le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

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Archives de Tag: Bologne en vers

Easy rider (Bologne en vers n. 11)

05 mercredi Juil 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Easy rider (1)

Au galop, dans la gorge horizontale
je glisserai parmi des cailloux sombres,
n’ayant sur le dos qu’une chemise pourrie.

À vingt ans, ou treize peut-être
j’avais déjà imaginé tout cela
et comme les employés de banque
ce sont vraiment les plus laids
j’envisageais un vrai braquage
avec une fronde, une grande motocyclette
et deux heures auprès d’une fenêtre
en compagnie des moustiques
me découvrant voyeur
d’un coït de vieillards.

Au galop, sur une trottinette aquatique
par cœur je fredonnerai une chanson :
« Quand on arrivera à Yuma
le ciel sera affreux
rien qu’une rafale d’oiseaux noirs
parmi les arbres
tandis que ma grand-mère
 gravera
le Far West sur ma poitrine… »

Un soir, assis au bureau d’un ministère
je gesticulerai devant une dactylo
racontant au mur derrière elle
les années du lycée
les chandails sans forme
les mouchoirs sales
les camarades fuyantes
les professeures tremblantes
les vacances en vélo
la plage fourmillante,
ma vie en somme
tout ce qu’il m’arrivait auparavant
et que je dilapidais, j’accumulais et copiais
tout en riant, me masturbant, vomissant.

Une nuit, dans un bus qui tourne et virevolte
je marcherai sans cesse dans le noir
avec tes dentelles et tes rubans volés
et commencerai à me taire
à vraiment me taire
à définitivement me taire.

Giovanni Merloni

(1) Cette poésie, écrite à la veille de mon départ pour Bologne (avril 1972), marque de toute évidence un état de suspension et de subtile angoisse que la vie successive, avec le travail, l’amour et l’engagement politique ont apaisée ou transformée en d’autres formes moins déséquilibrées mais également intenses.
042_easy rider 740

Easy rider (version précédente)

Au galop, dans la gorge horizontale je glisserai parmi des roches sombres, sans plus rien sur le dos sinon la chemise froissée, puante.
À vingt ans, ou treize peut-être j’avais déjà imaginé tout cela et comme les employés de banque sont vraiment les plus laids j’envisageais un vrai braquage avec une fronde, une grande motocyclette et deux heures sous une fenêtre en compagnie des moustiques me découvrant voyeur d’un coït de vieillards.
Au galop, sur une trottinette aquatique je fredonnerai une chanson par cœur : « Quand on arrivera à Yuma
le ciel sera affreux, rien qu’une passoire de coups de feu parmi les arbres, tandis que ma grand-mère m’embellira la chemise en y écrivant Far West ».
Un soir, assis au bureau d’un ministère, je gesticulerai devant une dactylo, raconterai au mur les années du lycée, les chandails informes, les mouchoirs sales, les amis onanistes, les professeures tremblantes, sans omettre les vacances en vélo, la plage de Cesenatico, ma vie en somme, c’est-à-dire ce qu’il m’arrivait auparavant, en dilapidant accumulant, copiant riant masturbant vomissant.
Une nuit, dans un bus qui tourne sans cesse, je marcherai dans le noir avec tes dentelles et tes rubans volés et commencerai à me taire, et commencerai à me taire, et commencerai à me taire.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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J’y reviendrai les yeux clos (Bologne en vers n. 10)

28 mercredi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

J’y reviendrai les yeux clos

Essayant de ne pas réveiller
les silhouettes et les pièges
qu’un jardin jaloux protège,
tel un démiurge à la mine absente,
je traverserai l’échiquier
de la ville indifférente
endossant le costume froissé
d’un insouciant employé
avant de m’étendre
dans les bras forts et tendres
d’une statue mensongère…

De mon pas haletant
j’atteindrai le réverbère
à la faible lumière, la porte cochère,
les petites marches de l’étroit escalier
amenant au palier
au lit défait de cette nuit blanche
à la cloison étanche, à son trou familier…

J’y reviendrai les yeux clos
frôlant les murs abîmés
essayant de débiter par cœur
les noms des rues et des fossés
qui marquaient mon bonheur :
je sais déjà
qu’elle ne sera pas là
et que je n’aurai d’autre affaire
qu’à éteindre les lumières
avant de me tracasser la tête
dans de vains désirs
dans de vagues souvenirs,
dans d’impossibles oublis.

