le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

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Archives de Tag: Zazie

L’œil immobile de la canicule (Zazie n. 49)

07 vendredi Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

L’œil immobile de la canicule

Avançant dans la rue
Virevoltent tes robes légères
Éteignant pour l’instant ma colère
Contre cette chaleur qui tue.

L’asphalte s’évapore pourtant
Asphyxiant par rafales nos corps chuchotants.

Combien de fois, incrédule
Ai-je frôlé la syncope
Négligeant les vagues funambules
Installant dans cette ville d’Europe
Cosmopolite et hivernale
Une véritable canicule,
Luxuriante et interlope
Extravagance équatoriale !

Je dois pourtant sortir de mon ermitage
Essayant d’attraper l’ombre de ton visage.

Devant mes pas collés au sol
Élégante tu t’enfuis, sans proférer parole
Voltigeant élastique
Indifférente aux intempéries
Éblouissante de ton élan spasmodique
Nonchalante mule d’écurie
Se rendant dans une grotte nordique.

Rêvant peut-être de notre intimité
Inutilement tu m’as cherché
Dans le sombre lit d’un joli cagibi..
Inutilement, de tout je me suis dévêtu :
Cela ne change rien à ce soleil têtu
Uniforme et obsédant tel un tyran tordu,
Les foudres incandescentes de cet œil immobile
Écraseront, hélas, d’autres journées inutiles…

Giovanni Merloni

Pour seconder ton vol (Zazie n. 48)

25 vendredi Nov 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Pour seconder ton vol

De ce trop de gloire je suis fatigué.
Volontiers je vomirais ces cadeaux
ces reconnaissances, ces statues :
tout cela m’emprisonne
en de nuages de fer
en d’horizons boueux
en d’auberges aux odeurs mièvres.

Je voudrais enjamber le toit
et glisser dans un torrent gelé,
m’agripper à ton pied,
glisser parmi tes jambes
m’endormir sur ton ombre mouvante
tel un manteau plumé.

« De vous accorder d’interview je suis las
cessez de me photographier
jetez ailleurs mes sourires stéréotypés
effacez mes abstruses paroles
brûlez mes livres ! »

Je voudrais rencontrer mes bourreaux
leur dire ce que je pense d’eux
me faire immortaliser tandis que je les insulte
et puis me sauver avec toi,
dans une grotte,
fronçant les sourcils,
faisant la moue,
avant de m’étendre à terre
inerte, au premier rang
pour seconder ton vol.

002_depuis-le-beaubourg-180

Giovanni Merloni

La valse sans temps (Zazie n. 47)

15 samedi Oct 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Giovanni Merloni, La danseuse géométrique, gouache 2016

La valse sans temps

Une lampe en papier huilé
déferle ses rayons hésitants
sur les aquarelles ouatées.

Une caresse transparente
avance, habillée de parchemin
défaisant ta coiffure indolente.

Dans la nuit froide des bibelots
combien de fois m’as-tu fait cadeau
de la chaleur de ton corps libéré ?

Telle une porte ouverte au vent
tu t’es laissée traîner dans la boue
par ton chevalier servant.

Telle une tente ensanglantée
tu t’es laissée bercer sans bouger
par ses rudes mains gelées.

Ce ne fut qu’hier, dans ce froid sidéral
que je n’ai pas reconnu ton corps nu
ni mes baisers éphémères et crus.

Mais déjà, tu reviens, papillon opiniâtre,
t’enlisant dans mes gestes de plâtre
te hissant sur mon île saumâtre.

Une joie déchirante m’envahit
lorsqu’avec toi je roule au bout du lit
lorsqu’avec moi tu glisses dans la rue.

Parmi les chats blessés sans honneurs
et les icônes parsemées de jolies fleurs
nous roulons sans vacarmes, sans odeurs.

Au petit jour se réchauffe ton nez,
grimpent haut les rez-de-chaussée
vers la coupole de carton satiné.

Voilà, nous nous sommes réveillés
épuisés, endoloris, émerveillés
d’être tombés ici, sous le ciel de Paris.

