le portrait inconscient

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Archives de Tag: Ambra

Mémoires de la plateforme (d’un bus), 1964 (Ambra n. 36)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_bus 000 180

Mémoires de la plateforme (d’un bus)

I
Je me souviens, elles me passionnaient
les lugubres routes de chaque jour
(dans les allers-retours des bus
bourrés de jeunes femmes
brunes aux étranges coiffures).

Elles m’étaient indispensables
comme de mauvais rêves
ces navigations interminables
d’où jaillissaient, inattendues,
des vies simples et sincères.

Étourdis par la lumière de métal,
agrippés à des gens
sans équilibre,
bouleversés par les arrêts brusques,
nous n’avions pas envie
de nous réveiller.

002_bus 002 480 NB

Dans cette boîte
de sardines verticales,
il y avait toujours quelqu’un
effeuillant patiemment
son énorme journal
prêchant à l’opposé de mon idéal.

Et pourtant,
c’était une consolation,
pour moi, ce moulin
quotidien, cet amas épais
de corps divers
me laissant ressentir
au fond de moi-même,
tel un plaisir suprême,
ma solitude extrême !

003_bus 003 480 NB

J’aimais vraiment,
au jour le jour, observer
les moindres soubresauts
de ces gueules disparates
qu’un hasard
de vent et de soleil
avait assorties.
J’adorais
les entendre discuter,
débiter, s’emporter
au sujet triste ou narquois
de n’importe quoi.

004_bus 004 480 NB

II
Lorsque, traînant ton haleine
de dentifrice, tu montais
toi aussi, petite,
sautillante,
sur la plateforme branlante,
il ne te suffisait pas
de t’accrocher à mes gestes,
car tu t’accaparais, indocile,
de tous les regards
sans d’ailleurs négliger
les plus reculés.

Quand tu étais là, mon cou
devenait un périscope,
mes bras n’étaient
qu’une triste rambarde,
tandis que mes mains tournaient
à vide, comme une matraque
rabougrie.

005_bus 005 480 NB

« Ne sommes-nous pas pareils,
nous aussi ? »
tu disais, agacée, en scrutant
mes doigts éperdus.
Tu ne me supportais pas
(dans les allers-retours des bus
bourrés de jeunes hommes
blonds aux étranges lunettes),
et pourtant, en causeur inlassable
j’espérais tout de même
de te vois ravisée
en reconnaissant (à peu près)
un petit progrès
dans mes cogitations :

« Je ne sais pas quoi
envisager
pour pouvoir rencontrer
tous les jours
ces mêmes personnes.
Je ne sais pas quoi donner
pour finir écrasé
dans l’étreinte mortelle
au milieu d’un gros lard
en train de lire son bouquin
et d’une sœur espagnole
en train de lécher une glace ».

À présent, je me souviens bien
de ton incrédulité.

006_bus 006 480 NB

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

 

Toi qui passes toute seule, 1964 (Ambra n. 35)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_toi qui passes 180 bleu

Toi qui passes toute seule

Toi qui passes toute seule
à côté de ce mur…

« Juste pour toi
(t’en souviens-tu ?)
je volais les fleurs au vent,
les étoiles au ciel ;
pour toi j’arrachais
des poignées de mouches.
Ce petit rien je l’échangeais
avec ce grand rien
que c’est l’amour. »

Maintenant, tu passes
toute seule
à côté de ce mur
sans jamais te retourner
en arrière
ni en haut.

Qui sait si tu te rappelles
que je peux te voir
passer
depuis la sombre fente
de la tour croulante.

« Juste pour toi,
moi je marchais
ou alors je courais,
en te poursuivant
avec le cadeau intéressé
d’un baiser. »

« Je n’avais pas peur
de ton refus éreinté,
pour toi je m’astreignais
à ressembler
comme une goutte d’eau
à ton ombre. »

002_toi qui passes

Tu marches toute seule
mais je sais qu’un beau jour
il y aura quelqu’un d’autre,
empressé à ton flanc,
encombrant
comme une ombrelle,
fastidieux
comme une ombre.

Je ne pourrai plus t’espionner
au passage.
La brique démontée
devra retourner
à sa place. Je serai seul.

Mais qu’importe,
je t’ai eu
par ce peu
par ce petit rien volé
à la fleuriste
au forgeron
au vase de nuit
au talent d’un baiser,
ce baiser
que tu as donné
juste à moi,
juste une fois.