Giovanni Merloni

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Essayant d’oublier (version précédente)

Avec l’insouciance d’un démiurge, ayant le soin de ne pas déranger les formes de chair-plastique rangées dans le jardin, marcher endossant le costume maladroit d’un employé, se caler dans une statue aux bras solides, chanceler solennel et pervers vers un réverbère allumé, entrer dans un lit défait et, fixant un point noir sur le mur, se tracasser la tête dans de vains désirs dans de vagues souvenirs, essayant d’oublier.

Giovanni Merloni

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L’hiver est ta bouche (Bologne en vers n. 9)

22 jeudi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’hiver est ta bouche

L’hiver est un bouquet de mimosas
sur tes lèvres violettes.

L’hiver est une porte fermée
emprisonnant nos corps qui s’ouvrent.

L’hiver est une flûte ultrasonique
qui fait fondre les cloisons du silence.

L’hiver est un champ de chrysanthèmes
d’où les yeux d’Anne Frank nous guettent.

L’hiver est le ventre de beurre et de bière
d’un camionneur allemand
l’œil de verre d’un tireur mercenaire
le chemin durement contrarié par le vent
de nos arcades familières.

L’hiver est le fil costaud
octroyant un demain sans peines
un dimanche de soleil et de chaud
où tu me livres ta force sereine.

L’hiver est un rempart lézardé
que brise mon désir effronté
d’y dénicher le jasmin.

L’hiver est une couche épaisse de peur
s’imprégnant dans les paupières
des vieux, des souffrants, des misérables,
ou alors la béate assurance
d’apprentis sorciers
tant bien que mal équipés
qu’aimantent les gouffres minables
de sombres montagnes enneigées.

L’hiver est le verglas qui va te casser la figure.

L’hiver est une poêle à kérosène
un voile de feuilles vidées de saveur
ensevelissant les hurlements extrêmes
de la nature qui meurt.

L’hiver est un élan vif de solidarité
une veillée bruyante de rires et de chansons.

L’hiver est le désespoir qui pousse à lutter
le courage confiant de nous savoir nombreux
le refus orgueilleux du compromis honteux.

L’hiver est mon cri qui tout brise
barrant la fuite à ta beauté insoumise.

L’hiver est ma grève de paroles,
ton sourire hagard
nos quiproquos si drôles
nos gestes si bavards.

L’hiver est un dictionnaire des synonymes
et des contraires, une voix désenchantée
qui franchit toute frontière, un défilé
de vêtements anonymes
sur des passerelles ouatées.

L’hiver est le souffle froid d’un soleil limpide
surplombant une ville d’hommes et de souris.

L’hiver est le cafard des poètes
salutaire contrepoint d’une gloire enfin ratée.

L’hiver est une entrevue spasmodique
sous le rideau indifférent de la nuit.

L’hiver est notre amour vertical
se promenant sans moyens
sur les allées sévères.

L’hiver est tes piquantes fourrures
tes foulards extravagants
tes chandails, ton haleine gelée.

L’hiver est l’escalade de ton lit
le café irlandais qui brûle
au cœur d’un dimanche qui s’écoule
silencieuse, sans autre esprit
que celui de t’aimer.

L’hiver est un dimanche maudit
où je lâche à mes mains,
à elles seules, la tâche de te parler
tandis que toi aussi, de tes mains,
tu me parles.

L’hiver n’est pas la mort, pas encore.

L’hiver est le jour opiniâtre
où nous venons de naître
et jetons déjà nos envies
dans les méandres d’un sillon bleu
où se promènent, incertaines
les joues en feu
et la bouche pas vilaine
d’une hardie demoiselle
qui n’a pas les clés de chez elle.

L’hiver est ta bouche.

