le portrait inconscient

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Ne me parle pas dans la main  ! (Le Strapontin n. 4)

09 jeudi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes contes et récits

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Le Strapontin

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On ne peut pas se faire des illusions, imaginant qu’un siège précaire et tout à fait incommode comme mon Strapontin peut me transporter en voyage de noces avec la Mémoire pour réaliser, sous le regard bienveillant du Progrès et de la Fantaisie, une mosaïque complète, sinon une fresque, de ce passé riche et lumineux et pourtant plein de trous et de gouffres inquiétants.
Donc, je serai obligé, de temps en temps, de descendre du Strapontin et d’explorer tout seul les endroits les plus inaccessibles.
En général, dans une époque où les ruptures sont plus fréquentes que les fusions heureuses, je devrai franchement m’adresser à mes lecteurs pour leur avouer que j’ai parfois dû profiter de quelques escamotages pour avancer dans ma recherche ou, si l’on veut, dans ma fuite. Cela toutes les fois qu’une telle nécessité s’affichera sur l’écran de la gare…

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Naples, 1912, la famille de mes grands-parents maternels Agata et Alfredo avec la fille aînée, Maria

Je profiterai donc par la suite de toutes sortes de strapontins, à partir de le triste plateforme de fer qu’on voit accroché à la main courante de certains escaliers pour aider les cardiaques à monter chez eux jusqu’au siège de la carrosse à porteurs utilisée dans le XVIIIe comme si de rien n’était pour des déplacements brefs où l’unique moteur c’étaient des bras humains, costauds ou bien affaiblis par l’âge.
Disons que mon strapontin assume à chaque fois une apparence ainsi qu’une consistance très réelle.
D’ailleurs, je ne peux pas me passer de l’utilisation, dans des cas exceptionnels, de strapontins figurés. Par exemple, certaines phrases sorties de façon providentielle de la bouche de gens qui me sont chers, ou alors certains récits, fidèles ou transfigurés, que j’avais écrit moi même dans le temps réel où les faits de la vie se sont effectivement déroulés.

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Ma grand mère Agata, encore célibataire, en vacances à Giulianova (Teramo, Italie)

En 2006, juste avant de déménager de Rome à Paris, j’avais publié un « roman en vers », un testament immoral tout à fait particulier, dont j’ai récemment extrait — et traduit pour ce blog en langue française — quelques passages concernant les récurrents voyages à Venise de mon personnage, Alfredo B..
Puisque la vie de joie et chagrins de celui-ci semble parfois parcourir certains lieux et souvenirs qui sont aussi les miens, j’ai décidé, après réflexion, de vous en offrir la lecture, en parallèle et presque en contemporain avec les étapes tout à fait imprévisibles du strapontin.

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Aujourd’hui, tout de suite après le Strapontin, vous trouverez, en publication séparée, le premier chapitre du voyage d’Alfredo B., ayant curieusement le même prénom que mon grand-père maternel, celui qui disait parfois : « ne me parle pas… dans la main ! »
Je ne comprenais pas cette expression, apparemment dépourvue de toute logique. Avec le temps, j’ai compris que finalement la main, pour mon grand-père, comme pour moi d’ailleurs, représentait l’action. La main est d’ailleurs la partie du corps humain où se concentre au plus haut degré la réflexion indispensable pour que l’action soit valide et adaptée à la nécessité du moment.

« Ne me parle pas… dans la main ! » aurais-je pu dire à mon ami Alfredo B.. Cependant, comme vous verrez, même si de façon très différente vis-à-vis du Strapontin, ce Napolitain atypique est en train de dire des choses qui peuvent convenir à la double lecture — et vision — d’un monde qui ressuscite et salue depuis la fenêtre en course, avant de disparaître à nouveau.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 9 janvier 2014

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Tout beau jeu ne dure que très peu (Le Strapontin n. 3)

08 mercredi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes contes et récits

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Le Strapontin

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Une personne que j’estime beaucoup — ayant le rare talent d’unir la curiosité avec l’imagination, la virtuosité des mots avec un sentiment heureux de la précarité de la vie — m’a récemment envoyé un commentaire dont je ne peux pas me passer.
Évidemment, j’ai dû renvoyer à la base le pigeon qui attendait ma réponse immédiate. « Je vous ai reconnu, je lui ai dit amicalement, vous faites partie de l’équipe des facteurs volants qui stationnent sur les ponts du canal Saint-Martin… Dites bien à notre commun ami qu’il me faut du temps pour cela, un peu plus que d’habitude ! »
Dès que l’oiseau, hochant les ailes, est reparti, j’ai relu très attentivement la dépêche. En fait, ce camarade me sollicitait juste quelques explications à propos de la nature de mon Strapontin. Car, en disant : « j’ai bien compris, tu parles du Strapontin de la mémoire », il m’exhortait surtout à réfléchir.
Et j’essaie maintenant de le faire.

