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Une danse à Bilbao (Zazie n. 30)

30 samedi Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

Mes chers lecteurs,
voilà une réécriture assez particulière. D’un côté, pas trop convaincu de mon ancien poème consacré au « mystère de Bilbao », j’étais aussi convoqué, inconsciemment, par les articles de paumée (Brigitte Célérier) sur le « Flamenco ». De l’autre côté j’ai essayé de mettre les bases, ou pour mieux dire « les pieds » pour une chanson (au masculin et au féminin, avec de très petites différences) consacrée à ce nom, à la ville qui porte ce nom ainsi qu’à l’idée d’une danse forcenée que ce nom même pourrait entraîner.
D’ailleurs, je ne saurais pas dire pourquoi ce nom m’intrigue. Ce qui est sûr, Bilbao s’inscrit dans une liste « d’objets chéris » avec Lisboa, Pessoa, Socoa, sertão et — pourquoi pas ? — Falcao, un grand footballeur de la Roma, l’équipe de mon cœur…

001_couple bilbao 180

Une danse à Bilbao

Je vais cherchant, de rue en rue, à Bilbao
ta figure dansante, tes jambes charnues
ta robe rouge de soie, ton sourire ardent
ton cœur secret s’ouvrant aux gens indifférents.

Tu me disais : « on va s’aimer à Bilbao
fouillant parmi les oies et les pensées perdues
au milieu d’un nuage et de maisons en chœur
dans cette ville-là que je connais par cœur. »

Dieu seul le sait combien j’adore Bilbao
le nom d’une ville que je n’ai pas connue
où tu t’effondres, le beau visage bronzé
le corps se déhanchant en une danse effrénée.

Tu me disais : « je t’attendrai à Bilbao
dans les échos des pas, les éclats des rires
seule, j’endosserai ma jupe zigzagante
dansant pour toi dans la musique absente. »

Tu n’aurais dû jamais partir à Bilbao
m’attirant sans issue dans un chagrin pareil
cela me fait mourir, et j’étouffe l’orgueil
dans une rue sans arbres, démunie de soleil.

Giovanni Merloni

002_couple bilbao hor

Une danse à Bilbao
(si l’on veut la chanter au féminin)

Je vais cherchant, de rue en rue, à Bilbao
ta figure dansante, tes jambes charnues
ta chemise de soie et ton sourire ardent
ton cœur secret s’ouvrant aux gens indifférents

Tu me disais : « on va s’aimer à Bilbao
fouillant parmi les oies et les pensées perdues
au milieu d’un nuage et de maisons en chœur
dans cette ville-là que je connais par cœur. »

Dieu seul le sait combien j’adore Bilbao
le nom d’une ville que je n’ai pas connue
où tu t’effondres, le beau visage bronzé
le corps se déhanchant en une danse effrénée.

Tu me disais : « je t’attendrai à Bilbao
dans les échos des pas, les éclats de rires
seul, j’endosserai ma veste plus charmante
dansant pour toi dans la musique absente. »

Tu n’aurais dû jamais partir à Bilbao
m’attirant sans issue dans un chagrin pareil
cela me fait mourir, et j’étouffe l’orgueil
dans une rue sans arbres, démunie de soleil.

003_couple bilbao vert

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme toutes les autres poésies publiées sur ce blog. 

« Cette vie qui s’éclipse toujours », une chanson au féminin (Zazie n. 29)

17 dimanche Mai 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

Ri-esposizione diDSCN0760 bis ritaglio

« Cette vie qui s’éclipse toujours », une chanson au féminin (1)

Sans entrain
avec le train
je m’effondre dans le quotidien.

De ta chambre
restée vide
tu m’attends
exigeant mon retour
dans tes bras…

Et pourtant,
hier seulement,
naviguant sans remparts,
je songeais, impatiente, au départ…

Ri-esposizione diDSCN0760 ter

Sans un mot
le vieux métro
me ramène brusquement au boulot…

Quel manège
ou sortilège
cette vie se vissant en arpège…

Je suis perdue…
abandonnée
mais au rire d’un jeune homme
je me sens soulagée !

Oui, je marche
maladroite
remontant engourdie vers le ciel.

