulement des propositions bien sûr. Je suis certaine que vous trouverez le meilleur arrangement pour ce joli poème.
J’ai avec Rome une histoire de regret et de ratage mais je l’aime plus que tout autre ville italienne même plus prestigieuse. J’aime sa couleur et ses teintes changeantes,  ses façades, sa beauté,  la désuétude de certains quartiers, sa vivacité et son tourbillon, sa placidité aussi, le temps qui passe et nous retient à coté du temps chronologique nous faisant apercevoir une autre manière d’être au monde… »
Je me suis permis de transcrire quelques morceaux de ma correspondance avec Jocelyne T. (@allearome sur Twitter), au sujet de la poésie d’aujourd’hui, pour une raison qui va au-delà de l’importante question de la traduction, de l’expression qui change ou évolue d’une langue à l’autre, ou alors du sens d’une poésie qui parle de Rome.
Cette petite expérience, encore aux premiers pas (cinq rencontres sur le total d’à peu près trente échanges prévus), se révèle très intéressante et encourageante pour moi. Cela peut constituer d’ailleurs une preuve tangible de l’existence (encore) d’une vive exigence d’humanité et d’échange réel et direct entre les humains autour de la poésie.
D’ailleurs la poésie, même la plus universelle, n’est-elle pas l’expression d’un geste, l’élan de quelqu’un envers quelqu’un d’autre ? N’a-t-elle pas, la poésie, dans ses tréfonds subliminaux les plus cachés, le même esprit qu’une lettre d’amour ?
Jocelyne T. s’occupe de psychanalyse : « Ce champ est passionnant quand on est curieux de l’autre  mais curieux de la bonne façon, celle qui ne viole aucune intimité et ne se permet aucune interprétation en dehors du cabinet de l’analyste. Il est passionnant de découvrir comment chaque individu se débrouille avec sa propre question, ses tourments , les bricolages qu’il trouve pour faire face à l’énigme du monde. La poésie comme d’autres formes de l’art est un de ces bricolages avec la langue pour notre propre plaisir et celui du lecteur. L’écriture permet de faire surgir parfois ce qu’on ignorait de soi -même et pourtant nous écrit encore, à la lettre. Vous avez raison la poésie s’écrit un peu comme une lettre d’amour. »

Giovanni Merloni

Une Liberté… de plus en plus chérie (Zazie n. 26)

08 dimanche Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, mes poèmes

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vases communicants, Zazie

Pour les vases communicants (*) de décembre 2014 (voir liste complète des participants), Dominique Hasselmann et moi nous avions exploité notre échange selon le critère suivant : 1) s’inspirer à une image que chacun de nous a proposée à l’autre ; 2) commenter cette image avec un texte de 20 lignes au maximum. Comme vous pouvez bien deviner, l’image proposée par Dominique représente la terrasse des Halles de Paris dans cette période d’intenses travaux de réaménagement du glorieux complexe commercial et pour les expositions. Comme tout le monde sait, ces travaux s’achèveront avec la réalisation d’une immense couverture qui pourrait être une énième merveille à découvrir ou…
Stimulé par cette photo mystérieuse, j’avais écrit un petit commentaire en vers, que je propose à nouveau deux mois après. Mais je dois le dire : à la lumière de ce qui est arrivé à Paris, il y a juste un mois, cette image et ce texte aussi me font une étrange impression. Il semble s’être écoulé une éternité ! Certes, beaucoup plus que deux mois. On ne ressent seulement pas l’impression d’une barbarie absurde qui menace la paix en France et en Europe, mais aussi le poids d’une volonté sourde d’arrêter le temps et de faire régresser tout ce qu’on essaie de faire de positif et de constructif, même dans le quotidien. Doit-on continuer à croire dans le présent et dans la force d’un progrès civilisateur ? Je crois que oui. Il faut se battre, défendre la liberté d’expression ainsi que la beauté, l’intelligence, le travail assidu pour améliorer au fur et à mesure les structures pour la culture, les bibliothèques, les théâtres, les lieux de rencontre. La « liberté » est  « chérie », par nous tous, encore plus qu’avant. Cela n’empêche que Paris, cette ville merveilleuse où j’ai la chance de vivre, cet endroit unique où tous les habitants de la planète ont la chance de venir passer des journées inoubliables, ce n’est plus le même !

