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Archives de Tag: Zazie

Le reste de cohérence des élucubrations et des rêves (Zazie n. 39)

28 jeudi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_scan_du jour 006 180

Le reste de cohérence des élucubrations et des rêves

Elles me confortent
ces traces au crayon,
ces allègres pirouettes
sur de feuilles qu’on jette,
cette extrême indulgence
pour le reste de cohérence
des élucubrations
et des rêves.

Elle me protège
la prison où mes envies
et mes illicites manèges
se bornent à embuer
la baie vitrée du monde.

Elles me font compagnie
cette lamentation introvertie
cette confusion affreuse
cette solitude embêtée.

Elle me rassure
la perspective bien tracée
d’un voyage solitaire
parmi les ivrognes
les démunis, les misérables
les fougueux paladins
de vaines batailles
au milieu des branches
affaiblies et fanées
d’un bois de carton-pâte.

002_scan_du jour 007 180

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Il est libre celui qui meurt libre (Zazie n. 38)

25 lundi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Il est libre celui qui meurt libre

Il est libre
celui qui s’adapte à demeurer seul
au milieu des autres,
celui qui sait choisir ses amis
ses compagnes, ses camarades,
celui qui sait garder un secret,
celui qui sait comment
en quelle mesure
se charger
de ses propres responsabilités
du chaos
de notre société
de ses équilibres défavorables
de la répression
qui serpente partout.

Il est libre
celui qui ne franchit pas
ses limites,
celui qui ne part pas,
qui ne songe pas
aux coups de théâtre
aux lettres qui tuent
aux chantages
aux vengeances
aux silences définitifs,
celui qui sait comment
parler à son corps,
celui qui apprend
au fur et à mesure
à se caler
dans la lutte
dans la découverte
de mondes nouveaux,
celui qui réussit à garder
son identité exquise
sans payer le prix
de liens visqueux
avec le monde.

Il est libre
celui qui vit
avec détachement,
celui qui travaille, lutte
s’engage, partage
rencontre les autres
avec détachement,
celui qui évite
soigneusement
de traîner les autres
de les manipuler
de s’imposer.

Il est libre
celui qui se déshabille
de la violence,
celui qui regarde la réalité
droit dans la gueule
avec courage
et détermination,
celui qui essaie
de tirer au clair.

Il est libre celui qui meurt
libre.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Rien que des vers (Zazie n. 37)

20 mercredi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_nient'altro 180

Rien que des vers

Rien que des vers
longs, en lambeaux,
coulant
vers le fond de la terre,
roulant
jusqu’au bout de la vie,
accueillant
les envies de mon âme,
l’hérésie de mon corps.

Rien que des vers
en sanglots
ou en colère,
sous forme
de train obscène,
de cravate à la hâte.

002_nient'altro 180

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Les péripéties d’une lettre (Zazie n. 36)

20 dimanche Déc 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_péripeties 01 180

Les péripéties d’une lettre

Lettre indirecte
et inapte, qui ne saurait jamais
atteindre ton domicile.

Lettre circonspecte
traversant hyperboliques
circonstances,
entrant et sortant
d’infinis bureaux de poste
s’éparpillant par tous les coins
de la planète.

Lettre falsifiée à Utrecht
par des facteurs indiscrets.

Lettre d’un architecte
trahissant son dialecte
son âme d’emporté
et son esprit violent
prêt à glisser, abject
au bout d’un long sentier
précipitant d’emblée
dans l’abîme de l’été.

Lettre incorrecte
tombant en débandade
sur tes petites mains blanches
lors d’une gaie promenade
sur les prés du dimanche.

Lettre abjecte
dont une lectrice correcte
reprocherait l’haleine
et les mots d’insecte :
« Te l’avouer je dois
j’ai débridé mes veines
en étouffant mes peines
sur un chemin infect
qui m’éloignait de toi ».

Lettre sans intellect
rien qu’un jour qu’elle est partie
que sa course est bien finie.
Je demeure en asphyxie
en devinant tes doigts
méfiants et timides
ressuscitant l’émoi
de nos anciennes missives
jaillissant de la chair vive
de nos étreintes morbides
et de nos feux de joie.

Lettre ou collecte
d’arguments sans queue ni tête
rebondissant par vagues
des tréfonds de nos spectres
incrédule tu la déchireras
à l’expéditeur tu la renverras
enveloppée dans une bague
l’accompagnant d’une blague
alambiquée et directe
accouchement illégitime
de ta fantaisie évaporée
de ton affect magnanime.

