le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

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Archives de Tag: Luna

La maison d’Atlas (Luna, 1977)

21 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_Uno a 180 La maison d’Atlas

La maison d’Atlas
les décolorées scènes de chasse
les gestes hermétiques
des chevaliers en rose
des dames blondes en noir
les soirs accoudés sur le puits de la lune
les tresses les roues l’escalier de glace
les ronces et le sang dans la formaldéhyde
les récits terrifiants
les chiens raides morts, blancs
enveloppés au dessin des étoiles.

Le cri d’une insupportable torture
d’une vie glorieuse,
d’une mort douloureuse
les cortèges bordant les fossés
le bavardage des statues
les saints moqueurs, les diables moqués
le film des bannières, des icônes
l’histoire habillée de cire
ta bouche violette
ta taille de guêpe
tes yeux tristes et doux
le labyrinthe de nos fleurs de papier
les longues sinueuses colonnes
comme des treillis dans le ciel
le provisoire, le définitif
le calme des marais
l’embarras des sorciers
le chuchotement des poètes
les sphères d’eau du futur.

002_Due 180

Je te charge sur mon char de foin
je souffle sur tes lèvres délicates
le soupir frais du couchant.

Le séisme des émotions profondes
de cette étreinte délirante
de cet enchevêtrement ardent
tandis que je ris pleurs hurle m’afflige
que j’observe derrière un verre opaque
l’amour naissant, l’amour mourant
et ce continu vis-à-vis avec le hasard
que devient ma vie.

Giovanni Merloni

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Au début, tu flânais (Luna 1977)

19 vendredi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_1977 Genova 180 Au début, tu flânais

Au début, tu flânais
de ton air bien discret,
tel un hôte,
au milieu de ces murs
ébranlés.

Rien ne t’échappait.

Puis, en quête de repères
tu es devenu confident
de ton père
homme ardent,
mais enchaîné,
incertain, même prostré
par ses mille corvées,
interminables conséquences
d’actes
enthousiastes et distraits.

Tu es marrant
tel un petit singe
intolérant
de la trop juste tanière
de ton coussin velu.

Vers le ciel,
tu as griffé la fenêtre
comme un drôle d’oiseau
voltigeant sur les mains.

Ton sourire
me désarme à tel point,
que de près je suivrai
tes cabrioles
sans poser de questions,
maladroit compagnon
de visqueux labyrinthes
qui s’étiolent.

002_1977 Genova 180

Giovanni Merloni

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Prague 1977 (Luna, 1977)

15 lundi Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001 prague 180

En 1977, vivant encore à Bologne — que je ressentais intimement, malgré les changements évidents, comme le berceau de l’avenir et l’horizon lumineux de toutes les libertés — j’eus envie de partir à Prague, avec ma nouvelle fiancée, qui allait devenir petit à petit la compagne de ma vie. On était alors encore en pleine division de la planète en deux et Prague, ville occidentale par excellence, représentait un phénomène tout à fait particulier au milieu de cette fascinante et abrupte diversité que le nom « Est » nous évoquait. L’invasion soviétique de 1968 était encore très vive dans la mémoire des habitants contrariés ainsi que des visiteurs, d’ailleurs assez rares, qui essayaient de comprendre quelque chose. On était tous, les citoyens d’Europe en particulier, dans un tournant politique et existentiel dont on n’avait qu’une vague conscience. On croyait bien sûr tout savoir, tout avoir compris, nous étions d’ailleurs anxieux de changer, de saisir au vol… le relais de ce merveilleux printemps de Prague qui pouvait — tout comme le soleil de l’avenir qu’on couvait dans la docte Bologne — nous indiquer peut-être une route moins brutale et tragique par rapport à ce qui s’est passé, au contraire, au lendemain de la chute du mur de Berlin. En 1977, l’espoir de l’Europe unie était bien vivant et partagé. Et pourtant, au cours de cette inoubliable « descente sur les lieux » nous n’avions pas vu des drapeaux aux couleurs foncées ni de haillons éventant la colère juste ou l’indomptable espérance…

002 prague 180

Prague 1977

Prague.
Dans le miroir de la ville submergée
a glissé mon voyage.

Prague,
dans la terre morte
d’un Hadès brûlant, purifié
la ville ressurgit, telle une relique intacte
de rois, de guerres, de chevaux,
de drapeaux, de trophées, de carillons.

Prague,
depuis cette scène désolée
elle ne se détache pas contre mon ciel
la crête noire des clochers disneyens.