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D’ailleurs, après la deuxième sortie de ce nouveau truc, je devrais me tenir prêt à répondre à plusieurs questions.
Mais, aujourd’hui, je n’ai pas le temps. On a dépassé les cinq heures du soir. La corrida est en plein déroulement. Les taureaux m’attendent, envieux de m’écorner. Mon strapontin n’ayant pas trouvé un véhicule adapté à ses exigences actuelles, une certaine anxiété de la prestation s’est emparée de moi…
Et si le strapontin de la mémoire fût trop petit ou trop grand pour me transporter dans une quête vagabonde dans le passé trop difficile ou trop douloureux ? Est-ce raisonnable, espérer de la légèreté ou juste un peu d’élégance de temps révolus qui s’affichent au contraire lourds et impénétrables comme une nuit de vaches noires ?
Et si le strapontin fût occupé par quelqu’un d’autre, qui n’aime pas du tout rigoler ?
Oui, c’est vrai ce que disait mon grand-père Alfredo, tout en faisant bondir à terre le cendrier plein d’attaches : tout beau jeu ne dure que très peu !

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En octobre 1953, les funérailles de ma maîtresse d’école démarrèrent juste devant le bar Fassi, au croisement entre via Tevere et corso d’Italia. Le cortège longea les sombres remparts jusqu’à Castro Pretorio, frôlant avec une étrange indifférence le lieu précis où les Bersaglieri avaient ouvert une brèche le 20 septembre 1870. Trop petits devant cette Histoire assez récente, étant d’ailleurs trop farfelus pour établir un lien quelconque entre cette petite destruction — provoquée de façon presque notariale par un corps de soldats très exigu à deux pas de notre berceau — et tout ce qui s’est déclenché après, nous tous subîmes par contre, immédiatement, le chantage émotif que le gigantesque Mur des Lamentations situé après la Porte Pia n’épargnait à personne, avec cet interminable étalage d’ex-votes de la Seconde Guerre.
Ce fut à ce passage crucial que notre classe d’enfants pâles au ruban blanc sur tablier bleu fut autorisée à briser les lignes, abandonnant le premier rang derrière le corbillard. L’endommagement psychologique grave avait été désormais accompli, je pense. Mais la procession devait encore avancer jusqu’à sa dernière destination. Abasourdis et muets, nous embouchâmes alors la rue du Policlinico, jusqu’au croisement avec la rue de la Reine Marguérithe, l’allée finale.
J’étais peut-être déjà très ou trop sensible. Ou alors je suis devenu craintif et fragile de but en blanc juste ce matin-là, rien que pour avoir partagé avec mes camarades — et ma mère — ce moment de la vérité. Il est possible aussi le contraire : cela pourrait avoir positivement accéléré mon entrée dans l’âge adulte. Une chose est pourtant sûre. Le blanc aveuglant de la lumière joyeuse et magique de Rome s’était tellement incrusté sur ma peau que, dès lors, cela me donna une capacité inattendue et même le talent de surmonter la subtile et persistante angoisse provoquée par le noir de la nuit sur les façades et les portes. Une brèche s’était ouverte en moi, brisant à jamais mon insouciance gâtée. J’avais appris tout seul à me dérober aux ombres sombres qui pouvaient jaillir en plein jour au milieu de la joie d’une promenade ou d’un jeu d’épées de bois dans le couloir de chez mon grand-père. J’avais appris comme ça, par un insensible flash, à exercer la pensée mobile, en tournant la page là où la lumière et le sentiment rassurant de la vie pouvaient m’attendre.