Giovanni Merloni

inverno per blog rogné

L’hiver est ta bouche (version précédente)

L’hiver est une grappe de mimosas sur tes lèvres violettes. L’hiver la porte se ferme et notre corps s’ouvre.
L’hiver est une flûte ultrasonique qui fait fondre les murs de glace.
L’hiver est un champ de chrysanthèmes et les yeux d’Anne Frank.
L’hiver est le ventre de bière d’un camionneur allemand, l’œil de verre d’un tireur d’élite, la rue d’en bas que le vent a changée.
L’hiver est le fil ténu pour arriver à demain, à dimanche, à toi. L’hiver est un rempart à peine lézardé, la ténacité et la chance de reconnaître le jasmin.
En hiver les vieux, les pauvres, les souffrants ont sur leurs paupières une épaisse gélatine de peur (pourtant tout le monde va se casser la figure en glissant sur le verglas).
Dans l’hiver à kérosène, la nature meurt sur les palmes sèches de feuilles vidées de saveur.
L’hiver est un dictionnaire des synonymes et des contraires, une voix ouatée, un défilé masqué de vêtements démodés.
L’hiver est un souffle froid, un soleil limpide, une ville d’hommes et de souris, c’est le cafard des poètes froissé, d’occasion. L’hiver est l’amour sous la tente-couverture, c’est la nuit.
L’hiver est l’amour vertical, les allées sévères, les petites fourrures, les foulards, les chandails, les haleines gelées.
L’hiver c’est l’escalade des lits de plumes, le cappuccino qui brûle au cœur d’un dimanche que j’exploite en te regardant parlant, touchant, attendant que toi aussi tu me touches.
L’hiver n’est pas encore la mort, est le courage de lutter, le désespoir et la confiance d’être en vie en plusieurs, c’est la résistance à l’aplatissement, c’est mon hurlement, c’est ta fuite, ma grève devant ton sourire hagard.
L’hiver nous sommes à peine nés et déjà nous soufflons vers les joues en feu et la bouche incertaine d’une jeune fille qui n’a pas les clés de chez elle.
L’hiver est ta bouche.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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L’automne est tes cheveux (Bologne en vers n. 8)

20 mardi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’automne est tes cheveux

L’automne est le pas d’une jeune fille
écrasant de son poids fantaisiste
un cœur triste à l’étoffe déchirée.

L’automne est un roman sans titre
une cathédrale sans portes
s’effondrant dans un ciel de papier.

L’automne est un rendez-vous raté :
si tu es ici, moi je ne suis pas là,
ou alors, si tu es là, je ne suis pas ici.

L’automne, quand tu es ici,
c’est la stupeur de voir à l’unisson
par d’éclats de rire infinis
un monde nourrisson
qui grandit brique sur brique,
feuille sur feuille,
geste sur geste
tout en souriant, fredonnant, hurlant
son inexpérience à tout venant.

L’automne, tu n’es qu’une feuille
parfumée, dorée, de bronze et de cuivre
absorbée dans les rouilles du passé.

L’automne, tu n’es qu’une quille
lancée dans le flaques du futur,
perdue dans un nuage gris,
aveuglée par un couchant irisé
gelée par une nuit bleue.

L’automne, est une feuille jaune,
une hécatombe de mille feuilles décolorées
grises, noires, rouges
se mêlant aux égouts, aux soupirs
aux sempiternels désirs
que bénit le crépuscule
et partage avec jouissance
notre esprit de décadence.

L’automne est l’antichambre
de la vie adulte, remplie de l’écho
de rébellions suffoquées,
de voix courageuses, de regards insoumis
d’un brin de liberté enfin reconquis.

L’automne est une plage déserte
qu’arpentent les poètes
qu’envahissent nos réflexions inquiètes
nos bruits sourds, nos blessures ouvertes.

L’automne est le brouillard épais,
cet aveuglement étourdissant
d’où sortent soudaines les ombres
telles les gifles d’un revenant
qu’on croyait disparu.

L’automne est l’habitude
à cette pluie brusque, insistante
douche caressante et cascade de marbre
qui se rue, par une sévère magnitude
sur le toit gris de mon arbre.

L’automne est un poème de Prévert
que j’aimerais bien continuer
en y ajoutant tout ce qui déconcerte
tout ce qui nous amuse
lors de traversées sans gain ni perte
et discussions abstruses.

L’automne, quoiqu’il arrive
il pleut sans cesse sur Brest.

L’automne est une promenade judicieuse
sous les arcades, aux aguets
de ta silhouette capricieuse
de tes foulards aux mille reflets.

L’automne est tes cheveux.