Oui, je chante
bouleversée
vomissant mon destin fabuleux.

Naviguant sans remparts
dans tes bras,
je songeais, impatiente, au départ…

003_s'éclipse toujours 180

Au jour le jour
avec le train
je me plonge dans le quotidien.

Quel manège
ou sortilège
ce voyage sans retour
cette vie qui s’éclipse toujours !

Giovanni Merloni

(1) Inspirée par une mélodie de @rixilement

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

« Une onde noire », hommage à la sculpture de Jacklin Bille (Zazie n. 28)

31 mardi Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

« Comme je te l’ai dit samedi dernier, j’aimerai STP que tu me fasses un poème pour accompagner ma sculpture, qui va t’inspirer, j’espère…
Elle fait un mètre de hauteur, c’est du staff sur une armature en ferraille, la robe est en tissu plâtré patiné… J’ai voulu faire une sculpture « symbolique » : un couple de danseurs de flamenco. Je l’ai appelée « le flamenco envoûtant »…
je vais t’écrire, pèle mêle, mes idées de départ : j’ai fait l’homme (symbolisé par l’arbre), texturé, avec des angles (car l’homme, pour moi, est toujours fort, rigide) ; j’ai fait la femme tout en courbes, comme une liane, car elle veut le séduire par sa danse, l’apprivoiser, l’entourer… J’espère que tu comprendras mon charabia… »
Jacklin Bille

002_le flamenco envoutant 2 180

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, 2015

L’équilibre forcené de l’amour

Merci, chère Jacklin, pour ce flamenco envoûtant, capable de transformer le bronze en arbres et les arbres en êtres humains touchés par la passion et les émotions subtiles de l’amour !
Je ne sais pas si je serai capable de traduire par mots ce que cette œuvre « envoûtante » transmet d’emblée, sans transition. Si jamais j’écrirai quelque chose, elle ne parlera pas vraiment des valeurs universelles que tu y as calées dedans. Elle ne pourra pas parler non plus de ce que tu as éprouvé intimement. Je ne pourrai faire mieux que débiter des sentiments et des pulsions qui se réveillent, des souvenirs qui s’estompent, des larmes de joie et de désespoir qui tombent dans la bouche tandis que…
malheureusement, le sentiment de la joie rarement se sépare de celui de la rupture, de l’abandon. On est tous habitués à considérer comme impossibles une séquelle ininterrompue de moments heureux, une sarabande de danses forcenées, une progression géométrique infinie vers le bonheur…
Ton oeuvre mériterait des mots sublimes, musicaux, ardents et légers à la fois… Moi j’essayerai d’écrire des mots sincères, les mots que dirait cet arbre rigide et même bloqué devant cette sirène insaisissable et pourtant provocatrice…

flamenco_sampietrini_sotto_modifié-1

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, part. 2015

L’onde noire

Par hasard
au milieu du brouillard
elle a cogné contre lui
cet arbre bâtard
effondré dans l’ennui.

Dans l’élégante tristesse
de son dénûment sans force
elle découvre cette écorce
en y frottant les fesses
tandis que sa robe dorée
coule à terre, ensanglantée
s’enroulant avec paresse.

La voyant spectatrice,
envoûtée jusqu’à mourir
dans la danse tentatrice,
il voudrait bien sortir
de sa carapace humide
élançant sa bouche avide
en dehors de son cou.

Elle a noté ce tronc musclé
cette force lisse
cachant derrière les coulisses
un geste lumineux
et la bouche bée.

flamenco_sampietrini_sopra_modifié-1

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, part. 2015

Entourés par le bois minéral
par le souffle du mistral
Liane et Olivier
ont consacré leur baiser sidéral
au couchant
s’adonnant aux délires
du bal et du chant printaniers.

Liane à la peau d’ébène
suit des ellipses abruptes
huilées, afro-cubaines,
Olivier à l’écorce dorée
compte de tour en tour
le poids de ses caresses
l’orgueil de ses prouesses.

— Un jour je partirai sans dire Adieu !
— Laisse-moi ta robe
elle me réchauffera les pieds !