Où étions-nous, au juste
quand tu disais que je m’incrustais,
et que la valse infinie se terminait ?

Paris se moque de nous
ne cessant pas de nous accorder
ce qu’il nous est désormais arrivé.

Giovanni Merloni

paris_chamontin Photo d’Élizabeth Chamontin (@Souris_Verte) que j’ai empruntée
sur Facebook avec son accord.

Ma vie d’à côté (Zazie n. 46)

11 jeudi Août 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_dame au chapeau

Image empruntée sur Twitter

Ma vie d’à côté

C’est elle qui m’empêche de vivre
par moitié soûl, par moitié ivre
ma saison solitaire.

C’est elle qui s’amuse à me voir voltiger
au risque de tomber
dans une flaque de boue.

C’est elle, éternelle désolée
qui se dit prête à me ressusciter
à m’épousseter, à me recycler
avant de me livrer
à nouveau
à mes rêves solitaires.

C’est elle qui me comble de caresses
de tendres promesses
d’odeurs de bouillabaisse
de son esprit de finesse
m’attendant telle une tresse
au-delà d’obstacles
sans cesse.

002_klee_rayé des listes

Paul Klee, Rayé de la liste (1933)

C’est elle le puits
inépuisable des peines
de mes péchés de vieillesse.

C’est elle, l’abbesse
la fée, la sorcière, la reine
que je connais à peine
dont je ressens pourtant l’haleine
et l’onde frissonnante de sirène.

C’est elle qui m’invite, souveraine
à la plus rare des aubaines.

C’est elle l’opaque fontaine
de mon ultime détresse
de ma dernière jeunesse.

C’est elle qui me fait trébucher
C’est elle qui me fait basculer
C’est elle l’ombre floue
de journées sans issue.

C’est elle qui va et vient
de mon écran brisé
en reprochant ma désinvolture
en me cassant la figure.

003_klee_théâtre

Paul Klee

C’est elle qui m’attend
au passage
au jour le jour
rien que pour dire un mot
et qu’un seul mot entendre.

C’est elle qui m’ouvre son cœur
au beau milieu d’une vaste,
branlante prison d’ombres
enthousiastes
croisées, alambiquées,
lourdes ou légères.

C’est elle qui prêche, héroïque,
des vers anachroniques
sans odeur ni poids
empruntés aux extases
invisibles des dieux
ou des diables
qui brisent pourtant
le silence chuchotant des corps
l’assourdissant silence de la ville
aux sirènes déployées.

C’est elle qui se fige
tel un statuaire prodige
avant de disparaître
d’un bond, sans fracas
dans l’invisible velours
de visages sans contours.

C’est elle, ma belle ou laide
souriante ou triste
Île provisoire.

C’est elle, ma Gloire insensée
ma Poésie dérobée, ma Vie
d’à côté.

004_armes nucléaires - copie

Giovanni Merloni

Je serai une barque (Zazie n. 45)

06 samedi Août 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_je serai une barque 01 180

Je serai une barque

Je serai une barque
déjà gonflée d’eau et de vent
où tu monteras
en un bond, joliment
tel un poisson rose
odorant de cheveux
et d’yeux noirs
roulant tels des miroirs
éblouissants et nerveux.

Je serai une île
souterraine ou céleste
où tu te glisseras
silencieusement
disant d’un petit geste
que tu n’es qu’une sirène
se sauvant dans mon filet
de cordes mouillées.

Je serai une clairière
pour tes chapeaux
pour tes robes légères.

Je serai un lit
pour tes yeux clos
pour ton âme sans tiroirs
pour tes souvenirs scandaleux
éclatés au milieu
de draps de sable
d’oreillers de terre
de couvertures d’herbe.

Je serai ton pain
ton eau, ton chocolat
que tu caresseras des dents
que tu engloutiras
dormant.

