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Bienvenus à la Ronde du 15 juillet 2018 ! Cette fois-ci autour du mot « désert/s ». Avec grand plaisir, j’héberge ici Jean-Pierre Boureux, auteur du blog Voir et le dire, mais comment ? que j’apprécie vivement. Merci, Jean-Pierre, pour votre belle contribution !

Déserts

Vaste étendue aride de sable ou de pierres dont je ne connais rien, exceptées quelques zones de faible étendue en Europe de l’ouest, dont le ‘Désert de Retz’,  faux désert peuplé de la douceur de vivre propre aux gens d’Ancien Régime favorisés par Fortune et retirés en leurs ‘fabriques’ tel François Racine de Monville. Pourtant dès l’enfance le mot attisait mes sens en éveil vers quelque nouveauté à découvrir, et très vite j’ai su que le désert est vivant. 

-par l’esprit : quantité de voyageurs ont été saisis à tout jamais par ces surfaces infinies, lisses ou rugueuses au point de vouloir y retourner, y vivre, y mourir. Lieux de contemplation propices à la réflexion philosophique ou théologique lors du ‘retrait eu désert’, endroits où le retour sur soi ouvre les portes de l’infini universel.

-par la vie même, étonnamment : nombre d’organismes se sont adaptés à ces ergs et regs comme ils savent tout aussi bien faire en ces autres déserts jamais nommés ainsi = hautes montagnes et fosses marines gigantesques.

Dès l’enfance donc,  comme écrit ci-dessus, car mon « Désert vivant » fut un livre publié sous ce titre par Walt Disney en 1955. J’avais neuf ans. Richement illustré, annonciateur d’une politique éditoriale tournée vers le ‘grand public’ il connut un certain succès de librairie. Tout y est orienté vie et le choix des photographies révèle ces forces obscures qui depuis le vide ou trop plein originel et par le processus mystérieux de l’évolution ont permis l’expression de vie sous des formes végétales ou animales extraordinaires. S’il ne fut le déclencheur de mes penchants naturalistes du moins y a-t-il contribué. 

Quelques courtes années plus tard, quand par des étés très chauds au long des savarts en balcon sur les rives de l’Aisne stridulait la cigale de Bourgogne, quand en ces mêmes heures je parvenais à distinguer parmi les hautes tiges herbacées la silhouette à nulle autre pareille de la mante religieuse, alors oui,  j’étais comme emporté vers ce désert vivant imaginaire et présent tout à la fois. Curieusement cet ouvrage a également été retenu par le mathématicien Cédric Villani, parmi ses souvenirs d’enfance, tel qu’il en fit part dans un article du ‘Monde des livres’ du vendredi 14 septembre 2012 dans lequel il exalte le vivant des mathématiques. 

Encore déserts tous ces déserts planétaires ?  

Ci-dessus : fort apprécié de la famille Claudel et spécialement de Paul et Camille, le chaos rocheux de « la hottée du diable » à Coincy et Bruyères-sur-Fère, Aisne. Peinture numérique sur tablette d’après original au pastel par J.-P. Boureux.

Texte et Images : Jean-Pierre Boureux

Aujourd’hui, la ronde tourne dans le sens suivant :

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