003_toi qui passes 180 rouge

Toi qui passes toute seule
à côté de ce mur,
ne tourne pas ton visage
volage, ton regard
myope, dans la quête
inutile
d’un baiser d’amour
désormais reclus
au milieu d’un cœur
perdu.

Giovanni Merloni

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Non, 1964 (Ambra n. 34)

07 mardi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_invece di correre a casa 180

Giovanni Merloni, 2013

Non

I.
Un bouquet de fleurs,
une violette au milieu
de fleurs de pêcher,
un adieu fleuri,
un geste violet.

Un douloureux NON
et deux yeux langoureux
verts, bleus
impitoyables, humides, las
puisque nous avons cru
nous dire tout
une vérité vraie et une fausse.

Des yeux verts, des yeux bleus
voudraient encore
me ramener
à nos corps repliés
enchevêtrés
à nos réalités
quotidiennes.

II.
Des yeux verts, des yeux bleus
se laissent dire NON

tandis qu’une énorme bouche
avale de milliers
de bouquets de violettes
dans une nuit-NON

et que je préfère
me combler d’infâmes pensées
plutôt que rentrer
à la maison.

occhi verdi occhi azzurri 62055 - copie

III.
Au commencement, à la fin
il n’y aura que tes yeux
même dans le NON
d’une immense solitude.

Des yeux verts, des yeux bleus
cacheront ton étoile
brillante
voltigeant sur ma mort.

Ton regard vert et bleu
descendra sur mon corps
désolé

tandis que
le dernier soleil blanc
descendra dans tes yeux.

IV.
Un bouquet de fleurs,
une violette au milieu
de fleurs de pêcher,
un adieu fleuri
un geste violet
vert et bleu
dans une nuit-NON

tandis que moi
je vais me combler
d’infâmes pensées
plutôt que rentrer
à la maison.

Giovanni Merloni

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Idole de la nuit, 1964 (Ambra n. 33)

02 jeudi Jan 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_idolo della notte 180

M.C. Escher (1898-1972), Het Palais, La Haye, Hollande

Idole de la nuit 

Idole de la nuit
ton rite à toi
c’est le vent soufflant
parmi les cannes.

Mon amour, quand je partirai
le temps se repliera sur soi-même.
et je laisserai
cette lettre sculptée
libre de siffler derrière le train.

J’étais avec une femme,
je dessinais son visage
péniblement
(toujours elle m’interrompait)
je lui parlais des étoiles de l’Ourse
du train sifflant sur les champs
labourés par des hommes bons
(elle me voulait fort
plus costaud d’un soldat).

Un jour justement il pleuvait
et je pleurais, à verse.

J’aurais été heureux
si je n’avais pas eu le souci
de la songer sereine
tandis qu’un sillon gris
(au contraire)
brisait le front de mon idole.

002_procida005 180

Île de Procida (Naples)

Au loin, un nid insaisissable d’aigles
ici, des pas de plomb.
Parmi la paille et le foin
de mes ancêtres
je t’ai cherché, en vain, sans te trouver
Ambra, idole de la nuit.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome, 2000 2000 — ISBN 88-86600-77-1

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Le matin gris frappe aux rideaux de fer, 1964 (Ambra n. 32)

22 dimanche Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_le matin gris 180

Le matin gris frappe aux rideaux de fer

I.

Le matin gris
comme un bâton de bois
frappe aux rideaux de fer.

Les sirènes
déchirant les ombres au passage
vont tuer le passé.

Et pourtant les murmures
des platanes atteignent
mes oreilles.

Dans un matin de bois ou de fer
orphelin de mon passé
je meurs
fusionné avec le mirage
d’une sirène de passage
descendue sans murmures
d’un platane gris.

002_ipergraffita Iphoto 180

Giovanni Merloni, décembre 2013

II.

La terre sera détendue
tu parleras de mes rêves
tu les jetteras dans la corbeille.

La terre de mes souvenirs
sillonnée par des lignes arrachées au ciel
sera triste.

La terre aura tous le noms
et le tien.

La terre où je m’endormirai
dans la mort indolore
sera détendue.

Notre mère va pleurer, dommage.

Reviendrai-je, par la mort que toujours j’attends
à l’insouciance rêveuse de cet enfant
meurtri ?
à la force amoureuse de cette jeune fille
blonde ?

Giovanni Merloni

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L’aube rentre dans le fleuve, 1964 (Ambra n. 31)

21 samedi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

quercianella plage 180

L’aube rentre dans le fleuve

L’aube rentre dans le fleuve
et le gouvernail la brise.