002_je serai une barque 02 180

Giovanni Merloni

Par un simple geste (Zazie n. 44)

25 lundi Juil 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_egon schiele_lebel Egon Schiele, La femme en rouge (1917), l’actrice Marga Boerner, image empruntée à un tweet de Laurence L (@f_lebel)

Par un simple geste

Par un simple geste
un seul
rapide, imperceptible
déchirant le vent
caressant les yeux
par un geste tombant
sans se repentir
mourant dans l’attente recueillie
d’être cherché,
tu t’es coulée
inexorablement
dans mes murs bombardés
dans mes bras tendus.

002_thérèse balthous Balthus, Thérèse, 1936 image empruntée à un tweet de Franck (@FranckDache)

Par un désastreux bruit sourd
un seul
enveloppant ta voix
ô combien insolite,
par ta façon bizarre
de parler de chansons
et couleurs
et jardins
et promenades
tu m’as obligé de sortir
de mon étrange torpeur
imbécile.

003_chagall_lebel Marc Chagall, L’acrobate 1930, image empruntée é un tweet de Laurence L (@f_lebel)

Par un baiser volé et promis
un seul,
parfumé de tes couloirs blancs
de tes villes inconnues
au bord d’une mer
constellée d’îles perdues,
par un baiser brusque
un seul
ressemblant à une gifle
tu m’as transformé
de fond en comble
laissant couler ton fleuve chaud
dans ma gorge
pulvérisant ton vent frais
dans ma poitrine.

004_klee_04 180 Paul Klee

Par un simple geste
tu as bouleversé nos existences
les flanquant hors de chez elles
les obligeant à se chercher
qui sait où
au hasard de se rencontrer
là où ce geste
ce bruit sourd
ce baiser
cette gifle
nous rendront
rapidement, imperceptiblement
la vie.

005_klee_05 180

Giovanni Merloni

La gloire d’un chef indien (Lectrices n. 4 et Zazie n. 1)

29 lundi Fév 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes contes et récits, mes poèmes

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Lectrices, Zazie

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Chère Zhora,
Vous ne me connaissez pas. Mais je vous écris de même, passant à côté de mon extrême timidité, pour vous démentir. Oui, je suis désolée de vous dire cela, mais votre écrivain préféré, se cachant sous ce pathétique pseudonyme, Le Galérien, n’est pas du tout un illustre inconnu. Ses bouquins « circulent », et j’en ai repéré un dans une étagère en pénombre d’une pizzeria « chic » de la rue des Vinaigriers. J’ai le soupçon que Le Galérien même l’a glissé là-dedans, entre deux livres distraits. Il s’agit en ce cas d’un bouquin rassemblant une série d’anecdotes frôlant le paradoxe, qu’il faudrait lire à côté de ce « Journal intime » que vous avez nommé dans votre lettre que le web a interceptée et tout le monde a lu… De ces « Histoires minuscules », je détiens une copie soigneusement reliée, en parfaites conditions. Tandis qu’en ce moment-ci, une copie du « Journal intime » qui n’est pas certainement la vôtre, est dans les mains et sous les yeux dévorateurs de mon amie Xaverine.
Peut-être, elle aussi essaiera de se mettre en contact avec vous. En fait, je lui avais demandé de m’aider à fouiller courageusement dans cet écrivain et dans son personnage aux multiples facettes que j’hésite encore à aimer jusqu’au bout. Elle est plus inconsciente que moi et va surtout me dire ce qu’il se cache derrière cette ironie, ce fatalisme de Nino se traduisant en rébellion posthume envers des gens qui l’ont tout probablement aimé sans réserve aucune. Fait-il partie de ceux qui veulent en fin de compte cacher leurs véritables sentiments ? Je n’en suis pas sûre.
J’attends surtout qu’elle m’explique ce passage à l’âge adulte, caractérisé par l’explosion de vitalité typique entre quatorze et quinze ans… Des pulsions qui se sont ensuite laissées brider et guider pendant tant d’années où la paix des sens n’était pas assurée. Est-il possible que l’éducation soit si puissante dans son intransigeance ? Est-ce que le devoir d’une digne survie c’est une raison suffisante pour renoncer à croire dans l’art qui jaillit pourtant de nous spontanément, comme une source d’eau fraîche ? J’attends la réponse et l’analyse que seule la coriace Xaverine peut faire. Quant à moi, je vous envoie, chère Zhora, un texte tout à fait particulier que je viens de copier, que vous n’avez sûrement pas. Il s’agit d’une note manuscrite du Galérien en personne, je crois, qu’il doit avoir oublié dans ses « Histoires minuscules » refoulées à côté d’une bouteille de Lambrusco.
Vous pouvez me répondre, si vous voulez !
Yannette