Giovanni Merloni

Chantier Halles 20.11.14_DH

Paris, Les Halles, 2014. Photo de Dominique Hasselmann (Cliquez pour agrandir)

LIBERTÉ CHÉRIE 

Parterre ou terrasse du théâtre de la vie ?
Aveugle, j’en avais effacé la photographie.
Remémorant, ensuite je retrace la lugubre
Illusion d’un espace infini de poubelles.
Seront-ils en mesure d’y bâtir des merveilles ?

Prison pour mes yeux enfantins ou méfiants,
Au-delà de ces barres tournantes,
Roulerais-je insouciant ? succomberais-je pourtant ?
Immobile la tour aux ampoules roulantes
Sinistre, elle m’évoque la cadence des pas…

Policiers ? ou les pas d’innocents ouvriers ?
Architectes arpentant des chimères ?
Revenants dans un rêve de sons et lumières ?
Images faussées par d’habiles sorcières ?
Sur la grue le démiurge nous étale une promesse :

Promenades insouciantes sur le toit jardinier
Ascenseurs transparents de palier en palier
Renouveau des boutiques dans l’esprit des bobos
Inutile de dire qu’il y aura des bistrots…
Spectacles pour le peuple, ô LIBERTÉ CHÉRIE !

Texte : Giovanni Merloni
Photo : Dominique Hasselmann

(*) Rappelons que le projet de « Vases Communicants », lancé par Le tiers livre et Scriptopolis consiste à écrire, chaque premier vendredi du mois, sur le blog d’un autre, chacun devant s’occuper des échanges et invitations, avec pour seule consigne de « ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre ». La liste complète des participants est établie grâce à Angèle Casanova. Le 5 décembre 2014, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’avais publié sur le portrait inconscient un texte de Dominique Hasselmann, tandis qu’il avait accueilli le mien sur son blog Métronomiques. 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Ciseaux (Vers un atelier de réécriture poétique n. 4)

06 vendredi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

foto finestra verde

Ciseaux (Vers un atelier de réécriture poétique n. 4)

130_Ciseaux (Avant l’amour n. 4)

