le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

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Archives de Tag: Ossidiana

Pour le reste de ma vie, 1975 (Ossidiana n. 61)

22 mardi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

002_recollets 02 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Pour le reste de ma vie

I
Je voudrais prendre un bain
dans une cascade,
qui gratte les cendres
de cette guerre,
qui dissolve
l’embarras de tes mots
la boue des marais
les excréments
des pigeons morts,
qui lave enfin
le vomissement et le sang
de ma peur de pâtir.

J’aimerais bien m’emparer
à nouveau
de mon corps sans poids
de ma peau sans couleur
de ma tête sans nuages.

Car je désire t’étreindre
au milieu d’arbres légendaires
dans un tableau de Léonard.

Je suis prêt désormais
à jouer avec ce feu
qui nous avait attiré
autant de risques,
qui nous avait incrusté
autant de blessures.

Encore une fois,
je me décide à me perdre
dans le rocher solide
de ton regard
dans la pagaille avide
de ton souffle
dans les ellipses brûlantes
de tes bras.

003_recollets 03 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Pour le reste de ma vie
je garderai ce sourire
qui me rend compréhensif
et même complice
des événements imprévisibles
qu’une existence nouvelle
ouvrira brusquement
telle une porte inhabituelle
où s’invitera la tempête
de soleil et de vent.

À l’orée de cette vie, j’aspire
à l’ordre de cristal d’une maison liquide
transpercée par un soleil vert.

Je n’attendrai que toi,
fleur jaillissante
au milieu d’un bouquet
d’intentions sauvages,
unique lectrice sage,
capable de retrouver
dans mon livre tristounet
ce que tu y avais
farouchement emprunté,
ce que tu y avais
distraitement glissé.

004_recollets 04 180

Bar d’été en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

II
Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui théorisent
leurs provisoires équilibres
de tout ceux qui sans freins
font rebondir leur angoisse.

Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui font arme de tout
pour nous traîner,
inévitablement, ailleurs.

Il faudrait se tenir à l’écart
de tous ceux qui sans bornes
aiment la vie.

Il faudrait se tenir à l’écart
de personnes comme moi
et comme toi.

005_recollets 05 180

Bar en plein air dans l’enclos des Recollets (Paris Xe)
siège de l’Ordre des Architectes français

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

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Des mots abrupts, 1975 (Ossidiana n. 60)

16 mercredi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_cappelli dodo 180

Moi aussi

Moi aussi je peux avoir mon sens,
mon profil rapide
avec
une tête et une queue.

Amertume ce n’est pas mélancolie

Amertume ce n’est pas mélancolie.

Amertume c’est la blague insensée
qui nous tombe dessus
le jour où notre passion, obtuse,
roule à terre.

Amertume c’est la force
de se regarder dans une glace.

Amertume c’est la hardiesse
inébranlable
de scruter l’inutilité retrouvée
et le vase, jamais comblé,
de notre soif d’amour.

002_danzatori scoloriti

Chaque jour est le premier et le dernier

C’est quoi la beauté ?
C’est quoi la douleur?
Chaque jour est le plus beau,
mais aussi le plus triste.

C’est quoi la jeunesse ?
C’est quoi la vieillesse ?
Chaque jour est le premier
et aussi le dernier.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Nous habitons dans un hôtel, 1975 (Ossidiana n. 59)

13 dimanche Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_photo cèze più gérard 180 Nous habitons dans un hôtel

Nous habitons dans un hôtel.

Notre terrasse
est la terre lisse
d’un désert qui brûle.

Notre jardin sans mur d’enceinte
est l’herbe piétinée
d’un particulier débonnaire
qui nous hébergera
jusqu’à l’aube.

Nos habits décousus
glissent sur l’asphalte
tandis que nous courons,
bras dessus bras dessous,
tels deux étranges clowns,
tout en disant adieu
à ce bringuebalant foyer
désormais lointain.

002_ossi_nuova 180

Peut-être, un jour

Peut-être, un jour,
un chevalier inexistant
tout à fait indifférent
te ravira
par un galop désinvolte
et des fumées de poussière
autour de tes portes de pierre.
Au milieu de la cendre rouge,
sa plume pervenche
traînera à terre la statue de chaux
de nos déchirants monologues.

En l’attendant,
ton corps nu,
coupant le nœud qui nous liait
bousculera la dune
révélant, entre nous
cet étrange désert
de solitude
où se cache la force oubliée
de nos élans d’amour.