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LA GLOIRE D’UN CHEF INDIEN

Après avoir lu attentivement le bouquin auquel j’avais consacré des années de sacrifices, le chef indien Langue de feu me dit avec tact, au milieu d’une série incessante de calumets de la paix, que j’aurais dû prendre du temps pour réfléchir, avant de lui soumettre le « livre de ma vie ».
— En tout cas, je vais te répondre, ajouta-t-il. Ton désir — cela tout le monde peut bien le comprendre —, c’est de rendre ton texte le plus possible cohérent avec toi-même et ta vie. Tu voudrais y faufiler tous les ingrédients nécessaires pour que ce livre ressuscite comme le Moïse de Michel Ange…
Il ferma les yeux, avant de les ouvrir grand pour me scruter à fond, dans le but de me rassurer : même dans sa réserve extrêmement reculée ils avaient la télévision et internet, donc bien sûr qu’il connaissait Michel Ange et tous les grands maîtres de la Renaissance italienne !
— Tu aimerais bien, continua-t-il, que ton livre parle librement, avec la même fluidité que les êtres humains, sans dire de bêtises ; tu voudrais aussi qu’il bouge, cessant d’être pantin pour devenir, comme Pinocchio, une véritable personne, en chair et os… Mais, pour cela il te faudra encore autant d’années de sacrifices que celles que tu as endurées jusqu’à présent pour écrire ce que tu as écrit. Aujourd’hui comme aujourd’hui, ton livre n’est pas un chef d’œuvre, aucun éditeur ne le publierait et si tu avais envie de le publier toi-même… tu devrais ensuite t’empresser d’en brûler toutes les copies avant de mourir. Tu seras même obligé de faire ainsi que même la dernière copie et l’original soient brûlés avec toi.
Le chef du village Cheyenne me rendit mes feuilles tout en me disant : — brûle-les aussitôt, celui-ci est un beau jour pour mourir, pour ton livre !
Le sorcier du village, qui était présent aussi, me conseilla chaleureusement, quant à lui, de brûler mon ordinateur aussi, avec tous les disques durs grands ou petits où pouvait y avoir une trace quelconque de mon œuvre insignifiante.
Une jeune squaw me dit enfin sans sourciller (je découvris ensuite qu’elle était aveugle) : — il te faudra travailler encore pendant trente ans au minimum. Tu devras renoncer à tout : à regarder le monde, à marcher, à te rendre régulièrement aux toilettes, à manger avec appétit, à digérer sans douleur… à aimer ! À garder aussi, tant bien que mal, ta colonne vertébrale en des conditions acceptables, pour éviter d’avancer complètement plié en deux. D’ailleurs, tu devras renoncer à lire d’autres romans ainsi qu’à écrire toi-même d’autres histoires.
J’obéis. Je brûlai tout et retournai chez le chef.
— Comment vas-tu ? me dit-il.
— Je me sens comme un orphelin. Les années qui se sont déroulées à côté de mon livre insignifiant ont été belles, si j’ose dire. Tous ces mots inventés me remplissaient la vie…
— Ne t’inquiète pas, me dit-il, ce trésor est bien solide en toi, il t’accompagnera comme une ombre, fidèlement, dans ta nouvelle aventure : vivre ta vie sans le souci de devoir la raconter ! Tu découvriras, quand la mort te délivrera définitivement de cette obsession, que pendant ton existence, sans le savoir, tu avais écrit un nombre impressionnant de livres, dont un ou deux attachants et bien rythmés. Tu les as écrits dans les lieux que tu as traversés, où tu t’es arrêté boire un café, où tu as dormi, dansé, mangé, déféqué, parlé. Tu les as écrits dans les corps et dans les âmes de tous ceux qui se souviennent de toi ou qui t’ont oublié, dans les autres qui sont partis avant toi, en amenant vos secrets communs dans la tombe ou dans l’air brûlé qui a hésité un temps auprès de leurs dépouilles avant que le vent l’emporte… Ce n’est pas la peine de mettre un arbre en pièces si ce que tu écris sur son écorce n’est pas un chef d’œuvre tandis que ta vie même a été tellement riche d’œuvres qui, peut-être, quelque part, se sont transformées en arbres… Si tu renonces, tu laisses ouverte la possibilité de vivre une vie saine, de faire quelque chose pour tes proches et — qui sait ? —, un jour, foudroyé comme Saint Paul sur la route de Damas — oui, bien sûr, la jeune squaw aussi avait été bien élevée dans l’école du village où circulaient des textes pour les non-voyants que des acteurs d’Hollywood à la grande envergure avaient bénévolement enregistrés… — un jour, ajouta-t-elle après une brève suspension pour reprendre son souffle, tu pourras écrire en un seul jet un petit chef-d’œuvre qui s’affichera spontanément dans la feuille recyclée… et je crois que ce nouveau « bouquin », soit-il nu ou tout habillé, ne devra pas s’efforcer de te ressembler ni de raconter davantage tout ce qui est déjà évident…