Giovanni Merloni

autunno 76 x blog 72L’automne est tes cheveux (version précédente)

L’automne est un pas de jeune fille triste sur un cœur sourd d’étoffe déchirée.
L’automne est une cathédrale païenne s’effondrant dans un ciel de papier.
L’automne tu es ici, moi je suis là, toi tu est là et je suis ici. L’automne tu es ici, attentive au monde qui naît, brique sur brique, feuille sur feuille, geste sur geste, sourire, hurlement, chant, éclat de rire amusé.
Tu es ici, absorbée dans le passé et dans le futur, tu es ici, feuille parfumée, dorée, de bronze et de cuivre perdue dans le violet, aveuglée par le rayon oblique, gelée par les crépuscules de guitares.
L’automne, évidemment, c’est une feuille jaune, mille feuilles jaunes.
L’automne, évidemment, ce n’est que pluie battante par douches de caresses : une mer de marbre qui se rue, bouffie et mordante sur la terre grise.
L’automne, évidemment, c’est la saison des poètes. des petites rédactions, des réflexions, des bruits sourds, des blessures. L’automne, évidemment, il pleut sans cesse sur Brest.
L’automne est tes cheveux.
Giovanni Merloni

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L’été est tes yeux (Bologne en vers n. 7)

18 dimanche Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

L’été est tes yeux

L’été est un couteau
de boy-scout, une petite bouteille
de Coca-Cola, un pot de chambre
dans une ancienne maison de campagne.

L’été est un bouquin de poèmes déjà lus.

L’été est un mur de chaux,
un être qui s’écroule à terre
comme un sac, une pantomime
sous les projecteurs, un pré vert
caressé par la nuit.

L’été est un train
qui s’arrête, un jugement
qui flotte dans l’air, une vie
entre parenthèses.

L’été est un escalier
creusé dans les rochers
lors d’une nuit d’étoiles filantes
dans une île de chauve-souris et d’oranges.

L’été est un cagibi
où s’invitent nos solitudes
nos souterraines richesses
nos invincibles précarités.

L’été est l’étrange euphorie
de nous savoir différents.

L’été, tu guettes
la lumière dans l’obscurité
tandis que moi j’espère
l’obscurité dans la lumière.

L’été est une chemise
rayée bleu et blanc, un drap propre
autour de nos corps mouillés.

L’été est un long instant de ravissement sensuel.

L’été est un nuage violet
vaguant incertain entre les pins et la mer.

L’été est une lente
paresseuse chansonnette d’amour
la silhouette en contre-jour
de nos jambes et nos bras enchevêtrés.

L’été est l’inédite liberté
de rêver, de nous mettre nus
de tout voir sans rien regarder.

L’été est le courage,
la peur, le bonheur de se découvrir idiots.

L’été est un oiseau mort
au-dessous d’une pierre,
un lendemain sur terre
plein de révélations, d’inconnues.

L’été, c’est fini avec les devoirs en classe.

L’été est une école buissonnière
sans vêtements ni tabliers.


L’été est une voix taquine
qui résonne argentine
dans nos regards insomniaques.

L’été est un baiser frais.

L’été, ça commence
à être vrai cet amour
ça va déchirer notre existence
une séparation si longue.

L’été est un chagrin qui semble insupportable.

L’été, quelle meilleure circonstance
pour mettre à l’épreuve notre constance !

L’été est un homme
étendu à même la terre
attendant que d’en haut du lierre
une feuille lui tombe dessus.

L’été est une femme
se hissant sur une tour d’acier
pour regarder la lune.

L’été est tes yeux.

Giovanni Merloni

estate alberi_antique

L’été… c’est tes yeux (Version précédente : 24  janvier 2013)

