le portrait inconscient

~ portraits de gens et paysages du monde

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Archives de Tag: Ossidiana

Pour te faire plaisir, 1976 (Ossidiana n. 51)

22 mercredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_emilia rossa 001 180

Pour te faire plaisir

Je t’écris des poésies
pour te faire plaisir.

Je t’écris des poésies
parce qu’un véritable dialogue
entre adultes n’a jamais existé
entre nous.

Je t’écris des poésies
parce qu’ils se sont écroulés,
désormais,
les palais et les églises
abritant notre amour.

Je t’écris des poésies
en profitant des interstices
soudains
où tu me parles encore
où tu me cherches
où tu me caresses
où tu m’attends
peut-être.

Je t’écris des poésies
parce que
les églises ni les palais
ne seront impatients
d’héberger, un beau jour,
notre « oui ».

Je t’écris des poésies
parce que je me refuse
de te ranger dans une boîte,
t’exploitant
comme une chose.

Je t’écris des poésies
parce que cette souffrance
va m’apprendre à adorer
tes distractions
tes fuites
tes absences.

Même en sachant
que tu ne reviendras pas
je t’écris encore des poésies
pour te faire plaisir.

Même en sachant
que cela ne servira pas
je t’écris encore des poésies
parce que je t’aime.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Depuis, 1975 (Ossidiana n. 48)

08 mercredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

002_nu 180 - copie Tableau du peintre ukraïnien Alexandre Dmitriev

Depuis

Elle est entrée dans mes narines
elle a vagabondé
par mes intestins
elle a brûlé mon sang
elle est devenue ma peau même
ton odeur.

Et maintenant,
un sourd plongeon
dans la stupeur du soir

attendant que le petit brouillard
se dissipe

attendant que le calme muet
revienne
avec les voix aveugles
des autres

attendant que nos amulettes
s’effleurent
dans une danse neutre,
jusqu’au bout de la nuit.

Giovanni Merloni

I_femme

Bologne (1975, ancienne traduction libre de l’italien sous forme de transcription en prose)

Dans mes narines s’est glissé ton odeur. Dans mes intestins, dans ma peau et mon sang elle a flâné, brûlante, légère, généreuse. Et maintenant, égaré dans le soir effrayé (tandis que le petit nuage se disperse), il ne me reste qu’attendre le calme muet, les voix des autres. Rien que suivre nos amulettes voltigeant dans la chambre, ayant pour eux toute la nuit, toute la nuit encore pour se chercher.

Giovanni Merloni

époux en violet_modifié-1

Giovanni Merloni, 1971

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Ton visage porte ton nom, 1975 (Ossidiana n. 47)

05 dimanche Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

donna tra i manichini x blog_ter

Giovanni Merloni, 1978-2013

Ton visage porte ton nom 

Ton visage porte ton nom.

La pénombre de ton regard
la lueur de tes lèvres
et les ombres de ma solitude
portent ton nom.

Au-dessous de mille villes blanches
s’engouffrent nos têtes, nos hanches.

Au milieu du silence de la terre
où s’enlisent mille labyrinthes de lierre
mon chagrin porte ton nom.

Au bout de mille puits gelés
inutilement j’invoque ta beauté
sculptée dans la pierre
en hurlant ton visage et ton nom
tel un mégaphone en colère.

Depuis les planches du drame
qui porte ton nom
mon regard te réclame
stérilement, sans façon
se perdant en ellipses pénibles
où tu t’éclipses invisible :
je ne vois plus ton visage
ni ton décolleté
ni le rouge foncé
de tes lèvres.

Dans la rue te poursuit,
en vain, la vitrine
des choses refusées
qui portent ton nom.
Ta poitrine
ne penche plus ses vertus
sur ces images floues
qui portent ton nom.

Maintenant,
c’est le temps que nous avons gaspillé,
ce sont nos mille casse-têtes
de feuilles blanches
et l’agonie futile
de nos corps exploités
qui portent ton nom.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

Première publication 15  janvier 2013 Dernière modification 5 juillet 2015

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

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Miroir d’un appartement d’étudiants, 1976 (Ossidiana n.46)

04 samedi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_specchio_antique

Miroir d’un appartement d’étudiants 

Miroir d’un appartement
d’étudiants,
miroir d’une image goguenarde,
miroir de la santé
de l’envie de vivre,
miroir des itinéraires
longeant les rails,
miroir des suicides
dans des trappes d’eau sale,
miroir d’un arbre de glycine
qui brise les toiles d’araignée
d’une ceinte en briques.
002_specchio_antique Miroir d’un nouveau sourire
d’une main tendue
d’un corps impartial,
miroir d’une confiance
rougeâtre
d’une barbe abîmée
d’un album de famille,
miroir de la mémoire
de moments laids comme celui-ci
de moments beaux
comme celui-ci,
miroir de la force
de l’identité, de la vie.
003_specchio_antique Miroir des révérences fanfaronnes
des éternelles litanies
des costumes blancs
des profils indiens,
miroir d’une lutte
qui jaillit, haletante
d’une sculpture de sable
d’un pré d’hautes herbes
quand il fait nuit,
miroir de nos dernières paroles
que depuis ce cachot je poursuis
que j’étudie
et interprète
et rapproche
et invente.
004_specchio_antique Miroir de ma mort
qui me chérit,
miroir de ma vie
qui m’a fait cadeau
d’une folle sagesse
d’une humble irrésistible force
d’un miroir.