004_les deux esprits 180En ce matin d’octobre très éloigné d’il y a un peu plus que soixante ans, les pleins et les vides des corps urbains que j’avais si distinctement observés depuis mon troupeau en cortège, se figèrent dans ma mémoire dans leurs aspects le plus néfastes.
Il faudrait profiter d’un siège plus commode que ce malchanceux strapontin. Pour mieux exploiter le thème de cette partie de Rome qu’en raison de son extension on pourrait assimiler au Xe arrondissement de Paris, j’aurais besoin d’un fauteuil de première classe ou même d’une cabine avec lit et toilettes incorporées.
Je crois en tout cas que je ne suis pas le seul à avoir vécu à chaque occasion des rapports inquiets et difficiles avec ces lieux — surtout en proximité du cimetière monumental du Verano — ces lieux marqués par cette architecture fasciste, tristement fameuse, on ne peut plus évocatrice d’un égarement solennel et irrémédiable, se mariant parfaitement à l’idée de la mort. Un épouvantail menaçant, que personne — maire, architecte ou ingénieur de pont et chaussées — n’avait même pas essayé de maîtriser. Ils l’avaient au contraire exalté, dans l’esprit violent et grossier des Romains nostalgiques des fastes de l’Empire. La gueule de la mort convient diaboliquement à certaines époques, à leurs formes d’architecture et de décor urbain.

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J’ouvre les yeux. Mon véhicule est aux bords du jour. Une nuit entière sur le strapontin juste pour rattraper sur place mon douloureux souvenir… Je me découvre épuisé, engourdi, désirant une course folle parmi ces prés pointus, à la recherche de quelque chose à manger… Un « spuntino », une petite collation, juste un croissant-cornetto avec un petit café… Mais le couloir du train est maintenant l’enchevêtrement inextricable des corps humains, épuisés comme le mien et prêts à m’engueuler pour mes mouvements maladroits. J’attends philosophiquement, réfléchissant à la parenté entre « spuntino » et « strapuntino » (« Y a-t-il en français un mot qui sonne pareil ? Oui, pantin. Mais je ne pourrais pas le manger, même si c’était en chocolat… »), lorsqu’une ligne blanche et rouge brise le noir. Les visages autour de moi semblent indifférents, concentrés dans les rites du réveil qu’ils doivent imaginer dans quelques lieux qui peut-être n’existent pas ou plus. Moi aussi, je m’abandonne au regret d’une merveilleuse salle de bains avec une baignoire plus accueillante qu’un lit, tandis que des toilettes à côté m’arrivent d’effluves aussi basiques que mystérieux. Sans transition que la conscience ait pu retenir, je m’aperçois que le véhicule s’est arrêté au beau milieu des rails, juste en face du triste mur blanc du cimetière du Verano. Là-haut, entourés de pins et cyprès noirs, mes parents chéris reposent. La ville, avec ses quartiers en paresseuse agitation, demeure au-delà de cette colline sans poids.

Oui, c’est vrai, le soleil de Rome, si allègrement paresseux et insistant, a toujours la capacité de tout embellir en jetant une couche de provisoire oubli.
Pourtant, même à mon âge adulte et bienveillant, si je repense à cette tranche assez vaste de ma ville d’origine — comprenant la Cité universitaire ainsi que le quartier de la place Bologne — je ne peux pas complètement effacer ma première impression et considérer ces lieux, encore aujourd’hui, comme disproportionnés et égarés comme une sinistre et redoutable antichambre.

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 8 janvier 2014

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Chut, le pape fait pipi ! (Le Strapontin n. 2)

06 lundi Jan 2014

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Le Strapontin

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Nous vivons dans une époque où les strapontins sont de plus en plus nécessaires. Je parle, évidemment, d’un strapontin idéal ou, si l’on veut, métaphorique, qui hérite quelque chose de primordial et unique de son père adoptif, le strapontin du train pendulaire entre Rome à Bologne et bien sûr de tous les trains pendulaires de la planète..

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(Je me demande s’il y a des strapontins dans les TGV et je me réponds que oui. Peut-être, si je ne me trompe pas, il y a un ou deux strapontins dans le palier d’où l’on descend et l’on monte…)
Le strapontin dont je parle maintenant me suit partout. Ou, pour mieux dire, il m’attend partout. Il me suffit de l’évoquer et il est tout de suite là, même dans mon lit, où je demeure moins étendu qu’assis comme d’habitude au XVIIe siècle… Robuste comme la plus haute terrasse d’une pyramide mexicaine, il est léger comme une plume et peut d’un bond se transformer en strapontin-volant, avec la forme et même la taille d’une carte de visite.

