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Un Moyen Âge contemporain et même futur dans « La rive interdite » de Claudia Patuzzi

21 jeudi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in écrits et dessins de et sur claudia patuzzi

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Écrivains et Poètes de tout le monde, Claudia Patuzzi

001_giovanni Mes chers lecteurs,
voilà ci-dessous le dernier article de cette série d’anciens commentaires, que j’avais publié comme « article d’ouverture », le 12 juillet 2010, dans mon ancien blog.
Ce fut juste autour de cette date que je commençai mon aventure de « blogueur ». Il y a exactement cinq ans, j’entamais une « carrière » assez courte et peut-être insuffisante, que je juge pourtant déjà longue, non seulement en raison de l’intensité du travail accompli, mais aussi de nombreuses « choses faites ».
Cinq années correspondent d’ailleurs, en Italie, au temps qu’on doit consacrer aux études supérieures et aussi, dans mon cas spécifique, au temps que j’avais décidé de « perdre »… pour atteindre la « laurea » (1) en Architecture, « rien qu’un bout de papier » selon ce que l’on disait, qui m’a pourtant permis d’accéder directement à l’examen pour l’habilitation à la profession d’architecte et, ensuite, au travail plus ou moins adapté à mes exigences ou rêves.
Donc, puisque je n’ai pas eu la chance de traîner pour attendre le bon moment pour rentrer dans le monde universitaire afin de m’y intégrer… et que j’ai entamé, au contraire, tout de suite après le diplôme, mon travail dans « le monde extérieur », je pourrais, par symétrie, considérer ces cinq années d’activité avec mes deux blogs comme une phase d’études de base ou universitaires… Un savoir-faire générique, dont il faut se libérer si l’on veut faire quelque chose dans la vie !
Mais je ne sais pas si j’en aurai la force. Car je commence à me plaire de cette activité paresseuse et engageante à la fois…

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Revenant à l’article que je vous propose ci-dessous dans sa version originale, j’avoue que j’aurais beaucoup de choses à ajouter au sujet de ce livre qui m’est devenu de plus en plus familier et que la plupart de vous ont lu dans « décalages et métamorphoses », le blog de l’écrivaine qui nous a fait cadeau de cette histoire belle et poignante.
Je pourrais d’ailleurs raconter ce que j’ai retenu de la double observation de ce livre sur le plateau théâtral du blog et derrière le rideau d’un laboratoire contigu au mien. Peut-être, un jour je me déciderai à le faire…
Maintenant, je me pose juste une question. De quelle façon ce livre, âgé désormais de cinq ans dans sa version française, a-t-il traversé ce temps ? A-t-il vieilli ? A-t-il, au contraire, rajeuni ?
« Après avoir tout lu, le plus attentivement possible, ferme le livre ! Ensuite, ferme les yeux et les mains comme dans une prière de l’esprit… avant de t’abandonner doucement au travail de la mémoire ! » Voilà ce que me disait au mot près mon grand-père maternel, Alfredo Perna. Certes, il s’accompagnait par des gestes très efficaces et surtout péremptoires. D’ailleurs, ce qu’il prêchait de sa façon gaie et charismatique devait se faire tout de suite après la lecture, pour rien ne perdre des passages logiques ou des images qui font de pont dans chaque narration. Ou des personnages…
Au cours de ces cinq ans de blog et d’apprentissage de la langue ainsi que des moeurs littéraires de France, combien de fois ai-je jeté mon regard sur cette jeune femme inspirée prénommée Regard ! Combien de choses ai-je apprises, dans ce « roman », au sujet de cette philosophie européenne qui essayait de s’émanciper du pouvoir absolu d’une église impérialiste et violente !
Cinq ans sont beaucoup, et je n’ai pas du tout respecté les règles qu’Alfredo Perna m’avait dictées. Maintenant, même si le livre est encore là, dans une étagère connue, je devrais avoir tout oublié, presque. Je ne devrais avoir qu’un pâle souvenir de cette fillette, de sa mère plantureuse, de son ami sincère, du jongleur Mathurin ainsi que de cette Gudule fabuleuse, ressemblant pourtant, comme une goutte d’eau, à ma tante Augusta, fille d’Alfredo…
Oui, c’est vrai, cette « rive interdite » a vécu parmi nous, s’emmêlant à la vie quotidienne de notre famille même, sans que nous en eussions la conscience entière. Elle a voyagé avec nous, jusqu’au jour où elle s’est miraculeusement superposée à la véritable rive parisienne, restée la même depuis toujours. Une espèce de coïncidence créée par le livre de Claudia Patuzzi nous a donné la chance de franchir ce mur invisible qui sépare le monde réel du monde qu’on apprend dans les livres…
Donc, je suis un lecteur privilégié, tel un habitué de la Comédie française ou de l’Opéra Bastille. Je pourrais moi-même endosser les draps de Mathurin, ou de Marcel, ou aussi d’un des voyous qui participent au viol de la misérable fillette, en me chargeant d’un énième sentiment de culpabilité… je pourrais aussi participer à la mise en scène, en film ou en bande dessinée de ce texte-cathédrale. Mon avis serait tellement partisan que je devrais finalement me taire.
Mais je suis sûr que n’importe quel lecteur éloigné et inconnu — même s’il y a cinq ans il n’avait pas tout compris, même s’il n’avait pas eu la chance de tout apprécier dans les nuances et cordes les plus intimes —, il serait maintenant en condition, les yeux fermés, de nous représenter les lieux, les personnages et le sens profond de ce livre qui résiste au temps.
Un livre-personne qui abandonne volontiers son étagère pour s’immiscer dans la vie réelle. Il me semble de le voir assez distinctement. Il est assis au petit matin sur un banc en pénombre du pôle emploi. Entouré d’une foule agitée, il est depassé par des gens rusés qui avancent à coups de coude… Mais il attend tranquille, imperturbable. Son « Regard » est confiant.