Prague.
Sur les cendres et les sables de l’horizon,
tels des cheveux, flottent
les morts et leurs vestes,
tandis que la foule
écrasée par un ciel de rochers,
la foule braquée,
éternellement en fuite
au milieu d’un cauchemar d’oiseaux nocturnes,
elle se réduit à un seul homme
écrasé, engourdi, rabougri,
en retrait.

Prague,
c’est un rituel incohérent,
un fort nord-américain saccagé par le soleil.

Prague
est encore un monde de canards assassinés,
un lit en plein air, affligé par le vent glacé,
une sombre chimère qui ne se laisse pas avoir.

Prague
est le souffle chaud de gestes réitérés
traversé par l’écho de radios poussiéreuses
d’enquêtes inquiétantes et inutiles.

À Prague
Je suis entré avec une fausse clé, en plein jour,
à l’heure où tous les gens sont morts.

Prague,
vide de ses habitants,
glisse sur ma gorge palpitante
avec toute sa foule d’escaliers grimpants,
d’arcades basses, de grilles dorées.

Prague
est la scène douloureuse de l’amour qui naît,
de l’amour qui meurt.

Prague
est la ville qu’Ulysse
ne réussit pas à rattraper.

003 prague 180

Giovanni Merloni

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Telles des planètes grises, violettes (Luna, 1977)

14 dimanche Juin 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_planètes 180

Telles des planètes grises, violettes

Telles des planètes grises, violettes,
absorbées dans les entrelacs
de maigres tendons de crachat,
nos têtes vaguent éradiquées,
nos yeux deviennent mous,
nos cheveux blancs ou jaunes
s’accrochent au grand œuf de bois
d’un cerveau raidi au milieu des cailloux.

Telles des planètes lancées dans le vide,
derniers échos de vacarmes infinis,
nos mémoires brouillées
sont désormais indéchiffrables
entre nos corps sans poids,
entre nos vies sans sens.

Telles des planètes ressuscitées
réapparaissent nos corps
l’un après l’autre
dans une approximation progressive :
l’écorce devient feuillage ;
les aubes gelées, les paletots, les écharpes
s’engourdissent sur nos cous,
mes lèvres glissent sur ton visage
et au-dessous de mes touffus sourcils
brillent tes yeux.

Telles des planètes glissant de nos mains,
nos gestes s’élancent dans un vide obscur
où la lumière de l’amour s’éternise
où l’ombre de l’étreinte
tremble au milieu de nos corps,
le mien et le tien,
se répétant à l’infini, comme dans un film
interplanétaire…

Giovanni Merloni

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Tierra prometida (Luna, 1977)

02 samedi Août 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_je t'attends b iPhoto - copie

Giovanni Merloni, Interno magico, Juillet 2014

Tierra prometida (1977)

I
Une poésie,
une boule de papier,
un nuage
de présages
colorés.

Étendue
comme un journal,
ton image violette
ouvre et referme
ses yeux de chat.

Un dessin ridicule s’installe
dans mille tracts jaunes.

Un avion de carton
déchire le temps
parmi mille cerfs-volants,
mille lits défaits,
mille baisers.

002_tierra pro iPhoto 180

II
Toi, une petite porte
ouverte sur une terrasse
envahie par une lumière
blanche.

Toi, des fleurs et des
paperasses sur ta robe,
entre tes jambes.

Toi, au milieu
des ruines rouges
et des nuages gris.

Toi, tu es un beau geste,
un doux film,
un grand gala,
une kermesse
héroïque. (1)

Toi, la tête lourde,
le rire nerveux
tu traînes au milieu
des restes en plastique
d’un après-midi
stupéfait.

003_tierra part iPhoto 180

III
« Tierra prometida ». (2)
Tu as de la terre entre tes dents.
Tes cheveux sont les racines
d’une traversée infinie
depuis ma peine d’hérétique
vers les bruits lents de la vie.

« Tierra prometida ».
Les chaînes ont été brisées.
Le vent s’est arrêté,
suspendu
au-dessus de nos longues
pantomimes.
Friand de vérité,
je te saisis, je te caresse.
Tu es la cendre
des histoires tuées, tu es le sable
de châteaux de lumière,
tu es le corps nu
de la vie.

« Tierra prometida ».
Le drapeau est décousu,
les papiers demeurent en désordre,
le drap reste engourdi :
depuis cet angle
où les eaux ne sont pas
claires, un homme seul
s’efforce de te comprendre.