« Je trouve en effet que la traduction d’un auteur est un exercice difficile, pour ne pas dénaturer la pensée de l’écrivain, en y glissant ses propres impressions. Et pour la poésie, c’est encore plus ardu. Les images poétiques étant personnelles à chaque poète ». Avec cet esprit, Marie-Christine Grimard a accepté de participer à la relecture de la poésie ci-dessous. Une poésie « difficile », peut-être, en raison de sa situation paradoxale. Deux camarades d’école, secrètement amoureux l’un de l’autre, s’abandonnent aux délices de la conversation intellectuelle jusqu’à glisser dans une espèce de roulette russe ou de jeu de massacre : il ne vaut pas la peine de garder quoi que ce soit dans la mémoire. Les deux amants inconscients coupent tout, jusqu’aux journaux intimes où leurs intentions secrètes ont été longuement conservées. Les ciseaux, inexorables, seraient capables de mettre en pièce leurs vêtements et leurs corps aussi…
Malgré les contrariétés fourmillantes dans cette quatrième poésie, l’échange avec Marie-Christine a été extrêmement linéaire et positif. À la fin du travail, elle m’a envoyé une note supplémentaire : « à la place de “Découper/notre destin en deux”, il me semble qu’il faudrait mettre “Déchirer/notre destin en deux”. Ce serait plus fort. Chris »
Cette expérience de relecture et réécriture partagées de mes textes poétiques, entamée dans un esprit d’insouciance sinon d’inconscience totale, va se révéler très intéressante. Au fur et à mesure, je constate sur ma peau — et celle de mes correspondants — combien toute chose est beaucoup plus difficile que l’on peut imaginer avant. En même temps, ce changement de perspective vis-à-vis de tout ce qui est connu et usuel ouvre des portes inattendues, faisant ressortir les incroyables richesses des êtres humains… Ce que je suis en train de faire avec la complicité de personnes ouvertes et généreuses comme Marie-Christine c’est inusuel, mais absolument nécessaire : un défi qui servira surtout à comprendre qu’il y a encore du travail à faire, qu’on est loin de la perfection, et cetera.
Mais cela a été toujours comme cela. Il n’y a pas de bons écrivains sans qu’il y ait de bonnes maisons d’édition et, surtout, des lecteurs qui l’aident à se corriger…
Je vois par exemple Calvino, Natalia Ginzburg et même Pavese… Qu’auraient-ils pu faire sans Elio Vittorini qui les obligeait à être méchants avec eux-mêmes, sans que le patron d’Einaudi prenne le risque, sans qu’il demandât la rigueur, la force de l’originalité, la cohérence jusqu’au bout !
Et je pense aussi à Milan Kundera, qui se plaint toujours des mauvaises traductions en français de ses textes sublimes… Que pouvait-il faire ? Il a dû se transférer en France parce que son contexte n’existait plus, ou plutôt était devenu carrément hostile… Ses livres sont, selon ce qu’il dit, toujours au milieu du gué… avec quelques manques importants…
La poésie est une chose très sérieuse, même terrible, peut-être insaisissable. Mais cela ne dépend pas que de notre volonté. C’est la lutte d’une vie… C’est l’enjeu même de l’existence.
Par contre, une petite discussion sur le thème de la traduction de nous mêmes lorsque nous immigrons et plongeons dans un nouvel univers linguistique et culturel… cela je me dois de le fouiller, de le dire…
Oui, Marie-Christine, c’est mieux « déchirer » au lieu de « découper » !
Marie-Christine Grimard est une femme extraordinaire, tellement généreuse et ouverte qu’il est difficile de séparer ce qu’elle écrit ou fait pour elle-même, en fonction d’un projet littéraire ou artistique précis, vis-à-vis de ce qu’elle fait ou écrit pour les autres. Il suffit d’aller sur son blog (« promenades en ailleurs ») pour s’en rendre compte.

Giovanni Merloni

La vie n’a pas d’yeux (Vers un atelier de réécriture poétique n. 3)

05 jeudi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

libia

La vie n’a pas d’yeux (Vers un atelier de réécriture poétique n. 3)

098_La vie n’a pas d’yeux (Avant l’amour n. 3)

La troisième « camarade » et amie qui m’a donné sans hésiter un coup de main pour la révision de mon texte d’aujourd’hui est Claudine Sales. Une collègue luxembourgeoise, passionnée de la littérature, de la musique des mots et aussi de leur force narrative. Car elle est avant tout une peintre ou, comme elle se présente, une dessinatrice ayant une nette, heureuse préférence pour les paysages. Ceux qui ne la connaissent pas encore peuvent bien la retrouver dans son atelier de pastels de plus en plus touchants. En alternative, vous pouvez voir ses oeuvres en contrepoint, dans un blog partagé avec Francis Royo. Là-dedans, Claudine abandonne provisoirement (et parallèlement) son expression typique pour représenter les mêmes sujets — entre terre, mer et ciel — de façon plus abstraite. Cela fait ressortir l’importance que les couleurs assument dans l’oeuvre de cette véritable artiste.
D’ailleurs, le travail quotidien avec ses pastels donne à Claudine une étonnante faculté de percer, de voir à travers, de cueillir l’essence et la beauté des nuances des textes littéraires aussi. Imaginez-vous alors combien je suis ravi de son jugement sur la poésie d’aujourd’hui : « voici mon avis… c’est un bien joli poème sur l’amertume et je n’ai aucune remarque à faire sur son contenu… »
Ensuite, elle a inséré dans le texte des *…*, mettant en évidence des mots et des phrases où à son avis la compréhension ou le rythme rencontraient des petites ruptures.
En suivant les *…* de Claudine, j’ai travaillé de nouveau sur ce texte qui était à l’origine déjà changé vis-à-vis de celui que j’avais publié avant.
Merci à Claudine Sales, qui a participé avec un esprit tout à fait amical n’empêchant pas la sévérité et la rigueur là où cela était nécessaire au cours de la révision de ce texte.