Giovanni Merloni

agora couverture 2012001

Giovanni Merloni, 1992

Gloire

Que dois-je t’avouer ?
J’ai essayé de me sauver
me réjouissant de la fortune
d’être par là passé
sans t’avoir rencontrée.

Mais ce soir
juste après avoir déjeuné
la tête dans la lune j’ai faufilé
et me suis de-ci de-là balancé
avec toi
mimosa du huit mars
avec toi
tache d’huile
sur la succincte robe rouge
avec toi
pêcheuse attentive
(le nez dans mon aquarium).

Avec toi j’ai ondoyé
en méprisant la fortune
de ne pas t’avoir rencontrée.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Si un jour l’on pouvait renoncer… (Zazie n. 43)

16 mardi Fév 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_lectrice plongée 180

Hier matin, dimanche, une idée subite m’a réveillé, avant de se transformer en un ver solitaire affamé : « nous sommes devenus tous adroits, créatifs, intelligents, dès que nous avons décidé de chevaucher, comme autant d’apprentis sorciers, ce que la technologie nous offrait ! Et même désinvoltes ! Nous avons cessé d’être de simples consommateurs, comme nous en étions du temps où l’on achetait des disques, des skis ou des lunettes de soleil Ray-ban. Nous sommes devenus nous-mêmes des créateurs de quelque chose. Nous avons ainsi la chance de nous exprimer ! » Tout de suite après, je me demande : « Ne serons-nous pas devenus trop adroits et rusés ? Ne sommes-nous pas en train de perpétuer, nous aussi, une “méritocratie de l’apparence” ? N’allons-nous pas seconder l’idée d’un monde qui se reproduit toujours égal à lui-même ? Un monde solidement appuyé sur les prérogatives de “l’avoir” plutôt que sur celles de “l’être” ? Quand nous serons sortis, un à un, de cette impitoyable vitrine où l’on nous aura de façon sommaire jugés et classés, nous incluant ou nous excluant d’une liste… que trouverons-nous au-dehors ?
J’ai le soupçon qu’au-dehors et peut-être aussi au-dedans de nos êtres demeurera toujours la même sempiternelle division schizophrène du monde. D’un côté, ceux qui veulent avoir toujours davantage. De l’autre, ceux qui n’auront jamais rien…
Tandis que le bon sens et l’optimisme du dimanche me disent qu’on ne peut pas tout avoir…

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Si un jour l’on pouvait renoncer…

Si un jour l’on pouvait,
tout un chacun
renoncer à quelque chose !

Renoncer, tous ensemble
aux bombes, aux poisons.