— Un jour on nous divisera
brisant la chair de nos corps unis !
— Laisse-moi ton onde noire
et tes reflets jolis !

— Un jour tu n’entendras plus
les va-et-vient
de mon corps sur le tien,
ni le vent qui nous touche…
— Laisse-moi un mot d’amour
que je répète de ma bouche
aux oiseaux tout autour…

001_le flamenco envoutant 1 180 avana

Jacklin Bille, Le flamenco envoûtant, 2015

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

vernissage

Un dimanche, sur le bord de la piste (Zazie n. 27)

08 dimanche Mar 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

dimanche 180

Un dimanche, sur le bord de la piste

Tandis qu’une immense Waterloo se joue à côté de nous
sur la route éphémère où les questions se déversent
combien de discussions ou bavardages ou murmures
combien d’héros inutiles
combien de mots compliqués
chacun hissant sa petite tour
chacun rassuré de sa propre formule

Tandis qu’une immense destruction de valeurs s’accomplit
et de bois et de fleuves et de beauté naïve
et d’amour pur comme l’eau d’une généreuse fontaine
les semaines s’écoulent, avec leurs règles bizarres
leurs habitudes primordiales

Tandis que le samedi se brûle et le calme du dimanche se prépare
je regarde la page blanche ou la toile
le parchemin ondulé, l’écran microscopique
d’un téléphone portable
et je n’y lis rien, et je ne sais plus quoi y écrire
parce que je suis écrasé par les événements terribles
parce que je ne veux pas rencontrer cette femme de 66
qui cherche la compagnie de quelqu’un en dessous des 70
parce que je suis trop fatigué pour sortir dans la rue
parce que je ne serais pas à la hauteur d’ouvrir ma porte
aux fêtes, aux voisins, aux amis anciens,
aux gens intéressants

Tandis que ce livre de poèmes immortels tombe à terre
et que je le regarde, essayant de me souvenir
de la rose, de la mignonne, du dormeur, du bateau,
de l’ivresse alcoolique, de la Seine qui coule
et des frères humains, mon esprit las s’attarde
sur le bord de la piste
un dimanche de fête

Tandis qu’une saveur indicible est appareillée sur la table
je redeviens désinvolte, je t’invite :
viens danser avec moi, ma petite !

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Une Liberté… de plus en plus chérie (Zazie n. 26)

08 dimanche Fév 2015

Posted by biscarrosse2012 in les échanges, mes poèmes

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vases communicants, Zazie

Pour les vases communicants (*) de décembre 2014 (voir liste complète des participants), Dominique Hasselmann et moi nous avions exploité notre échange selon le critère suivant : 1) s’inspirer à une image que chacun de nous a proposée à l’autre ; 2) commenter cette image avec un texte de 20 lignes au maximum. Comme vous pouvez bien deviner, l’image proposée par Dominique représente la terrasse des Halles de Paris dans cette période d’intenses travaux de réaménagement du glorieux complexe commercial et pour les expositions. Comme tout le monde sait, ces travaux s’achèveront avec la réalisation d’une immense couverture qui pourrait être une énième merveille à découvrir ou…
Stimulé par cette photo mystérieuse, j’avais écrit un petit commentaire en vers, que je propose à nouveau deux mois après. Mais je dois le dire : à la lumière de ce qui est arrivé à Paris, il y a juste un mois, cette image et ce texte aussi me font une étrange impression. Il semble s’être écoulé une éternité ! Certes, beaucoup plus que deux mois. On ne ressent seulement pas l’impression d’une barbarie absurde qui menace la paix en France et en Europe, mais aussi le poids d’une volonté sourde d’arrêter le temps et de faire régresser tout ce qu’on essaie de faire de positif et de constructif, même dans le quotidien. Doit-on continuer à croire dans le présent et dans la force d’un progrès civilisateur ? Je crois que oui. Il faut se battre, défendre la liberté d’expression ainsi que la beauté, l’intelligence, le travail assidu pour améliorer au fur et à mesure les structures pour la culture, les bibliothèques, les théâtres, les lieux de rencontre. La « liberté » est  « chérie », par nous tous, encore plus qu’avant. Cela n’empêche que Paris, cette ville merveilleuse où j’ai la chance de vivre, cet endroit unique où tous les habitants de la planète ont la chance de venir passer des journées inoubliables, ce n’est plus le même !