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Quelle différence peut-on imaginer entre un strapontin comme ça et le tremplin hissé au-dessus de la neige glacée d’une station de ski olympique ?
Est-ce que le strapontin ressemble au télésiège ou au palier minuscule de la télécabine ? Non, j’avoue que je n’aime pas ce type de vide subi, que d’autres fabriquent pour nous tourmenter à vide. D’ailleurs, un vide qui tourmente à vide ce serait aussi pervers qu’inutile, comme les effets spéciaux qui alourdissent la plupart des films coûteux que la plupart des réalisateurs américains contemporains nous imposent.

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Mon strapontin est un produit artisanal, ayant une stricte parenté avec la trottinette et aussi la couverture courte, la porte étroite ou aussi le banc exigu du pôle emploi.
(Je n’oublierai jamais les gags de Charlot qui essaie de s’y asseoir…)
Voilà, on a fait une première connaissance du strapontin. Un siège parfois symbolique,  solidement accroché à un véhicule qui bouge imperceptiblement ou plus souvent voyage bruyamment sur la terre, sur l’eau, dans le ciel et aussi…
(Partout, à condition de ne pas prétendre de briser les murs comme Harry Potter ou de courir à la vitesse de la lumière parmi les arbres comme on voit dans les Star Wars. De telles tromperies me font peur.)

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Giovanni Merloni, 2014

Dans le strapontin traditionnel, il n’y a qu’une place un peu juste, tandis que parfois on est en trois à se la disputer…
Trois racine de neuf. Neuf mois font d’ailleurs l’éternel cycle de la naissance, tandis que dans mon cas, comme je vous ai prévenus, les cycles de mon existence se sont terminés tous les neuf ans.
Pendant longtemps, j’ai vécu en véritable symbiose avec ma sœur et mon frère. Donc, il est possible que je n’aie pas pu profiter qu’en petite partie de mes neuf ans cycliques. En fait, je crois d’avoir vécu les trois premiers ans de chaque cycle dans la peau de ma sœur. Les trois deuxièmes, dans celle de mon frère. Dans cette hypothèse, je n’ai vécu dans ma peau que la partie finale d’un cycle de neuf ans. Trois ans sur neuf de vie sans contraintes, sans trop de sentiments de culpabilité, ce n’est pas beaucoup. En tout cas, j’ai eu la chance de les consacrer, finalement, à l’égoïsme le plus sombre et grossier, où le strapontin, parfaitement adapté à ma taille, me semblait devenu une place d’armes…
D’après ces inquiétantes prémisses, je ne peux pas oublier le siège postérieur de la glorieuse Giardinetta ne faisant qu’un avec son maigre et élégant conducteur qui s’y était parfaitement adapté : mon père. Ce véhicule à l’allure sanglotante, incapable dans sa maturité de dépasser les quatre-vingts kilomètres/heure sans trembler vivement, ressemble beaucoup au strapontin qui m’attend aujourd’hui pour mes déplacements contemporains.

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Avec ma sœur et mon frère, nous partagions des voyages interminables dont le but n’était qu’un seul moment magique… Il est vrai que lorsqu’on descend sur la grande vallée de Cortina d’Ampezzo depuis le pas du Falzarego et qu’on traverse une forêt de sapins toujours jeunes et riants, on ne s’attend pas au choc de ce coup d’œil panoramique. Une beauté se traduisant presque en un coup de poing sur l’estomac : « je veux rester ici ! Laissez-moi descendre du strapontin, accordez-moi la petite joie de traîner un instant dans ces lieux, de respirer, manger, avaler jusqu’à la dernière goutte cette beauté incontournable ! »
Je crois qu’à ce passage la Giardinetta, suivant sa nature lente, se laissait imposer un ralentissement, pour offrir aux cinq sardines emboîtées de tirer un long soupir de joie tout en savourant la petite angoisse de l’imminente séparation. Toccata et fuite. Perception contemporaine, sédentaire plus que jamais, de l’infini.
Pour mon père, l’essentiel c’était le but. Un but plus éloigné que possible. Pour ma mère l’essentiel c’était de « faire trésor » de ces épuisantes traversées de la longue Italie et de l’interminable Europe. Pour nous trois, je n’en sais rien. Pour moi, c’était le rêve contestataire de voyager un jour seul, sans buts et sans trésors à retenir. Mon strapontin idéal à moi s’accrochait à des trains sombres, lancés bruyamment dans le vide dont l’indispensable fenêtre se colorait d’éclairs mystérieux avant de devenir une loupe indiscrète pointée sur des fenêtres allumées, sur de modestes maisons peuplées de femmes sensibles, prêtes à accueillir l’élan de ma voix…
Plus tard, lorsqu’en trois nous partagions en coopérative la disponibilité d’une Cinquecento (qui pouvait d’emblée devenir la planche d’appui de nos prouesses amoureuses), le miraculeux coup d’œil ne pouvait pas manquer si nous nous adonnions au tour de la Rome « by night » (ou aussi de la Rome belle-de-jour). Combien de fois avons-nous tourné autour de la statue équestre de Marc-Aurèle dans la place du Capitole ? Et combien de fois avons-nous traîné nos fiancées en pèlerinage dans l’ancien quartier où nous étions nés, voir d’en bas la maison de notre enfance ?