Renoncer, un à un,
à tout ce qui est de trop
à ce qui ne sert pas vraiment.

Renoncer à jeter
à gaspiller, à considérer
nos privilèges
comme un droit.

Si l’on pouvait renoncer
immédiatement
à tout avoir
et travailler tous ensemble
pour rendre à chacun
le droit de ne pas renoncer
à sa vie.

Renoncer à écraser les autres
comme des mouches,
renoncer à la rhétorique,
renoncer à l’étalage
de notre bravoure,
renoncer à se vanter
des richesses cumulées,
renoncer à la barbarie qui s’écoule
en flots de sang
depuis notre excellente
civilisation.

Renoncer à une chambre
à un lit, à un morceau
de notre jardin
pour embellir le monde
qui était le nôtre
et le donner à une autre famille
à un autre peuple.

Renoncer à se scandaliser,
renoncer à s’armer,
renoncer à chercher, partout,
le shérif de Nottingham,
renoncer à espérer
qu’il arrive, à sa place
en chemise et gilet
cet homme grand, désintéressé
qu’on appelle Gary
Cooper.

Renoncer à la bande de Gaza.
Renoncer à envoyer
les enfants à mourir,
renoncer à la barbarie
qui prétend nous consoler
par des promesses d’îles vides.

Renoncer à imposer
nos colliers, nos amulettes,
nos tabous,
renoncer à nous montrer effrayés
pour les tragédies que nous-mêmes
inexorablement
automatiquement
au jour le jour
fabriquons : l’intolérance
ce n’est pas la conséquence
de véritables différences,
mais seulement
l’essence dérangée
de notre étrange société,
coincée dans une voiture
qui avance sans yeux,
pilotée par un robot
qui ne s’arrête plus, désormais,
parce qu’il le sait bien
qu’on ne doit jamais
renoncer à rien.

003_negozietto 180

Au contraire, nous devrions
tout un chacun

renoncer
au délire d’omnipotence
dont l’argent est la semence
en échange du bien-être
venant de petites choses
nécessaires et honnêtes.

renoncer à la vitesse
excessive
nous contentant de l’épier,
redécouvrant la stupeur et la magie
d’en parler en poésie,
redécouvrant la lenteur
d’une tranquille sagesse
sans freins inhibitoires
ni fours crématoires

renoncer à manger les poisons
d’une honteuse richesse
et d’une dangereuse vitesse
qui sans cesse, partout
nous tuent.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Tout en te conquérant, je te perds (Zazie n. 41)

03 mercredi Fév 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_je te perds NB 180

Tout en te conquérant, je te perds

1
De tes regards souriants
de ta façon inattendue
de m’attendre,
boudeuse ou farfelue
que vais-je apprendre ?

De moi et toi,
serrés dans une allée,
la main dans la main,
sans parler,
que vais-je apprendre?

De cette course affolée
te cherchant dans la ville
au milieu des bruits indifférents
du matin,
que vais-je apprendre ?

2
Encore une fois
aujourd’hui
j’ai éprouvé l’envie
d’être heureux
le désir de rire
grâce à l’amour
ces espoirs
toujours frustrés
enroulés sans grâce
parmi les restes d’une rébellion
incapable de larmes
et de peine.

3
Dois-je me feindre sourd et muet
comme cet indien-là
ou alors
me faut-il de poursuivre
cet instinct de gentille arrogance
qui m’a donné l’aisance
d’une extraordinaire séquelle
de tourments ?

4
La liberté ne jaillit pas
des règles magnifiées
par les autres.

La liberté c’est le passage cruel
de l’euphorie du dilettante
aux rides du professionnel.

La liberté
c’est le métier.

5
Un seul cri désespéré, se dégageant
parmi les ferrailles et le train
surplombe, en les effaçant,
les petits dessins
d’un humble tentatif de clarté.

002_je te perds NBR def 180

6
Depuis ce train arrêté
dans un coin sans beauté

je t’écris sur les mains
sur le verre embué
sur les lunettes
sur les genoux

mon amour surhumain
ma passion enchevêtrée
mes envies de pirouettes
mes rêves jaloux.