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Un Moyen Âge contemporain et même futur dans « La rive interdite » de Claudia Patuzzi

Un grand intérêt — pas seulement pour les Français qui aiment l’Italie ou pour les Italiens désormais installés depuis longtemps en France — nous vient de ce roman « La rive interdite » (Édition Normant 2010, 233 pages), qu’a écrit l’écrivaine italienne Claudia Patuzzi.
Publié en 2001 sous le titre « La riva proibita », ce livre avait été accueilli en Italie par de très favorables critiques. Ce roman touche d’ailleurs plusieurs niveaux de sensibilité et d’intérêt, ne se bornant pas à donner envie de connaissances plus approfondies, autour des sujets traités, à des lecteurs qui aiment à la fois la philosophie et l’histoire de Paris.
Sans se dérober au tableau vivant d’une partie cruciale de l’ancien Paris, Claudia Patuzzi met au centre de la narration une jeune fille dans une situation malheureuse et misérable qui ne voudrait pas renoncer à sa formation intellectuelle et humaine, malgré l’inégalité, la violence et l’ignorance du contexte auquel elle appartient. Elle ne veut pas renoncer non plus à l’amour, qui s’affirme toujours comme force traînante et révélatrice de la vérité.
Évidemment, le défi littéraire que l’auteure a affronté comporte un décalage continu entre la voix de Regard qui « découvre » la vie et la voix de l’auteure, qui explique à voix haute, au temps présent, un monde qu’on nous a souvent présenté de façon scientifique ou abstraite. Ce que je constate c’est une parfaite réussite de cette double narration (qu’on devrait multiplier pour deux ou quatre, car chacune des deux narratrices alterne la réflexion et la rêverie ; le plongeon dans une réalité qu’on ne pourrait plus impitoyable et la sortie dans les mondes de l’art, de la science du temps, de la religion ou de la philosophie).
D’ailleurs, plus que d’une réussite, on devrait parler d’une cohérence de ce double regard avec la personnalité même de l’écrivaine. Car en fait cette façon de raconter et de créer une scène fictive est « sa » façon spécifique de voir et d’être.
Je découvre aussi une incroyable cohérence dans ce Moyen Âge moderne ou même futur que Claudia Patuzzi traverse sur le véhicule invisible de la suggestion et de la télépathie. Elle n’a pas de complexes, étant parfaitement capable de lancer des ponts depuis son univers contemporain vers une ville qui « doit » nécessairement se tenir debout avec des règles, des habitudes, des rites qui « ne peuvent pas » trop différer des règles, des habitudes et des rites connus dans notre vie d’aujourd’hui.
Il suffit de faire un voyage à rebours, par exemple, dans nos années soixante ou soixante-dix du siècle passé, désormais refoulées et perdues dans des endroits de l’Italie maintenant effacés et insaisissables… pour s’apercevoir que ces années-là sont devenues même plus éloignées que le Moyen Âge à Paris… Car Paris possède bien sûr une identité absolument unique, qui n’a pas changé, peut-être, depuis sa naissance…
Les divers commentaires qu’on a écrits sur ce livre s’occupent surtout de souligner l’étonnante pertinence des descriptions du Grand Cul-de-sac, un quartier de Paris au XIIIe siècle dont beaucoup de traces et mémoires se trouvent dans les documents anciens et dans les œuvres de nombreux écrivains, Rabelais en particulier (nous sommes dans la rive droite, tout près de l’église de Saint-Merri et du Centre Pompidou, pas loin de l’ancienne place de Grève et de la Seine). Si le respect des lieux (et de la façon d’être et de vivre de la population installée à l’époque) est un souci primordial pour Claudia Patuzzi — essayiste experte ayant beaucoup fouillé dans les archives de Paris —, ces mêmes lieux ne seraient qu’une scène sans âme s’il n’y avait pas en elle, comme nous l’avons dit ci-dessus, un véritable talent dans la reconstruction et réinvention de la vie parisienne au Moyen Âge.
Cet exploit prodigieux — dont on pourrait profiter pour un film sans effets spéciaux — est dû aussi à la force du personnage-clé du roman, Regard, une jeune fille analphabète qui grandit au milieu des soins distraits de sa mère prostituée et les suggestions de quatre personnages extravagants et généreux (Gudule, Mathurinus, Péringerius et Geberlinus) qu’elle a découverts avec une sorte d’infaillibilité et qu’elle suit de façon aveugle comme de véritables maîtres de vie.
Avec sa tresse blonde que rien ne peut abîmer, elle traverse la scène du Grand Cul-de-sac et de ses alentours à la recherche d’un destin de liberté qui n’est pas la liberté de la richesse ou d’un train de vie plus tranquille. Elle confie, sans en être consciente, dans un progrès de l’âme que peuvent amener la connaissance et l’amour. Même si la vie ne lui épargne pas de preuves rudes et violentes tout à fait contraires, Regard voudrait s’en sortir.
Voilà une hypothèse anachronique et peut-être la projection d’une sensibilité féminine de nos jours qui ne rentre pas dans l’idée reçue de la condition humaine au Moyen Âge. Une petite provocation qui reprend, sous une différente psychologie, les attitudes anticonformistes de l’Esméralda de Victor Hugo sur les planches de Notre Dame de Paris.
Mais si cette hypothèse reste théoriquement praticable dans le cas d’une fillette en deçà de toute expérience, le lecteur restera doublement étonné et fort bouleversé quand il verra cette fille, violentée et abusée dans son âge encore tendre, essayer tout de même de croire à la possibilité de vivre, à l’amour.