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Le strapontin y reviendra lui aussi, car ce dernier endroit a sans doute un rôle primordial dans mon passage critique de l’enfance à l’adolescence… Où, juste à la veille de l’épiphanie d’il y a exactement soixante ans…
Mais je préfère rater cette commémoration, qui serait trop précise. Je parlerai une autre fois, s’il y aura l’occasion, de cette journée dont les battements cardiaques résonnent encore vivement.
Aujourd’hui, je suis assis sur le fauteuil-strapontin brusquement transporté dans un appartement parisien au deuxième étage d’un immeuble qu’on a bâti bien avant que celui de Rome, via Calabria 17… Je ne peux pas me passer de réfléchir à l’incroyable ressemblance entre les deux quartiers. J’ai eu une vie assez variée se déroulant dans la peau de plusieurs personnages, dont quelques-uns difficiles à comprendre par moi même aussi. J’ai vécu dans plusieurs endroits différents, cependant la rue que je regarde maintenant depuis ma fenêtre se ressemble comme une goutte d’eau à celle que je regardais de mes huit ou neuf ans…

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Donc, puisque d’ici je peux bien imaginer d’être là, ma mémoire va se déclencher, librement… Et je me rends avec mon frère cadet et ma sœur aînée chez notre grand-père Alfredo. Cette promenade avec Teresa — notre bien aimée femme de ménage originaire de Sogliano la Rubicone, en Romagne — se déroule toujours selon le même trajet. D’abord, on débouche sur la petite place Fiume toujours agitée, comme ce serait, par exemple, aujourd’hui, la place Clichy à Paris. Ensuite, on traverse un vide sans personnalité, où demeurait un jour la partie abattue des remparts romains avec la porte Salaria (je peux sans transitions imaginer de sortir depuis rue d’Abboukir et de passer à côté de la Porte Saint-Denis…). Une fois traversé le boulevard (s’appelant de ces temps Corso d’Italia), nous côtoyions sur la gauche un bar avec un merveilleux jardin avec des palmiers. Son nom, Fassi, reste sculpté dans ma mémoire, tout comme ses glaces au chocolat (et « panna »), sculptées dans ma langue. Je ne veux pas penser au fait que maintenant on a tout détruit. Je préfère poursuivre notre balade toujours très vivante avec cette espèce de Gina Lollobrigida pleine de vie qui n’avait que deux mains et une voix pour maîtriser nos trois personnalités… On embouchait la rue Tevere (le fleuve de Rome), une rue assez dépouillée et tranquille, mais agréable comme peut l’être une rue Daubenton ou une rue de Paradis… Là, il y avait mon école élémentaire et aussi la crèche… Combien de souvenirs ! Une entière vie à part entière, rien que rentrer dans ce hall solennel, monter cet escalier tout blanc… Au bout de la rue Tevere, suivant les pins parfumés d’une rue assez particulière (la rue de la porte Pinciana), nous côtoyions Villa Borghèse jusqu’à la rue Po (le plus important fleuve d’Italie). De là, on arrive vite à la rue Tagliamento (un fleuve italien aussi) ou mon grand-père habitait et toujours travaillait.