Giovanni Merloni

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Promenade à Villa Ghigi, 1976 (Ossidiana n. 45)

03 vendredi Juil 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

Mes chers lecteurs,
Je vous dis, tout simplement, qu’au bout noir et profond d’un puits qui me semblait sans fin, j’ai trouvé une solution pour les prochains temps. Je vous expliquerai un jour les raisons primordiales de mon hésitation à pousser jusqu’au bout dans mon expression sincère, dans le récit authentique de mon parcours de gestes et de mots que j’appelle la vie. Ma vie. Je ne peux pas encore exploiter jusqu’au bout ce qui m’est tout à fait nécessaire. D’ailleurs, il y a la canicule et le pauvre cerveau perd de temps en temps quelques coups. Il faut attendre l’automne, la saison de ma naissance et de mon véritable esprit. À la rentrée, peut-être, retrouverai-je des compagnons de route qui voudront partager mes épanchements et mes découvertes rétrospectives. Ou alors, avec le frais dans la tête, serai-je capable de me concentrer dans un engagement de longue haleine, plus ciblé…
Maintenant, j’ai réfléchi à la récente expérience de l’atelier de réécriture concernant mon recueil des « poèmes d’avant l’amour » et je me suis dit que je dois faire le même pour les autres poésies jusqu’ici publiées, faisant partie des recueils « Ambra », « Nuvola », « Stella », « Ossidiana », « Luna », « Roma » et « Je suis parisien ».
Donc, quand je n’aurai pas de nouveaux sujets à vous proposer, j’essayerai d’attirer votre attention sur mon travail très engageant d’ailleurs, de révision de textes que la plupart de vous ne connaît pas.
Voilà. Les mois de juillet et d’août seront consacrés à la ville de Bologne. À cette période, heureuse et douloureuse à la fois, où j’ai eu la chance d’être homme et me voire aussi comme un personnage, tout en poussant jusqu’au bout l’accélérateur soit dans le travail soit dans l’art et dans l’amour… Je parle d’amour, vous le savez, avec le même naturel que j’aurais en parlant de la vie… Une vie dominée par la ville de Bologne, de ses sœurs et de ses cousines : Parme, Reggio Emilia, Modena, Ferrare, Ravenna, Cesena, Forlì… Une vie consacrée aux amitiés les plus importantes et les plus sincères. Une existence joyeuse et tourmentée où deux personnages incontournables trônaient et trônent encore : Stella et Ossidiana…

001_don giovanni 002

Promenade à Villa Ghigi

Sautillant sur des marches de bois,
tes bouclettes accompagnent l’émoi
délicieux de tes gestes familiers
encadrant drôlement
ton visage bronzé.

On descend dans le pré
au milieu des ruines. Tu racontes,
assez franche,
ton voyage thaïlandais. Je remonte,
en revanche,
à nos pas sur le quai
de la gare. Tu partais
paresseuse,
tu en reviens excitée.

Sur nos têtes nuageuses
se poursuivent nos ombres, nos corps éloignés.
Je demeure distrait, dérangé.

Le chemin est une algue sur le fond de la mer.
Le destin à nous deux
est une gare sans trains.

Arpentant le sentier, tu m’apprends le jardin
dont l’odeur nous échappe.

C’est une drôle de saison qui ne laisse pas l’hiver.
Le soleil est gelé et Bologne, loin de nous,
nous attend, silencieuse.

Un silence aveuglant
a tué nos paroles par sa voix sombre et froide.

Et pourtant nous côtoient, bien allègres,
les voix brusques du groupe en chandail,
aussitôt disparu.

Piétinant le gravier, par ta voix bien tenace,
tu voudrais me calmer et m’apprendre la vie.

Tu ne chantes pas non plus, tu n’endosses pas les choses.

Nous traînons dans le pré. C’est ici qu’on s’aimait
juste hier. La colline s’inondait de soleil,
notre corps se lançait
dans un geste précis que le rire enflammait.

Bologne se faufile dans sa colline,
par le noir de ses feux.
Sur son corps abandonné, la nuit
apeurée se ratatine.

Dans le souffle de nos voix qui patinent,
le jardin est l’adieu.