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C’est à ce moment-là que deux aspects majeurs du roman deviennent évidents en assumant leur force vitale. La découverte de l’amour du jeune clerc Marcel — élève des philosophes Sigier du Brabant et de Boèce de Dace — se lie strictement au besoin primordial de Regard de « passer le pont », d’aller finalement voir ce qui se passe dans la rive gauche de la Seine, cet endroit dont on ne perçoit que des prohibitions et des menaces.
Toutes les aspirations vitales de Regard se concentrent alors dans ce but : franchir l’interdiction, renverser tout destin marqué en avance. Mais cela sera empêché par la force symbolique d’un seul mot. C’est le mot « philosophie » que Marcel prononce inspiré au cours des séances amoureuses, en provoquant dans la jeune femme des sentiments contradictoires aboutissant à une véritable jalousie. Elle ressent immédiatement cette « philosophie » comme un danger, une force capable d’emporter son ami loin d’elle. Une force antagoniste si c’est une femme qui s’appelle Philosophie. Une force bénigne, par contre, si elle apporte des changements dans tout ce qui est établi.
Cependant, la petite Regard ne possède pas tous les instruments nécessaires pour maîtriser une telle question. Elle osera donc franchir le fleuve, se déguiser elle-même en clerc pour voir « de ses yeux ». C’est le moment clou de la condamnation de l’hérésie de Sigier et de Boèce, le moment où la philosophie bienfaisante et rebelle est arrêtée sinon tué par la philosophie installée depuis toujours au pouvoir. Regard ne peut pas comprendre toutes les nuances de ce combat d’hommes et d’idées, mais elle comprend quand même que c’est la fin de quelque chose de très important. Et c’est la fin pour elle aussi. Car dans le moment plus dramatique de la dispute entre l’église officielle et les philosophes désireux d’inaugurer une nouvelle ère de la pensée chrétienne, elle s’aperçoit de la distance immense qui la sépare de Marcel. Il n’est plus l’amant tendre et passionné des fabuleuses rencontres derrière les buissons auprès des remparts. Il ne la voit pas, n’intervient même pas quand Regard est grossièrement agressée par un groupe de clercs. Plus tard, rentrée dans le grand-cul-de-sac, elle s’empoisonne avec de l’eau des égouts. Peu après elle se repentira de ce geste : « Ma vie est à moi », s’écriera-t-elle en mourant. Trop tard.
Un livre très poignant, capable de maintenir le lecteur dans un état de suspense continu. Peut-être, une fois refermé le livre, quelqu’un se demandera : « Pourquoi une Italienne a-t-elle voulu s’exiler à Paris pour s’y raconter ? »
Voilà une possible réponse. Le motif-clou de ce roman est justement dans cette idée aussi paradoxale que consciente de Claudia Patuzzi de se déguiser en une jeune misérable, à sa fois déguisée en jeune clerc, pour entrer en clandestin dans un milieu culturel parmi les plus reconnus dans le monde. D’une façon à la fois ironique et dramatique, elle veut témoigner à travers ce personnage vivant et sincère qu’elle aussi a finalement atteint, avec sa propre vie et son propre sang, la maturité d’une écrivaine digne de respect.