Détendu sur l’onde de lumière
ne faisant qu’un avec la barque
ton corps nerveux se liquéfie.

Mais pourquoi je t’y emmène
et que je n’ai pas lié, ô sirène
un caillou noir à la corde
et la corde au cou ?

Le soleil brille sur la grève
tandis qu’une fumée jaune se lève
depuis la cheminée d’une usine
à pic sur les rochers roulants.

Deux bouches se rencontrent
puis elles se détachent
puis elles fusionnent encore.

Mais pourquoi je t’ai laissé monter
et que je ne suis pas encore mort
définitivement mort, ne faisant
qu’un avec le caillou noir et la corde
sur le fond jaune du fleuve ?

Giovanni Merloni

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Quand tu n’es pas là, 1964 (Ambra n. 30)

20 vendredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_striata 180

Giovanni Merloni, 2013

Quand tu n’es pas là

Quand tu n’es pas là
renfermée à la maison, malade,
le matin incertain
ne sait pas s’acheminer
parmi les faibles lueurs
de lourds réverbères.

Une étrange langueur
enveloppe mes gestes, paralyse
mes pas
traversés par les gens
qui galopent.

Au milieu du goudron
et des verres brisés,
ton absence éloignée
me dérobe à jamais
de mes élans les plus
désinvoltes
de mes rêves
les plus obscènes.

La journée s’enveloppe,
déjà lasse et malade
(elle aussi)
tout autour de son pivot
inutile.

Et là-haut, indéchiffrable,
tu voltiges
juste au coin d’une fenêtre
fermée.

Lorsqu’arrive le soir
c’est trop tard pour rêver
ou revivre
le pendule habituel
de nos corps surveillés
embaumés, épuisés
par nos dialogues difficiles.

Et pourtant s’achemine
ce désir vain et farouche
de courir à la rencontre
l’un de l’autre
en nous jetant dans le corps à corps
de ce besoin spontané
de donner sans attendre
de prendre sans attendre.

002_scaletta bis 180

Le soir est arrivé
d’une journée qui a fait grève.
Tout le monde va se rendre
dans sa tanière
(comme tu le fais)
tout le monde se régale
des bilans de joie et douleur.

Je voudrais m’effondrer,
m’étendre
dans un lit de carton.
Mais la ville me précède,
m’apprêtant l’obscurité.

Il ne reste que de sauter là dedans
noir dans le noir de cette affreuse obscurité
emportant avec moi cette journée à oublier.

Je ferme les yeux, sautillant
sur les traces timides
de lueurs meurtries.
Saignant, baissant la tête,
j’appareille
par un brusque coup de queue
la splendeur
d’un nouveau jour
coloré par tes pas désinvoltes
bouleversé par le bonheur
de t’avoir finalement
capturée
dans ma biaise perspective
d’amour.
003_scaletta 180

Giovanni Merloni

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Nous attendons, 1964 (Ambra n. 29)

19 jeudi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_pattinatrice Iphoto 180

Giovanni Merloni, 2013

Nous attendons 

Nous attendons
que la coquille s’ouvre
et que les mains se resserrent
tandis qu’Amour et Psyché
se déshabillent
et que le vent éparpille
leurs miasmes divins.

Nous attendons
que le bateau nous débarque,
tandis que les nuages noirs
au-dessus du lac
se déchirent jusqu’à détendre
ton regard froncé.

Nous attendons
qu’une caresse parfumée
efface la grisaille
de ton visage, de ton cou
de tes lèvres
et que ta peau redevienne
un fruit insaisissable.

(Nous attendons
même si le soir des amis indifférents
cogne violent, déplacé
contre les vitres barrées
de mon costume.)

Nous attendons
que le vide s’épanouit
dans un air plus serein
que nos corps
cessent de se mesurer de travers,
dans la maladroite alternance
de rires excessifs
ou de larmes
exagérées.

Nous attendons
que ce lit juste fait
héberge un rêve de cheveux blonds
nous emmenant brusquement
dans la douceur soudaine
d’un calme douloureux
et pourtant capable
de dissoudre
par un banal déclic
ce vieux nœud
lourd et insupportable.

Nous attendons
(tout jugement suspendu)
que ce nuage d’angoisse
surplombant sur nos gestes figés
s’évapore
tandis que notre animalité
sombre et susceptible
se détende au soleil de l’été.

Nous attendons
enfin cette petite liberté
de chanter le beau de la vie
de saisir le sens de la vie
(moi et toi. sans mères ni pères
affranchis de leur façon de s’habiller).

Nous attendons.