002_péripéties 02 180

Giovanni Merloni

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La nuit où dormir n’était pas possible (Zazie n. 35)

08 mardi Déc 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_fermare macchina def_19.05.2013 _740 Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte « Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

La nuit où dormir n’était pas possible

Les yeux écarquillés
devant l’image obsédante
d’une vitrine de bar
cassée par les coups
de la mitraille

la tête tournante
au milieu de ces gens familiers,
éternellement assis
à la terrasse de mon quartier

pourvu qu’ils restent assis,
du moins jusqu’à la fin
de leur conversation,
j’ai interdit mes oreilles
de se clore, et me suis entêté
à l’écoute des propos
et des rêves
qu’ils se confiaient
agréablement, fébrilement
avant que la rafale arrive
lâche, serpentant
au hasard des décombres
de la rue sombre.

002_atterrissage_plage def_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

Les yeux ouverts
devant l’insoutenable défilé
de ces corps enveloppés
de cette liste de noms
et d’espoirs égorgés
j’ai rêvé, avec eux,
d’une Europe
réconciliée avec son histoire
décidée à cesser
de se plaindre
ou de prétendre

j’ai songé, avec eux,
d’un grand pays
travailleur
où les jeunes
s’engageaient promptement
pour le grand ravalement
des innombrables biens
que l’Europe détient
de Lisbonne à Mamaia
de Rovaniemi à l’île de Crète

j’ai passé en revue, avec eux,
une lourde liste de vieilles usines
éparpillées dans l’Europe
devenant par prodige
de nouvelles industries
ouvrant leurs portes
aux jeunes inspirés
enthousiastes, créatifs.

003_tableau ou fenêtre def_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

J’ai imaginé, avec eux,
une Europe solidaire
avec de dignes patrons
des ouvriers assidus
des syndicats actifs
et responsables.

J’y ai vu, avec eux,
des lieux de travail
des débats
des grèves
des repos
des vacances
des voyages
à la découverte de l’Europe
de cet immense trésor
autour de nous
sous nos pieds.

J’y ai envisagé, avec eux,
des trains, permettant à nous tous
d’habiter n’importe où
de nous rendre
n’importe où.

J’ai ajouté, avec eux,
la banale hypothèse
de remettre debout
les villages reculés
abandonnés, détruits.

J’ai conçu, avec eux,
des Arts et Métiers
nous apprenant
à jouer de nos mains
sur d’autres claviers.

Enfin, j’ai fantasmé,
avec eux, au sujet d’une Europe ordinaire,
que l’ordi aiderait
à s’affranchir des pièges
de ses privilèges.

Ô combien je désire
me réveiller sous le ciel
d’une Europe
se réveillant à son tour
de ce long cauchemar américain,
d’une Europe sans armes,
pacifiste,
offrant à chacun un abri
un travail, une famille
l’insouciance des bistrots
des pizzas
des kebabs
des sushis,
des musiques du monde !

004_rêver à table 19.05.2013_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

Pour que nos frères humains
ne disparaissent pas en vain
j’ai rêvé un train de roulottes
où l’émacié Don Quichotte,
notre guide souverain
nous amenerait, bienveillant
jusqu’à l’abri sans appas,
mais confortable et sain,
des moulins à vent.

Giovanni Merloni

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La lumière du Siècle des lumières

20 mardi Oct 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Valère Staraselski, Zazie

001_hélène verdier 180

Lors de mon récent anniversaire, en signe de sympathie et d’amitié, Hélène Verdier m’avait envoyé sur Twitter cette « carte postale » que j’ai beaucoup aimée. Je ne sais pas précisément de quel édifice il s’agit, si nous avons affaire à un immeuble résidentiel ou à une école ou alors à des bureaux. Ce qui me touche ici, c’est le contraste entre l’enfermement de ces fenêtres, longues et étroites comme la visière d’un heaume, et la lumière qui de l’extérieur pénètre partout où elle veut, arrachant de ses gonds tout ce qu’elle touche…
Il ne s’agit pas de la lumière qui inonde les toits de Rome, ni de la lumière « facile » qui brûle la campagne en dessous de la fameuse ligne invisible marquant la séparation entre le nord et le sud du monde, deux univers climatiques différents et incapables de se comprendre réciproquement jusqu’au bout. Cette lumière est pour moi la lumière de la « Ville lumière », Paris. Ou, plus précisément, c’est la lumière du Siècle des lumières…

Je préfère
la lumière régulière
inondant la clairière,
effleurant le mystère
de tes genoux de couturière
de tes cheveux de laitière
de tes yeux de boulangère.