Giovanni Merloni

(1) Diplôme qu’on obtenait à mon époque (février 1970) à la fin de quatre ou cinq ans d’études universitaires (cinq pour la faculté d’Architecture.

Le soupir emmuré de l’oncle Ghislain : « La stanza di Garibaldi » de Claudia Patuzzi

04 samedi Avr 2015

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Écrivains et Poètes de tout le monde, Claudia Patuzzi

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Le soupir emmuré de l’oncle Ghislain

Dans le but d’analyser la parfaite construction de l’histoire de « La chambre di Garibaldi » (« La stanza di Garibaldi ») de Claudia Patuzzi, j’essayerai de caractériser les lieux, les moments et les événements principaux autour desquels se constituent le sens et la valeur littéraire du livre.

« Il est de moments magiques, déclare Claudia Patuzzi, durant lesquels un écrivain ne doit pas être dérangé. Dans ces moments, je deviens capable d’oublier mon corps et de vivre hors du temps et de l’espace. En fait, je ne sais même pas quelle heure il est. L’air est encore frais, peut-être parce que le soleil donne au sud, sur la véranda. Au nord, dans la petite tour de tuf, la chaleur arrive toujours en retard, vers deux ou trois heures de l’après-midi, aveuglant d’un coup toute la chambre. Je ferme alors les volets et les rideaux..»
Un lieu présent dans un temps présent, dont le mouvement physique est soumis au cycles de la Nature : la chambre au sommet de la petite « tour » accoudée sur le jardin de la maison auprès de la mer. Une espèce de Aleph, où toutes les mémoires sont recherchées, trouvées ou devinées : « le lieu où demeurent, sans se confondre entre eux, tous les lieux de la terre, qu’on peut voir depuis tous les angles possibles et imaginables  ».
« …en réalité, il habite une grande chambre carrée, avec des toilettes adjacentes… » 
Une autre chambre, elle aussi présente, mais disloquée dans un temps physiquement immobile, que seulement un esprit frénétique pourrait mettre en mouvement : la chambre de l’oncle Ghislain dans l’Institut des frères chrétiens de Bruxelles, où les cycles naturels du monde extérieur sont toujours décalés et insaisissables. La mémoire de Ghislain est précise mais trop douloureuse pour qu’elle puisse se renouer aux rythmes de sa vie passée dans une reconstruction crédible.

« Chère petite féé, qui sait combien de questions tu voudrais me poser… »
Les lettres à la « petite fée (toujours bienveillante) de cet oncle âgé (demeurant jeune dans l’esprit), commentent, dans une espèce de contre-chant au ralenti   (comme dans une moviola), le film visuel et sonore des faits qui se suivent l’un après l’autre.

« Depuis mon enfance… J’ai cherché la tache de ma grand-mère Eugènie sur les murs de la petite tour… »
Une série de flashback nous ramenant aux passages décisifs, heureux ou dramatiques, qui font l’histoire de Gény (Eugénie), le personnage clé du livre — situé dans le juste milieu (géographique, chronologique et affectif) entre le protagoniste Ghislain et sa nièce (l’Auteure du roman) —, c’est-à-dire la grand-mère de cette dernière (la grand-mère enfant, la grand-mère jeune, la grand-mère morte). L’histoire douloureuse de Ghislain s’encadre parfaitement dans l’histoire douloureuse de Gény : rebelle par nécessité ; héroïque  en fonction pour ses deux hommes et de ses trois enfants ; victime innocente de la perfidie homicide de la famille de Paul Mancini, le véritable père de   Ghislain; faible vis-à-vis du refus du Niba, le père adoptif de Ghislain.

« Juste après les funérailles, Annibale Fata démantela la radio… »
Le Niba — même si l’on peut considérer comme un rebelle, un passionné de la mer, un entrepreneur courageux, insouciant de l’éloignement de son pays en temps de guerre —, se soumet pourtant très docilement et sans discussions à la mentalité anachronique de la famille des Marches, jusqu’à forcer sa femme Geny pour qu’elle abandonne Ghislain à leur départ de Bruxelles, en le livrant enfin dans les mains de Cyrille Balthasar, un chef de famille assez redoutable qui n’avait pas caché, en plusieurs circonstances, son égoïsme ni son absence de scrupules dans le rangement des affects familiaux.