L’été est un vase de nuit dans une vieille maison de campagne, un couteau de boy-scout, une petite bouteille de Coca-Cola.
L’été est un escalier à la belle étoile parmi les rochers dans une île d’oranges et goélands.
L’été est un long instant sensuel.
L’été est la petite liberté de rêver de se mettre nu, de voir sans regarder, c’est un petit cahier de poèmes, c’est le courage la peur le bonheur de se découvrir un peu idiots.
L’été est une chemise à lignes blanches et bleues, un drap sec pour le corps mouillé.
L’été est un corps qui tombe par terre comme un sac, un mur blanc, un spectacle dans un pré, la nuit, avec les réflecteurs.
L’été est une lente paresseuse petite chanson d’amour, est un enchevêtrement de jambes et de bras, un nuage violet entre les pins et la mer.
L’été est un oiseau mort sous les pierres, c’est un futur plein d’inconnues, c’est peut-être cent surprises ou alors une révélation.
L’été c’est la fin des devoirs en classe, c’est une école sans les tabliers. sans les vêtements.
L’été parle, résonnant un peu dans nos deux regards insomniaques.
L’été est un baiser frais.
Ça commence à être vrai cet amour, ça commence à être douloureuse une séparation plus longue.
L’été, quelle meilleure occasion pour mettre à l’épreuve notre constance !
L’été est une douleur qui semble insupportable.
L’été c’est suspendre tout jugement, arrêter le temps, mettre la vie entre parenthèses, chercher l’obscurité dans la lumière et la lumière dans l’obscurité.
L’été est une prison de solitude où nous découvrons nous-mêmes, notre souterraine richesse, notre infinie précarité.
L’été est dans l’euphorie d’éprouver qu’on est différent.
L’été c’est manger une pomme, étendus à même la terre, ou grimper sur une tour d’acier pour regarder la lune.
L’été… c’est tes yeux.
Giovanni Merloni

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Le printemps est ta main (Bologne en vers n. 6)

13 mardi Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Le printemps est ta main

Le printemps est une mer grise.

Le printemps est ta voix
ton cou, tes lèvres, ton corps
à même le sable.

Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est une faible lumière
qui serpente dans la chambre
un disque obsédant
une obscurité pleine d’odeurs.

Le printemps est un vin nouveau
un adieu sur le pas de la porte
une promenade solitaire
un tas d’os et de pierres blanches
au milieu d’une clairière
un monologue étendu sous le soleil.

Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge
en train de mourir sur une plaque de glace.

Le printemps est un pont branlant
un bouquin sans dédicace.

Le printemps ce sont les vestes volés
les préparatifs des fêtes
les terrains vagues et sans âme
les ruisseaux d’eau jaune
les ampoules dans les bars
battues par un vent jaloux
les cahiers cornés
les téléphones accrochés
les cœurs désemparés.

Le printemps est la tâche difficile
de la vie avec les autres
le train train d’un bureau
le labyrinthe obsédant
des rythmes quotidiens.

Le printemps
est une violette sur ta robe grise
une randonnée dans la broussaille
de tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

primavera 1976 x blog

Giovanni Merloni, Printemps, 1976

Le printemps est ta main (version précédente)

Le printemps est une mer grise. Le printemps est ton corps sur le sable, il est ta voix, ton cou, tes lèvres. Le printemps n’est qu’un soupir.

Le printemps est la faible lumière serpentant dans une chambre. Le printemps est un vin nouveau, une promenade tout seuls, un adieu sur la porte, un disque obsédant, une broussaille de cheveux, un tas d’os et de pierres blanches, un monologue étendu sous le soleil, une obscurité pleine d’odeurs. Le printemps est un interminable baiser.

Le printemps est une feuille rouge, morte sur une plaque de glace. Le printemps est un petit livre. Le printemps ce sont les vestes volés, les préparatifs des fêtes ruisselantes d’eau jaune, les ampoules dans les bars, battues par un vent incertain, les terrains vagues et sans bruit, les cahiers cornés, les téléphones accrochés, les cœurs encombrés, désespérés, solitaires.

Le printemps est l’angoisse de la vie parmi les autres, la vie au travail, dans les bureaux, dans les labyrinthes obsédants des rythmes quotidiens. Le printemps est une violette sur une robe grise, un parcours tortueux dans tes cheveux frisés.

Le printemps est ta main.

Giovanni Merloni

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Le train s’en va (Bologne en vers n. 5)

11 dimanche Juin 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Bologne en vers

Le train s’en va

1
Le train s’en va
brisant, opiniâtre, des chaînes invisibles
creusant dans le gouffre mystérieux
qui sépare deux villes et leurs noms :
l’une est Rome, qui se rencogne
dans son ivresse de vierge épuisée,
l’autre est Bologne, la belle désirée
qui vient à ma rencontre.