Et pourtant,
juste hier, tes mots assiégés
couraient autour de mes yeux
dans la chambre ensoleillée
d’un ring sous les projecteurs.
Dans cet enclos jamais conquis,
nus, nous nous caressions,
sans jamais penser
sans jamais gravir la tour jusqu’en haut.

Et pourtant
par un geste élégant
ce galant chevalier inexistant
m’a rendu son costume,
son heaume ensanglanté,
ses gants poussiéreux. D’ici peu,
la fissure de ton regard
va traverser l’enclos d’ombre
de mon envie de combattre
ressuscitée
prête à hurler.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Le même enthousiasme distrait, 1975 (Ossidiana n. 58)

07 lundi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

003_ossidiana doppia 180

Le même enthousiasme distrait

Bien entendu, les lieux sont là
soumis à la même ombre sournoise
avec leurs images officielles,
leurs sourires hébétés
indélébiles
sous les éclairs d’une presse distraite
qui sait tout, avant d’arriver.

Bien sûr, d’autres fées
joyeuses manipulatrices
aux silhouettes charismatiques
briseront ce même air vieillot
cette même ombre courtoise.

Bien évidemment, les lieux mêmes
même s’il auront changé
même si abimés ou embellis
ils auront inscrite quelque part
notre voix chancelante
en train de vivre ou prête à mourir
au passage.

Bien volontiers j’y reviens
même si tu ne le fais pas.
Bien allègrement tu y raviras le vent
même si je ne serai pas là.

Chacune de ces pierres
et de ces plaques souillées
se souviendra de moi et de toi
imprégnés jusqu’à la moelle
du même enthousiasme distrait.

001_ossidiana 003 180

Tu as rendez-vous au centre-ville

Tu as rendez-vous au centre-ville
au bout d’une rue de boutiques allumées.

Au demeurant,
sous le soleil,
le feu dans l’estomac,
nos mains traînent
sur le bord flou
d’une étrange liberté.

Avant le couchant
les couleurs dessinent
tes formes somnolentes
s’emparant
comme autant de nébuleuses
de ton pas rapide
vers un point lointain
où je t’attends.

002_ossidiana 004 180

Petite fleur accrochée à mon costume

Petite fleur accrochée
à mon costume
coquille rose
pour mes cailloux blancs
abeille souveraine
abeille travailleuse
cigale vagabonde,
elle est ma caresse «liberty»
au milieu des bruits sourds
d’une vie
de plus en plus violente,
Ossidiana.

Giovanni Merloni

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J’ai décidé de t’écrire, 1975 (Ossidiana n. 57)

01 mardi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_j'ai décidé 003 180 J’ai décidé de t’écrire

J’ai décidé
que je ne ferai rien
pour me souvenir de toi
(car cela est inévitable)
que je ne ferai rien non plus
pour t’oublier
(car cela est impossible).

J’ai décidé
que je fermerai avec soin
la porte définitive
du silence,
laissant au dehors
les bilans inutiles
les vaines élucubrations
à propos
de ce qui nous est arrivé
ou alors
de tout ce qui aurait pu
nous arriver
si nous étions blonds,
comme tu dis,
et plus intelligents,
et pourvus d’un esprit libre,
plus aigu, civilisé.

J’ai décidé
que je serai costaud
que je ne me ferai pas
écraser ni meurtrir
que je lutterai encore
pour être moi même.
Je le ferai pour toi
je le ferai contre toi.

J’ai décidé
que je ne cesserai
de regarder dans ta chambre
au milieu du couloir.

Oui, mon regard sera oblique
et mon cœur éclatera
en te voyant de profil,
intense, prête à exploser,
mais
j’ai décidé
que je ramasserai
quelque part la force
de t’adresser un jour
la parole
laissant mes mots abrupts
se mêler
à tes mots poignants
toutes les fois
que nous aurons envie
de parler de tout ce qui nous reste
en commun
de l’étrange destin de l’amour
de tout ce qui ne cesse de vivre
dans nos corps rejetés.

J’ai décidé
que j’arroserai au jour le jour
le fleur impétueux
de ton absence.

J’ai décidé de t’écrire
télégraphiquement
que je vivrai seul
volontiers
que je ne serai plus pressé
ni précipiteux
ou, comme tu dis,
lourd et maladroit,
que je ne me jetterai pas
à la poubelle
que je ne te maltraiterai
surtout pas.