« Tandis que Rolando s’affaire dans la cuisine, nous nous faisons face dans la véranda, ma mère et moi. Fille cadette de Gény Balthasar, demi-soeur de Ghislain, elle a désormais quatre-vingt ans. Chaque jour, elle perd une infime parcelle de sa mémoire… »
À côté du sillon principal — la véritable histoire de Ghislain Balthasar — on découvre d’ailleurs une histoire parallèle, en contre-chant, représenté par les vicissitudes d’Henriette et de Roland, les deux gardiens  de la maison-tour avec jardin, des répétiteurs mais non des passionnés de la mémoire. Une vision parallèle, souvent ironique, assez proche à l’esprit de l’homme contemporain, se déclenche autour  d’eux. D’ailleurs, entre cette Henriette (une mère à la mémoire désorganisée) et l’autre Henriette (une fille restée orpheline de sa mère à l’âge de quatre ans) semble-t-il s’installer une césure incurable. Malheureusement, quand l’écrivaine-petite fée est finalement prête à honorer ses engagements avec « l’oncle des lettres », c’est trop tard : Henriette n’est pas en condition de maîtriser sa propre mémoire. Tandis que Ghislain se réjouit à vide dans l’examen répétitif des vieilles photos et que l’émotion l’empêche de les fondre dans un flux de conscience libératoire et ne vitale (parce qu’en réalité il ne veut pas se dérober à cette fixation), Henriette — ayant résisté toute la vie aux questions de son enfant sans lui fournir un cadre plausible de la séquelle de tragédies qui avaient posé une si lourde hypothèque sur son destin —, se réfugie presque volontiers dans la sénilité précoce et dans le désordre de ses souvenirs.
Il resterait Rolando, comme possible témoin et interlocuteur. Mais la succession des destinées croisées qui a fait rencontrer Henriette e Rolando au milieu de la Seconde Guerre, avait déjà prévu des dérives de chagrin, des abandons et des souffrances pour lui aussi : orphelin de son père à l’âge de quatre ans, Rolando aussi, comme Ghislain, crût dans des collèges, loin de chez lui. Heureusement, grâce à son tempérament sportif (ainsi qu’à l’absence de dangereuses distractions), il réussit à se sauver jusqu’à vivre finalement une vie pour ainsi dire normale. Rolando, en définitive, ne fait qu’un avec une vision tout à fait cristallisée et réthorique du passé de sa femme et de sa famille, ainsi que de leurs rencontres de Macerata et des vicissitudes de Ghislain…

« Un jour, j’ai commencé… J’étais convaincue d’être entraînée surtout par le dédain et le désir de justice… »
Le livre de Claudia Patuzzi se propose donc de faire justice, pas seulement des fautes les plus graves — celles de Cyrille et de la famille farouche de Paul Mancini —, mais aussi de celles de son grand-père Niba, en particulier de son manque d’amour (partagé au cours des années par sa famille de Macerata), sans compter le manque de courage de Geny et aussi cette sorte de complicité d’Henriette et Rolando dans le maintien du secret, encore des années après la disparition de Ghislain. Un secret absurde, vis-à-vis de cet abandon destiné à se traduire ensuite en exclusion, marginalisation, effacement. Zérus, c’est-à-dire zéro.

Un deuxième contre-chant — parfois éloigné, parfois plus marqué et explicite — est représenté par la figure de Garibaldi, le héros qui a eu un rôle décisif dans l’accomplissement du procès unitaire du Risorgimento. Garibaldi fut toujours considéré comme un personnage incommode, non seulement à cause de son intransigeance et honnêteté mais aussi pour sa vision libre et anticonformiste de l’amour et de la famille. Peut-être Ghislain — qui était particulièrement reconnaissant envers le pape Jean XXIII, un grand homme qui n’avait pas eu honte, lui aussi, de la modestie de ses origines — était-il convaincu que si son père avait été Garibaldi, au lieu de rebelles à moitié comme le Niba ou Paul Mancini, il n’aurait pas été abandonné.