Giovanni Merloni

Chantier Halles 20.11.14_DH

Paris, Les Halles, 2014. Photo de Dominique Hasselmann (Cliquez pour agrandir)

LIBERTÉ CHÉRIE 

Parterre ou terrasse du théâtre de la vie ?
Aveugle, j’en avais effacé la photographie.
Remémorant, ensuite je retrace la lugubre
Illusion d’un espace infini de poubelles.
Seront-ils en mesure d’y bâtir des merveilles ?

Prison pour mes yeux enfantins ou méfiants,
Au-delà de ces barres tournantes,
Roulerais-je insouciant ? succomberais-je pourtant ?
Immobile la tour aux ampoules roulantes
Sinistre, elle m’évoque la cadence des pas…

Policiers ? ou les pas d’innocents ouvriers ?
Architectes arpentant des chimères ?
Revenants dans un rêve de sons et lumières ?
Images faussées par d’habiles sorcières ?
Sur la grue le démiurge nous étale une promesse :

Promenades insouciantes sur le toit jardinier
Ascenseurs transparents de palier en palier
Renouveau des boutiques dans l’esprit des bobos
Inutile de dire qu’il y aura des bistrots…
Spectacles pour le peuple, ô LIBERTÉ CHÉRIE !

Texte : Giovanni Merloni
Photo : Dominique Hasselmann

(*) Rappelons que le projet de « Vases Communicants », lancé par Le tiers livre et Scriptopolis consiste à écrire, chaque premier vendredi du mois, sur le blog d’un autre, chacun devant s’occuper des échanges et invitations, avec pour seule consigne de « ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre ». La liste complète des participants est établie grâce à Angèle Casanova. Le 5 décembre 2014, dans l’esprit et dans le style des vases communicants, j’avais publié sur le portrait inconscient un texte de Dominique Hasselmann, tandis qu’il avait accueilli le mien sur son blog Métronomiques. 

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Les signaux évidents que notre douleur renvoie (Zazie n. 25)

25 dimanche Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_couple rouge bleu - copie

Giovanni Merloni, Couple rouge et bleu, janvier 2015

Depuis ce glorieux dimanche 11 janvier 2015 où les Français de tous les crédos sont descendus dans la rue, deux semaines se sont écoulées.
Spontanément, ils avaient proclamé leur attachement à la liberté républicaine et en même temps ils avaient voulu manifester : leur volonté de travailler pour que l’amour prévale sur la méfiance et la haine ; leur engagement individuel à exercer dorénavant, plus que jamais, l’attention ainsi que la tolérance. Toujours, même dans les situations les plus difficiles.
D’en haut de mon observatoire privilégié — l’un des boulevards qui portent à place de la République, à Paris, en provenance des deux gares du Nord et de l’Est —, j’avais pu observer la façon des gens de participer à cet événement unique.
Tout le monde « courait », glissant sur le goudron au milieu des platanes avec une légèreté qui n’avait qu’un sens, celui de la confiance dans l’intelligence et la sagesse des êtres humains. Dans cette course il y avait aussi une force, l’unique possible contre le vent froid et impitoyable de la Mort : la force de l’Amour.
Pendant cette manifestation de chagrin et de joie, je me suis souvenu plusieurs fois de la journée du 23 mars 2002, à Rome, où une foule pareille, avec les mêmes sentiments, s’était donné rendez-vous près du Circo Massimo, autour de Sergio Cofferati. Nous y accourions pour défendre un primordial principe du droit du travail et, en même temps, hélas, pour manifester contre le énième acte de terrorisme aussi violent qu’ambigu qui avait tué, le 19 mars, à Bologne Marco Biagi, un juriste en train de travailler autour de cette loi controversée.
Je vois des points en commun dans ces deux journées. Elles ne sont pas les seules, en France, en Italie et en Europe, à exprimer une condamnation unanime du terrorisme. Ce dernier n’a aucune justification religieuse ou idéologique que l’on puisse accepter. Ce n’est qu’une forme lâche, tout à fait insupportable, de toucher la volonté de paix et de démocratie dans les pays libres ainsi que dans les libres consciences de tous les êtres humains de la planète.