Giovanni Merloni

(1) La Kermesse héroïque, film franco-allemand réalisé en 1935 par Jacques Feyder
(2) La Tierra prometida, film de Miguel Littin (Chili, 1971)

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avant l’amour – 1960-1965 ambra – 1966-1971 nuvola – 1972-1974 stella – 1975-1976 ossidiana – 1977-1991 luna – 1992-2005 roma – 2006-2014 paris
écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 2 août 2014

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Épousailles (Luna, 1983)

21 mercredi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_épousailles NB 180

199_Épousailles (1983)

Une fête c’est une fête
et chacun en avale la tête
le corps, l’élégant costume,
les bras, les jambes
et même l’invitation.

Et pourtant l’invité
ami ou parent
tout à fait retourné
voudrait se rebeller
à la suite endurée
assez rapide et rituelle
des épousailles fêtés.

Des commentaires imaginaires
sont gravés en bandes dessinées
sur les murs, sur les nombreuses
tables dressées
ainsi que dans le canapé
où demeurèrent longuement piégés
quelques invités dépaysés.

« Depuis longtemps les deux
vivaient ensemble .
il a deux fils
le bon homme,
il a demandé pardon,
il s’est calé dans le fond
réparer l’égout et le pétrin ;
elle l’a toujours aidé
et peut-être elle l’a aimé. »

« Certes, la fête solennelle
ce n’est pas honnête
du tout, il y aurait fallu
une séquelle plus discrète
expliquant aux gens
les choses bien connues,
juste pour qu’on répète, enchantés
la fête qui s’est passée. »

« Quelle joyeuse banalité,
une fête que chacun s’attend
et prévoit… Oui, cela demande
du courage, l’esprit d’un sage
ainsi qu’un coup d’œil jeté
sur ce monde sans âge. »

Ô messieurs un peu ennuyés
ô très gentils invités
pour être arrivés
pour nous avoir aidés
pardonnés, enviés
ou soigneusement notés,
vous êtes tous dans nos cœurs
remerciés.

Mais nous deux
plus légers
pour autant de sourires sincères
pour des mots d’intelligence
parfois sous-entendus
pour cet événement encombrant
et titubant (qui pourtant,
par enchantement,
s’est dissout au soleil)
nous avons encore
une belle malle de secrets
à sauvegarder, ou révéler.

C’est quoi d’ailleurs une fête,
sans mystères ?

« Voyons, n’ayons pas peur
si la vie a été dure,
le mariage consommé en avance
et ce duo de jeunes époux
a été plusieurs fois rencontré
tandis qu’ils déjeunaient sur l’herbe
ou jouaient à quitte ou double
ou faisaient un carton
avec engagement
dans les prés de la fête. »

« Le mystère inconnu
c’est savoir comment
ait pu plaire
l’ordinaire brouillon
à la belle potelée. »

« Ni jamais l’on ne saura
si durera
l’amour à lui pour la musique
l’amour à elle pour les monstres
et l’amour des deux, un peu obsédé
pour l’écran du ciné… »

002_1983 matrimonio 180

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 21 mai 2014

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« 1978 » (Luna, 1978)

20 mardi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

tutti c'hanno da fare001

« Tutti c’hanno da fare ! » (1)

« 1978 »

Téléphoner à Nemi,
attendre le soixante-quatre,
imaginer le métro
dans le noir et le marbre
gravé d’inscriptions,
attendre l’entrée, attendre la sortie,
rire, plaisanter. Sourire,
imaginant comme nous serions
si nous n’avions que les gestes.

Téléphoner à côté, téléphoner loin,
voltigeant dans une chambre vide,
perdre le stylo
et imaginer les couleurs
où envelopper les statues mortes,
les mémoires abandonnées.
Monter les marches de chez toi,
léger, serein, juste un peu fatigué,
bien habillé, bien déshabillé.

Téléphoner depuis une cabine souillée
dans un dîner interrompu
dans un brouillard refoulé
imaginant les amours passés
qu’un corps nouveau traverse.

Téléphoner à la nuit
qui sonne toujours libre.
Se découvrir ou se couvrir
parce qu’il fait froid, même ici.

Marcher dans la ville nouvelle
sans atlas, sans le chuchotement des amis
imaginant d’être confus
imaginant d’être seul
imaginant d’être partout.