Les lecteurs de La chambre di Garibaldi devraient lire un autre roman de Claudia Patuzzi, La rive interdite, qui a beaucoup d’éléments en commun avec celui-ci. Un livre apparemment différent, situé dans le Paris du Moyen Âge, où la réinvention du contexte et de ses humeurs jaillit d’une recherche filtrée par l’art et la littérature, tandis que pour la “chambre” la réinvention est véhiculée par les photos de famille, par les maisons cristallisées dans la mémoire, par les récits. Mais les deux personnages principaux des deux livres sont les mêmes : le personnage de la petite Regard de la “Rive” sera incarnée par la petite fée-écrivaine-nièce de la “chambre” tandis que Marcel, le jeune clerc disciple de Sigier de Brabant dans la « rive » sera Ghislain, le frère chrétien de la “chambre”. D’ailleurs, soit dans la “rive” soit dans la “chambre” on perçoit un flux narratif et un rythme fabuleux qui vient du passé, de la tradition. Je vais révéler maintenant que l’oncle de Claudia possède un double prénom : Marcel Ghislain. Le premier prénom, le plus utilisé en famille, a été donné au protagoniste qui “vient de l’autre rive” et au final sera obligé de renoncer à l’amour de  Regard. Le prénom Ghislain a été donné au protagoniste de ce deuxième livre. Un autre élément liant strictement ces deux textes, qu’on pourrait considérer comme complémentaires ou alors comme porteurs d’explications croisées, c’est la critique douloureuse à  la duplicité de l’éthique catholique, aux infamies qu’on perpètre à l’ombre du crucifix. La force de ces deux romans réside en définitive en cette capacité de s’émerveiller et d’éprouver du dédain pour l’hypocrisie qui bâillonne et opprime un nombre incalculable de consciences, de familles, de rapports interpersonnels. Ce sont donc, subtilement et profondément, deux livres “politiques”, de la part de tous ceux qui ne renoncent pas à la vie.

« Alors que j’écris sur la guerre, j’assiste, impuissante, à des évènements qui précipitent. L’Histoire avance au hasard, comme le bouchon d’une bouteille sur le point d’exploser : tu ne sais jamais où il va tomber…  »
L’histoire aux deux « h » est très importante pour Claudia Patuzzi : ce ne sont jamais que des hommes particuliers ni qu’une seule famille (petite ou grande qu’elle soit) les seuls responsables du destin d’une pauvre intruse ou d’un pauvre exclu. Cependant, il faut toujours reconnaître à l’Histoire une fonction narrative primordiale et proéminente dans la « reconstruction de  la vie ». À défaut du tissu de l’Histoire, ainsi bien reconstruit par l’auteure, ce livre-film, avec tous ses effets spéciaux, bruits et odeurs n’arriverait pas a toucher le lecteur en lui donnant la chance de participer au dédommagement de toutes les souffrances subies par Marcel Ghislain Balthasar.
Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui je vous ai parlé de deux livres de Claudia Patuzzi où elle — de façon apparemment inconsciente — coud et défait la toile de la littérature qui aspire à devenir la vie. S’il est vrai qu’un livre c’est comme un enfant – ayant de la chance ou malchanceux, réalisé ou incompris — qui peut mener une vie normale juste s’il est accueilli comme enfant légitime  dans la Maison des Littératures, (tandis qu’en cas contraire il finirait, comme un pauvre handicapé, dans un cagibi avec les balais, avant d’être renvoyé dans le pilon…) il est de même vrai que la petite Regard de la “Rive interdite” et le jeune-vieux Ghislain de la “Chambre de Garibaldi” sont des livres-personnes dont la vie malheureuse sera enfin affranchie pour être  divulguée jusqu’à s’imposer à l’attention de tout le monde.
Ce roman — qui semble jaillir parfois de la plume d’une Natalia Ginzburg désinhibée, d’un Italo Calvino sincère ou d’une Elsa Morante de nos jours — est aussi tributaire de la vaste et profonde culture cinématographique de Claudia Patuzzi. Il est lui même  un film, qu’aurait pu réaliser un Alfred Hitchcock sain d’esprit ou un Stanley Kubrik moins américain qu’européen. Un livre-film que pourrait diriger aujourd’hui le grand Win Wenders, remportant bien sûr un véritable succès de critique et de public.

Giovanni Merloni

Claudia Patuzzi : Zérus

16 dimanche Juin 2013

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Écrivains et Poètes de tout le monde, Claudia Patuzzi

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Le plat pays de Jacques Brel

Deuxième dimanche consacré à un écrivain italien, Claudia Patuzzi, dont le roman « La stanza di Garibaldi » a été publié en Italie en 2005. La publication périodique du roman, récemment traduit en français sous le titre de Zérus, démarre aujourd’hui sur Décalages et métamorphoses Tous les droits sont réservés.

