le portrait inconscient

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Tout en te conquérant, je te perds (Zazie n. 41)

03 mercredi Fév 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_je te perds NB 180

Tout en te conquérant, je te perds

1
De tes regards souriants
de ta façon inattendue
de m’attendre,
boudeuse ou farfelue
que vais-je apprendre ?

De moi et toi,
serrés dans une allée,
la main dans la main,
sans parler,
que vais-je apprendre?

De cette course affolée
te cherchant dans la ville
au milieu des bruits indifférents
du matin,
que vais-je apprendre ?

2
Encore une fois
aujourd’hui
j’ai éprouvé l’envie
d’être heureux
le désir de rire
grâce à l’amour
ces espoirs
toujours frustrés
enroulés sans grâce
parmi les restes d’une rébellion
incapable de larmes
et de peine.

3
Dois-je me feindre sourd et muet
comme cet indien-là
ou alors
me faut-il de poursuivre
cet instinct de gentille arrogance
qui m’a donné l’aisance
d’une extraordinaire séquelle
de tourments ?

4
La liberté ne jaillit pas
des règles magnifiées
par les autres.

La liberté c’est le passage cruel
de l’euphorie du dilettante
aux rides du professionnel.

La liberté
c’est le métier.

5
Un seul cri désespéré, se dégageant
parmi les ferrailles et le train
surplombe, en les effaçant,
les petits dessins
d’un humble tentatif de clarté.

002_je te perds NBR def 180

6
Depuis ce train arrêté
dans un coin sans beauté

je t’écris sur les mains
sur le verre embué
sur les lunettes
sur les genoux

mon amour surhumain
ma passion enchevêtrée
mes envies de pirouettes
mes rêves jaloux.

La pointe est pourtant sèche
de mon désir ardent.

Oh combien je ressens le besoin
que mon stylo
écrive !

7
Ton corps abandonné
dans un élan
hasardeux
farceur, embarrassé,
c’est ta façon tendre,
délibérée, inoubliable
de déclarer ton amour.

8
Il faut perdre toute habitude
si l’on veut découvrir la pudeur
d’un émoi palpitant.

On doit renoncer à toute quiétude
si l’on veut atteindre dans l’ombre
tes gestes sans études
ton visage rassurant.

Ah, si je pouvais
aimer sans demander
ni même espérer
de voir tout s’éclipser
— l’habitude
la quiétude
l’émoi
l’ombre —
lors d’un précis instant
où nous aurions devant
la place toute libre !

9
Quand j’aurai la force
d’ouvrir cette porte,
d’entrer dans ton lit
parmi les oranges et le soleil,
la naïveté de la vie
fera le reste,
en me donnant la joie
d’un ancestral abri
de draps d’or et de soie
l’épanouissement hardi
de nos voix imperceptibles
de nos gestes invisibles
dans le fond noir du silence.

10
Tout en te perdant
je te conquiers
tout en te conquérant
je te perds.

003_saint-ambroise_lenoir 180

Vue du nouvel axe entre boulevard Richard Lenoir et boulevard Voltaire en correspondance des stations de Métro RICHARD LENOIR (ligne 5) et SAINT-AMBROISE (ligne 9). Dans cet espace piéton on est en train de réaliser un jardin public. Voilà une des choses tout à fait positives qu’une société comme la nôtre a su faire, avec ténacité et élégance ! 

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

TEXTE EN ITALIEN

Je voudrais pouvoir me distraire (Zazie n. 40)

31 dimanche Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

003_scan_du jour 03 NBR 180

Je voudrais pouvoir me distraire.

J’aimerais bien glisser en arrière,
dans quelques passés confortables,
hisser à Prague le drapeau de la liberté
conjurant la répression des chars soviétiques,
parcourir les trottoirs de Bologne sous les arcades
lorsqu’on croyait vivre dans un concret avenir,
et qu’on voyait les gens rire et respirer ensemble,
heureux de pouvoir discuter sans qu’il y eût
peur des conséquences, étant ravis
de savoir comment s’en sortir des défis
des arrêts de la civilisation, des difficultés
et même des bombes.

J’aimerais bien revivre la magnifique jeunesse
de Florence, la lumineuse beauté des châteaux
de la Loire lors de leur épanouissement
grandiose, traverser
toutes les belles époques
propices à l’amour, à l’art, à la réflexion,
au sain désir de progrès.

J’aimerais plonger
dans la joie de la Libération,
lors de la fin joyeuse de la guerre civile,
participer aux discussions des pères
me réjouissant de ma condition d’enfant gâté
de cette Italie-là, de cette Europe
si pleine d’énergie et de clarté.

J’aimerais revenir en arrière
rien qu’à l’année dernière, ici à Paris,
pouvoir effacer les opprobres sanglants
de tous ces êtres humains tués sans une raison,
sans autre raison que d’affirmer
la suprématie de la peur sur la raison,
que d’affaiblir la foi dans l’intelligence,
sans autre but que de boucher la bouche
à la parole.

Mais on ne peut pas revenir en arrière !
On ne peut pas fuir non plus. Aucun
endroit de la Terre
n’est tranquille, aucun refuge
ne sera jamais sûr
ni protégé. Il faut se battre, se réunir
en assemblée citoyenne,
avec nos semblables, nos alliés,
nos camarades.