J’ai décidé
que je ne croirai pas
à tes retours de flamme
ni à ta nostalgie tardive
mais ce sera toujours
trop fort et injuste
pour moi
décider d’un seul trait
d’effacer ton prénom
je ne le ferai jamais
même le jour
fabuleux et lointain
où je t’aurai oubliée.

Giovanni Merloni

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Tu es toutes les femmes, 8 mars 1975 (Ossidiana n. 56)

24 lundi Août 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015 (1)

Tu es toutes les femmes

Tu es toutes les femmes
qui serrent les mimosas dans la neige
courant à la rencontre de la vitre gelée
d’une démocratie boiteuse,
prêtes à briser le mur
du consentement préfabriqué.

002_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es la femme nouvelle
qui a vomi le conformisme
au milieu des chiffons usés
d’une rhétorique pourrie.

003_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es la quintessence
de la sagesse indienne,
tu es une sorcière
majestueuse et légère.

004_toutes les femmes 180

Sauve (Gard), été 2015

Partisane non-violente
de la destruction de l’enceinte
tu es prête à l’attaque
contre les habitudes
nous empêchant de grandir.
 

005_sauve 05 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es une égratignure
sur la peau bronzée, un sourire
au milieu de transparences colorées.

006_sauve 06 180

Sauve (Gard), été 2015

Tu es l’enivrement
la passion étrangère
la forme nette
et le son résolu
d’un nouveau rite
ou d’un monde
d’étranges paroles
qu’un jour j’arriverai,
peut-être, à comprendre.

Giovanni Merloni

(1) Juste à la fin de mes vacances, j’ai pu connaître ce pays magnifique grâce au conseil amical du poète Marcel Taude que je remercie du cœur.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

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Pendant ces jours, 1975 (Ossidiana n. 55)

31 vendredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes contes et récits, mes poèmes

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Ossidiana

IMG_3001

Des évocations inexpliquées

Encore, je ne sais pas m’habituer à l’idée qu’il y aura des vacances. Brèves ou longues, je ne sais plus si quatorze jours d’absence c’est peu ou beaucoup, ces vacances dans le sud de la France seront en tout cas un temps différent, dépourvu de connexions, loin de ma petite tour où tout semble facile et accessible.
Dans ce temps, donc jusqu’au 16 août, ceux qui s’accouderont sur le portrait inconscient trouveront immanquablement cette poésie en vers libres, parfois très proches de la prose. Encore une fois une poésie ressuscitée, sortie d’un tiroir récalcitrant et poussiéreux. D’autres vacances, un bref séjour à Rome venant de Bologne d’il y a quarante ans à peu près. De là jaillit une espèce de point d’interrogation auquel je veux me consacrer les prochains jours. Est-il opportun et correct de revenir avec une telle insistance sur un passé désormais révolu, sur deux personnages, un homme et une femme, qui ne s’y retrouveront pas, parce qu’ils ont traversé une vie entière dans des mondes éloignés qui ont énormément changé, à différentes vitesses l’un de l’autre ? Et cette incohérence narrative, cette absence totale de précisions historiques, sont-elles conformes à l’idée, largement partagée par la plupart des lecteurs, selon laquelle notre vie est un théâtre ?
Et, même admettant que le personnage-narrateur devenu à présent vieux et inutile ait vécu, dans son âge meilleur, plusieurs vies, où est-il le dénouement de chacune d’elles ?
Dans mon for intérieur, je doute. À la veille de chaque publication, j’ai peur que le précaire équilibre de cette « liaison dangereuse » avec le passé, jouée par le biais d’évocations inexpliquées, précipite de but en blanc avec l’idée même de la poésie. Heureusement, le matin suivant il y a toujours quelqu’un qui trouve dans un mot ou dans une phrase un écho à ses propres chagrins ou joies cumulés…
Peut-être, je vous enverrai de temps en temps quelques cartes postales sans le timbre, pour vous dire bonjour…
Pour de nouvelles lectures, au revoir lundi 17 août ! Ciao !
G.M.

IMG_3016

Deux frères, Lello et Lellina (mon père et ma tante), Rome 1925

Pendant ces jours

Pendant ces jours
comme un déporté
dans une île heureuse
je me laisse distraire
par les rires des femmes
aux colliers colorés
qui m’ont vu naître
qui m’ont appris
à raconter des fables
à moi même.