002_richard lenoir - copie

Boulevard Richard Lenoir, Paris, 21 janvier 2015

Les signaux évidents que notre douleur renvoie 

Je suis ici, comme vous,
comme toi, comme elle,
un corps encore en vie,
une voix
au milieu d’autres voix.

Une voix qui n’a qu’un seul pouvoir :
celui d’exister,
de crier au secours,
de courir au secours.

Une voix encore libre,
heureusement,
de rester debout.

« Je suis ce que je suis
et n’y puis rien changer. » (1)
Et pourtant j’essaierai
de me garder, dorénavant,
attentif et honnête,
courageux et prudent.
Dans l’espoir
qu’ils se gardent, eux aussi
attentifs et honnêtes,
courageux et prudents,
mes voisins et mes proches
et les jeunes
et les moins jeunes
et tous les artistes
et tous les touristes
et tous les représentants
des autres listes.

Sans rien faire d’autre
parce que nous ne pouvons
rien faire de plus

quitte à respecter la liberté
que nous avons le bonheur
de respirer,

quitte à espérer
qu’on ait des égards
pour cette constellation
de signaux évidents
que notre douleur renvoie,

quitte à prétendre
qu’elle soit réalisée
jusqu’au bout
une poignée indispensable
de choix résolus
que notre civilisation
égalitaire et fraternelle
demande.

Giovanni Merloni

002_place humanité part

003_foule et drapeau - copie

003_bella - copie

Place de la République, Paris, 11 janvier 2015

(1) Célèbre chanson de Juliette Gréco.

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Avant j’étais un œuf frais (Zazie n. 24)

22 jeudi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_madame guêpe 180

Avant j’étais un œuf frais

Avant j’étais un œuf frais
où les nébuleuses rouges
voltigeaient sans les toucher
avec les traînées blanches et jaunes
tout en frôlant le firmament noir
de l’enclos verrouillé
comme des lèvres
comme des joues
comme autant d’attestations
de sympathie et
(pourquoi pas ?)
de confiance.

Pendant longtemps,
j’ai été à demi solide,
à demi liquide,
à la coque,
voilà pourquoi
on m’a avalé
(plusieurs fois)
en me laissant installer
dans les pénibles intestins
de demoiselles incertaines
au milieu de vicissitudes obscures
de travail ou de lutte.

À présent, je suis bien rude,
arc-bouté comme un œuf dur
survolté comme un voyageur clandestin
en train de lorgner son destin
en deçà d’un mur
douloureux et moqueur.

Maintenant, il existe
mille façons
de sortir de cette coquille :
elle n’est qu’un frein usé
désormais
rien qu’un transparent
costume estival.

Et pourtant mille bouches
sont prêtes déjà
à mordre et mâcher
cette silhouette parfumée
qui vient juste de naître
à l’aventure de la vie.

Mille estomacs,
mille bras, mille oreilles, mille cheveux,
mille mains faméliques
vont me mettre en bouillie,
m’éructer,
me cracher,
me vomir….

Enfin libre,
mon corps sans corps
profitera de mille cuisines
et de mille chambres
et de mille cimetières
pour s’asseoir à mille tables
sans manger
pour reposer dans mille lits
sans dormir
pour se retourner dans mille fosses
sans mourir.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

09 vendredi Jan 2015

Posted by biscarrosse2012 in les unes du portrait inconscient, mes poèmes

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Zazie

je suis 1 180

Giovanni Merloni, 7 janvier 2015, technique mixte, 2015

Charlie Hebdo et nous (À présent n. 15)

C haque jour qui me reste

H onteux de vivre dans un monde impuissant

A vançant avec mes petites certitudes, je

R egretterai une époque qui a quand même existé, où

L iberté était pour tous le bien suprême à défendre. C’est au nom de la Liberté qu’il faut

I nformer tout le monde sur les risques totalitaires de plus en plus menaçants

E nseigner aux jeunes les vertus de l’échange, de la participation, de la solidarité.