Il faut poser l’oreille à terre et attendre
les signaux, la voix de l’Europe,
le meilleur de ce qu’elle
a su nous donner :
Montesquieu,
Rousseau,
Voltaire,
les droits de l’homme,
la tolérance,
le respect
de la vie humaine,
l’ambition de faire mieux,
le plaisir de vivre ensemble,
exerçant l’intelligence,
s’efforçant
de comprendre,
se donnant, humblement,
réciproquement
la parole.

002_scan_du jour 02 NB_180

À présent — cher Président —,
il faut surtout penser aux Français,
à tous les Français,
sans que personne ne soit déchu,
pour qu’on assume tout un chacun,
nos responsabilités.
À présent, il faut s’adresser
à tous les pays de l’Europe,
sans suspendre, par des voies
trop brèves,
les « mauvais élèves ».

Car il faut administrer
plus soigneusement
le mot « guerre »,
car ce qui nous tombe dessus
ce n’est pas qu’une seule guerre ;
car ce qui nous tue c’est une logique
de terreur, certes, mais aussi
un jeu d’échecs international,
visant à montrer combien
c’est facile de
tuer et, finalement,
à nous accoutumer à l’idée
d’une « guerre permanente »,
à nous plier à une vision
très peu nuancée
de la vie humaine.

Je voudrais me consacrer à mes dessins,
mon Président, me glisser tout entier
dans les mots d’une chanson heureuse,
mais je me découvre un citoyen menacé.
Je viens juste de tomber
dans le soupçon qu’il ne suffit pas
tout ce qu’on fait, ou alors
que l’on se trompe,
parce que les armes n’auront jamais
la même force que la force
de la raison,
parce que la démocratie
est frappée lourdement,
parce que ces actions de terreur
sont très ambiguës,
parce qu’elles
n’ont pas qu’une seule
explication
logique.

Il faut faire attention.
Et d’abord parler aux gens,
travailler durement,
politiquement avec eux
avec la force de la conviction
de l’idée très simple
d’une république partagée,
pacifique,
basée
sur la tolérance
réciproque,
sur l’exclusion
de toute association
belligérante ou terroriste,
de toute école prêchant la division
et la haine.

003_distraire 180

Je voudrais pouvoir me distraire
Je devrais, à mon âge, avoir le droit de le faire.

Mais vous, mon Président, 
ne pouvez pas
vous distraire, ni faire
trop de cadeaux
à vos adversaires,
ou minimiser la question
du travail,
des conditions de vie réelle
des jeunes
de toutes les nationalités…

Lorsqu’un Français, qui a grandi en France,
suivant une école française,
part à l’aventure ailleurs
dans un pays plein de risques
et problèmes,
où personne n’imagine ce qu’est
une démocratie,
alors, cher Président,
cela me semble inquiétant et douloureux.

Car cela n’est que la plus grave
des conséquences
d’infinies distractions
et dérèglements
qui ont produit l’individualisme ainsi
qu’un procès évident
de fuite des responsabilités,
avec la délégation aveugle
à des mécanismes abstraits
et vides,
à des coefficients qui tranchent
tant bien que mal,
à des formulaires qui excluent
sans aucune « compréhension »,
à des écrans qui meurtrissent,
à des bureaux de plus en plus
vides, souvent dépourvus
d’hommes et femmes
responsables.

On profite, heureusement,
des hommes et des femmes
de bonne volonté,
du courage des pompiers,
de la bravoure
des artisans
des médecins
des professeurs des écoles,
de la ténacité de tous ceux qui
résistent,
pourtant, on est tous
des otages
d’une bureaucratie
distraite et grossière.

On profite, bien sûr
de la richesse de notre culture,
de notre histoire,
de nos biens communs,
mais cela fatigue
à se reproduire
à s’accroître dans le bon sens
dans le sens que vous croyez
que vous espérez
mon Président.

Comme autant de fils prodigues,
nous risquons de corrompre,
de gaspiller
cette immense richesse
qu’est la France, berceau
et patrie
de la liberté
de l’égalité
de la fraternité,
nous risquons de dissiper
les valeurs partagées
d’un grand peuple.

Néanmoins, je veux continuer
à croire qu’on sortira
de toutes ces tragédies
par une voie intelligente,
humaine, ouverte,
solidaire,
qu’on s’affranchira
des pièges des attentats,
de tout risque de division
de toute résurgence
d’attitudes intolérantes
et de phobies régressives.

Mais il ne faut pas se distraire.

Giovanni Merloni

Le reste de cohérence des élucubrations et des rêves (Zazie n. 39)

28 jeudi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_scan_du jour 006 180

Le reste de cohérence des élucubrations et des rêves

Elles me confortent
ces traces au crayon,
ces allègres pirouettes
sur de feuilles qu’on jette,
cette extrême indulgence
pour le reste de cohérence
des élucubrations
et des rêves.

Elle me protège
la prison où mes envies
et mes illicites manèges
se bornent à embuer
la baie vitrée du monde.

Elles me font compagnie
cette lamentation introvertie
cette confusion affreuse
cette solitude embêtée.

Elle me rassure
la perspective bien tracée
d’un voyage solitaire
parmi les ivrognes
les démunis, les misérables
les fougueux paladins
de vaines batailles
au milieu des branches
affaiblies et fanées
d’un bois de carton-pâte.