Pendant ces jours
j’épuise, avec plaisir,
le va-et-vient bizarre du temps,
les préparatifs longs et gais
offusqués pourtant
par cette voix sombre, décalée
accrochée aux lustres
m’annonçant les caprices
de la vie et de la mort.

Pendant ces jours,
enfant prodigue je reviens
à la maison paternelle,
où jadis l’on m’exhibait,
timide, curieux,
convenablement habillé,
où naguère j’apprenais
en silence
de mon père la leçon
de ma mère la façon
de m’en sortir,
j’y sirote maintenant,
comme un enfant malade,
le rituel de la fête,
l’explosion des hurlements,
les fuites et les poursuites
dans les couloirs.

Et pourtant,
pendant ces jours,
combien devient-il difficile
de rêver à toi
à la femme que j’aime,
à ton parfum, à ton rire !
Impossible de me souvenir,
ici, des abris
de bois et de paille
de nos étreintes adultes !

Pendant ces jours
en quête de ton ombre,
de la lueur de ton nez,
j’avance péniblement
dans l’obscurité de plomb
m’offrant en exclusive
de sentiers impraticables
de gestes au ralenti
de mots mesurés et meurtris
qui taisent et offusquent le mieux
de nous deux.

Où sont-ils
nos cœurs suffoqués ?

Ça devient le jeu
du chat et de la souris,
les retrouver ici
nos silhouettes pulsantes
au milieu des gâteaux
des étoiles filantes
des rideaux fleuris.

C’est une dure partie
c’est de l’escroquerie
c’est une loterie,
tout comme dévider
un nœud de cordes
ayant le vent de sable
dans les yeux
ayant le vin brûlant
dans l’estomac.

Il faut bien espérer
après les vacances
qu’on sera encore heureux.

003_san pietro 180

Giovanni Merloni

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La longue écharpe de tes mots, 1975 (Ossidiana n. 54)

29 mercredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_lumineuse - copie La longue écharpe de tes mots

La longue écharpe de tes mots
sages
délicats
discrets
inépuisables
court à la dérobée,
puis d’un coup s’arrête
s’enfouissant parmi des colonnes
aux mille couleurs.

Tu gèles l’atmosphère
autour de toi
pour t’y vautrer
comme tu le ferais
dans une niche.

On dirait que tu te cloîtres,
et pourtant tu triomphes
des troupes ennemies
à cheval d’une gazelle
ou d’un mot de rébellion
subite.

On dirait que tu t’évanouis
comme un vêtement de voyage,
que tu deviens petite
comme une carte postale,
que tu te désagrèges
comme un adieu
et pourtant tu te recomposes
tout entière
sur les nattes de mes bras,
insouciants comme les tapis dorés
d’un indomptable
héros vaincu.

002_sombre 180

Giovanni Merloni

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Dans un instant je pars, 1975 (Ossidiana n. 53)

26 dimanche Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001a_entrées et sorties def 180

Giovanni Merloni, Entrées et sorties, gouache 2015

Dans un instant je pars

Dans un instant je pars.

Dans une poche décousue
je vais cacher
mon amour sérieux
mes élans maladroits
ma passion difficile
pour une femme
magnifique.

entrées sorties part

Au-delà des montagnes
je me surprendrai à gaspiller le temps
dans une autre ville
assis au beau milieu
d’un endroit bruyant
de moteurs et de gens.

De temps à autre
je lèverai les yeux
pour retrouver
dans le va-et-vient
des ombres étrangères
mes mêmes pas inquiets
mes mêmes regards
hantés par la solitude.

Je verrai défiler
dans une foule de corps inconnus
mes journées et ma vie
répressives ou fuyantes
dans un rêve qui sera
pour tout le monde
identique.

Giovanni Merloni

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Un train d’ombres, 1976 (Ossidiana n. 52)

24 vendredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_bologna portici 180

Un train d’ombres

Un train d’ombres
court au ralenti
sur la feuille blanchie
d’un rêve évanoui.

Un train de regards
s’accoude sur le parvis
sur les gestes engourdis
sur les vêtements hardis.

Un train de mots
raconte l’air hébétée
le corps désespéré
des épousailles ratées.

La douleur est une paralyse gelée
dans le lit vide de la nuit
où je poursuis les murmures illisibles
de ta bouche.

Giovanni Merloni

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