La pointe est pourtant sèche
de mon désir ardent.

Oh combien je ressens le besoin
que mon stylo
écrive !

7
Ton corps abandonné
dans un élan
hasardeux
farceur, embarrassé,
c’est ta façon tendre,
délibérée, inoubliable
de déclarer ton amour.

8
Il faut perdre toute habitude
si l’on veut découvrir la pudeur
d’un émoi palpitant.

On doit renoncer à toute quiétude
si l’on veut atteindre dans l’ombre
tes gestes sans études
ton visage rassurant.

Ah, si je pouvais
aimer sans demander
ni même espérer
de voir tout s’éclipser
— l’habitude
la quiétude
l’émoi
l’ombre —
lors d’un précis instant
où nous aurions devant
la place toute libre !

9
Quand j’aurai la force
d’ouvrir cette porte,
d’entrer dans ton lit
parmi les oranges et le soleil,
la naïveté de la vie
fera le reste,
en me donnant la joie
d’un ancestral abri
de draps d’or et de soie
l’épanouissement hardi
de nos voix imperceptibles
de nos gestes invisibles
dans le fond noir du silence.

10
Tout en te perdant
je te conquiers
tout en te conquérant
je te perds.

003_saint-ambroise_lenoir 180

Vue du nouvel axe entre boulevard Richard Lenoir et boulevard Voltaire en correspondance des stations de Métro RICHARD LENOIR (ligne 5) et SAINT-AMBROISE (ligne 9). Dans cet espace piéton on est en train de réaliser un jardin public. Voilà une des choses tout à fait positives qu’une société comme la nôtre a su faire, avec ténacité et élégance ! 

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Je voudrais pouvoir me distraire (Zazie n. 40)

31 dimanche Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

003_scan_du jour 03 NBR 180

Je voudrais pouvoir me distraire.

J’aimerais bien glisser en arrière,
dans quelques passés confortables,
hisser à Prague le drapeau de la liberté
conjurant la répression des chars soviétiques,
parcourir les trottoirs de Bologne sous les arcades
lorsqu’on croyait vivre dans un concret avenir,
et qu’on voyait les gens rire et respirer ensemble,
heureux de pouvoir discuter sans qu’il y eût
peur des conséquences, étant ravis
de savoir comment s’en sortir des défis
des arrêts de la civilisation, des difficultés
et même des bombes.

J’aimerais bien revivre la magnifique jeunesse
de Florence, la lumineuse beauté des châteaux
de la Loire lors de leur épanouissement
grandiose, traverser
toutes les belles époques
propices à l’amour, à l’art, à la réflexion,
au sain désir de progrès.

J’aimerais plonger
dans la joie de la Libération,
lors de la fin joyeuse de la guerre civile,
participer aux discussions des pères
me réjouissant de ma condition d’enfant gâté
de cette Italie-là, de cette Europe
si pleine d’énergie et de clarté.

J’aimerais revenir en arrière
rien qu’à l’année dernière, ici à Paris,
pouvoir effacer les opprobres sanglants
de tous ces êtres humains tués sans une raison,
sans autre raison que d’affirmer
la suprématie de la peur sur la raison,
que d’affaiblir la foi dans l’intelligence,
sans autre but que de boucher la bouche
à la parole.

Mais on ne peut pas revenir en arrière !
On ne peut pas fuir non plus. Aucun
endroit de la Terre
n’est tranquille, aucun refuge
ne sera jamais sûr
ni protégé. Il faut se battre, se réunir
en assemblée citoyenne,
avec nos semblables, nos alliés,
nos camarades.

Il faut poser l’oreille à terre et attendre
les signaux, la voix de l’Europe,
le meilleur de ce qu’elle
a su nous donner :
Montesquieu,
Rousseau,
Voltaire,
les droits de l’homme,
la tolérance,
le respect
de la vie humaine,
l’ambition de faire mieux,
le plaisir de vivre ensemble,
exerçant l’intelligence,
s’efforçant
de comprendre,
se donnant, humblement,
réciproquement
la parole.