002_scan_du jour 007 180

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Il est libre celui qui meurt libre (Zazie n. 38)

25 lundi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

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Il est libre celui qui meurt libre

Il est libre
celui qui s’adapte à demeurer seul
au milieu des autres,
celui qui sait choisir ses amis
ses compagnes, ses camarades,
celui qui sait garder un secret,
celui qui sait comment
en quelle mesure
se charger
de ses propres responsabilités
du chaos
de notre société
de ses équilibres défavorables
de la répression
qui serpente partout.

Il est libre
celui qui ne franchit pas
ses limites,
celui qui ne part pas,
qui ne songe pas
aux coups de théâtre
aux lettres qui tuent
aux chantages
aux vengeances
aux silences définitifs,
celui qui sait comment
parler à son corps,
celui qui apprend
au fur et à mesure
à se caler
dans la lutte
dans la découverte
de mondes nouveaux,
celui qui réussit à garder
son identité exquise
sans payer le prix
de liens visqueux
avec le monde.

Il est libre
celui qui vit
avec détachement,
celui qui travaille, lutte
s’engage, partage
rencontre les autres
avec détachement,
celui qui évite
soigneusement
de traîner les autres
de les manipuler
de s’imposer.

Il est libre
celui qui se déshabille
de la violence,
celui qui regarde la réalité
droit dans la gueule
avec courage
et détermination,
celui qui essaie
de tirer au clair.

Il est libre celui qui meurt
libre.

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Rien que des vers (Zazie n. 37)

20 mercredi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Zazie

001_nient'altro 180

Rien que des vers

Rien que des vers
longs, en lambeaux,
coulant
vers le fond de la terre,
roulant
jusqu’au bout de la vie,
accueillant
les envies de mon âme,
l’hérésie de mon corps.

Rien que des vers
en sanglots
ou en colère,
sous forme
de train obscène,
de cravate à la hâte.

002_nient'altro 180

Giovanni Merloni

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TEXTE EN ITALIEN

Soixante-deux poèmes pour Ambra, « idole de la nuit »

12 mardi Jan 2016

Posted by biscarrosse2012 in mes poèmes

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Ambra

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Soixante-deux poèmes pour Ambra, « idole de la nuit »

Chers lecteurs et lectrices,
Je suis en attente d’une réponse, de la part de Caramella, que je juge très importante pour notre correspondance et pour la suite de mon engagement réel et virtuel avec notre commun passé reculé… Une époque très adaptée d’ailleurs aux chants poétiques de femmes mystérieuses comme Caramella ou carrément inexistantes sinon liées à des grains de sable… Une époque où la page blanche se voyait consacrée aux larmes désespérées tandis que la page grise, verte et rose de la réalité quotidienne ne manquait pas, au contraire, de moments inattendus d’insouciance et d’allégresse…
Je profite de cette rupture momentanée pour vous faire part aujourd’hui d’un deuxième résultat de mon engagement obscur… visant à rendre mon blog de plus en plus transparent et disponible pour une consultation mieux organique qu’avant.
Après vous avoir mis en relation avec l’ensemble des poèmes du recueil « Ossidiana », dorénavant, vous pouvez trouver ici, si cela vous intéresse, la totalité des 62 poèmes du recueil « Ambra », qu’on peut aussi lire « en continu » — renversés par rapport à l’ordre chronologique —, en cliquant sur « Ambra », le mot de passe qui figure aussi dans le « nuage » sur le côté gauche de la page d’accueil.
Je ne suis pas en condition d’encadrer « historiquement » ce groupe de poésies, adressées pour la plupart à la jeune femme qui partageait mes premières vicissitudes moins passionnées que sentimentales. Je peux simplement vous certifier que celle-ci avait de cheveux longs à la Catherine Spaak ainsi qu’un authentique humour napolitain. Elle avait tellement bien réussi, dans son but de me faire sortir de mon cocon, que parfois j’eusse frôlé la folie ou alors l’idolâtrie. Accompagnées par une certaine incrédulité de ma part, deux expressions à elle resteront sculptées dans ma mémoire. La première était au sujet de Venise, à mon avis la ville plus belle au monde, où je voudrais pouvoir me rendre au moins une fois par an, si cela était possible. Bon, pour Ambra « Venise puait, sentait l’œuf pourri… » ! La deuxième était un peu sa carte de visite : « l’exception confirme la règle ». Décontenancé par ces deux phrases, j’ai toujours résisté quant à Venise, sans pourtant réussir à la convaincre de m’y suivre… et, pour ce qui concerne l’exception et la règle j’ai essayé de suivre la règle quand elle s’attendait à l’exception, et vice-versa. On ne peut rien contre la mathématique appliquée à la vie d’un jeune homme exubérant et maladroit.
D’ailleurs, je ne peux pas considérer comme accompli mon devoir envers ce morceau encore vif et important de mon « vécu désormais révolu », appartenant à la première moitié des années 1960. L’engagement qui m’attend, comme dans le cas d’Ossidiana, ce sera surtout celui de retravailler une à une les poésies d’Ambra encore imparfaites ou inexpliquées.
Pour conclure, un petit mot sur le ©Copyright. J’ai abandonné le système Créative Commons par ce que la presque totalité des textes que je publie ici sont originaux. Je les ai assujettis à une double forme de tutelle : soit en posant le blog sous les soins de Copyright France soit en déposant les textes au fur et à mesure dans un lieu sécurisé. Donc, dans la pleine liberté de visite et de consultation, je demande à tous les visiteurs du « portrait inconscient » de respecter mes droits d’auteur des textes et des images graphiques ici publiés.