« Bruxelles, le 2 novembre 1985

« Chère petite fée, « Je conserve quelques rares souvenirs de Paris, particulièrement entre 1907 et 1909, de l’âge de mes deux à quatre ans. Papa devait être très riche. Est-il négociant en bétail ? Une vieille photo où on le voit à cheval, près d’un troupeau, m’amène à le croire. Il était gentil avec moi, il m’apportait souvent un cadeau. Dans un coin du vestibule, il y avait une malle pleine de jouets. Je me souviens que je possédais des trains et de nombreux avions miniatures. C’était l’époque de l’invention de l’aéroplane.

« La maison des Mancini se trouvait au bout de la rue d’Auteuil, près du bois de Boulogne. Au-delà du mur d’enceinte, je voyais la pointe du clocher de Notre-Dame d’Auteuil et j’entendais le son de ses cloches qui résonnait sur la place. Nous vivions dans un bel appartement qui donnait sur un grand jardin. La maison était couverte de plantes qui, l’été, empêchaient d’ouvrir les persiennes. Dans un coin, à droite, il y avait un grand arbre tropical. « N’avale pas ces fruits, ils sont toxiques ! » me criait la nourrice. Quelquefois, je jouais à cache-cache avec mes cousins. — Où est Balthasar ? — Où est Zérus ? — Derrière le noyer. « Mes cousins m’étaient très antipathiques. Ils ne m’appelaient que « Zérus », c’est-à-dire personne. J’étais le plus jeune et, surtout, l’intrus. Et pourtant, petite fée, j’allais et venais à mon gré dans cette maison dont je connaissais chaque coin par cœur. Je me souviens qu’au bout d’un couloir il y avait une reproduction de Brueghel représentant la chute d’Icare. Je me demandais en le regardant : « Pourquoi le berger, le paysan et le pêcheur ne sauvent-ils pas ce jeune homme qui tombe à la mer ? Pourquoi sont-ils si calmes ? » « AUCUNE CHARRUE NE S’ARRÊTE PARCE QU’UN HOMME MEURT » commentait une élégante graphie, mais je ne savais pas lire. J’étais encore trop petit. Mes yeux dévoraient cette scène avec la souffrance de quelqu’un qui assiste à un crime. « Ils l’ont tué ! » pensais-je, alors que je m’échappais dans le couloir en criant : « Méchants ! Méchants ! » « Les cousins riaient : « C’est Zérus qui pleure ! » « Étais-je un casse-pieds ? Peut-être que oui. Aujourd’hui encore, je regarde le monde extérieur avec envie et peur ; puis, si je commence à réfléchir, je pense qu’ici aussi, dans l’enclos des murs de l’Institut, protégé par la Providence, tout n’est pas toujours rose…

« Zérus »

Claudia Patuzzi

De « La stanza di Garibaldi » chapitre V, « Paul », p. 61, Manni Editori, décembre 2005. Pour ce roman Claudia Patuzzi a été sélectionnée pour le prix Strega 2006, assigné à « Caos calmo » de Sandro Veronesi