Giovanni Merloni

Notre histoire à nous tous (Vers un atelier de réécriture poétique n. 2)

04 mercredi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique, Françoise Gérard

000_finestra muratore

Notre histoire à nous tous (Vers un atelier de réécriture poétique n. 2)

094_Notre histoire à nous tous (Avant l’amour n. 2)

Aujourd’hui, c’est Françoise Gérard qui m’a aidé à revoir mon texte. Ayant parfaitement compris mes exigences, tout comme Brigitte Célérier, elle m’a signalé les deux ou trois passages où les expressions adoptées n’étaient pas suffisamment évidentes pour un lecteur français. Comme il arrive souvent, lorsqu’on intervient sur un passage, l’équilibre de la poésie en résulte modifié. Alors, il ne faut pas hésiter à rechercher une nouvelle « clé ». Cela peut demander beaucoup de temps et quelques fois interrompre le flux créatif. Heureusement, les observations de Françoise semblaient dictées par la connaissance « a priori » de la solution poétique que j’aurais tôt ou tard trouvée. Pour ce qui me concerne, je suis ravi de cette épreuve.
Alessandro Manzoni, avant d’écrire « I promessi sposi » (Les fiancés) dans une langue italienne parfaite, avait écrit une première version du roman, sous le titre de « Fermo et Lucia » qui laissait au contraire transparaître ses origines de Lombardie et du lac de Como en particulier. Entre ces deux éditions, Manzoni se rendit à Florence, la ville italienne où le dialecte est plus proche de la langue nationale. Tous les lycéens de toutes les générations savent qu’il avait alors « lavé son linge dans l’Arno », voire dans la langue italienne.
Françoise Gérard, tout comme Brigitte Célérier et les autres personnes qui sont en train gentiment de m’aider, représente pour moi ce que l’Arno a représenté pour Manzoni… Mais ce n’est jamais une chose facile, ni automatique, ni escomptée. Cela demande une grande ouverture mentale de la part de ceux qui offrent une telle collaboration !
Donc, c’est avec un sentiment d’immense admiration et d’amitié que je remercie tous ceux qui ont accepté de partager spontanément et sans arrières-pensées mon travail de réécriture poétique.
Ce sera, bien sûr, un passage bref et circonscrit. Ensuite, je me renseignerai et, lorsque je ne serai pas en condition de faire front à mes engagements, je demanderai l’aide professionnel d’une stagiaire… Mais, bien avant de me décider à cela, j’aurai pu profiter d’une très grande et belle démonstration de générosité et de confiance.
Je vous invite maintenant à la lecture de « Notre histoire à nous », la deuxième des 28 poésies qui sont publiées quatre jours par semaine (du mardi au vendredi) jusqu’au 24 mars 2015.
Merci à Françoise Gérard, qui a participé avec enthousiasme au travail de révision de ce texte.

Giovanni Merloni

Une belle fille (Vers un atelier de réécriture poétique n. 1)

03 mardi Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Atelier de réécriture poétique

foto muratore 4.04.2015

Vers un atelier de réécriture poétique (n. 1)

Mes chers lecteurs, mon « travail » actuel n’est pas qu’un rangement d’objets perdus et retrouvés, de parties de mon corps ou de mon esprit (ou de mon âme) qui ressuscitent de façon grotesque ou élégante depuis une boîte poussiéreuse. J’aimerais, au contraire, qu’un dialogue se déroule, même de façon subliminale, entre celui que j’étais à l’âge de dix-sept ans (ou dix-huit), et celui que je suis à mes soixante-sept ans (ou soixante-huit).
Un dialogue parfois embarrassant, auquel pourtant ne puis-je pas me soustraire.
Voyez ci-dessous un de ces échanges improbables. Un jeune homme, encore en deçà de toute expérience « amoureuse », affiche un pessimisme adamantin, imaginant une vieillesse traditionnelle, renfermée dans la haine et dans le compte des rides ou des plaies. Tandis que les gens « âgés » d’aujourd’hui, au contraire — et je ne suis pas le seul —, en plus d’une vie affective dans le présent, semblent devenir de plus en plus sensibles vis-à-vis des nuances infinies de la joie et de la douleur.