Je me désaltère
à la fraîche lumière
coulant telle une rivière
sur ta robe légère.

Elle m’indiffère
la lumière sans repères
d’une apprentie sorcière
fomentant la colère
de ma peau prisonnière.

J’adhère
à la sombre atmosphère
d’un bistrot de frontière,
à la loi solidaire
fraternelle et libertaire
que réveille la lumière
d’une ampoule solitaire.

Pourtant je considère,
à la lueur du réverbère,
le grand siècle de Voltaire,
cet immense cimetière
de prouesses extraordinaires
de pères et de mères,
de voix vivantes, familières
pourrissant dans leurs bières
oubliées par la lumière
de notre grisaille amère.

(Je suis en train d’achever la lecture d’un roman passionnant de Valère Staraselski, « Une histoire française, Paris janvier 1789 ». Dans ce livre j’ai trouvé, respectivement au commencement et à la fin, deux messages l’un de Voltaire et l’autre de Rousseau, qu’aujourd’hui seraient peut-être lancés sur un blog méconnu ou alors dans des SMS, avec la prière de les faire circuler.
Dans une inquiétante convergence, Voltaire et Rousseau considèrent la Révolution française comme inévitable déjà au début des années 1760.
Quelque part dans la géographie et dans l’histoire de la planète on découvre, plus rare, une composition pacifique et démocratique des contradictions et des injustices. Il est sûr et certain que notre planète est à nouveau traversée par des conflits de plus en plus terribles que l’homme ne réussit pas à maîtriser et que ces splendides lumières, dont nous devrions être tous intimement réchauffés, ne réussissent peut-être pas à illuminer…)

Mais…
Une lumière naguère prisonnière
est sortie maintenant de galère.
Elle avance, en colère,
affichant sa beauté printanière
en dessous de nos phalanstères.
Une lumière pionnière
descendant de la gouttière
jusqu’à la porte cochère
touche mon âme aventurière
inspirée des paroles sincères
de Rousseau et Voltaire !

« Tout ce que je vois jette les semences d’une révolution qui arrivera immanquablement, et dont je n’aurai pas le plaisir d’être témoin. Les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent. La lumière s’est tellement répandue de proche en proche qu’on éclatera à la première occasion ; et alors ce sera un beau tapage — Les jeunes gens sont bien heureux, ils verront de belles choses. »
Voltaire à M. le marquis de Chauvelin, le 2 avril 1764

« Vous vous fiez… à l’ordre actuel de la société, sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet. Les coups de sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d’en être exempt ? Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions… Je tiens pour impossible que les grandes monarchies d’Europe aient encore longtemps à durer ; toutes ont brillé, et tout État qui brille est sur son déclin. J’ai de mon opinion des raisons plus particulières que cette maxime ; mais il n’est pas à propos de les dire, et chacun ne les voit que trop. »
Jean-Jacques Rousseau, L’Émile ou de l’éducation Livre I, Partie Ii, Chapitre XXVI, 1762
.

Giovanni Merloni

L’amour toujours, toujours l’amour…

16 vendredi Oct 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, mes poèmes

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Zazie

001_lectrice 3 180Lectrice de Michael Peter Ancher,
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

L’amour toujours, toujours l’amour…

A — L’amour toujours ?
B — Toujours l’amour.

A — Donc, cela remplit vos jours !
B — C’était, au contraire, des accidents de parcours
Des moments impromptus venant à mon secours.

A — Je croyais que pour vous ce n’était que velours…
B — Vous me reprochez toujours ma chère Pompadour !
Mais c’est vous qui m’avez appris l’amour !

A — Alors, dites, sincère, c’est quoi, pour vous, l’amour ?
B — S’éclipser au sommet de la tour…
Faufiler la tête dans le four…
Entendre nuit et jour un orchestre de tambours
Se brûler la cervelle au milieu du carrefour
Chanter des mots idiots, déguisés en troubadour
Sachant bien que l’amour ce n’est pas un calembour…

A — Croyez-vous vraiment qu’il existe, l’amour ?
B — Je crois bien sûr qu’il a existé, et j’attends son retour.

A — Mais si vous êtes seul, malheureux tous les jours
Pourquoi sourire au monde, avec des mots d’amour ?
B — Si je voyage souriant dans ce monde sans contours
C’est pour guetter de près la mort, ennemie de l’amour.