Le train traîne, suspendu
sur le fil contrarié de mes deux destinées
survolant les champs et les foyers
les lits, les étreintes, les baisers
et ces lumières scandaleuses
de fenêtres silencieuses.

Tu n’es pas là, pas encore
mais tu t’obstines à bouger
qui sait où, comme une idée fixe,
tandis que, lâchement, je seconde
ce rythme impitoyable du train
qui voudrait briser mes intentions
mes souvenirs, mes rêves.

Tandis que je m’accroche
à cette cadence
qui ne me fatigue pas
qui ne me repose pas,
le train s’en va,
avalant par-à-coups
la terre, la mer, les lagunes
les toits, les poteaux, les murs
les soucis et les peines,
les hommes, les femmes.

Je n’existe pas,
ou alors je suis le seul qui existera
dans le train qui s’en va
alourdi par ses mémoires
ses chagrins d’amours,
ses regrets,
ses remords.

2
Entre la gare de mon abandon
et celle de mon ambition
le train accompagne et console
avec ses brusques débandades
mes questionnements infinis
autour du sens ultime de la vie.

Entre ce que je laisse et ce que je trouve
je dors, accroché à une louve
entouré de gens qui désapprouvent
et me laisse bercer
dans une étrange immobilité
coulant interminable
telle une clepsydre de sable
sur mes deux yeux fermés.

Jusqu’à ce que…

3
Sifflant, le train s’arrête
se transformant en tram
qui avance comme une bête
au pas lourd, encombrant.

Attendue, rêvée, espérée,
je te vois sous la marquise
obscurcie par la surprise
qu’a fait déclencher
mon regard étranger.

Avec ses bruits, le train repart lugubre
rempli d’autres corps, d’autres haleines
me laissant seul avec toi, à découdre
le pantin usé de mes peines,
tandis que la ville, sage, nous ouvre
silencieusement
les portes grises de la nuit,
accueillant, sous ses arcades
nos pas désunis
et nos pensées affolées
telles d’écharpes entrecroisées.

Le train lointain s’oublie
en nous redonnant notre miel
tandis que nos mains se hissent, ravies
jusqu’à toucher les fils dans le ciel.

Giovanni Merloni

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Le train va (version précédente)

Le train va, tout reste en arrière, tout vient à ma rencontre. Je n’existe pas. Moi seul, j’existe.
S’en va le train et vient la terre. S’en va le train et viennent la mer, la lagune, les toits, les tours, les troubles, les choses, les hommes.
Le train va et tu viens. Le train va et tu n’es pas là, tandis que je me penche vers ce rythme que je seconde, empêchant mes pensées, mes souvenirs. Cette cadence ne me fatigue pas, ne me repose pas.
Le train va et tu bouges à peine, qui sait où, comme une idée fixe. Le train va, là où je demeure : c’est un train vide, plein de choses
que je ne m’arrête pas à regarder, plein de peines que je frôle,
de mondes, de mémoires, d’amours.
Le train va au-dessus des villes, des lits, des baisers, des étreintes, survolant ces lumières douloureuses de fenêtres entrouvertes.
Le train va en quête de tant de femmes et d’hommes, de gens qui attendent, de gens qui se cachent.
Le train s’arrête. Il devient un tram, un serpent lourd et encombrant. Le train s’arrête, et je te vois, attendu, espérée, rêvée, désirée.
Le train ne cesse pas d’envahir ta peine et la mienne, nos regards étrangers.
Le train repart et nous laisse sur le goudron. Lugubre comme dans une fête, il a l’allégresse es enterrements et porte avec lui un monde de gens de train.
La ville nous ouvre, silencieusement, les portes de la nuit.
S’en vont alors, sous les arcades, nos pas désunis, s’en vont nos pensées s’entrecroisant comme des écharpes. S’en vont nos quatre mains, lécher les fils du ciel.
Giovanni Merloni

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Je suis une carcasse de vieille voiture (Bologne en vers n. 4)

08 jeudi Juin 2017

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Bologne en vers

Je suis une carcasse de vieille voiture

Je suis une carcasse de vieille voiture
une sardine raide morte,
rangée dans une boîte de laitons tordus.

Je suis une boule de poussière
jetée dans un précipice bleu.