Giovanni Merloni

(1)
Tout le monde a quelques choses à faire ! On court ici et là. Des rendez-vous ratés, des sursis, des écroulements. Finalement, à la maison, on allume les télévisions et les ordinateurs (rarement les compact disc pour écouter de la musique) en se plongeant dans la routine autistique : scanner, envoyer les mails, décharger depuis internet, retoucher les photos ou les dessins avec des filtres colorés, jusqu’à la perfection. Le fragment est parfait. La femme dort — alléluia — et l’ami peintre… « Mais, que me veut-il ? Il ne lui suffit pas d’être peintre ? »

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 20 mai 2014

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Où est-tu, Bologne ? (Luna, 1989)

15 jeudi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_abbraccio 180

Où est-tu, Bologne ? (1989-2014)

Glisse sur mon front épuisé
le train émilien, creusant
de nouvelles rides de sable, suffoquant
les sons et les gestes
dans un volumineux souffle
d’air jaune, pénétrant
dans les labyrinthes coincés
de mon esprit courbé.

Glisse dans mes mains tendues
une sueur subtile et légère
ainsi que l ‘émotion rapide
qu’un seul mot évoque.

« Où es-tu Bologne ? Où es-tu,
lumière coupée dans la pierre ?
Gribouillis d’ombres et de voix
que deviens-tu ? Et moi, où suis-je ?
Où vais-je enfoncer mes yeux,
mes dents, mes moustaches ?
Où sont-elles les arcades et les ruines ?
Les bancs publics et les gestes brusques ?
Où sommes-nous, maintenant ? »

002_bologna 001 180

Bologne est ci-devant,
dans le livre universitaire
d’une jeune fille silencieuse ;
ses maisons sont là
derrière cette remise en briques
au-delà de cette rue anodine
de périphérie voisine.

« Je relis sur ta bouche
un soupir que juste un peu
(pendant un moment interminable)
j’ai emprunté, saisi, savouré,
englouti, avant de le ségréger
dans mes jambes, dans mes bras
dans mes mains. »

003_piazza santo stefano NB

Oui, je m’en souviens, de là
serpentent les rues et les places
de mes promenades solitaires
de mes attitudes étrangères…
lorsque je fixais, à la hâte
au-delà des vitrines,
juste les robustes mollets
de la belle boulangère…

« Je relis et je réécris.
Incertain si je dois regretter
un long instant sensuel, ou alors l’une
de tes piquantes paroles.
Où es-tu Bologne ? »

004_1979 bologna (103) 180

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 15 mai 2014

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Encore une fois (Luna, 1980)

14 mercredi Mai 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Luna

001_primo maggio 2009 001 180

Encore une fois (Bologne, 13.6.1980)

1
Encore une fois, je me penche,
imitant la courbe violette
du petit partisan de bois
et, la tête en bas, perçant
la faible écorce de la vitre,
j’entre dans le ciel d’une ville
où des hommes pensifs
sautillants (un peu suffisants)
piétinent les toits.

Encore une fois,
étonné que cela existe encore,
je referme la longue fenêtre
porteuse d’un matin de soleil
dans la chambre assez vieillotte
qu’on m’a prêtée.

« Madame gentille, comment pourrais-je
vous expliquer cela ?
Je ne suis plus ce chandail rouge
Cette paresse exterminée, imperméable,
cette éruption gutturale
d’embuscades héroïques
et de tactiques d’amour ;
je ne suis plus, désormais
le scrutateur alangui
s’attendant la vie et la mort
depuis l’image craquelée,
à peine réfléchie, de fées adoucies
par mon chuchotement
désarmé et fraternel ».

(Ici nous jouions aux étoiles ;
ici, angoissés, nous trahissions la révolution
de plus en plus glissant
au fond de couvertures odorantes ;
ici nous montions, à rebours,
dans l’âpre et délirant non-sens
de jours inattendus ;
ici ça tournait au jeu de massacre).

002_primo maggio 2009 003 180

2
Tout est perdu, sans remèdes.
Certes, si j’avais été une fourmi
j’aurai tout rappelé,
catalogué, exposé,
même les petites nuances
de ce qui reste non dit, non vécu,
perdu qui sait où.

(Ce qu’on peut très bien inventer
en obtenant le prix
d’un buste foscolien (1)
ou d’une rambarde pour s’y accouder,
le soupir inexpert, vers les pigeons).

Pourtant la cigale a craché du sang
en riant et pleurant,
elle a brulé ses notes
et ne sait pas raconter.

003_primo maggio 2009 002 180

3
Encore une fois, ce retour
me traîne à penser, à scander
le conflit, à explorer
la sourde incommunicabilité
entre fourmi et cigale.

« Que va-t-elle m’apprendre
ma fougue inconstante
de leader perdant ?
Je n’en sais rien ! »

Encore une fois,
j’ai trop d’envie
de retourner danser,
j’ai trop de peur
de souffrir derrière une vitre
essayant de déchiffrer
le mystère d’une touffe de cheveux
émergeant de la foule
de Bologne.