Giovanni Merloni

002_spaak - copie

Perdono, chantée par Catherine Spaak, texte et musique de Gino Paoli

ARCHIVES DE TAG: AMBRA

J’arracherai ces haillons, 1962 (Ambra n. 1)
02
Mercredi
Jan 2013

Ma vocation à la vie, 1962 (Ambra n. 2)
04
Lundi
Feb 2013

Ils vont récupérer leurs habits quittés, 1962 (Ambra n. 3)
04
Lundi
Feb 2013

Tout seul je marchais, le soleil à la nuque, 1962 (Ambra n. 4)
04
Lundi
Feb 2013

Un nuage te cache, 1962 (Ambra n. 5)
28
Jeudi
Feb 2013

Tu racontes tes souvenirs, 1963 (Ambra n. 6)
12
Mardi
Mar 2013

La cigarette, 1963 (Ambra n. 7)
15
Vendredi
Mar 2013

Les pieds sur terre, 1963 (Ambra n. 8)
16
Samedi
Mar 2013

Amour et goudron, 1963 (Ambra n. 9)
19
Dimanche
May 2013

Tu me parles d’une autre ville, 1963 (Ambra n. 10)
19
Dimanche
May 2013

Ici/là, 1963 (Ambra n. 11)
19
Dimanche
May 2013

Tu es le soleil et la pluie, 1963 (Ambra n. 12)
21
Vendredi
Jun 2013

Hier, je fouillais des cieux sales, 1963 (Ambra n. 13)
22
Samedi
Jun 2013

Rideau noir, 1963 (Ambra n. 14)
16
Samedi
Nov 2013

Au musée, 1963 (Ambra n. 15)
17
Dimanche
Nov 2013

Je ne cesse de t’aimer, 1963 (Ambra n. 16)
29
Vendredi
Nov 2013

Nous partirons un jour, 1963 (Ambra n. 17)
01
Dimanche
Dec 2013

Ma guitare a mille voix, 1963 (Ambra n. 18)
01
Dimanche
Dec 2013

Même pas une caresse, 1963 (Ambra n. 19)
01
Dimanche
Dec 2013

J’avais rêvé (Ambra n. 20)
01
Dimanche
Dec 2013

Dans l’enclos de la nuit, 1964 (Ambra n. 21)
01
Dimanche
Dec 2013

Le corps renversé dans la nuit, 1964 (Ambra n. 22)
01
Dimanche
Dec 2013

L’attente, 1964 (Ambra n. 23)
01
Dimanche
Dec 2013

L’étranger, 1964 (Ambra n. 24)
01
Dimanche
Dec 2013

Plongeons-nous dans l’incompréhension, 1964 (Ambra n. 25)
01
Dimanche
Dec 2013

Je ressemble, 1964 (Ambra n. 26)
17
Mardi
Dec 2013

Je sais que je l’aime, 1964 (Ambra n. 27)
17
Mardi
Dec 2013

Tu me parles en anglais, 1964 (Ambra n. 28)
18
Mercredi
Dec 2013

Nous attendons, 1964 (Ambra n. 29)
19
Jeudi
Dec 2013

Quand tu n’es pas là, 1964 (Ambra n. 30)
20
Vendredi
Dec 2013

L’aube rentre dans le fleuve, 1964 (Ambra n. 31)
21
Samedi
Dec 2013

Le matin gris frappe aux rideaux de fer, 1964 (Ambra n. 32)
22
Dimanche
Dec 2013

Idole de la nuit, 1964 (Ambra n. 33)
02
Jeudi
Jan 2014

Non, 1964 (Ambra n. 34)
07
Mardi
Jan 2014

Toi qui passes toute seule, 1964 (Ambra n. 35)
07
Mardi
Jan 2014

Mémoires de la plateforme (d’un bus), 1964 (Ambra n. 36)
07
Mardi
Jan 2014

Le train est parti, il nous a séparés, 1964 (Ambra n. 37)
28
Vendredi
Mar 2014

Dans le cœur sombre et noir de la rue, 1964 (Ambra n. 38)
29
Samedi
Mar 2014

Adieu, amour du vrai amour, 1964 (Ambra n. 39)
28
Mercredi
May 2014

Pour nous qui oublions toujours, 1964 (Ambra n. 40)
06
Vendredi
Jun 2014

La police défonça la porte, 1964 (Ambra n. 41)
16
Lundi
Jun 2014

« Papa est mort… », 1964 (Ambra n. 42)
17
Mardi
Jun 2014

Renfermez dans quatre lignes nettes, 1964 (Ambra n. 43)
20
Vendredi
Jun 2014

Je me joins au cortège de pas, 1965 (Ambra n. 44)
20
Vendredi
Jun 2014

Des ombres roses et célestes, 1965 (Ambra n. 45)
20
Vendredi
Jun 2014

La banlieue  allume des réverbères  démesurés, 1965 (Ambra n. 46)
20
Vendredi
Jun 2014