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Giovanni Merloni, 2014

Il ne fallait qu’attendre — en compagnie de nos tantes aussi affectueuses que maladroites — la fin de ses interminables leçons de mathématiques.
Ensuite, il nous embrassait avant de nous conduire, de façon abrupte et péremptoire, dans la cuisine. Sur une porte condamnée, il y avait la trace inquiétante de nos grandissements incessants. Il utilisait un livre relié à la couverture obscure ainsi qu’un crayon pointu. Il nous obligeait à nous enlever les chaussures, à nous planter debout au sol en retenant le souffle. La cérémonie se terminait par un cri aussi brusque que comique : « Lève-toi ! » Nous fuyions de cette torture tandis qu’il traçait une ligne parfaitement étroite et qu’il écrivait à côté : G., un mètre vigt-deux, 8 avril 1953…

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Ensuite, la sévérité proverbiale d’Alfredo cédait tout à fait devant le tourbillon de nos coalitions croisées. Grand mathématicien, mon grand-père se trouvait toujours fort dépourvu devant la force du numéro deux. Mon frère et moi ; ma sœur et moi ; mon frère et ma sœur coalisés contre moi ou avec ma complicité. Quand ce n’était pas moi même celui qui prenait l’initiative. C’est le numéro deux qui fait sans doute la force ou la faiblesse du numéro trois.
Cependant, la présence d’esprit que les mathématiques (et le calcul combinatoire) ne lui suggéraient jamais, mon grand-père la retrouvait dans la langue de ses origines.

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Arrivé à Rome en 1913 à l’âge de quarante ans avec sa femme Agata et ses deux premiers enfants, dont la cadette avait juste quarante ans moins que lui, personne n’aurait pu s’en douter : mon grand-père maternel était un véritable Napolitain et il devait rester tel jusqu’à sa disparition, intervenue à l’âge honorable de quatre-vingt-douze ans.
Revenant au vacarme joyeux qui mettait en provisoire difficulté cet homme alors âgé de quatre-vingts ans, on doit reconnaitre qu’il avait pourtant une arme secrète.
« Chut, le pape fait pipi ! » disait-il de but en blanc, tout en posant le doigt sur sa bouche. Interloqués, nous nous taisions sans difficulté. Et il entamait alors une de ses rêveries…

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Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 6 janvier 2014

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Avant-propos (Le Strapontin n. 1)

30 lundi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes contes et récits

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Le Strapontin

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« Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize… »

C’est peut-être à cause de cette poésie inoubliable de Jacques Prévert que mon esprit anxieux a voulu découvrir une diabolique corrélation entre le numéro quatre et son multiple, le seize…
Ensuite, les incroyables coïncidences de la vie m’ont définitivement convaincu qu’il y avait une encore plus redoutable corrélation entre les années se terminant par quatre et mon destin personnel. Venu au monde le 16 octobre de 1945, j’avais 9 ans en 1954, 19 en 1964, 29 en 1974, 39 en 1984, 49 en 1994, 59 en 2004…
Avant de me rendre au Loto pour y jouer les trois numéros critiques de ma vie (le quatre, le neuf et le seize) je monte sur le strapontin de cet étrange véhicule qui m’attend en bas de l’escalier.
Celui-ci a la force prodigieuse de briser toutes les distances ; qu’elles soient spatiales ou temporelles, cela n’a aucune importance… Il m’accompagnera donc, comme un hippogriffe ou un tapis volant, dans ma frénétique recherche de sens…

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Giovanni Merloni, Le métro immobile, 2009