 

H aine ? Je ne veux pas croire à la haine

E ngendrée par le fanatisme, ni aux

B ombes à retardement de nos fautes, de nos ingénuités.

D evant ces actes de guerre

O n doit faire valoir les droits et les devoirs de la Liberté.

 

E vidence primordiale : ce n’est pas une question de religion !

T olérance et intelligence sont les uniques moyens pour qu’on n’effleure plus les voix indispensables des innocents.

 

N égligeant toute réthorique,

O n a le droit, à présent, de pleurer. Mais demain,

U nissons-nous avec les armes gentilles de la connaissance !

S oulagés par l’art cosmopolite et la culture fraternelle, c’est à nous de garder dans nos mains la liberté et la paix !

Giovanni Merloni

Désormais, presque rien ne me reste (Zazie n. 23)

30 mardi Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_rien ne reste 180

Désormais, presque rien ne me reste

Ils me confortent
ces coups de crayon
sur des feuilles à perdre
témoins récalcitrants
et involontaires
de ma capacité
disproportionnée
de raisonner ou de rêver.

Ils me consolent
les murs de cette prison
définitive
où mes désirs
se cognent
comme autant de mains
engourdies.

Il me flatte
le souvenir
de la résistance infime
de cette cloison risible
de verre ou de cellophane
qui séparait mon corps
du tien,
qui attirait
dangereusement
ma bouche haletante
contre tes lèvres
miraculeusement proches
et pourtant emprisonnées
par cette pellicule
invisible
embuée
inerte.

Elles m’apaisent
ou me bousculent
selon les jours
les souvenirs
durs à mourir
de tes contours.

Désormais, presque rien
ne me reste
au-delà de l’écho
d’une lamentation introvertie
d’un embarras affolé
d’une solitude acharnée.

Il ne me reste
que la claire perspective
d’un voyage solitaire
parmi les ivrognes
et les malheureux
s’improvisant fougueux paladins
de vaines batailles
au milieu des branches
ternes et fanés
d’un bois en carton-pâte.

Il ne me reste que cette photo
mise en pièces
brûlée, abandonnée
aux sévices du vent,
cette photo qui pourtant
ne s’efface jamais
tel un rideau flou
insaisissable
que je m’accorderais d’appeler
Amour.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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Un sort « d’ex » à nous (Zazie n. 22)

28 dimanche Déc 2014

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_le sort d'un ex 180

Giovanni Merloni, Bonnie & Clyde à Paris, décembre 2014

Un sort « d’ex » à nous

C’est un sort noir,
celui d’un « ex- »
ex-général
ex-amant
ex-marchand de mensonges
ex-homme, ex-femme
ex-reste.

Cela va tomber mal
aussi
pour ce chant d’amour
— d’hier —
que toi et moi
nous avons traîné
comme un enfant
ou un cancer.

Si je frôle notre existence
je vois bien
qu’elle ne bouge pas du tout,
car tout est devenu figé,
même cette entente coupable
de joies douces et agréables
que nous nous fabriquions
en braves compagnons
au cours des saisons.

Tu es une ex-heureuse,
une ex-crédule,
une ex-confiante dans les merveilles
extasiées
que tu pouvais susciter.

Moi, je suis un ex-vaniteux
de l’envie extravagante
que je pouvais gagner
au cours de mes péripéties
exubérantes,
au bout de mes prouesses
en excès.

Nous sommes deux ex-vivants,
voilà la perte !

Même pour nous
ce n’est pas commode
de disparaître,
ce serait plus facile
de nous rencontrer encore
dans les vies des autres
dans leurs cravates
dans leurs impitoyables carrousels
et même dans leur chaos
exécrable.

Ce serait très facile,
mais nous mourrions
encore plus qu’à présent.
Nous partirions à jamais,
car le monde n’en veut pas
de nos miroirs
ni de notre compassion
d’ex-survivants.

En faisant semblant
de mourir à son tour,
comme une ville russe
assiégée,
le monde brûlerait
plus que jamais
ses maisons
tout autour
de nos ex-corps,
s’acharnant sans détour
contre ce sort « d’ex » à nous
devenu désormais
de plus en plus
exigu.

Giovanni Merloni

TEXTE EN ITALIEN

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