002_scan_du jour 02 NB_180

À présent — cher Président —,
il faut surtout penser aux Français,
à tous les Français,
sans que personne ne soit déchu,
pour qu’on assume tout un chacun,
nos responsabilités.
À présent, il faut s’adresser
à tous les pays de l’Europe,
sans suspendre, par des voies
trop brèves,
les « mauvais élèves ».

Car il faut administrer
plus soigneusement
le mot « guerre »,
car ce qui nous tombe dessus
ce n’est pas qu’une seule guerre ;
car ce qui nous tue c’est une logique
de terreur, certes, mais aussi
un jeu d’échecs international,
visant à montrer combien
c’est facile de
tuer et, finalement,
à nous accoutumer à l’idée
d’une « guerre permanente »,
à nous plier à une vision
très peu nuancée
de la vie humaine.

Je voudrais me consacrer à mes dessins,
mon Président, me glisser tout entier
dans les mots d’une chanson heureuse,
mais je me découvre un citoyen menacé.
Je viens juste de tomber
dans le soupçon qu’il ne suffit pas
tout ce qu’on fait, ou alors
que l’on se trompe,
parce que les armes n’auront jamais
la même force que la force
de la raison,
parce que la démocratie
est frappée lourdement,
parce que ces actions de terreur
sont très ambiguës,
parce qu’elles
n’ont pas qu’une seule
explication
logique.

Il faut faire attention.
Et d’abord parler aux gens,
travailler durement,
politiquement avec eux
avec la force de la conviction
de l’idée très simple
d’une république partagée,
pacifique,
basée
sur la tolérance
réciproque,
sur l’exclusion
de toute association
belligérante ou terroriste,
de toute école prêchant la division
et la haine.

003_distraire 180

Je voudrais pouvoir me distraire
Je devrais, à mon âge, avoir le droit de le faire.

Mais vous, mon Président, 
ne pouvez pas
vous distraire, ni faire
trop de cadeaux
à vos adversaires,
ou minimiser la question
du travail,
des conditions de vie réelle
des jeunes
de toutes les nationalités…

Lorsqu’un Français, qui a grandi en France,
suivant une école française,
part à l’aventure ailleurs
dans un pays plein de risques
et problèmes,
où personne n’imagine ce qu’est
une démocratie,
alors, cher Président,
cela me semble inquiétant et douloureux.

Car cela n’est que la plus grave
des conséquences
d’infinies distractions
et dérèglements
qui ont produit l’individualisme ainsi
qu’un procès évident
de fuite des responsabilités,
avec la délégation aveugle
à des mécanismes abstraits
et vides,
à des coefficients qui tranchent
tant bien que mal,
à des formulaires qui excluent
sans aucune « compréhension »,
à des écrans qui meurtrissent,
à des bureaux de plus en plus
vides, souvent dépourvus
d’hommes et femmes
responsables.

On profite, heureusement,
des hommes et des femmes
de bonne volonté,
du courage des pompiers,
de la bravoure
des artisans
des médecins
des professeurs des écoles,
de la ténacité de tous ceux qui
résistent,
pourtant, on est tous
des otages
d’une bureaucratie
distraite et grossière.

On profite, bien sûr
de la richesse de notre culture,
de notre histoire,
de nos biens communs,
mais cela fatigue
à se reproduire
à s’accroître dans le bon sens
dans le sens que vous croyez
que vous espérez
mon Président.

Comme autant de fils prodigues,
nous risquons de corrompre,
de gaspiller
cette immense richesse
qu’est la France, berceau
et patrie
de la liberté
de l’égalité
de la fraternité,
nous risquons de dissiper
les valeurs partagées
d’un grand peuple.

Néanmoins, je veux continuer
à croire qu’on sortira
de toutes ces tragédies
par une voie intelligente,
humaine, ouverte,
solidaire,
qu’on s’affranchira
des pièges des attentats,
de tout risque de division
de toute résurgence
d’attitudes intolérantes
et de phobies régressives.

Mais il ne faut pas se distraire.

Giovanni Merloni

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