La liste serait longue. Au vol, puisque je suis déjà idéalement assis sur mon strapontin — aussi inconfortable que plein de ressources — je me souviens de quelques dates :
44 av. J.-C. Assassinat de Jules César
8 septembre 1474, naissance de l’Arioste, auteur incontournable du Roland Furieux
16 octobre 1793, décapitation de la reine Marie-Antoinette
Dans mon imagination, à chacune de ces dates des tumultes terribles se déclenchent. Ce sont surtout les voix humaines des victimes et des bourreaux, mêlées au vacarme d’une foule assistante. La naissance de l’Arioste aussi s’affiche dans mon esprit comme un événement prodigieux et redoutable, accompagné par les cris des hommes et des dieux.
Mais cela arrive bien avant que mon existence spécifique puisse en être concernée.
Au contraire, la rafle au ghetto de Rome du 16 octobre 1944 — accompagnée par les hurlements des barbares assassins et les cris désespérés d’entières familles surprises dans leur intimité — me regarde directement, même si je n’appartiens pas à une de ces familles ni à la grande famille juive. Ma sœur Barbara avait déjà huit mois ce jour-là et probablement depuis son lit de fortune (une vieille valise assez commode) elle aura ressenti les échos du dédain et de la consternation de mes parents devant cette action criminelle.
En famille, je n’ai pas trop entendu parler de ces moments horribles. Mes parents préféraient nous raconter les jours de la Libération, l’arrivée des soldats américains, ou alors le spectre de la faim, le marché noir et les longues évocations de plats aussi goûteux qu’inexistants.
Le récit de ce qui s’était passé en Europe, en Italie et à Rome je l’ai trouvé par fragments en romans inoubliables comme « Si c’est un homme » de Primo Levi et « L’histoire » d’Elsa Morante.
J’ai entendu plusieurs fois dans mon enfance et adolescence la répétition instructive des hurlements insupportables des bourreaux nazis qui symbolisent pour moi le pire délit contre l’humanité que des hommes aient pu perpétrer. Dès lors, à chaque enlèvement exagéré et violent de la voix, à chaque comportement ayant le but d’imposer un état de choses quelconque en dehors d’une claire et honnête discussion, j’ai peur.
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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

J’imagine… que la nuit entre le 18 et le 19 janvier 1945, dans la première chambre à gauche de l’appartement au deuxième étage de la rue Calabria 17, mes parents fêtèrent avec enthousiasme (et confiance dans le futur) le 38e anniversaire de mon père, sans se soucier de l’éventualité de faire cadeau d’un petit frère à leur enfant aînée.
Neuf mois après, juste un an depuis la tragédie du ghetto au centre de Rome, donc le 16 octobre 1945, je suis né dans le même appartement et probablement dans la même chambre où l’on m’avait conçu. Selon des témoignages assez synthétiques, dont je garde une vague, mais intense mémoire, mon hurlement de nouveau-né ne fut pas terrible. Je naissais sain, tranquille, juste un peu mélancolique, au milieu d’une famille positive et capable de rire, nonobstant les déchirures que le fascisme, l’occupation allemande et la guerre laissaient sur le fond de leurs esprits traumatisés.
D’ailleurs, le 25 avril l’Italie avait fêté la Libération et le 27 septembre tout le monde, dont mes parents bien sûr, avait vu « Rome, ville ouverte ».

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

1954
Un des souvenirs les plus touchants de mes huit et neuf ans se relie au bruit sombre du marché, à l’odeur forte des fleurs mourantes, à l’énergie de ma mère et des vice-mères qui m’emmenaient en long et en large dans ce quartier à l’apparence déjà vieilli rien que quatre-vingts ans après sa naissance. Mais, pas loin de cette place Fiume, où les voitures s’enchevêtraient dans des bouchons terribles, il y avait Villa Borghese. En cette année 1954 — marquant déjà une rupture inattendue dans mon enfance pour des raisons que depuis le strapontin je fouillerai peut-être par la suite —, ma famille dut laisser le quartier « umbertino » pour se déplacer dans un immeuble de coopérative qui venait d’être bâti dans la proche banlieue. Ce fut le brouhaha du déménagement, avec l’égarement de ma mère et le soulagement de mon père. Cela fut pour moi le premier changement radical de ma vie.

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

1964
Quand je touchai les dix-neuf ans, je venais de terminer mes cours au lycée. Ce fut alors l’année des décisions primordiales. D’abord le côté physique de l’amour, une obligation rituelle qu’il fallait exploiter comme un brave soldat. Ensuite, l’université, avec le choix de la faculté d’Architecture. (En 1964 ma famille fit un de ses derniers voyages collectifs et instructifs en France.)

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

1974
Quand je frôlais mes vingt-neuf, j’étais à Bologne. Là, ce fut le grand vacarme en noir et blanc du Palais d’Atlas où je travaillais, habitais et retrouvais tous mes liens amicaux et amoureux, ainsi qu’une petite et très accueillante famille…

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

1984
Quand j’eus la petite et brève sagesse des trente-neuf ans, j’étais à nouveau à Rome et j’accomplissais mon voyage à rebours en m’installant juste dans le même appartement que j’avais laissé quinze ans auparavant pour mes aventures de mariages. Ce déménagement ne marqua pas seulement le retour à la case de départ. Je ressentis déjà sous mon oreiller un bruit assourdissant qui annonçait des explosions encore plus graves !