Vraiment personne, 1965 (Ambra n. 47)
20
Vendredi
Jun 2014

Vous, gens rusés, 1965 (Ambra n. 48)
20
Vendredi
Jun 2014

Le cirque de la vie, 1965 (Ambra n. 49)
22
Dimanche
Jun 2014

Viens, de nouveau ! 1965 (Ambra n. 50)
25
Mercredi
Jun 2014

Jour et soir, 1965 (Ambra n. 51)
26
Jeudi
Jun 2014

J’attends, 1965 (Ambra n. 52)
26
Jeudi
Jun 2014

J’ai écrit sur le rocher, 1965 (Ambra n. 53)
26
Jeudi
Jun 2014

La grotte à la forme d’oreille, 1965 (Ambra n. 54)
26
Jeudi
Jun 2014

Sur cette table, des feuilles, 1965 (Ambra n. 55)
26
Jeudi
Jun 2014

Des carrosses sous les pieds, 1965 (Ambra n. 56)
26
Jeudi
Jun 2014

Je serai un nomade, 1965 (Ambra n. 57)
22
Mardi
Jul 2014

Ne dis rien, 1965 (Ambra n. 58)
23
Mercredi
Jul 2014

Les chiens, je les rends à la pluie, 1965 (Ambra n. 59)
26
Samedi
Jul 2014

À présent, 1965 (Ambra n. 60)
29
Mardi
Jul 2014

Le calme adieu du vent, 1965 (Ambra n. 61)
29
Mardi
Jul 2014

Je te suis redevable, 1965 Ambra n. 62)
13
Mardi
Jan 2015

Giovanni Merloni

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TEXTES EN ITALIEN

Les péripéties d’une lettre (Zazie n. 36)

20 dimanche Déc 2015

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Zazie

001_péripeties 01 180

Les péripéties d’une lettre

Lettre indirecte
et inapte, qui ne saurait jamais
atteindre ton domicile.

Lettre circonspecte
traversant hyperboliques
circonstances,
entrant et sortant
d’infinis bureaux de poste
s’éparpillant par tous les coins
de la planète.

Lettre falsifiée à Utrecht
par des facteurs indiscrets.

Lettre d’un architecte
trahissant son dialecte
son âme d’emporté
et son esprit violent
prêt à glisser, abject
au bout d’un long sentier
précipitant d’emblée
dans l’abîme de l’été.

Lettre incorrecte
tombant en débandade
sur tes petites mains blanches
lors d’une gaie promenade
sur les prés du dimanche.

Lettre abjecte
dont une lectrice correcte
reprocherait l’haleine
et les mots d’insecte :
« Te l’avouer je dois
j’ai débridé mes veines
en étouffant mes peines
sur un chemin infect
qui m’éloignait de toi ».

Lettre sans intellect
rien qu’un jour qu’elle est partie
que sa course est bien finie.
Je demeure en asphyxie
en devinant tes doigts
méfiants et timides
ressuscitant l’émoi
de nos anciennes missives
jaillissant de la chair vive
de nos étreintes morbides
et de nos feux de joie.

Lettre ou collecte
d’arguments sans queue ni tête
rebondissant par vagues
des tréfonds de nos spectres
incrédule tu la déchireras
à l’expéditeur tu la renverras
enveloppée dans une bague
l’accompagnant d’une blague
alambiquée et directe
accouchement illégitime
de ta fantaisie évaporée
de ton affect magnanime.

002_péripéties 02 180

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Work in progress : Ossidiana « la fata »

17 jeudi Déc 2015

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Ossidiana

fata 1 180

Louis Malle, Les amants (1958)

Work in progress : Ossidiana «la fata»

Chers lecteurs et lectrices,
Au beau milieu d’une « pause de travail » qui me prendra une dizaine de jours à peu près, je vous envoie le premier fruit de cet engagement. Il s’agit bien évidemment de « work in progress », c’est-à-dire d’un travail qui nécessite encore d’autres passages.
Mais, dorénavant, vous pouvez trouver ici, si cela vous intéresse, la totalité des 68 poèmes du recueil « Ossidiana », qu’on peut aussi lire « en continu », renversés par rapport à l’ordre chronologique, à partir du tag-mot de passe Ossidiana figurant dans le « nuage » sur le côté gauche de la page d’accueil.
L’engagement qui m’attend, avant de considérer comme accompli mon devoir envers ce morceau encore vif et important de mon « vécu désormais révolu » — un « vécu » partagé avec nombreux amis, amies et personnages de Bologne et d’Emilia-Romagna qui sont encore là ou alors ont disparu, hélas —, ce sera surtout celui de retravailler une à une les poésies encore imparfaites vis-à-vis de la langue française, gardant aussi, ici et là, quelques petits manques par rapport à sa signification profonde et intime. Mais j’ai aussi l’ambition d’aller au-delà de cette indispensable « fidelité » à chacun de ces « fragments d’un discours amoureux ». Il faut que ressuscite « l’autre histoire » — qui ne peut pas se réduire à l’histoire d’un instant, d’une rencontre, du colloque d’un couple assis dans une « paninoteca » ou dans un banc public —, il faut qu’elle devienne compréhensible, même si filtrée, forcément, par le respect et la pudeur dont je suis redevable envers ces mémoires « sacrées » et la personne qui vit à côté et derrière ce personnage qui a voulu spontanément assumer le prénom d’Ossidiana. Le nom d’une pierre aussi exotique que volcanique : exubérante, explosive et, en même temps, capable de rassurer, de donner un sens aux mots qui lui sont adressés avec dévotion mais sans  précautions. Des mots, des gestes et des attitudes révélateurs parfois d’embarras, d’incertitude,  d’énergies déplacées et excessives… D’ailleurs, il n’y a rien de plus beau, dans une rencontre amoureuse, que de voir pardonnés ou même aimés nos défauts et  inaptitudes « graves » !
En général, au bout de cette période de « restructuration » obscure, à laquelle je me condamne pourtant volontiers, je compte pouvoir rendre « le portrait inconscient » encore mieux adapté aux exigences des lecteurs et lectrices moins superficiels, auxquels s’adressent toujours mes pensées, mes soucis et mon désir de leur donner à lire (et à voir) quelque chose de sincère et de beau.