Encore une fois, loin d’ici,
je regagnerai l’autre moitié de la vie
en soufflant encore
dans une flûte pleine de sable
la nonchalance d’une samba
ou alors d’une révolution.

Giovanni Merloni

(1) Le buste de l’un de mes poètes les plus aimés : Ugo Foscolo (1778-1827)

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 14 mai 2014

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Voie de garage (Luna, 1989)

13 mardi Mai 2014

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Luna

001_voie de garage 01 180

Turin, 29 décembre 2011

Voie de garage (1989)

Une locomotive, les phares éteints,
continûment se tourne, telle une mère poule
apeurée, pour compter les wagons.

« Sept wagons ils étaient,
et l’un d’eux disparut, déraillant dans la nuit.
Par ses ravisseurs complices, il est bloqué
dans une étendue herbeuse
en attendant un signal. »

En grand secret, sur ce wagon égaré
une Idée s’était imposée.

Dans les compartiments-lits,
ceux qui avaient envie d’autre chose
ne s’étaient pas aperçus
de l’étrange noir autour du train
arrêté ; ceux qui en avaient la chance
avaient aimé, baisé, léché, griffé
avant de fumer.

L’Idée remplit le compartiment.
Elle sortit, dans le couloir plié sur le côté,
essayant de passer inaperçue
parmi ces autres qui, malades
ou indifférents, n’aimaient pas
ni ne forniquaient ou jouaient aux cartes.

L’Idée dut pourtant venir au compromis :
une caravane tout de suite se forma
derrière elle, prête à la suivre,
coûte que coûte, n’importe où.

002_voie de garage 02 180

Turin, 29 décembre 2011

Maman locomotive, père train,
avaient pour enfants sept wagons
coquilles d’acier qui déchirent l’air
enjambant les distances et les voix.

Chaque wagon a sa tête et son cul
des bras pour étendre des couvertures
et poinçonner des billets, des jambes
en forme de roues pour courir
toujours courir, quitte à frotter,
de temps en temps, fer contre fer
– et ce sont des sifflements très aigus –,
quitte à sauter mollement,
de temps en temps, comme des tonneaux
de vin sur l’herbe.

Cependant, par un contrôle méticuleux
et impromptu, ils sont pris au dépourvu :
« qui a-t-il autorisé l’arrêt débile
du wagon porte-automobiles ? »

« Pourquoi voyager toujours ? »
la plupart se demandèrent;
« N’est-ce pas une obsession ? Pourquoi
voyager pour de bon, au sérieux
en courant d’ici là ? »

003_voie de garage 03 180

Turin, 29 décembre 2011

Amenée en balade
par une adhérente chemisette blanche
(un sein magnifique poussait,
par sa grande envie de vivre,
contre un petit bouton de nacre),
voilà l’Idée :
« Restons ici ! L’aube approche.
Pendant des kilomètres et des kilomètres autour
on ne voit personne. De terres inhabitées
où l’on trouve ce qu’il faut. D’ailleurs,
elle ne marchera pas, ici, la télévision… »

004_voie de garage 04 180

Turin, 29 décembre 2011

Mais qui était-ce le wagon numéro sept ?
Joyeux ? Timide ? On dit
l’un des deux. Le wagon Prof est plein
d’enseignants et managers écrivant
sur des ordinateurs portables
d’horribles exposés que personne ne lira.
Le wagon Dormeur est plein de jeunes
de trente ans, nés en 1968, autorisés
à faire tard le soir, à dormir en train,
quitte à rentrer, quand ils voudront, chez eux.
Le wagon Atchoum héberge des chanteurs,
des comédiens, de musiciens du dimanche
ainsi que des harpes éoliennes.
Le wagon Simplet cache son doigt.
Le wagon Grincheux jamais ne se détacherait
de sa locomotive italienne
publique et privée, sans laquelle
il ne saurait pas pour quoi grognonner.

005_voie de garage 05 180

Turin, 29 décembre 2011

On ne saura jamais
qui est parti, qui est resté, paresseux
et béate sur la voie de garage.

On connait juste le sort des vieux clous,
descendus tristement sur le quai,
qui demeurent debout
dans leur geste figé du salut, les parents
des trentenaires et des nains
seuls à bosser pour tous ceux-là
seuls à mourir, sans jamais se souvenir
d’un temps ou d’un lieu où qu’ils aient voyagé.

Giovanni Merloni

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écrit ou proposé par : Giovanni Merloni. Première publication et Dernière modification 13 mai 2014

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