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

1994
Quand j’atteins mes quarante-neuf, un nouveau palais d’Atlas en couleurs m’attira près de ses portes…
(Est-ce que tu t’aperçois, mon cher lecteur, qu’en me rapprochant d’époques plus récentes, je parle moins ? C’est de la réticence, à ton avis, ou alors c’est plutôt le contraire ? Une énième rupture, moins personnelle — collective, politique et sociale —, allait-elle s’installer, de façon dramatique ?)
Ce fut alors, en tout cas, que la liberté d’écrire se déclencha, en pleine et convaincue désobéissance aux dieux de famille.

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

2004
Au tournant des cinquante-neuf, plusieurs explosions avaient fait déjà des ravages partout dans mon esprit et dans mon âme.
En quoi m’avaient-ils aidé, dix ans d’écriture et de publications ? J’étais à la veille d’un énième changement, qui devait aboutir dans le déplacement définitif de l’Italie en France, de Rome à Paris.

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

2014
Je suis maintenant en voyage vers mes soixante-neuf, assis sur le même strapontin, obsédé par le même vacarme confus. Des voix, cette fois en plusieurs langues, se déplacent dans un immense Palais d’Atlas invisible et pourtant capable de prendre forme, assumant des couleurs, des nuances, des musiques…

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Entre Cap Ferret et Arcachon (juillet 1996, photo argentique)

Voilà, à partir du premier lundi de janvier 2014, Le Strapontin va commencer un voyage dont je ne peux ni ne veux fixer les proportions ou la longueur.
J’ai besoin depuis longtemps de m’adresser à une « personne neutre, invisible » pour essayer de parcourir avec sa bienveillance quelques étapes de mon existence. Parler du personnage que je fus et que je ne suis plus, qui a partagé parfois en témoin des passages mineurs (mais significatifs) de l’Histoire, qui ne voit pas d’ailleurs une véritable séparation entre sa propre vie et celle des autres.
Comment exploiterai-je un tel programme ?
Je le ferai toujours à travers de toutes petites choses. Un mot, une phrase, un petit récit, une expérience vraie, un rêve.
Les expressions qui ont accompagné une vie, à côté de choses vues : des films, des tableaux, des paysages, des gens.
Je ferai cela tout au cours de l’année 2014, suivant la chronologie, donc consacrant à peu près un mois relativement à chacune des années considérées.
J’imagine votre question : pourquoi ? Pourquoi se lance-t-il sur un strapontin avec cet « esprit du passé » ? Pourquoi ne s’occupe-t-il pas du présent ?
Réponse : d’abord, je crois que le passé revient toujours à gâter les fêtes du présent. Il faut donc le connaître pour s’en défendre, avant de l’ensevelir avec une pierre autour du cou.
Ensuite, j’ai besoin de ranger mes choses, de faire ordre dans mon logis avant d’y recevoir des personnes exigeantes et valides.

Je me suis d’ailleurs proposé, pour le 2014, la publication du Strapontin, avec les poèmes et d’autres textes brefs, en considération de l’expérience du Portrait inconscient au cours de cette année 2013.
Expérience très positive, qui m’a fait, en tout cas, bien comprendre une chose. Tous les genres de texte ne sont pas adaptés à la publication sur un blog.
Je crois maintenant que le blog est surtout un lieu de rencontre entre l’exigence du blogueur (qui propose un récit, une réflexion ou un rêve) et celle du lecteur, anxieux de trouver chaque fois quelque chose d’original et d’authentique. Le blog est d’ailleurs moins adapté à la publication de romans qu’à l’hébergement de récits journalistiques. D’ailleurs, il est impossible « écrire en direct », en fonction d’un plan organique.
Par contre, le blog peut aider beaucoup à ranger-réorganiser certains matériaux, comme les poésies ou les contes par exemple, dont l’adaptation au rythme du blog ne me semble pas trop dangereuse.
Donc, ne vous dérangez pas si je range mes choses, même à travers les petits textes qu’on peut lancer depuis un très incommode strapontin !

Giovanni Merloni

écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 30 décembre 2013

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