A — Ne voyez-vous pas qu’on s’en fiche de votre cour ?
B — Je ne cesse d’expliquer à qui esquive l’amour
Qu’il ne faut pas prétendre des plaisirs sans amour
Ni profiter de la gloire, sans amour
Ou aussi d’une couronne d’épines, sans amour.

A — Que pensez-vous d’obtenir, avec « votre » amour ?
B — Rien. Juste une tasse de thé et des petits-fours !

Giovanni Merloni

002_lectrice 1 - copie

Lectrice de Pierre Bonnard,
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

Lors d’une récente publication concernant une poésie d’amour, j’ai reçu un tout bref commentaire qui m’a intrigué : « Votre prédisposition à l’amour toujours, toujours l’amour, est une belle ouverture sur votre altérité. (1) »
Tout en admettant qu’il y a peut-être dans mon blog un « excès d’amour », surtout pour ce qui concerne mes textes poétiques, j’ai profité de cette suggestion pour me poser une question, qualitative et quantitative à la fois.
J’ai d’abord réfléchi à l’extrême difficulté, dans un blog, de fournir une image cohérente de soi, ayant pour conséquence une distribution équilibrée des différents propositions et thèmes. La nature même des blogs, tout en nous poussant à « montrer » des textes sous l’emprise de l’urgence, n’aide pas trop à organiser, sélectionner, en un mot administrer ce qu’on est en train d’écrire au fur et à mesure.
Lorsqu’on publie un livre sur papier, par exemple — du roman au recueil de poèmes ; de la récolte de contes aux récits autobiographiques — on est forcés à sélectionner en fonction d’un thème, d’un but narratif ou alors, tout simplement, d’une longueur de pages fixées par l’éditeur après un examen sévère des textes manuscrits.
Dans mon cas, à part les quatre romans publiés en Italie (dont le dernier en vers), avant de m’installer à Paris, je n’avais publié qu’un livre de poésie (« Il treno della mente ») qu’on trouve ici en version française sous le titre « Le train de l’esprit ».
Mon éditeur italien, Gaetana Pace, précocement disparue, en 2010 — une femme charismatique, énergique et sensible à la fois, poète elle-même —, avait insisté pendant des années pour que je réorganise mes poésies en vue d’ultérieures publications. Malheureusement, les pièges de mon travail se soudèrent alors à d’autres circonstances de la vie, interrompant ce circuit vertueux…
Or, en publiant dans mon blog les poésies dont j’avais raté la publication sur papier, je ne me suis pas trop investi d’une véritable sélection ni d’un travail éditorial accompli. En fait, le caractère de « work in progress » du blog m’a déconseillé de le faire et, d’un coup, la paresse d’avant le blog, qui rimait bien avec sagesse, a été remplacée par l’urgence du web, synonyme d’auto-indulgence…
D’ailleurs, en publiant, jour après jour, les poésies que j’avais écrites pour Ambra, Nuvola, Stella et Ossidiana, par exemple, je ne me suis pas chargé d’accrocher à mon mur un placard adapté, pour y expliquer qu’il ne s’agissait pas de recueils poétiques achevés, mais plutôt d’évocations symboliques de contextes poétiques et d’endroits de la mémoire où mes poésies — ou billets ou lettres — ont déroulé plusieurs fonctions. Ces récoltes évoquaient en définitive moins les vraies histoires que la façon de se produire de chaque rencontre, de chaque adieu. Ou alors, tout simplement, on y repérait les traces d’un travail intérieur incessant pour essayer d’entraver le chagrin, la douleur pour l’absence, le désespoir, la déception…
D’ailleurs, ces encadrements dans de différents contextes n’expliquent pas grand-chose au sujet des personnages à plusieurs facettes qui traversent ces endroits et ces histoires différents. Comment se peut-il qu’ils soient toujours joyeux ou souffrants et, en même temps, inexorablement fidèles à l’idée de l’amour comme but et moyen unique pour s’en sortir ? Est-ce que ces personnages évoluent vraiment, avec le temps ?
Ce n’est pas à moi de répondre, mais, si je n’abandonne pas les poèmes appartenants à des époques forcément révolues, je devrai bien sûr me poser la question de la distance à mon personnage, à celui qui écrivait au fur et à mesure ses textes, ayant pour la plupart, sinon la forme, la substance de missives directes, voire de lettres d’amour, dans le but de faire un choix : celui de décider si je vais être tout simplement le traducteur ou le passeur de ces émotions et états de l’esprit ; ou alors si je vais assumer jusqu’au bout ce que j’étais en stricte relation à celui que je suis maintenant.
G.M.