ARCHIVES DE TAG: OSSIDIANA

Drôle d’histoire, 1975 (Ossidiana n. 1)
01
Mardi
Jan 2013

Let’s spend the night together, 1976 (Ossidiana n. 2)
05
Samedi
Jan 2013

Derrière tes yeux verts de clairière, 1975 (Ossidiana n. 3)
10
Jeudi
Jan 2013

Madame Rubens, 1975 (Ossidiana n. 4)
11
Vendredi
Jan 2013

Un voyage à pied, 1975 (Ossidiana n. 5)
16
Mercredi
Jan 2013

S’achemine l’été, 1976 (Ossidiana n. 6)
18
Vendredi
Jan 2013

Je ne bouge pas, 1976 (Ossidiana n. 7)
19
Samedi
Jan 2013

Elle me sourit, ma fée (Ossidiana n. 8)

21
Lundi
Jan 2013

Le printemps est ta main, 1975 (Ossidiana n. 9)
23
Mercredi
Jan 2013

L’automne est tes cheveux, 1975 (Ossidiana n. 10)
25
Vendredi
Jan 2013

L’hiver est ta bouche, 1975 (Ossidiana n. 11)
26
Samedi
Jan 2013

Miroir d’un appartement d’étudiants, 1976 (Ossidiana n.12)
28
Lundi
Jan 2013

Sa maison redevient centre, 1976 (Ossidiana n. 13)
02
Samedi
Feb 2013

Coraçon maldito, 1976 (Ossidiana n. 14)
02
Samedi
Feb 2013

Ces gens, 1975 (Ossidiana n. 15)
21
Jeudi
Feb 2013

Les voies possibles, 1975 (Ossidiana n. 16)
18
Lundi
Mar 2013

Cette enfant gravement malade, 1976 (Ossidiana n. 17)
19
Mardi
Mar 2013

Enclos de la solitude, 1976 (Ossidiana n. 18)
01
Lundi
Apr 2013

Je soutiens mon corps de pantin blessé, 1976 (Ossidiana n. 19)
02
Mardi
Apr 2013

Le lest, 1976 (Ossidiana 20)
03
Mercredi
Apr 2013

Un homme ombrageux, capricieux, 1975 (Ossidiana n. 21)
04
Jeudi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Lundi, 1975 (Ossidiana n. 22a)
08
Lundi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Mardi, 1975 (Ossidiana n. 22b)
09
Mardi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Mercredi, 1975 (Ossidiana n. 22c)
10
Mercredi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Jeudi, 1975 (Ossidiana n. 22d)
11
Jeudi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Vendredi, 1975 (Ossidiana n. 22e)
12
Vendredi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Samedi, 1975 (Ossidiana n. 22f)
13
Samedi
Apr 2013

Ma semaine à moi. Dimanche, 1975 (Ossidiana n. 22g)
14
Dimanche
Apr 2013

« Quel destin ? », 1975 (Ossidiana n. 23)
27
Lundi
May 2013

Je prends l’habitude de te quitter, 1976 (Ossidiana n. 24)
27
Lundi
May 2013

La missive, 1975 (Ossidiana n. 25)
15
Vendredi
Nov 2013

Sans domicile fixe, juin 1975 (Ossidiana n. 26)
07
Mardi
Jan 2014

Riche d’un enthousiasme sans abri, 1976 (Ossidiana n. 27)
30
Dimanche
Mar 2014

1Au milieu de deux barques, 1975 (Ossidiana n. 28)
01
Mardi
Apr 2014

Je pourrais devenir même insouciant, 1975 (Ossidiana n. 29)
03
Jeudi
Apr 2014

Je me suis aligné, 1975 (Ossidiana n. 30)
07
Lundi
Apr 2014

Par la seule force de ton sourire, 1975 (Ossidiana n. 31)
09
Mercredi
Apr 2014

Le moment est venu, peut-être, 1975 (Ossidiana n. 32)
11
Vendredi
Apr 2014

Des moyens possibles, 1975 (Ossidiana n. 33)
12
Samedi
Apr 2014

Pour ramasser un sens accompli à cet espoir, 1975 (Ossidiana n. 34)
16
Mercredi
Apr 2014