002_senigallia 180

Giovanni Merloni

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Tu me parles en anglais, 1964 (Ambra n. 28)

18 mercredi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

004_indovina 180

Tu me parles en anglais

Ensemble nous regardons ce ciel de cendres
tandis que nos voix arrivent de très loin.

Tu me parles en anglais
tandis qu’un petit lanceur d’innocentes fusées
frôle dangereusement le train.

— Une fois j’y vins avec ma mère
la terre, plus creusée, semblait mouvante.
Je jouais à cache-cache derrière les briques
et elle me poursuivait tout en riant…

Il est vraiment pénible ce que nous nous taisons
tandis que les pressentiments, comme des nuages
voltigent déjà parmi les hauts-de-hurlevent :
— I like the spring, of course… –
C’est comme si tous ces enfants nous regardaient
et notre corps fût trop lourd pour bouger…

Il est bien triste un ciel de cendres
accroché sans façon à de remparts de ciment.

Juste au loin on pourrait enfin saisir
les pins dans leur vent :
— Je ne trouve plus rien à regarder.

Un sillon bien visible sépare tes yeux
de ton front pâli, tandis que ton menton
pointe en haut. Tu exprimes
tout ce qu’en descendant ici
pas du tout tu ne m’expliquais
même en anglais.

Le ciel s’effondre dans les mottes
par une myriade de lucioles désemparées
je n’aurais jamais cru
que ma chair même
me serait devenue indifférente
et mes yeux odieux
et toi… tu, inutile !

— Quand nous atteindrons
piazza di Spagna
ne t’arrête pas aux vitrines,
aux klaxons
aux bras et jambes
en dessous des tables,
poursuis droite !
Ne te tourne pas
et sois sûre qu’il y aura
éternellement, derrière toi
mon amour profond
et pourtant provisoire
comme ces cendres
entre les pins et le ciel !
Adieu…

Nous marchons vers le centre,
extrême banlieue
d’un grand amour.
De plus en plus poignantes
et obsessionnelles
les lumières rebondissent
de la rue aux fenêtres
jusqu’à ce que le soir s’arrête,
vidant le pavé sous tes pas.

Je suis seul. Vive la mort
qui nous touche encore jeunes !

Giovanni Merloni

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Je sais que je l’aime, 1964 (Ambra n. 27)

17 mardi Déc 2013

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

001_so di amarlo 180

Giovanni Merloni, 2013

Je sais que je l’aime

Je te jure que la même Musique
allumée dans nos refuges lointains
se faufilera, dans une aube taquine,
dans nos esprits hautains
nous prenant dans un piège d’épines.

Elle :

Je sais que je l’aime.
Pourtant, ses lettres
arrivent lointaines,
comme s’il n’avait plus des yeux
pour me chercher.
Je ne sais pas me dire
pourquoi
je ne le poursuis encore
dans quelques étoiles
ni pourquoi
je ne verse des larmes pour lui,
dans les plis gris d’un soir sans voiles
tandis que
mes lèvres muettes
ne cessent de lui dire Amour.

Mais,
contre les vitres je désespère
en découvrant— quelle galère ! —
qu’il ne me manque pas.

Là-bas, très loin
(dans la chambre de nos tourments)
il se réveille à l’aube,
déjà coupable,
en quête de ses haillons,
impatient d’écrire pour moi des mots d’amour
en vain.
(Car il ne sait pas m’aimer.)

(Elle ignore
qu’il va bientôt retrouver
la clé perdue.)

Lui :

Dans la Musique elle revient
se recroqueviller dans ma chambre
(dans un après-midi de tourments).

Dans la Musique ses yeux reviennent
grands et distraits, son parfum
de piscine, sa voix exaltée.

Dans la Musique belle et damnée,
les longues heures d’attente ont perdu leur poids.

Certes, une seule chanson
ne peut pas effacer sans façon
le souvenir douloureux
d’un écho mal placé
d’un pied piétiné,
d’un rythme raté
et de la peur surtout
d’étreindre jusqu’au bout
le corps de la vie.

Mais,
vestale inséparable de cette Musique
(qu’à l’infini recommence)
je prétends maintenant, même au loin
qu’elle écoute, qu’elle rie, qu’elle danse
inséparable, elle aussi,
de ce tourbillon de voix et de sons
explosant partout à cette heure.
Jusqu’à ce qu’elle chante au petit monde
le jour heureux — ô joie immonde —,
où explosa pour nous deux, par hasard,
le destin d’un amour doux et hagard.

Giovanni Merloni

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