095_Une belle fille (Avant l’amour n. 1)

J’entame donc, aujourd’hui, une phase différente de mon travail avec le blog.
Comme vous le savez bien, même trop, je suis Italien et, fort aimanté par le charme irrésistible de la langue française, je me suis littéralement catapulté dans les abîmes de l’inconscience, ne me bornant pas à traduire diligemment des textes précédemment développés dans ma langue maternelle. Au contraire, j’ai pris le risque de m’aventurer sans filets ni protections humaines dans mes « verbiages » plus ou moins intéressants, directement en français.
Par conséquent, au milieu de mes 597 articles jusqu’ici publiés, qui sait combien de fautes sont restées collées sur la page virtuelle comme autant de scories radioactives ou alors comme des taches honteuses au point de vue esthétique ?
Je me suis donc demandé si je devais encore continuer à disséminer ces pages de coquilles, de petits contresens ainsi que d’involontaires trahisons de mes intentions véritables…
Impossible d’imaginer de tout revoir. J’aurais besoin d’une belle stagiaire qui me consacrait son temps pendant quelques mois…
Or vous tous savez bien combien est-il difficile, à Paris, trouver un médecin traitant qui nous visite en nous touchant savamment les tripes ; combien est-il difficile de trouver un électricien, un bon plombier, quelqu’un qui sache tout faire, pour ne pas parler d’un jeune informaticien disposé à gagner facilement de l’argent… Je renonce à priori à la stagiaire !
Donc, je renonce aussi, pour le moment, à la mégalomanie de ranger toutes choses dans l’illusion de la perfection verbale.
Puisque je ne peux plus avancer les yeux bandés, j’ai alors décidé de faire un petit essai. J’ai choisi pour cela la première collection de poésies que j’avais publiée sur « le portrait inconscient » à partir du 27 mai 2013 sous le titre-mot clé « Avant l’amour ».
Je ne sais pas si cela sera apprécié par tout le monde ou pas. Je crois que cela va intéresser surtout les nouveaux lecteurs, les plus anciens n’ayant pas forcément envie de savourer les différences entre le texte retravaillé et le texte d’origine. Mais je me suis obligé de faire justement cela : retravailler mes poésies pour leur consentir de franchir finalement une deuxième frontière invisible…
Peu importe si je ne peux pas aspirer au « français excellent, superbe et magnifique » d’hommes uniques comme Michel Butor et de femmes extraordinaires comme Marguerite Duras, dont je suis un lecteur acharné… Mais, comment faire pour essayer de franchir cette frontière ?
Il n’y a pas de raccourcis, bien sûr. La langue est une vie entière, une longue stratification d’expériences, de voix, de personnages, d’événements… Même si quelqu’un partage ton effort de traduction, peut-il vraiment être en condition de t’aider à tout résoudre, à tout contourner ?
Je voudrais surtout qu’on dise, au bout de ce tunnel de 28 poèmes « avant l’amour », que ma langue à moi est correcte, même si elle garde son accent.
Voilà, en manque de stagiaire, j’ai demandé la collaboration de quelques-uns de mes correspondants. Des gens que j’estime beaucoup, que j’ai contactés surtout en raison d’une certaine familiarité réciproque au cours des années.
Aujourd’hui, la première personne qui a tout de suite réagi positivement a été Brigitte Célérier. Je lui ai demandé de m’aider à dénicher tout ce qui n’est pas parfaitement français dans mes textes. Je lui ai demandé de s’exprimer librement, soit par le biais de propositions alternatives dont je garderai la mémoire, soit avec des commentaires et des suggestions.
Je vous invite donc à la lecture d’Une belle fille, la première de 28 poésies qui seront publiées quatre jours par semaine (du mardi au vendredi) jusqu’au 24 mars 2015.
Pour d’éventuelles « surprises », on se rencontrera les dimanches !

Giovanni Merloni

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