Postface de Dacia Maraini : Un roman d’initiation ? Une saga familiale ? Le portrait en ronde-bosse d’un homme « muet » et solitaire, voué à Dieu par désespoir et abandon ? Voilà, entre autres choses, ce que révèle le livre de Claudia Patuzzi, qui se présente aujourd’hui au public sous les abords d’un roman vigoureux et chargé d’intentions. J’ai connu Claudia durant l’un de mes séminaires et j’ai eu l’occasion de découvrir son grand amour pour l’écriture, sa ténacité, sa volonté, son dévouement pour la lecture. D’ailleurs le roman en révèle le projet dès le début : une femme jeune, une jeune fille peut-être, mais avec une conscience expressive précise, se retire dans une « petite tour » à la campagne pour écrire, après avoir rassemblé, pendant des années, des quantités de matériaux sur l’histoire d’un oncle : l’oncle Ghislain Balthasar, moitié italien et moitié belge, devenu belge, s’étant fait prêtre encore très jeune après que sa mère l’avait abandonné pour suivre son deuxième mari, Niba, à la guerre. Un homme blanc comme neige, cet oncle Ghislain, aimable, solitaire, blessé par un abandon qui a déterminé sa vie ; un homme qui appelle l’auteure « petite fée » et lui confie les documents et les histoires de trois générations de la famille Balthasar. Le récit de la vie de l’oncle Ghislain s’accompagne du récit, tout aussi intense et compliqué de celles de la grand-mère Eugénie, de la tante Germaine, de la mère Henriette, du père Rolando et de tant d’autres membres de la famille qui font la navette entre la Belgique et l’Italie, qui louvoient entre le français et l’italien, qui oscillent entre l’amour pour leurs racines et le désir de changer de pays, de changer d’habitudes, de changer de langue, de changer de soleil. « Parfois je m’arrête pour regarder le visage distrait de ma mère et le vol rasant d’un oiseau et je me demande : -Qu’est-ce que la mémoire ? D’où vient-elle ? Où est-elle ? Le cerveau est-il la mère de la mémoire ? Ou bien la mémoire, comme une cathédrale gothique, représente-t-elle un monde à soi fait de petites briques sans nombre devant quoi le nom de celui qui conçut le projet initial s’est perdu pour toujours ? » Ces demandes sur la mémoire sont inquiétantes, en ce qu’elles révèlent un doute et une interrogation sur le passé. Il est vrai que la mémoire est à l’origine de ce que nous racontons, mais quelle est la part que nous pouvons attribuer à la réalité et celle qui revient au caprice architectural d’une vision gothique ? -Ce qui compte, n’est-ce pas le résultat, l’œuvre colossale qui élève ses doigts frêles jusqu’à Dieu ? se demande Claudia, et on en vient à penser aux origines du mot « texte » qui vient du latin « textus » et se réfère à ce tissage antique que d’archaïques mains féminines accomplissaient en l’honneur du ciel. « Chacun de nous a un édifice dans sa tête, poursuit Claudia, ce peut être un gratte-ciel américain, une pyramide égyptienne, une tombe étrusque ou une pauvre chambre à une place. En réalité, la forme importe guère. Quel que soit l’aspect de l’édifice, chacune de ses briques est un monde serti dans un autre, semblable et pourtant différent, comme un corail à l’intérieur d’une gigantesque barrière immaculée dans un jeu infini de poupées russes. » Cette idée de la complication et de la signification multiple de la mémoire, est à l’origine d’un récit qui après avoir choisi son point de vue unitaire se fragmente, pour ensuite se retrouver à la fin dans un regard d’ensemble qui unit la narratrice aux personnages qu’elle aime le plus. « La mémoire d’Eugénie ne ressemblait ni à l’impasse de Ghislain, ni à celle déformée par les feux d’artifice de sa fille Henriette. Sa mémoire n’était pas horizontale, mais circulaire et géométrique comme un flocon de neige. » Avec cette belle image, Claudia Patuzzi nous propose ce qui sera la « forme-informe » de la mémoire du roman, tourbillonnante et circulaire, parfaitement accomplie et géométrique dans sa structure comme un flocon de neige, mais tout comme lui à la merci des vents. Parmi tant de fragments d’histoire se détachent quelques récits très intenses : celui du père Rolando qui semble trouver sa paix en sarclant, piochant, nettoyant le jardin derrière sa maison. « Rolando est un gardien. C’est Charon ? Je ne crois pas. Il vit au paradis, dans un petit éden. Ce n’est pas Caton non plus. Dans son univers tout se vit sans réflexion ni sentiment de faute, il cherche la liberté “comme le sait qui pour elle a refusé la vie ”. » Ou bien l’histoire d’Annibale Fata, dit « Niba », éternellement accroché à sa longue-vue qu’il va prendre à l’envers pour voir le monde miniaturisé et lointain et finir transpercé par un grand nombre de balles ennemies. « Niba était trop aventureux pour les étoiles, trop impatient pour « les regarder ». Un beau jour il en eut marre de regarder le ciel et il changea de direction. Plutôt que de chercher la mort dans le ciel il la chercha dans un lieu encore plus bleu et plus noir : il chercha la mort dans la mer… » Toute l’histoire de Ghislain est belle. Dans sa vie douloureuse et solitaire de célibataire, il trouve les raisons de la joie et de la confiance dans le futur à travers le récit de sa vie et le fait de remettre son avenir entre les mains confiantes et tenaces de sa « fée petite nièce ». On dirait curieusement que les personnages masculins sont ceux qui éveillent le plus d’attention de l’auteure. Les personnages féminins, qui pourtant devraient lui être plus proches par affinités historiques, sont vus quelquefois avec suspicion et rancœur. Les personnages masculins, en commençant par Ghislain, privilégié entre tous, sont dessinés bien sûr avec plus de soin, plus d’amour, avec plus de compréhension et de sentiment. C’est une chose inhabituelle pour une auteure, mais cela n’enlève rien à la qualité du récit. Pour conclure nous pouvons dire que ce roman familial de Claudia Patuzzi est un acte de confiance glorieuse dans la mémoire, moins un tourbillonnant flocon de neige qu’un « filet tendu » qui rassemble les poissons des pensées, en fait nourriture pour le présent, et après les avoir fumés et étendus parmi des feuilles parfumées, les conserve comme un aliment précieux pour l’avenir.

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 16 juin 2013

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