San Marco à l’aube, 1975 (Ossidiana n. 35)
16
Vendredi
May 2014

La vie c’est un drôle de jeu, 1975 (Ossidiana n. 36)
23
Vendredi
May 2014

À défaut d’un amour partagé, 1975 (Ossidiana n. 37)
05
Jeudi
Jun 2014

Un oiseau bleu, 1975 (Ossidiana n. 38)
19
Jeudi
Jun 2014

Une petite parenthèse, 1975 (Ossidiana n. 39)
23
Lundi
Jun 2014

Les objets inutiles, 1976 (Ossidiana n. 40)
24
Jeudi
Jul 2014

Chaque jour, je t’attends, 1975 (Ossidiana n. 41)
01
Vendredi
Aug 2014

Le projet d’une poésie, 1975 (Ossidiana n. 42)
18
Dimanche
Jan 2015

La poésie déchirée, 1976 (Ossidiana n. 43)
20
Mardi
Jan 2015

Derrière les persiennes, 1975 (Ossidiana n. 44)
28
Jeudi
May 2015

Promenade à Villa Ghigi, 1976 (Ossidiana n. 45)
03
Vendredi
Jul 2015

Miroir d’un appartement d’étudiants, 1976 (Ossidiana n.46)
04
Samedi
Jul 2015

Ton visage porte ton nom, 1975 (Ossidiana n. 47)
05
Dimanche
Jul 2015

Depuis, 1975 (Ossidiana n. 48)
08
Mercredi
Jul 2015

Elle se vautre dans le rêve, cette vie vagabonde, 1975 (Ossidiana n. 49)
15
Mercredi
Jul 2015

Pour aimer, il faut demeurer seuls, 1975 (Ossidiana n. 50)
17
Vendredi
Jul 2015

Pour te faire plaisir, 1976 (Ossidiana n. 51)
22
Mercredi
Jul 2015

Un train d’ombres, 1976 (Ossidiana n. 52)
24
Vendredi
Jul 2015

Dans un instant je pars, 1975 (Ossidiana n. 53)
26
Dimanche
Jul 2015

La longue écharpe de tes mots, 1975 (Ossidiana n. 54)
29
Mercredi
Jul 2015

Pendant ces jours, 1975 (Ossidiana n. 55)
31
Vendredi
Jul 2015

Tu es toutes les femmes, 8 mars 1975 (Ossidiana n. 56)
24
Lundi
Aug 2015

J’ai décidé de t’écrire, 1975 (Ossidiana n. 57)
01
Mardi
Sep 2015

Le même enthousiasme distrait, 1975 (Ossidiana n. 58)
07
Lundi
Sep 2015

Nous habitons dans un hôtel, 1975 (Ossidiana n. 59)
13
Dimanche
Sep 2015

Des mots abrupts, 1975 (Ossidiana n. 60)
16
Mercredi
Sep 2015

Pour le reste de ma vie, 1975 (Ossidiana n. 61)
22
Mardi
Sep 2015

La meilleure école, 1975 (Ossidiana n. 62)
28
Lundi
Sep 2015

Sur ta robe rouge et grise, 1975 (Ossidiana n. 63)
10
Samedi
Oct 2015

Zigzaguant à rebours, 1975 (Ossidiana n. 64)
04
Mercredi
Nov 2015

Je réussis à ne pas m’effondrer, 1975 (Ossidiana n. 65)
07
Samedi
Nov 2015

Au bout des rues, 1975 (Ossidiana n. 66)
12
Jeudi
Nov 2015

À la mer, 1975 (Ossidiana n. 67)
25
Mercredi
Nov 2015

Adieu, addio, ciao, arrivederci, 1976 (Ossidiana n. 68)
14
Lundi
Dec 2015

fata 2 180

Louis Malle, Les amants (1958)

Giovanni Merloni

Les poésies du recueil « Ossidiana » sont toutes protégées par le ©Copyright, comme d’ailleurs les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog.

Adieu, addio, ciao, arrivederci, 1976 (Ossidiana n. 68)

14 lundi Déc 2015

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Ossidiana

paris texas II copia 180 più luminosa

Adieu, addio, ciao, arrivederci

Adieu, addio, ciao, arrivederci
je voudrais mourir
être déjà mort
arrêter de penser.

Je voudrais que ma mort
fût notifiée aux lieux
de nos rendez-vous
silencieux.

Adieu,
ce n’était pas logique
de s’aimer
sans l’intrusion des autres
leurs chantages
leurs chevaux de Troie
à la bouche fermée.

C’était naïf cet enthousiasme
d’esquiver par milliers
les otages de l’embarras.

Adieu,
l’histoire de cet amour
ce fut deux corps
risquant s’écraser
contre un soleil de pierre,
ce fut l’étalage
de souvenirs glorieux
pendant le temps révolu
de conversations infinies.

Adieu, mon héroïne
je ne pouvais pas me passer
de toi, de ta façon
de manipuler les objets
de leur prêter ton nom.

Tu avais la tête,
tu n’avais pas les jambes
de la petite Rosa Luxembourg
que j’aurais suivie
partout.

Adieu, salut
aux certitudes partagées
de nos feux de joie solitaires.
Seul, je ne saurai plus les nourrir.

On avancera séparés
dans la routine de nos épreuves
opiniâtres, épuisés
par les tabous inébranlables
du sud, du nord,
de la femme, de l’homme.

Adieu, à jamais
je creuserai dans le sable
le gouffre d’une élégante vérité,
et y retrouverai les spasmes
de ton corps blanc, les larmes
de tes yeux rouges, le silence
de ta bouche rose, l’ombre
de tes cheveux bleus.

Adieu, ma chérie,
pendant longtemps,
lorsque j’aurai le calme pour briser,
avec circonspection et amour,
cette cage de stupeur
et d’angoisse, quand je saurai
me frayer un chemin douloureux
dans les prés jaunes du monde
je ressentirai le remords
et la peine
de t’avoir trompée.