Que c’est calme ce couple désuni et perdu !

Et Bologne, par ses rues tordues,
par ses longues heures cachées
saisira le regard de ma femme,
son visage bronzé.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

passeggiata def

Giovanni Merloni, 2000_2013

Promenade (1976)

Chaque marche est de terre et de bois. Tes bouclettes, encadrant drôlement ton visage bronzé, accompagnent tes gestes. Tu racontes. En revanche, boiteux, je demeure distrait. On descend dans le pré
par des pierres en ruine. Sur le plafond nuageux se poursuivent les ombres de nos corps lointains. Le chemin est une algue gisant au fond de la mer, une gare sans trains. En faisant les cent pas, on apprend
le jardin. Pourtant son odeur nous échappe. C’est une drôle de saison où encore l’hiver se cache. Même le soleil est gelé. La ville, loin de nous, nous attend, silencieuse. Un silence aveuglant a tué nos paroles par sa voix sombre et froide. Et pourtant  nous côtoient (jolies, bien allègres) les voix brusques du groupe en chandail, bientôt disparu. Elle sautille sur le gravier, ma femme tenace, essayant de me calmer et m’apprendre la vie. Elle aussi ne chante pas, ni ne se vêt pas de choses. Nous traînons dans le pré. C’est ici qu’on s’aimait juste hier. La colline était le soleil, notre corps un geste large et précis que le sourire inondait. La ville se faufile dans la colline, par le noir des feux. Sur son corps angoissé, la nuit s’est adossée. Dans un souffle de nouveaux bruits, le jardin est l’adieu. Qu’il est calme le couple désuni et confus ! Demain, la ville ravira ma seule femme, son visage bronzé.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

1 RÉFLEXION À PROPOS DE “ 013_PROMENADE ”

  1.   Dominique Hasselmann a dit:

    13 janvier 2013 à 11 h 13 min

    On se promène aussi dans votre tableau avec plaisir.

Derrière les persiennes, 1975 (Ossidiana n. 44)

28 jeudi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

finestra 9_schermata-2015-05-23-alle-23-15-50

J’ai empruntées ces photos à Giorgio Muratore, da Archiwatch avec son accord

Derrière les persiennes

Chacun de vous
est un nombre,
une génération,
un vieux costume,
un titre d’études achevées,
quelques médailles,
une dégradation,
cent licenciements,
un grain de beauté,
une barbe et des moustaches,
une paire de lunettes,
une voiture rouge,
une carte d’adhésion,
un insigne,
un sandwich parmi les employés,
une queue derrière une porte fermée,
une file interminable au guichet,
une présence
(ou sinon une absence)
à un rite.

Schermata 2015-05-24 alle 14.32.21 copia

Chacun de vous
est un arbre
qui se désespère
jetant aux nuages
ses petites feuilles.

Chacun de vous
est un collier de corail
lumineux
accroché aux racines de la mer.

finestra 1_pomeriggio

Chacun de vous
est un fruit sous-marin
ou sinon un cancer.

Chacun de vous
est un hurlement étouffé,
une rébellion circonspecte,
une inaptitude
déguisée ou manifeste
à la vie.

finestra 2

Chacun de vous
est un garçon
attendant de réponses.
Inhibé, réduit au silence,
il n’ose pas poser des questions,
il n’ose pas parler.

Chacun de vous
n’est qu’un petit artisan
dans cette absurde entreprise
de bouche-trous
qu’est le monde.

finestra 12_piacentini-piazza-verdi

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

TEXTE EN FRANÇAIS

La poésie déchirée, 1976 (Ossidiana n. 43)

20 mardi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_madame déchirée - copie

La poésie déchirée (1)

La poésie déchirée
était belle,
la poésie déchirée était sincère,
un cul-de-sac ombrageux
où la lumière avait pénétré,
un coin de poussière
où l’écheveau s’était dévidé
de la douleur et du bonheur.

La poésie déchirée
était ma vérité
la plus cruelle
déguisée en fleur,
mon extrême effort
pour te comprendre
pour me libérer
de mes « idées reçues ».

La poésie déchirée
m’avait anéanti
ressuscitant aux narines
le parfum tiéde
de ton corps.

À présent,
la poésie déchirée
est retournée tout entière
dans mes mains
dans mes jambes
dans l’estomac souffrant
de la vie.

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de novembre 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Le projet d’une poésie, 1975 (Ossidiana n. 42)

18 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_donnina 180

Giovanni Merloni, J’espère que tu…, janvier 2015

Le projet d’une poésie (1)

Dans la fragile géographie
des souvenirs
des attentes
des gestes cachés,
le projet d’une poésie
s’étend
comme une langue de papier
au milieu des vêtements
et des masques
d’un amour tombé
en désuétude
jusqu’au moment où la rage
d’une vitalité nouvelle
desserre les jalousies
de la relique sacrée.