Je suis le néon jaune de la nuit
les pas au milieu de chats ensommeillés
l’après-midi des vitrines
le soir des radios ondoyantes.

Je suis Venise
s’effondrant
dans des couches de salive.

Je suis la terre
qu’engloutit le monstre de pierre.

Je suis la route qui s’éloigne
escortée par les arbres peints en blanc.

Je suis la solitude désemparée
d’un flipper ébranlant le vide du bar.

Je suis les rêves bourdonnants
d’hommes essoufflés qui cherchent le vent.

Je suis l’adieu aux villes du nord.

Je suis Bologne débonnaire,
je suis Rome étourdie.

Je suis le brouillard
qui s’installe dans les jambes.

Je suis le gel
de n’avoir plus de paroles.

Giovanni Merloni

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Drôle d’histoire (Bologne en vers n. 3)

04 dimanche Juin 2017

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Bologne en vers

Drôle d’histoire

Drôle d’histoire
l’énergie pour monter
dans le fouillis des armoires infinies
où tu te sauves sous des vêtements
blanc poussière, violet rose, jaune marron
rencontrer la surprise de ton regard
jouant à cache-cache
derrière les châteaux en papier.

Drôle d’histoire
les au revoir romantiques aux fenêtres
le train dans le sillage d’eau
la terre grise sur les chaussures
le bruit des soupirs
les poignées de main, les jeunes gens.

Drôle d’histoire
courir parmi les étoiles filantes
autour du totem de deux corps
enlacés dans la danse peinte.

Drôle d’histoire
l’air de neige
respiré entre les dents brisées
le goût du déjeuner
la saveur du vomi
dans la gorge séchée.

Drôle d’histoire
l’énergie pour monter
dans le fouillis des armoires infinies
où tu te sauves sous des vêtements
blanc poussière, violet rose, jaune marron.

Giovanni Merloni

Giovanni Merloni, de « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 — ISBN 88-86600-77-1

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Original TEXTE ITALIEN 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Le nombril d’une planète endormie (Bologne en vers n. 2)

25 jeudi Mai 2017

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

≈ 3 Commentaires

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Bologne en vers

Le nombril d’une planète endormie

I.
Son appart se découvre à nouveau
le nombril d’une planète endormie
le berceau où se sauve, ravi
le vrai sens de ma vie.

Traîné par une fleur rebelle
d’un élan j’ai couru vers elle
lui apportant en cadeau
le cœur chaud d’un chiot.

Et déjà la farouche déchirure
de son âme meurtrie
s’estompait dans le petit désespoir
d’une égratignure jolie
dont on ne voit pas grand-chose :
le rouge se mariant au rose
le céleste au noir.

Traîné par une peine
que j’avais refoulée,
je courais chez elle, dérangé
par des mots désordonnés
me jurant qu’elle comprendrait
qu’elle négligerait mes états…

II.
Derrière la porte fermée,
dans sa douceur exquise
elle s’abandonne, sourit et rit
et mêle son regard
à la poussière blanche du soleil
traversée par l’ombre
toute-puissante d’un autre.

Jusque là a couru mon enthousiasme
jusqu’à sa porte fermée, aux glycines fanées
écroulées sur le gravier de l’allée
sous la pluie.

Giovanni Merloni

la sua casa_bozzetto

Précédente version (Sa maison redevient centre, Ossidiana n. 13) publiée sur ce blog le 2 février 2013 :
Sa maison redevient centre/le centre du monde. Un lieu/où l’on peut dire : celle-ci est ma vie.//Entraîné par une fleur, j’ai couru/lui donner un joli chiot chaud.//La déchirure de son cœur/devait s’être étendue/en une longue blessure grise/(mais, on ne se voit pas tellement :/le rose se marie au rouge/le céleste au noir).//Emporté par de mots/désorganisés, par une furie/que je ne savais pas refouler,/j’allais chez elle/(pourtant elle me comprendra,/même dans ma pagaille)./Dans sa douceur exquise/elle s’abandonne/sourit et rit, et mêle son regard/à la poussière blanche du soleil/à l’ombre envahissante/d’un autre.//Jusqu’à sa porte a couru mon enthousiasme/à sa porte fermée, aux glycines fanés/écroulés sur le gravier de l’allée de pluie.
Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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