Adieu.

avanti bionda_modifié-1

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN 

PREMIÈRE VERSION EN FRANÇAIS, publiée le 10 janvier 2013

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

Adieu (première version)

Adieu, adieu, adieu, ciao/au revoir/je voudrais mourir/être déjà mort/ne pas penser,/je voudrais que ma mort/soit notifiée aux lieux/qu’on a vu ensemble.

Adieu/ce n’était pas logique/de s’aimer/sans l’intrusion des autres/les chantages,/les cadeaux/et les mille otages de l’embarras.

Adieu/l’histoire de cet amour/ce fut deux corps/risquant s’écraser/contre le soleil de pierre./Ce fut l’étalage/de souvenirs joyeux./Ce fut un temps révolu/empêché de parler.

Adieu, héroïne/je ne pouvais pas me passer/de toi, de ta manière/de manipuler les objets/en leur donnant ton nom.

Adieu, tu avais la tête,/pas les jambes/de la petite Rosa Luxembourg/que j’espérais.

Adieu aux certitudes partagées./Seul, je ne sais plus les nourrir.

Adieu,/on avancera séparés/dans le train train/dans nos épreuves opiniâtres/épuisés par les tabous/inébranlables du sud,/du nord, de l’homme.

Adieu,/pendant longtemps/même si j’atteindrai le calme/ouvrant en moi le gouffre/d’une élégante vérité,
même si je saurai/vaincre cette cage de stupeur/et d’angoisse/pour entrer avec circonspection/et amour
dans les prés du monde,/il me semblera te tromper.

Adieu.

Giovanni Merloni

De « Il treno della mente » (« Le train de l’esprit »), Edizioni dell’Oleandro, Rome 2000 —  ISBN 88-86600-77-1

La nuit où dormir n’était pas possible (Zazie n. 35)

08 mardi Déc 2015

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Zazie

001_fermare macchina def_19.05.2013 _740 Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte « Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

La nuit où dormir n’était pas possible

Les yeux écarquillés
devant l’image obsédante
d’une vitrine de bar
cassée par les coups
de la mitraille

la tête tournante
au milieu de ces gens familiers,
éternellement assis
à la terrasse de mon quartier

pourvu qu’ils restent assis,
du moins jusqu’à la fin
de leur conversation,
j’ai interdit mes oreilles
de se clore, et me suis entêté
à l’écoute des propos
et des rêves
qu’ils se confiaient
agréablement, fébrilement
avant que la rafale arrive
lâche, serpentant
au hasard des décombres
de la rue sombre.

002_atterrissage_plage def_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

Les yeux ouverts
devant l’insoutenable défilé
de ces corps enveloppés
de cette liste de noms
et d’espoirs égorgés
j’ai rêvé, avec eux,
d’une Europe
réconciliée avec son histoire
décidée à cesser
de se plaindre
ou de prétendre

j’ai songé, avec eux,
d’un grand pays
travailleur
où les jeunes
s’engageaient promptement
pour le grand ravalement
des innombrables biens
que l’Europe détient
de Lisbonne à Mamaia
de Rovaniemi à l’île de Crète

j’ai passé en revue, avec eux,
une lourde liste de vieilles usines
éparpillées dans l’Europe
devenant par prodige
de nouvelles industries
ouvrant leurs portes
aux jeunes inspirés
enthousiastes, créatifs.

003_tableau ou fenêtre def_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

J’ai imaginé, avec eux,
une Europe solidaire
avec de dignes patrons
des ouvriers assidus
des syndicats actifs
et responsables.

J’y ai vu, avec eux,
des lieux de travail
des débats
des grèves
des repos
des vacances
des voyages
à la découverte de l’Europe
de cet immense trésor
autour de nous
sous nos pieds.

J’y ai envisagé, avec eux,
des trains, permettant à nous tous
d’habiter n’importe où
de nous rendre
n’importe où.

J’ai ajouté, avec eux,
la banale hypothèse
de remettre debout
les villages reculés
abandonnés, détruits.

J’ai conçu, avec eux,
des Arts et Métiers
nous apprenant
à jouer de nos mains
sur d’autres claviers.

Enfin, j’ai fantasmé,
avec eux, au sujet d’une Europe ordinaire,
que l’ordi aiderait
à s’affranchir des pièges
de ses privilèges.

Ô combien je désire
me réveiller sous le ciel
d’une Europe
se réveillant à son tour
de ce long cauchemar américain,
d’une Europe sans armes,
pacifiste,
offrant à chacun un abri
un travail, une famille
l’insouciance des bistrots
des pizzas
des kebabs
des sushis,
des musiques du monde !

004_rêver à table 19.05.2013_740

Un de mes dessins qui inspirèrent François Bonneau pour le texte
« Arrêter la machine di temps » (vases communicants juin 2013)

Pour que nos frères humains
ne disparaissent pas en vain
j’ai rêvé un train de roulottes
où l’émacié Don Quichotte,
notre guide souverain
nous amenerait, bienveillant
jusqu’à l’abri sans appas,
mais confortable et sain,
des moulins à vent.

Giovanni Merloni

Cette poésie est protégée par le ©Copyright, tout comme les autres documents (textes et images) publiés sur ce blog. 

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