Depuis le fond d’une crypte
sentant l’oignon et le vin
mon cri a grimpé
au-delà de la trappe d’herbe
frôlant ta robe
jusque dans ton giron blanc
aux dentelles fleuries
et nous avons pris à rouler
dans la spirale infinie
d’un parchemin en colimaçon
transparent.

002_donnina part 180

Giovanni Merloni, J’espère que tu…, part. janvier 2015

Oui, tu me rends conscient
finalement
de ma naissance
de mes premiers pas
de ma courbe gaucherie d’écolier.

Oui, tu m’acceptes
finalement
au milieu d’un dessin plus vaste,
plus riche
avec des excès,
avec du gaspillage d’humeurs
et de couleurs exubérantes
et foncées.

Oui, tu me donnes,
finalement, la certitude
qu’elle nous appartient
cette vie à nous.

003_photo part

Giovanni Merloni

(1) Réécriture de ces jours, en français, d’une poésie en italien de juillet 1975 (Bologne)

TEXTE D’ORIGINE EN ITALIEN

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Chaque jour, je t’attends, 1975 (Ossidiana n. 41)

01 vendredi Août 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_je t'attends def 180

Giovanni Merloni, gouache, juillet 2014

Chaque jour, je t’attends (1975)

Si cet amour résiste
sans devenir
ce sombre rituel
de meubles et de draps.

S’il demeure
comme maintenant
comblé par la certitude
et le mystère
d’une solitude à deux,
soudaine et sourde,
paradigme
du bonheur,
de la sérénité,
du calme.

Si ce calme voulu
ne devient pas de l’ennui,
si cette paresse
en savourant
les sensations et les pensées
ce n’est pas qu’un écho
de nos mots,
qu’une robe grossière
pour nos rêves interdits…

Chaque jour,
je me souviens de toi
et je t’attends.

Chaque jour,
je te proclame la joie
d’une vie qu’il n’y aura pas,
je t’habille de mille jupes
et mille fois je te déshabille.

Chaque jour,
je me souviens de toi,
je chante pour toi,
je me moque de toi
tout en rêvant
de t’emmener ailleurs
chez moi.

Chaque jour,
je t’attends.
Assis sur un muret
de chaux, je te salue,
tandis que ton image
reste sculptée,
photographiée au fond
de mes yeux.

Chaque jour,
je t’attends,
même si je te vois
disparaître
derrière un disque
où s’enchevêtrent
des mots étrangers,
des sons égarés.

Chaque jour,
je t’attends,
même si tu deviens
un amour impossible.

Et je travaille à ta place,
je range tes dossiers,
je monte la garde
à ta porte,
j’écoute les variations
du silence.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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Les objets inutiles, 1976 (Ossidiana n. 40)

24 jeudi Juil 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ossidiana

001_belle bleu-rose iPhoto 180

Giovanni Merloni, gouaches juillet 2014

Les objets inutiles (1976)

Tes bras s’abandonnent
et tombent
comme des feuilles chaudes
parmi les objets inutiles
d’une chambre sans
lumière.

Les cris de la vie
et de la mort
(éclatés violemment
dans le petit théâtre
de notre étreinte
embarrassée)
vont aboutir,
à présent,
dans la lueur ferme
d’une lente promenade,
tout au long
d’un fleuve de neige
entouré d’arbres
jaunes.

J’engloutis
péniblement
la douleur glacée
impromptue
remplaçant
la joie foudroyante
de cette petite
force
retrouvée.

Devons-nous
confier notre chance,
ce désir aigu
de bonheur
au temps capricieux
ou galant homme,
impatient
ou patient ?

Et pourtant
(au jour le jour
feuille après feuille),
elle est sincère
cette bataille des corps
ensommeillés,
elle est indomptable
cette constance
qui nous pousse
à nous poursuivre
l’un l’autre,
à protéger
notre petite
bonne humeur,
à défendre
coûte que coûte
la paix orgueilleuse
d’une petite
affinité.

Ça ne sert à rien,
contre l’amour,
tout dessin sombre
ou schématique.
Toute hypothèse
de bon sens
(heureusement)
s’épuise, bien avant
de produire
des résultats.
Elle ne remplacera
jamais la solidité
et le charme
de deux mains serrées
au milieu des odeurs
et des profils nets
de la rue.

Nous apprenons
à accepter
que la vie amène toujours,
en promenade,
bien serrée contre son corps
souple et provisoire,
la silhouette définitive
de la mort. Le bonheur
n’est qu’un enchevêtrement
d’objets inutiles
et d’élans indispensables
que nous devrions
toujours
protéger
contre les pièges
invisibles
de la mort,
contre les illusions
inévitables
de la vie.

Giovanni Merloni

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN

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