003_lectrice 4 (1) 180

Lectrice de Jan Mankes (1911),
image empruntée à Laurence  (@f_lebel)

(1) J’ai retrouvé par hasard une intéressante cotation du philosophe George Marinier à propos de l’altérité dans l’amour : « L’amour ne détruit pas l’altérité, il l’intensifie au contraire, mais en la transformant (…) L’amour implique une certaine altérité, non pas une altérité de l’ordre du lui, qui est exclusion, mais une altérité de l’ordre de toi, qui est réciprocité de présence. » G. Madinier, Conscience et amour, pp. 96-97 (Foulq.-St-Jean 1962)

Rêveries corsaires, 2015 (Zazie n. 33)

04 vendredi Sep 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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002_B 180

003_C 180

Éventail de circonstances
Devant le rectangle lumineux :
Wagon-lit arrêté juste avant qu’on entre en gare ?
Avez-vous une cigarette ?
Rêveries d’impatience ?
Danses invisibles ?

Hors d’ici :
Ombres blanches d’opaline,
Prairies sans éclat,
Paroles enchevêtrées
Et lointaines,
Rêveries corsaires.

004_D 180

Giovanni Merloni

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Va-et-vient (Zazie n. 32)

21 vendredi Août 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

photo 03

Cascades de la Cèze (Gard) 

Va-et-vient

I
Va et vient
Alourdi par l’absence d’un mot.
–
En quête de nouveaux prétextes
Tremble son pied sur le fil d’eau.
–
Va et vient
Interloqué, inquiet, incertain
Ensanglanté par le scandale
Ne sachant plus comment
Trahir encore sa vérité.

001_cèze 01 180

Cascades de la Cèze (Gard)

II
Va et vient
Anéanti par l’évidence d’un mot
–
En quête de la page blanche
Tombe son geste sur le bord de l’eau.
–
Va et vient
Infatigable, insaisissable, incohérent
Enchaîné jusqu’aux hanches
Ne sachant plus comment
Trouver le fil jaloux de son envie.

003_cèze 03 180

La Cèze (Gard)

III
Va et vient
Arpentant le souvenir d’un mot
–
En quête d’oubli sans sagesse
Tourne son ombre se noyant dans l’eau.
–
Va et vient
Immobile, inapte, illusoire
Enthousiaste jusqu’aux sandales
Ne sachant plus comment
Tisser de louanges sincères à la vie.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

 

Je devrais désapprendre (Zazie n. 31)

07 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_paris à moi 180

Je devrais désapprendre

Depuis des années j’apprends
le Paris de tous,
le Paris de quelqu’un,
le Paris de personne.

Pendant ce temps, je me rends
à l’idée qu’un jour s’éveillera
parmi les toits et les portes en bois,
pour me dire « je te comprends »
le Paris à moi.

Que dois-je faire
pour que tu deviennes
ma ville amie,
ma sœur et compagne,
mon court ou long
large ou étroit
trottoir
pour passer au-delà ?

De quelle façon dois-je me contenir
pour que tu sois
vraiment convaincue
de m’offrir une chaise,
de m’écouter, même
distraite, tout en faisant
la vaisselle ?

À quel régime dois-je me soumettre
pour que tu acceptes
ce corps retardataire
échappé pour un poil
à une douloureuse défaite
ce cerveau boitant
qui ne se souvient plus
où il a caché
ses glorieux trophées ?

Quel costume dois-je endosser
pour que tu m’invites
dans tes salles de lustres
de cheminées et de glaces
dans tes jardins pétillants
malgré mon statut de handicapé
de rustre naufragé
de la terre ferme ?

Quelle langue invisible dois-je apprendre
pour que tu te résignes
à m’adresser la parole
en te promenant
le cas échéant
sur l’autre trottoir
au-delà de la rue ?

002bis paris à moi part 2

Je devrais désapprendre
mon dialecte tendre,
mon abrupt destin,
mes paysages italiens
en plus d’une liste
de béquilles ancestrales
et de vices d’artiste.

Ou alors, garder la différence,
le décalage, l’air vieux et sage
traversant ces miroirs
tels de sombres passages
ou de riches tiroirs
pour y exploiter, à l’infini,
ma coutumière double vie.

Giovanni Merloni

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